Comment fonctionne un FIP ?
Un FIP suit un cycle d’investissement structuré, de sa constitution à sa liquidation. Chaque étape est encadrée par la réglementation et pilotée par une société de gestion agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Constitution, structuration et sélection des PME
Un FIP est créé par une société de gestion agréée, qui définit une stratégie d’investissement précise : zone géographique, secteurs cibles, profil d’entreprises recherchées. La collecte des fonds s’effectue dans le cadre d’un appel public à l’épargne.
Une fois les capitaux levés, au moins 70 % des actifs du fonds doivent être investis dans des PME éligibles, situées dans le périmètre géographique visé (métropole, Corse ou Outre-mer).
Les entreprises retenues doivent répondre à des critères stricts :
- Moins de 250 salariés.
- Chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ ou total de bilan inférieur à 43 M€.
- Capital indépendant, c’est-à-dire non contrôlé par un grand groupe.
Avant d’investir, la société de gestion réalise une analyse approfondie de chaque dossier. L’objectif est de sélectionner des PME présentant :
- Une solidité financière.
- Un fort potentiel de croissance.
- Un positionnement sectoriel pertinent.
- Une capacité démontrée à créer de la valeur.
Ce travail vise à constituer un portefeuille diversifié et équilibré, combinant performance potentielle et maîtrise du risque.
Gestion du portefeuille et durée de vie du fonds
Après la phase d’investissement initial, le FIP entre dans une période de gestion active généralement sur une durée comprise entre 7 et 10 ans, bien que la durée légale minimale soit de 5 ans.
Durant cette période, la société de gestion accompagne les PME financées :
- Suivi régulier de leur développement.
- Participation aux décisions stratégiques.
- Siège éventuel au conseil d’administration.
Cette présence permet de sécuriser les investissements et d’optimiser les chances de succès opérationnel des entreprises du portefeuille.
À la fin de la période de détention, le fonds entre dans une phase de liquidation. Les participations sont revendues progressivement, selon les conditions de marché, et les montants récupérés sont redistribués aux investisseurs, déduction faite des frais.
Les éventuelles plus-values réalisées sont exonérées d’impôt sur le revenu, sous réserve du respect de la durée de blocage. En revanche, elles restent soumises aux prélèvements sociaux (17,2 %).
Créer un fonds d’investissement de proximité : cadre légal et obligations
La création d’un fonds d’investissement de proximité est encadrée par le Code monétaire et financier. Seules les sociétés de gestion disposant d’un agrément AMF peuvent structurer et commercialiser ce type de fonds.
Elles sont tenues de respecter plusieurs obligations réglementaires destinées à protéger l’investisseur :
- Rédiger un prospectus validé par l’AMF, précisant la stratégie, les frais, les risques et les objectifs du fonds.
- Respecter le quota réglementaire de 70 % de PME éligibles.
- Assurer un suivi régulier de la gestion et des participations.
- Publier un rapport annuel détaillé, incluant les données de performance et l’évolution du portefeuille.
- Informer les souscripteurs de manière claire et transparente sur les risques encourus et les résultats obtenus.
Ce cadre réglementaire vise à garantir que l’épargne collectée est effectivement orientée vers l’économie réelle des territoires ciblés, dans un cadre transparent et sécurisé.
Quels sont les différents types de FIP ?
Les FIP peuvent être regroupés en trois grandes familles selon leur périmètre géographique et le niveau d’avantage fiscal. Ce choix a un impact direct sur la rentabilité, la nature des projets financés et les contraintes réglementaires.
FIP métropolitains (ou classiques)
Les FIP métropolitains, ou FIP classiques, concentrent leurs investissements sur des PME non cotées situées dans quatre régions administratives limitrophes en France métropolitaine, hors Corse et Outre-mer. Ce sont les FIP les plus anciens du marché, historiquement connus du grand public.
Jusqu’en 2024, les FIP métropolitains ouvraient droit à une réduction d’impôt sur le revenu allant jusqu’à 18 % du montant investi, dans la limite de :
- 12 000 € investis pour une personne seule, soit jusqu’à 2 160 € de réduction
- 24 000 € investis pour un couple, soit jusqu’à 4 320 € de réduction.
Mais cet avantage fiscal a été supprimé par la loi de finances pour 2025.
Depuis le 1er janvier 2025, les FIP métropolitains ne sont plus éligibles à la réduction d’impôt sur le revenu, conformément à la modification du VI de l’article 199 terdecies-0 A du Code général des impôts, désormais réservé aux seuls FCPI.
Cette réforme marque la fin de l’incitation fiscale pour les investissements dans les PME régionales de métropole. Les pouvoirs publics ont souhaité recentrer l’effort de défiscalisation sur les zones économiques prioritaires, en maintenant le dispositif uniquement pour les FIP Corse et FIP Outre-mer.
En parallèle, la loi a renforcé les exigences de transparence et de contrôle encadrées par l’AMF, afin de garantir que les quotas d’investissement local soient bien respectés.
En l’absence d’avantage fiscal, les FIP métropolitains ont perdu une grande partie de leur attractivité, notamment pour les contribuables à la recherche d’une optimisation fiscale.
Les plus-values réalisées à la sortie restent néanmoins exonérées d’impôt sur le revenu, à condition de conserver les parts au moins cinq ans et de ne pas procéder à un rachat anticipé. Les exceptions prévues (décès, invalidité, licenciement) permettent de préserver l’avantage en cas de sortie anticipée pour motif légitime.
FIP Corse
Créés pour canaliser l’épargne privée vers l’économie insulaire, les FIP Corse bénéficient d’un cadre fiscal avantageux et d’une orientation géographique stricte.
Les entreprises financées doivent être implantées en Corse, avec un siège social et une activité effective sur l’île. L’objectif est de soutenir des secteurs clés de l’économie locale comme le tourisme, l’agriculture de qualité, les énergies renouvelables ou l’artisanat traditionnel.
Le dispositif reste pleinement opérationnel sur le plan fiscal. La réduction d’impôt atteint 30 % du montant investi, dans la limite des plafonds annuels classiques :
- 12 000 € investis pour une personne seule, soit jusqu’à 3 600 € de réduction d’impôt.
- 24 000 € investis pour un couple soumis à imposition commune, soit jusqu’à 7 200 € de réduction d’impôts.
En contrepartie, les parts doivent être conservées pendant au moins cinq ans. Au-delà de l’avantage fiscal, ce type de FIP offre la possibilité de contribuer activement au développement économique de la Corse, dans une logique territoriale forte.
FIP Outre-mer
Les FIP Outre-mer s’inscrivent dans une démarche de soutien à long terme des économies ultramarines. Ils permettent d’investir dans des PME situées dans les départements et collectivités d’Outre-mer, comme la Guadeloupe, la Réunion, la Polynésie française ou la Guyane.
Les projets financés couvrent une large gamme de secteurs : transition énergétique, infrastructures locales, agroalimentaire, commerce de proximité, services de santé... Ces territoires présentent des défis structurels spécifiques (éloignement, coûts logistiques, sous-investissement public), mais aussi des opportunités de croissance ciblées.
Cette incitation forte s’explique par la volonté de renforcer l’investissement privé dans des régions structurellement moins attractives pour les acteurs traditionnels du capital-investissement.
Pour les foyers fortement fiscalisés, les FIP Outre-mer représentent ainsi un levier puissant de défiscalisation, à condition d’accepter un niveau de risque supérieur lié à la nature des territoires concernés.
À noter que le plafond de versement du FIP Outre-Mer se cumule avec celui du FIP Corse.
Tableau comparatif des différents types de FIP
Ce tableau permet de visualiser rapidement les principales différences entre les trois grandes catégories de FIP :
Les avantages et inconvénients des FIP
Le FIP est un outil de placement hybride : à la croisée de la défiscalisation, de l’investissement régional et du capital-investissement. Il présente des avantages concrets, mais aussi des risques à ne pas sous-estimer.
Pourquoi investir dans des FIP ?
Un investissement en FIP répond à plusieurs logiques : optimisation fiscale, diversification patrimoniale, et participation au développement économique local. Ce type de support s’adresse en priorité aux contribuables fortement imposés, capables d’accepter une certaine prise de risque et une faible liquidité.
Réduction d’impôt à l’entrée
Le principal attrait des FIP reste leur avantage fiscal à l’entrée. En souscrivant à un FIP éligible, l’investisseur bénéficie d’une réduction directe de son impôt sur le revenu.
Le taux de réduction dépend du type de FIP souscrit :
- FIP Outre-mer : 30 % du montant investi.
- FIP Corse : 30 %.
- FIP métropolitains : 0 % depuis 2025 (avantage supprimé).
Cette réduction est soumise à un double plafond d’investissement :
- 12 000 € par type de FIP (Corse ou Outre-mer) pour une personne seule, soit jusqu’à 3 600 € de réduction par dispositif.
- 24 000 € par type de FIP pour un couple marié ou pacsé, soit jusqu’à 7 200 € de réduction par dispositif.
Ces deux plafonds sont cumulables, ce qui signifie qu’un contribuable peut investir jusqu’à 12 000 € en FIP Corse et 12 000 € en FIP Outre-mer s’il est seul, ou 24 000 € dans chaque dispositif s’il est en couple, tout en respectant le plafond global des niches fiscales fixé à 10 000 € de réduction par an.
Exemple concret : un couple marié investit 20 000 € en FIP Outre-mer et 12 000 € en FIP Corse, soit un total de 32 000 €.
Il pourra théoriquement bénéficier d’une réduction d’impôt de 6 000 € grâce au FIP Outre-mer (20 000 € × 30 %) et 3 600 € grâce au FIP Corse (12 000 € × 30 %) soit 9 600 € de réduction d’impôt au total, sans dépasser le plafond des niches fiscales.
Cet avantage est soumis à conditions, et en cas de non-respect de ces conditions, l’avantage fiscal est annulé et doit être remboursé à l’administration.
À lire aussi : Niche fiscale : Définition, liste et comment en bénéficier
Soutien à l’économie locale et aux PME régionales
Investir dans un FIP, c’est aussi donner du sens à son épargne. Les fonds sont orientés vers le financement d’entreprises locales, souvent en croissance ou en phase de transmission.
Ce choix d’investissement contribue :
- À la création et au maintien de l’emploi dans les territoires.
- Au renforcement du tissu économique régional.
- Au développement de secteurs innovants ou stratégiques (numérique, transition énergétique, agroalimentaire...).
Dans le cas des FIP Corse ou Outre-mer, l’impact est encore plus marqué, car l’investissement est orienté vers des zones structurellement moins bien dotées en capitaux privés.
Pour les épargnants sensibles aux enjeux de développement régional, le FIP constitue une alternative éthique et engagée à d’autres placements plus traditionnels.
Diversification du portefeuille
Les FIP permettent d’accéder à une classe d’actifs peu représentée dans les portefeuilles de particuliers : les PME régionales.
Ils permettent d’investir dans des entreprises locales, souvent absentes des canaux d’investissement classiques.
Un FIP bien structuré peut apporter de la diversification dans un portefeuille.
Les inconvénients des FIP
Malgré leurs avantages fiscaux et économiques, les FIP présentent plusieurs limites. Ils doivent être envisagés avec prudence et intégrés dans une stratégie patrimoniale globale, notamment pour les profils peu avertis ou faiblement fiscalisés.
Risque de perte en capital
Les FIP investissent dans des PME non cotées, souvent jeunes, innovantes ou en phase de développement. Ces entreprises ne bénéficient pas des mêmes garanties que les grands groupes cotés.
En cas d’échec d’un ou plusieurs projets financés, l’investisseur peut ne pas récupérer la totalité du capital investi. Ce risque est réel et inhérent au capital-investissement.
Il est donc essentiel de :
- Comprendre la stratégie du fonds et les secteurs visés.
- Analyser la qualité de la société de gestion.
- Diversifier ses investissements et ne pas consacrer une part excessive de son patrimoine aux FIP.
Durée de blocage longue
L’investissement en FIP est un engagement de long terme, avec une durée de blocage légale de 5 ans, souvent prolongée jusqu’à 7, 8 ou 10 ans selon les cas.
Les parts de FIP ne sont pas liquides : il n’existe pas de marché secondaire organisé pour les revendre en cas de besoin. En cas de sortie anticipée, les avantages fiscaux obtenus sont annulés et doivent être remboursés à l’administration.
Ce manque de liquidité peut poser problème en cas de changement de situation personnelle ou de besoin imprévu de liquidités.
Frais élevés
Les FIP sont des produits complexes à structurer, gérer et administrer. Cette sophistication se reflète dans leur niveau de frais, plus élevé que la moyenne des placements grand public.
D’après les dernières études comparatives sur les fonds non cotés :
- Les FIP affichent des frais de gestion moyens de 3,5 % par an, contre environ 2,4 % à 2,7 % pour les fonds traditionnels.
- Les FCPI sont légèrement moins chargés, avec une moyenne de 3,2 % par an.
- Ces chiffres n’intègrent pas toujours les frais additionnels, notamment ceux liés à la distribution (par exemple en assurance-vie), qui peuvent encore alourdir la facture globale.
Les principaux frais à prendre en compte sont les suivants :
- Frais d’entrée : généralement compris entre 2 % et 5 % du montant investi. Ils sont parfois négociables ou supprimés via certaines plateformes.
- Frais de gestion annuels : autour de 3 à 3,5 %, directement prélevés sur les actifs du fonds.
- Frais de performance (carried interest) : déclenchés lorsque le fonds dépasse un certain seuil de rendement, souvent 20 % de la plus-value générée.
Il est important de noter que le niveau de frais n’est pas systématiquement corrélé à la performance finale.
Certaines analyses montrent qu’il n’existe pas de lien significatif entre frais élevés et rendement supérieur, en dehors de cas exceptionnels.
Rendement incertain
Même si les FIP visent une performance attractive, leur rendement reste très variable et incertain. Il dépend fortement de :
- La qualité de la sélection des PME par la société de gestion.
- L’évolution du contexte économique régional ou sectoriel.
- La capacité du fonds à revendre ses participations dans de bonnes conditions.
Certains FIP enregistrent des rendements très honorables (supérieurs à 5 % par an), d’autres peinent à restituer le capital initial. La défiscalisation ne garantit en rien la performance financière globale.
Quelles sont les performances des FIP ?
Les études récentes de l’AMF et de France Invest dressent le constat suivant : les FIP ont, en moyenne, offert des rendements faibles voire négatifs sur longue période, même si les résultats varient fortement d’un fonds à l’autre.
Sur 5 ans, la performance médiane ressort autour de -3 % par an (hors avantage fiscal), signe que la valeur des portefeuilles peine à croître en phase intermédiaire. Sur 10 ans, le TRI médian avoisine -2,4 % par an, avec plus de la moitié des FIP affichant un rendement brut négatif à la liquidation. Sur 15 à 20 ans, la moyenne pondérée s’établit autour de –1,4 % par an.
Cette moyenne masque une forte hétérogénéité :
- Un quart des FIP perdent plus de 5 % par an, soit près de la moitié du capital en moins sur 8 à 10 ans.
- Environ 30 % seulement affichent une performance brute positive à l’échéance.
- Les meilleurs 25 % de FIP dégagent à peine +1 à +2 % par an et seuls quelques fonds exceptionnels dépassent +100 % de gain total.
Les raisons de ces résultats modestes sont multiples :
- Frais élevés (souvent >3 % par an).
- Contraintes géographiques et sectorielles limitant la diversification.
- Difficultés à céder les participations non cotées à bon prix.
- Échecs d’entreprises du portefeuille.
En pratique, l’avantage fiscal joue un rôle clé car il peut permettre à un FIP Corse (30 % de réduction) ou Outre-mer (30 %) d’offrir une performance nette proche de l’équilibre, même si la performance économique est légèrement négative.
Mais hors défiscalisation, les FIP restent un support à envisager avec prudence, davantage pour leur intérêt fiscal que pour leur potentiel de gain intrinsèque.
Fiscalité des FIP : réduction d’impôt, plus-values, IFI
La fiscalité d’un FIP s’articule autour de trois leviers : la réduction d’impôt à l’entrée, l’exonération des plus-values à la sortie et un traitement spécifique à l’IFI. Depuis 2024, le cadre a évolué, recentrant l’avantage fiscal sur les zones prioritaires.
Réduction d’impôt à l’entrée (IR)
Souscrire à un FIP éligible ouvre droit à une réduction directe de l’impôt sur le revenu. Le taux appliqué dépend du type de FIP :
- FIP Outre-mer : 30 % du montant investi.
- FIP Corse : 30 %.
- FIP métropolitains : avantage supprimé depuis le 1er janvier 2024.
La réduction est plafonnée à 12 000 € d’investissement pour une personne seule (soit jusqu’à 3 600 €) et 24 000 € pour un couple (soit jusqu’à 7 200 €).
Pour en bénéficier, il faut respecter plusieurs conditions :
- Conservation des parts pendant au moins 5 ans.
- Quota de 70 % d’investissement dans des PME éligibles.
- Souscription dans le cadre d’une augmentation de capital.
Ces avantages sont intégrés au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an.
Exonération des plus-values à la sortie
À la liquidation du FIP, les éventuelles plus-values réalisées sur les titres sont exonérées d’impôt sur le revenu, sous réserve d’avoir respecté la durée de blocage et de ne pas avoir procédé à un rachat anticipé.
Seuls les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % restent dus sur le gain net. Cette exonération IR constitue un complément intéressant à la réduction d’impôt initiale, notamment dans les scénarios de forte performance du fonds.
Pour aller plus loin : Fiscalité du Private Equity : Guide complet
Imposition à l’IFI
Les parts de FIP sont en règle générale exclues de l’assiette de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Cette exonération s’applique lorsque :
- Les biens immobiliers détenus directement ou indirectement par le fonds sont affectés à l’activité professionnelle des PME financées.
- Le FIP ne détient pas de participations significatives dans des sociétés à prépondérance immobilière.
En revanche, une fraction de la valeur du FIP peut être imposable à l’IFI si le fonds détient :
- Des immeubles non affectés à l’exploitation (ex : locaux vacants ou détenus à titre patrimonial).
- Des participations dans des sociétés principalement immobilières, dont l’activité consiste à gérer ou louer un patrimoine foncier.
Dans ce cas, seule la part correspondant à la valeur des biens immobiliers non professionnels est intégrée dans la base taxable à l’IFI.
Pour les contribuables assujettis à l’IFI, il est donc indispensable de vérifier la nature des participations et la politique d’investissement du FIP avant de souscrire.
À lire aussi : Réduction IFI : 11 moyens de le diminuer
Comment choisir un bon FIP ?
Pour choisir un FIP performant et fiable, il faut évaluer la compétence du gestionnaire, analyser les performances passées, comprendre la structure des frais, vérifier la cohérence de la zone d’investissement et s’assurer d’un suivi transparent.
Réputation et expertise de la société de gestion
Un bon FIP commence par une société de gestion expérimentée et agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Cet agrément est un gage de conformité réglementaire, mais il ne préjuge pas de la qualité de gestion.
Pour évaluer un acteur, il faut examiner :
- Son historique de performance sur plusieurs millésimes de FIP.
- Sa spécialisation sectorielle (tourisme, innovation, transition énergétique…) et sa connaissance du territoire ciblé.
- La stabilité et l’expérience de son équipe de gestion, qui influencent directement la qualité des investissements.
Une société ayant déjà accompagné plusieurs entreprises locales vers la croissance ou la revente réussie est généralement plus fiable.
Historique de performance des fonds gérés
Même si les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs, elles fournissent des repères essentiels sur la capacité du gestionnaire à créer de la valeur.
L’analyse doit porter sur :
- Le taux de rendement interne (TRI) moyen sur les millésimes précédents.
- La régularité des résultats, plutôt qu’un pic exceptionnel isolé.
- La comparaison avec la moyenne du marché pour voir si le fonds surperforme ou sous-performe.
Un historique montrant des rendements nets positifs sur plusieurs fonds, même modestes, est plus rassurant qu’une performance volatile ou en dents de scie.
Niveau et structure des frais
Les frais ont un impact direct sur le rendement final. Il est indispensable de comprendre leur structure et de l’évaluer au regard de la performance historique du gestionnaire.
Un fonds dont la performance brute est correcte peut voir son rendement net significativement réduit par des frais mal maîtrisés.
Zone géographique et thématique d’investissement
Le périmètre géographique conditionne à la fois le potentiel économique et le niveau de réduction d’impôt. Un investisseur averti évalue :
- La dynamique économique du territoire et la solidité des secteurs porteurs.
- Les éventuelles contraintes structurelles comme l’insularité ou l’éloignement.
- La pertinence de la thématique sectorielle choisie par le fonds (tourisme, énergies renouvelables, agroalimentaire…).
Un bon FIP allie cohérence fiscale et conviction économique sur sa zone d’investissement.
Transparence et qualité du reporting
Un reporting clair et régulier est le signe d’une gestion sérieuse. L’investisseur doit pouvoir suivre l’évolution du portefeuille, comprendre les choix d’investissement et mesurer la performance.
Les rapports annuels doivent détailler les entreprises financées, les opérations réalisées et les perspectives à venir, complétés par des communications intermédiaires permettant un suivi tout au long de la vie du fonds.
Comment investir dans un FIP ?
Souscrire à un FIP se fait en plusieurs étapes, depuis la sélection du fonds jusqu’à la validation de l’investissement. La procédure est encadrée et implique souvent un intermédiaire agréé.
L’investisseur commence par identifier un fonds qui correspond à ses objectifs fiscaux et patrimoniaux. Cette sélection repose sur l’analyse des documents d’information réglementaire et du prospectus visé par l’AMF.
Vient ensuite la souscription proprement dite. Elle peut se faire soit :
- En direct auprès de la société de gestion, via un bulletin de souscription de parts de fonds d’investissement de proximité et le versement des fonds correspondants.
- Par l’intermédiaire d’un conseiller en gestion de patrimoine, d’une banque ou d’un courtier en ligne, qui se charge de présenter l’offre, de vérifier la conformité du profil investisseur et de transmettre la demande.
La signature des documents contractuels est accompagnée du versement initial, intégral ou échelonné selon les modalités prévues. L’investisseur reçoit ensuite une attestation de souscription, utile pour bénéficier de la réduction d’impôt.
Il est essentiel de conserver tous les justificatifs et de respecter les conditions de conservation des parts pour éviter la reprise de l’avantage fiscal. Un suivi régulier du reporting fourni par la société de gestion permet ensuite de mesurer l’avancement du fonds jusqu’à sa liquidation.
Les meilleurs FIP
En 2025, certains FIP se distinguent par la solidité de leur gestion, la cohérence de leur stratégie et la maîtrise de leurs frais. La sélection ci-dessous couvre les trois principales catégories : métropolitains, Corse et Outre-mer. Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement.
Cette sélection repose sur une analyse croisée de critères objectifs. L’objectif de cette sélection n’était pas seulement d’identifier les fonds les plus visibles, mais ceux qui présentent de réelles garanties de sérieux et de transparence.
Nous avons d’abord retenu les sociétés de gestion expérimentées, capables de démontrer des résultats sur plusieurs générations de FIP.
Les premiers fonds liquidés par certains gestionnaires (comme Vatel en Corse ou Inter Invest Outre-mer) montrent une capacité à préserver le capital, ce qui reste rare dans ce type de placement.
Les fonds choisis se distinguent également par :
- Une stratégie d’investissement lisible, adaptée à leur zone (Corse, Outre-mer ou métropole).
- Une structure de frais compétitive, souvent avec 0 % de droits d’entrée via courtier.
- Une transparence renforcée, avec des reportings réguliers (valeur liquidative, rapports annuels).
Enfin, notre sélection a croisé ces éléments avec les classements de comparateurs indépendants. Le fait qu’Odyssée, Vatel et Inter Invest apparaissent régulièrement dans ces palmarès confirme leur reconnaissance par le marché.
À noter que cette sélection n’est pas exhaustive et reflète l’état du marché en 2025. Certains fonds peuvent avoir clos leur souscription ou être remplacés par un nouveau millésime d'ici la fin de l’année. Vous devez donc toujours vérifier la disponibilité effective du fonds avant toute décision.
Quelles sont les alternatives aux FIP ?
Les FIP ne sont pas l’unique moyen d’investir dans des PME tout en bénéficiant d’avantages fiscaux. D’autres supports offrent un accès au capital-investissement, parfois avec une orientation sectorielle ou géographique différente.
Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI)
Les FCPI investissent majoritairement dans des entreprises innovantes, souvent en phase de développement ou de commercialisation de technologies nouvelles. Ils partagent avec les FIP une structure de fonds commun de placement à risque, mais leur critère d’éligibilité repose sur le caractère innovant de l’activité plutôt que sur la localisation géographique.
Comparés aux FIP, les FCPI :
- Offrent généralement un taux de réduction d’impôt sur le revenu de 25 % (sous réserve des conditions en vigueur à la date de souscription).
- Présentent un profil de risque élevé en raison de l’exposition aux jeunes sociétés innovantes.
- Peuvent générer des rendements significatifs en cas de succès technologique, mais avec une forte volatilité des résultats.
Ils conviennent davantage aux investisseurs à la recherche de potentiel de croissance élevé, prêts à accepter un risque important.
Fonds communs de placement à risque (FCPR)
Les FCPR sont des fonds de capital-investissement plus généralistes, pouvant investir dans une grande variété de PME non cotées, sans obligation de concentration géographique ou d’innovation.
Ils se distinguent par :
- Une souplesse dans la stratégie d’investissement, qui peut inclure des secteurs matures et moins risqués que ceux des FCPI.
- Une fiscalité avantageuse sur les plus-values après 5 ans de détention, avec exonération d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux).
- Un accès parfois réservé aux investisseurs avertis ou avec un ticket d’entrée plus élevé que les FIP et FCPI grand public.
Ces fonds intéressent les épargnants souhaitant diversifier leur exposition au non coté au-delà des contraintes réglementaires des FIP.
Autres fonds fiscaux régionaux ou sectoriels
Certaines solutions ciblent un secteur ou une filière précise, tout en offrant un cadre fiscal attractif.
Parmi les plus connues, on retrouve :
- SOFICA : fonds dédiés au financement du cinéma et de l’audiovisuel, avec une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 48 %.
- Fonds agricoles ou forestiers : investissement dans l’exploitation agricole ou la gestion forestière, souvent éligible à des exonérations partielles d’IFI et à des régimes spécifiques d’imposition des revenus.
- Véhicules régionaux hors cadre FIP : certains fonds lancés par des collectivités locales ou des acteurs privés pour financer un territoire, sans avantage fiscal national mais avec un objectif d’impact local fort.
Ces produits sont souvent moins diversifiés que les FIP ou FCPR et répondent à une logique d’investissement plus ciblée.
Accès au private equity via d’autres enveloppes
Il est possible d’investir dans des PME non cotées sans passer par un FIP, via des supports déjà présents dans une stratégie patrimoniale :
- Assurance-vie : certaines unités de compte offrent une exposition au private equity, avec un cadre fiscal propre à l’assurance-vie.
- Plan d’épargne retraite (PER) : possibilité d’intégrer des supports en actions non cotées, avec un avantage fiscal à l’entrée.
- Holdings non cotées : investissement direct dans une société qui détient un portefeuille de participations dans des PME, parfois assorti d’avantages fiscaux spécifiques.
Ces solutions permettent de diversifier l’accès au non coté, mais chacune comporte des contraintes de liquidité, de frais et de sélection des projets à examiner attentivement.
À lire aussi : Les meilleurs fonds de Private Equity en France
Conclusion
Les Fonds d’investissement de proximité (FIP) permettent aux épargnants de soutenir le développement de PME régionales non cotées, tout en bénéficiant, dans certains cas, d’un avantage fiscal à l’entrée.
Depuis 2025, seuls les FIP Corse et FIP Outre-mer ouvrent encore droit à une réduction d’impôt de 30 %, ce qui recentre l’intérêt du dispositif sur les zones économiques prioritaires.
Les FIP restent des produits encadrés, gérés par des sociétés agréées, avec une durée de blocage longue (souvent 7 à 10 ans), des frais élevés et une exposition réelle au risque de perte en capital.
Malgré leur fiscalité avantageuse et leur dimension locale, leurs performances passées sont globalement modestes, ce qui impose une sélection rigoureuse des fonds et des gestionnaires.
Dans une logique de diversification patrimoniale et pour les contribuables fortement fiscalisés, les FIP peuvent encore avoir du sens.
Mais ils doivent être abordés comme des produits risqués, peu liquides et à rendement incertain, et non comme des placements à court terme ou purement défensifs.