Comment fonctionne le marché secondaire du Private Equity ?
Contrairement au marché primaire, le marché secondaire du Private Equity permet d’accéder à des portefeuilles d’actifs non cotés ayant déjà atteint un certain degré de maturité.
Le développement du marché secondaire est étroitement lié à la croissance du marché primaire : plus les premiers lèvent de capitaux, plus il y a de parts susceptibles d’être revendues.
Le marché primaire finance directement les entreprises par l’apport de nouveaux capitaux, tandis que le marché secondaire consiste à échanger des participations existantes, sans apporter de financement nouveau aux sociétés concernées.
Le marché secondaire offre une source majeure de liquidité aux acteurs du marché primaire :
- Les gérants peuvent y céder ou transférer leurs participations hors des voies de sortie traditionnelles
- Les investisseurs institutionnels peuvent revendre leurs parts avant l’échéance du fonds.
Les investisseurs sur le marché secondaire accèdent, eux, à des portefeuilles aux caractéristiques distinctes de celles du marché primaire, susceptibles d’offrir des opportunités attractives.
Types de transactions secondaires en Private Equity : LP-led et GP-led
Le marché secondaire se divise en deux grandes catégories de transactions : les opérations LP-led et les opérations GP-led. Ces formats correspondent à des logiques différentes, selon qu’elles sont initiées par un investisseur ou par le gestionnaire du fonds.
LP-led : la cession d’un investisseur
Dans une transaction LP-led, c’est un investisseur (Limited Partner) qui décide de céder tout ou partie de sa participation dans un fonds de Private Equity. Ce type d’opération forme historiquement le cœur du marché secondaire.
Voici comment cela se déroule généralement :
- Le LP identifie les parts qu’il souhaite vendre , souvent pour des raisons de liquidité, de réallocation stratégique ou de simplification de portefeuille.
- Il se rapproche d’un fonds secondaire susceptible d’être intéressé.
- Le fonds réalise une due diligence sur les actifs en portefeuille, puis formule une offre.
- Après accord des parties et validation par le gestionnaire (GP) , la transaction est finalisée et le nouvel investisseur entre au capital du fonds.
Ce format est particulièrement courant chez les grands institutionnels, comme les fonds de pension ou les compagnies d’assurance, qui gèrent des centaines de lignes en portefeuille.
Les LPs peuvent céder leurs parts pour des raisons de gestion de portefeuille, sans que cela traduise nécessairement une déception quant à la qualité des actifs.
Les investisseurs institutionnels doivent notamment respecter des limites d’exposition aux actifs illiquides, dont le niveau varie selon leur mandat.
Exemple : quand les marchés cotés chutent, comme en 2022 sur les actions et l’obligataire, le poids relatif du Private Equity dans les portefeuilles s’accroît mécaniquement..Cela a donc poussé de nombreux fonds de pension à vendre des participations pour se rééquilibrer.
La cession peut aussi répondre à une décision stratégique : réduction de l’exposition au Private Equity, réorientation de la politique d’investissement ou changement d’équipe dirigeante souhaitant redéfinir le portefeuille.
GP-led : la restructuration initiée par le gestionnaire
Dans une transaction GP-led, c’est le gestionnaire du fonds lui-même (General Partner) qui initie une opération secondaire.
L’objectif est double : offrir une option de liquidité aux investisseurs du fonds arrivant à échéance, tout en permettant au gérant de transférer certains actifs dans un fonds de continuation afin d’en conserver le contrôle et de prolonger leur période de détention.
Les investisseurs peuvent récupérer leur capital ou réinvestir dans le nouveau véhicule.
Selon la banque d’investissement américaine Jefferies, les GP-led représentent 48% des volumes du secondaire en 2025 (115 Md$), ce qui confirme leur rôle croissant dans la structuration des portefeuilles non cotés.
Voici les formes les plus fréquentes de GP-led :
- Continuation funds : création d’un nouveau fonds pour y transférer un ou plusieurs actifs matures, souvent performants, afin d’optimiser leur sortie.
- Tender offers : proposition aux LPs existants de vendre leurs parts à un ou plusieurs nouveaux investisseurs, à un prix déterminé.
- Strip sales : cession d’une partie seulement du portefeuille à un acheteur secondaire.
Ces opérations répondent à plusieurs objectifs :
- Prolonger la création de valeur sur des actifs encore prometteurs.
- Offrir une liquidité partielle ou totale aux LPs existants.
- Aligner les intérêts entre anciens et nouveaux investisseurs.
Le marché des GP-led est en forte croissance, car il permet de traiter des situations plus complexes, tout en créant des solutions sur mesure pour les LPs comme pour les GPs.
Pour les gérants, c’est aussi un outil stratégique : il leur permet de conserver la main sur des actifs performants, d’optimiser leur sortie, et de structurer leur portefeuille avec davantage de flexibilité.
Focus sur les fonds de continuation
Un fonds de continuation est un véhicule créé par le gérant pour racheter un ou plusieurs actifs d’un fonds arrivant à échéance, et continuer à les gérer, généralement pendant 3 à 5 ans supplémentaires.
Les investisseurs historiques peuvent ainsi choisir entre récupérer leur liquidité ou réinvestir dans le nouveau véhicule.
Ces fonds de continuation sont devenus le cœur du marché GP-led, ils représentent environ 90% des transactions GP-led, soit 42% du volume total du marché secondaire en 2025, en cumulant les véhicules mono-actif (23%) et multi-actifs (19%) recensés par Evercore.
Parmi eux, les véhicules mono-actif représentent 53% du volume GP-led au premier semestre 2026, contre 33% pour les multi-actifs (Evercore).
Leur croissance s’explique notamment par le ralentissement des sorties classiques (cessions et introductions en Bourse), faute d’acheteurs aux valorisations souhaitées, les gérants conservent leurs meilleurs actifs plus longtemps, tout en offrant une porte de sortie à leurs investisseurs.
Qui vend et qui achète ? Les principaux acteurs du marché
Le marché secondaire repose sur un équilibre entre offre et demande, porté par des vendeurs souhaitant céder leurs parts et des acheteurs prêts à les acquérir pour des raisons stratégiques. Chaque acteur y trouve un intérêt spécifique.
Les vendeurs : investisseurs à la recherche de liquidité ou de réallocation
Le Private Equity secondaire est devenu un outil courant de gestion de portefeuille pour les investisseurs institutionnels souhaitant obtenir des liquidités, rééquilibrer leurs portefeuilles, etc.
À noter que ce marché secondaire n’est pas accessible aux particuliers qui veulent céder leurs parts de Private Equity.
Voici les principaux vendeurs sur le marché secondaire sont :
- Les fonds de pension
- Les compagnies d’assurance
- Les banques
- Les family offices et investisseurs privés
- Les fonds evergreen qui ont besoin de liquidités pour honorer une hausse des demandes de rachat par exemple.
Les motivations des vendeurs sont variées :
- Réallocation stratégique d’actifs.
- Réduction du nombre de lignes en portefeuille.
- Gestion de liquidité ou réponse à des contraintes réglementaires.
- Sortie anticipée de fonds peu performants ou arrivés à maturité.
Les acheteurs : une diversité de profils et de stratégies
Face à cette offre, une grande variété d’acheteurs se positionne sur le secondaire :
- Les fonds secondaires
- Les fonds de fonds
- Les family offices
- Les investisseurs institutionnels (certains grands assureurs ou caisses de retraite, etc.)
Leurs objectifs principaux sont les suivants :
- Accéder à des portefeuilles matures avec des distributions plus proches.
- Obtenir des liquidités plus rapidement.
- Réduire l’impact de la courbe en J.
- Diversifier leur exposition sectorielle ou géographique dans plusieurs centaines d’entreprises avec un seul fonds.
Ce jeu d’acteurs complémentaires contribue à la fluidité et à la croissance continue du marché secondaire, qui devient un outil courant de gestion active dans l’univers du Private Equity.
Analyse du marché du secondaire
Le marché secondaire du Private Equity a beaucoup progressé. En 2025, le volume mondial des transactions a atteint entre 225 et 240 Md$ selon les principales banques d’affaires du secteur (Campbell Lutyens, Evercore, Jefferies), en hausse de plus de 40% par rapport au record de 2024.
Le premier semestre 2026 confirme la tendance avec 121 Md$ échangés, un record semestriel selon Evercore.
Cette dynamique s’explique par plusieurs tendances de fond :
- Montée en puissance des GP-led, qui représentent 48% du volume 2025 (115 Md$ selon Jefferies), portés par les fonds de continuation.
- Hausse des besoins de liquidité des investisseurs institutionnels, dans un marché des sorties toujours ralenti depuis la hausse des taux en 2022.
- Capital dédié record : 327 Md$ de poches spécialisées fin 2025 (+14% sur un an), environ 477 Md$ en comptant les LPs traditionnels et le levier.
- Élargissement du profil des acheteurs , avec la percée des fonds evergreen et l’entrée d’investisseurs privés via des plateformes ou véhicules adaptés.
Jefferies anticipe un franchissement des 300 Md$ annuels d’ici 12 à 24 mois. Le marché secondaire est désormais un outil structurant de gestion patrimoniale, et non plus un simple marché opportuniste de sortie.
Les stratégies et véhicules d’investissement en Private Equity Secondaire
Investir dans le marché secondaire du Private Equity se fait le plus souvent via des véhicules spécialisés : les fonds secondaires. Ces structures d’investissement sont conçues pour tirer parti des opportunités spécifiques du secondaire tout en offrant une diversification maîtrisée.
Fonds secondaire Private Equity : comment ils investissent
Les fonds secondaires sont des véhicules d’investissement dédiés à l’acquisition de parts de fonds de Private Equity sur le marché secondaire. Leur objectif est de capitaliser sur les décotes, la maturité des portefeuilles et la visibilité accrue sur les actifs.
3 axes déterminent le profil d’un fonds secondaire, et donc la décote et la diversification auxquelles vous accédez :
- Le type de transaction : un fonds LP-led rachète des portefeuilles de parts entiers , donc la décote est importante et la diversification dépend du nombre de fonds repris. Un fonds GP-led entre sur des entreprises déjà identifiées via des véhicules de continuation, à une décote plus faible , mais sur beaucoup moins de lignes.
- La maturité des portefeuilles rachetés : un gérant peut viser des fonds récents de 4 à 6 ans, dont la performance reste à créer, ou des fonds de plus de 10 ans, achetés avec de fortes décotes.
- La forme du véhicule : fonds de fonds, fonds nourricier, co-investissement. Ces structures déterminent votre ticket d’entrée et le niveau de frais prélevé. La plupart des fonds de fonds diversifiés intègrent d’ailleurs une poche secondaire aux côtés de leurs investissements primaires pour capter une partie des bénéfices du secondaire sans souscrire de fonds dédié.
La structure de portefeuille d’un fonds secondaire est généralement construite pour maximiser la diversification et lisser le risque :
- Exposition à plusieurs dizaines de lignes , avec des tailles de tickets variables selon les actifs.
- Portefeuilles déjà largement investis au moment de l’entrée (souvent plus de 80%), ce qui permet d’accéder plus rapidement à des distributions.
- Durée de blocage identique à celle d’un fonds primaire (10 ans, prorogeables), mais un capital exposé et rendu plus tôt.
Ces véhicules sont gérés par des sociétés de gestion spécialisées, dont certaines se sont imposées comme des références sur ce segment, notamment :
- Ardian
- Lexington Partners
- Neuberger Berman
- Etc.
Critères pour sélectionner un bon fonds secondaire
Choisir un fonds secondaire performant repose sur une analyse rigoureuse de plusieurs critères fondamentaux.
Voici les principaux éléments à prendre en compte avant d’investir :
- L’historique de performance : c’est un indicateur essentiel, mais il doit être analysé dans le contexte de la stratégie déployée, des millésimes concernés et des conditions de marché. Une performance constante sur plusieurs fonds successifs est un bon signe de robustesse.
- La stratégie d’investissement : LP-led, GP-led ou mixte, et la part du portefeuille laissée à chacune.
- La structure de frais : bien que la performance cible soit généralement exprimée nette de frais, leur structure (gestion, performance, cascade) reste un critère clé à analyser pour comprendre l’impact réel sur le rendement net.
- La qualité et l’expérience de l’équipe de gestion : une équipe avec une expertise éprouvée en Private Equity secondaire, une connaissance des gérants de fonds sous-jacents et un accès privilégié aux transactions off-market est un véritable avantage concurrentiel.
- La sélection des actifs : l’investisseur doit pouvoir comprendre la logique de constitution du portefeuille : maturité des actifs, géographie, secteurs représentés, équilibre entre fonds primaires et secondaires directs.
- La transparence et le reporting : la capacité du gestionnaire à fournir des informations détaillées, régulières et compréhensibles est un gage de sérieux et de bonne gouvernance.
Pourquoi Investir dans le Private Equity Secondaire ?
Le Private Equity secondaire combine plusieurs avantages dans l’univers du non coté : lisibilité, rendement, diversification, avec une dispersion des résultats plus faible d’un fonds à l’autre et un horizon de retour raccourci. Il s’impose de plus en plus comme un pilier stratégique de l’allocation long terme, notamment pour les investisseurs avertis.
Pour les investisseurs particuliers, le Private Equity secondaire offre un couple rendement / risque attractif et permet de diversifier intelligemment ses investissements non cotés sans multiplier les investissements.
Une performance solide et régulière
Le Private Equity secondaire bénéficie d’un couple rendement / risque attractif.
Sur 20 ans, les fonds secondaires affichent un TRI net moyen de 11,5% par an selon PitchBook (au 30 juin 2025). Les fonds actuellement commercialisés en France visent un rendement de 12% à 16% nets par an selon leur stratégie (objectifs non garantis).
Plusieurs leviers expliquent cette performance :
- Une décote à l’achat , gain capté une seule fois à l’entrée et non un surcroît de rendement récurrent.
- Une sélection d’actifs matures , avec une visibilité accrue sur les performances passées.
- Des distributions plus proches , le capital étant déjà en partie déployé.
- Une visibilité accrue du portefeuille : la performance et la trajectoire des entreprises qui le composent sont connues, tandis qu’en Private Equity primaire, le portefeuille exact n’est pas connu.
Autre élément important, la courbe en J se retrouve fortement réduite : le fonds comptabilise à leur valeur d’inventaire des parts payées en dessous, et reconnaît donc une plus-value dès l’achat.
Le TRI historique du secondaire reste toutefois inférieur à celui des fonds primaires (11,5% contre 13,1% sur 20 ans selon Pitchbook). Cet écart est logique car sur le cycle d'investissement, une partie de la création de valeur est captée par le fonds primaire (il ne rend pas tout via sa décote).
Focus sur la décote du secondaire
La décote du secondaire varie selon l’âge et la composition du portefeuille racheté.
En 2025, les portefeuilles LP-led se sont négociés en moyenne à 87% de la valeur nette d’inventaire (NAV) selon Jefferies :
Par ailleurs, les fonds de moins de 5 ans se sont vendus à 95% de la NAV, contre 73% pour les fonds de plus de 10 ans.
Cet écart s’explique notamment par la nature des actifs encore détenus : à ce stade, les participations les plus faciles à céder ont généralement déjà fait l’objet d’une sortie classique.
Le recours au marché secondaire peut donc signaler des actifs plus complexes à vendre ou dont l’horizon de détention s’est prolongé, ce qui justifie une décote plus importante.
Une meilleure visibilité et un risque réduit
Le secondaire permet d’investir dans des portefeuilles déjà constitués, ce positionnement se traduit par plusieurs avantages :
- Une analyse plus fine du risque : les portefeuilles sont déjà constitués, ce qui permet d’évaluer les performances réelles des actifs sous-jacents ainsi que leur comptabilité.
- Une moindre dispersion : d’un fonds à l’autre, l’écart-type des performances d’un même millésime ressort en médiane à environ 8% pour les fonds secondaires, contre environ 13% pour les fonds primaires (PitchBook Benchmarks, millésimes 2004-2021, données au 31 mars 2025).
- Une meilleure résilience aux cycles : la maturité des actifs et le calendrier de distribution plus rapide rendent les performances plus prévisibles.
Ce niveau de prévisibilité en fait une classe d’actifs recherchée par les investisseurs souhaitant limiter l’ampleur des mauvaises surprises tout en accédant à la performance du non coté.
En Private Equity primaire, les épargnants ne connaissent pas la constitution du portefeuille puisque le gérant va progressivement investir le capital levé durant les prochaines années.
Des distributions plus rapides et un retour sur capital accéléré
En secondaire, les investisseurs entrent généralement au milieu ou à la fin du cycle de vie du fonds, ce qui accélère la dynamique de retour sur capital :
- Les premières distributions peuvent intervenir dès la première ou la deuxième année .
- Le capital est restitué plus tôt dans la vie du fonds, sans que la durée de blocage contractuelle en soit raccourcie.
- L’exposition à des portefeuilles matures permet un rendement plus prévisible et plus rapide .
Cela facilite la planification patrimoniale et améliore la liquidité relative du placement.
Une diversification immédiate et massive
Les fonds secondaires offrent une diversification à grande échelle, rarement atteignable dans d’autres véhicules :
- Plusieurs centaines à plusieurs milliers d’entreprises peuvent être représentées dans un même portefeuille.
- Des dizaines de gérants , secteurs et zones géographiques.
- Des millésimes variés , permettant de lisser les effets de cycle.
Sur le marché primaire, le gérant déploie généralement les capitaux sur une période de 3 à 5 ans, ce qui concentre l’exposition sur un nombre limité de millésimes.
Le marché secondaire permet d’acquérir des portefeuilles de maturités différentes et de diversifier davantage les années d’investissement.
Cette diversification structurelle réduit nettement le risque spécifique tout en exposant à des actifs de qualité institutionnelle.
Une solution pour atténuer les défauts structurels du non coté
Le secondaire permet de contourner plusieurs contraintes historiques du Private Equity :
- Une exposition plus rapide aux actifs : même si le déploiement du fonds peut prendre plusieurs années, chaque acquisition porte sur un portefeuille déjà constitué.
- Des distributions potentiellement plus précoces : les actifs étant plus avancés dans leur cycle de détention, certaines sorties peuvent intervenir plus rapidement.
- Une meilleure diversification temporelle : l’acquisition de portefeuilles de différents millésimes réduit la concentration sur une seule période d’investissement.
Il atténue ainsi certaines contraintes du non-coté pour un investisseur individuel : l’effet de courbe en J est généralement réduit et la composition du portefeuille est plus visible dès l’investissement.
Le capital reste toutefois illiquide, même si la durée de blocage peut être plus courte que sur le marché primaire.
Une montée en exposition plus rapide
Le secondaire permet généralement d’accélérer la constitution d’une exposition au Private Equity :
- Déploiement souvent plus rapide et plus diversifié que dans le primaire, même s’il peut encore s’étaler sur plusieurs années. Selon Hamilton Lane, la période d’investissement moyenne en secondaire est de 3 ans.
- Accès à différentes catégories d’opérations , notamment les transactions LP-led, GP-led et les fonds de continuation.
- Meilleure visibilité sur les actifs sous-jacents , grâce à leur historique financier et opérationnel et à une création de valeur déjà engagée.
Performances et frais : ce qu’il faut savoir avant d’investir
Le rendement net d’un fonds secondaire dépend de deux variables :
- Le prix payé à l’achat
- La structure de frais
Rendement et performance du marché secondaire Private Equity
Les fonds secondaires affichent historiquement des performances solides et régulières. Sur les 20 dernières années, ils ont généré un TRI net moyen de 11,5% par an selon PitchBook, données au 30 juin 2025. Ce TRI est supérieur à celui des fonds de fonds (10,4%) et du Venture Capital (10,4%), mais inférieur à celui du Private Equity primaire pris dans son ensemble (13,1%).
Cela s’explique en grande partie par la maturité des actifs et par une meilleure visibilité sur les flux de trésorerie attendus.
Plusieurs facteurs influencent la performance d’un fonds secondaire :
- Le niveau de décote à l’achat.
- La qualité et la diversification du portefeuille sous-jacent.
- Le calendrier de distribution est souvent plus court que sur le marché primaire.
- L’expertise de l’équipe de gestion , notamment pour accéder aux meilleures transactions off-market.
Cette configuration permet généralement un retour sur investissement plus rapide, avec un risque de perte limité. La fameuse “courbe en J”, typique du Private Equity primaire, est ainsi largement atténuée.
Frais liés à l’investissement dans des fonds secondaires
Comme dans tout investissement en Private Equity, les fonds secondaires comportent des frais spécifiques, qui pèsent directement sur la performance nette.
Voici les principaux types de frais à anticiper :
- Frais d’entrée : appliqués lors de la souscription, ils sont généralement compris entre 0% et 5% du montant investi, selon le distributeur ou la plateforme.
- Frais de gestion annuels : facturés par la société de gestion, ils vont de 1% à 1,5% par an dans les fonds secondaires accessibles aux particuliers. Ils s’appliquent sur le capital engagé pendant la période d’investissement, et non sur le capital réellement appelé, puis sur l’actif net du fonds ensuite.
- Frais de performance (carried interest) : ils s’appliquent au-delà d’un seuil de rendement prédéfini (souvent un TRI net de 8%) et représentent 10% à 15% des plus-values dans les fonds secondaires, contre environ 20% dans les fonds primaires, après restitution intégrale du capital aux investisseurs.
- Frais de sortie ou de liquidation : moins fréquents, mais possibles en cas de retrait anticipé (dans certains fonds à liquidité partielle) ou lors de la clôture du fonds.
- Frais indirects : dans le cas des fonds de fonds secondaires , des frais peuvent également être prélevés au niveau des fonds sous-jacents, créant une structure en cascade . Cela peut réduire la performance nette si le rendement brut n’est pas suffisant.
L’ensemble de ces frais doit être évalué à l’aune du TRI net (taux de rendement interne net de tous frais), qui constitue le meilleur indicateur pour comparer les fonds entre eux.
Risques et contraintes de l’investissement en fonds secondaire Private Equity
Malgré ses nombreux atouts, le Private Equity secondaire reste une classe d’actifs complexe et contraignante. Les risques principaux portent sur la liquidité, la valorisation et la réglementation.
Risque de liquidité
L’investissement reste structurellement illiquide : acheter une part sur le marché secondaire ne signifie pas que le capital devient disponible à tout moment.
- Les premières distributions arrivent tôt, mais la liquidation complète du fonds demande souvent 6 à 10 ans, et les fonds de la sélection actuelle sont des véhicules de 10 ans (prorogeables).
- Il n’existe pas de marché secondaire organisé comme en Bourse.
- Une sortie anticipée est rarement possible, et sera soumise à l’accord du gestionnaire et généralement réalisée à prix décoté .
- Certains fonds secondaires offrent des fenêtres de rachat ponctuelles , mais avec des contraintes (plafond, délai, pénalités).
En clair : même si l’on investit dans un fonds plus mature, il faut être prêt à bloquer ses capitaux plusieurs années sans liquidité intermédiaire garantie.
Risque de valorisation et d’asymétrie d’information
La valorisation des parts repose sur des NAV internes mises à jour trimestriellement, souvent avec un décalage. Cela pose plusieurs risques :
- NAV obsolète en période de volatilité ou de retournement de marché.
- Décalage entre la valeur comptable et la valeur réelle négociable.
- Données limitées ou biaisées dans certaines transactions LP-led.
- Conflits d’intérêt possibles dans les GP-led (si le GP est à la fois vendeur et acheteur dans le cadre d’un fonds de continuation).
Ces facteurs créent une asymétrie d’information au détriment de l’acheteur. Il existe un risque de surpayer un actif ou un fonds mal valorisé, surtout en l’absence d’une due diligence approfondie. Ce risque est accentué dans les portefeuilles concentrés ou peu transparents.
Risque de concentration
Contrairement aux idées reçues, certains fonds secondaires peuvent être fortement exposés à un nombre limité d’actifs :
- C’est particulièrement vrai pour les fonds exposés aux GP-led mono-actif : une seule ligne peut alors peser lourd dans la performance du portefeuille.
- En cas de problème sur l’une de ces participations (dégradation, sortie retardée, faillite), l’impact sur la performance du fonds peut être majeur .
Risque de marché et de cycle
Même si les actifs sont matures, ils restent exposés aux aléas macroéconomiques et sectoriels :
- Hausse des taux , ralentissement économique ou tensions géopolitiques peuvent affecter les valorisations et retarder les distributions .
- Un retournement de marché peut aussi allonger la durée de détention au-delà des prévisions initiales.
- Certains fonds peuvent utiliser un effet de levier modéré , ce qui ajoute un risque financier supplémentaire .
- Un risque de change (s’il n’est pas couvert au niveau du fonds) : certains fonds investissent dans des fonds libellés dans d’autres devises (dollars, livre sterling, etc.).
Le secondaire n’est donc pas à l’abri des cycles économiques. Il offre davantage de lisibilité, mais reste dépendant de la qualité des actifs sous-jacents et du timing de sortie.
Contraintes d’accès et cadre réglementaire
La majorité des fonds secondaires sont réservés aux investisseurs avertis ou qualifiés. Cela implique :
- Tickets d’entrée élevés , souvent à partir de 100 000 € pour les fonds institutionnels.
- Formalisme administratif important (KYC, test d’adéquation, signature électronique, etc.).
- Accès limité aux particuliers , sauf via des véhicules encadrés comme les FCPR agréés, les FPS, les SLP nourricières ou les ELTIF 2.0.
Par ailleurs, le Private Equity est soumis à une réglementation stricte, qui évolue régulièrement. Un changement de règles fiscales, juridiques ou prudentielles peut impacter :
- La distribution du fonds aux particuliers.
- La fiscalité applicable (exonération, flat tax, etc.).
- La liquidité ou les modalités de revente des parts.
Comment investir dans le Private Equity secondaire et quelle fiscalité appliquer ?
Il existe plusieurs façons d’investir dans le Private Equity secondaire, selon son profil, ses objectifs patrimoniaux et son niveau d’engagement. Chaque solution implique des modalités d’accès et un régime fiscal spécifique.
Souscription directe à un fonds (hors enveloppe)
C’est le mode d’accès le plus répandu pour les investisseurs expérimentés souhaitant s’exposer à des fonds institutionnels.
Voici les principales caractéristiques de cette approche :
- L’investisseur souscrit directement des parts auprès d’une société de gestion, dans un FPCI , un FCPR , un FPS ou une SLP selon le fonds.
- Le ticket d’entrée est élevé , en général à partir de 100 000 € .
- Le capital est immobilisé sur une longue durée , sans possibilité de retrait anticipé.
- Le montant souscrit est appelé progressivement par la société de gestion, mais les frais de gestion courent dès la souscription sur le capital engagé.
Concernant la fiscalité :
- Si le fonds est un FCPR fiscal (exonération d’impôt sur les plus-values), certaines conditions doivent être respectées : durée de détention minimale de 5 ans , réinvestissement des revenus dans le fonds, et quota d’investissement en sociétés non cotées.
- Si le fonds est non fiscal, les plus-values sont soumises au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4% (12,8% d’impôt sur le revenu et 18,6% de prélèvements sociaux), ou sur option au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
- Hors enveloppe, les prélèvements sociaux de 18,6% s’appliquent dans tous les cas.
À lire aussi : Le guide complet de la fiscalité du Private Equity
Via une assurance-vie ou un PER
En 2026, l’accès au Private Equity secondaire via une assurance-vie ou un plan d’épargne retraite (PER) reste limité, bien que certains contrats haut de gamme permettent une exposition indirecte à travers des fonds de fonds intégrant une poche secondaire.
Voici les éléments à avoir en tête :
- Ticket d’entrée élevé , à partir de 1 000 € à 10 000 € selon les contrats.
- Accès indirect uniquement, via des fonds diversifiés , rarement des fonds 100% secondaires.
- Offre dépendante du contrat et de l’assureur : tous n’intègrent pas ce type de support.
- Processus de souscription plus long et formalisme renforcé , notamment dans les contrats d’assurance-vie luxembourgeois .
- En assurance-vie , les gains bénéficient d’un abattement d’impôt sur le revenu après 8 ans de détention (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple).
- Le PER n’offre pas d’abattement mais les versements sont déductibles du revenu imposable (plafonds annuels à respecter).
L’assurance-vie luxembourgeoise est l’enveloppe la plus souple pour loger du non coté : une grande variété de supports d’investissement, une sécurité renforcée grâce au triangle de sécurité, et aucune imposition au Luxembourg (c’est la fiscalité de votre pays de résidence qui s’applique).
Les meilleurs contrats sont en capacité de référencer pratiquement n’importe quel fonds, ce qui vous donne accès à un univers d’investissement extrêmement vaste.
À lire aussi : Private Equity via Assurance-vie ou en direct ?
Plateformes d’investissement spécialisées
Certaines plateformes comme Ramify permettent d’accéder à des fonds secondaires de premier plan, grâce à des véhicules adaptés aux particuliers.
Voici les éléments clés à connaître :
- Accès facilité à des stratégies professionnelles via des structures telles que des fonds de fonds ou fonds nourriciers (feeder) .
- Ticket d’entrée variable , généralement de 10 000 € à 100 000 € .
- Sélection rigoureuse des gérants et des fonds sous-jacents, avec un accompagnement personnalisé dans la constitution du portefeuille.
- Parcours digitalisé , avec souscription en ligne, signature électronique et espace client dédié.
La fiscalité dépend du support utilisé :
- Compte-titres : PFU de 31,4% ou barème progressif.
- Assurance-vie / PER : fiscalité propre à l’enveloppe.
Sociétés patrimoniales (holding, SCI à l’IS…)
Certains investisseurs choisissent de loger leur investissement dans une structure patrimoniale.
Voici les éléments à connaître :
- Le fonds est logé dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) , comme une holding ou une SCI à l’IS .
- Cela permet d’ optimiser la fiscalité sur les plus-values , de piloter la distribution des revenus, et d’ organiser la transmission patrimoniale .
Quels sont les meilleurs fonds de Private Equity Secondaire ?
Le marché secondaire est dominé par quelques acteurs historiques réputés pour la qualité de leur sélection, leur accès aux meilleures transactions et leur expertise en structuration.
Grands noms du marché secondaire
Le marché du Private Equity secondaire est dominé par quelques spécialistes historiques, mais aussi par des équipes dédiées au sein de grands gestionnaires généralistes.
Voici un aperçu des principaux acteurs du secteur :
- Ardian : Leader européen, avec une forte présence mondiale. Spécialisé dans les transactions secondaires de grande envergure.
- Lexington Partners : Acteur américain majeur, réputé pour son accès privilégié aux plus grands fonds LBO mondiaux. Filiale de Franklin Templeton depuis 2022.
- Partners Group : Société suisse cotée, très active dans les stratégies secondaires globales, avec une forte orientation sectorielle.
- HarbourVest : Spécialiste historique du marché secondaire, présent sur les LP-led et GP-led à l’échelle mondiale.
- Coller Capital & EQT : l’un des pionniers du segment, avec un positionnement diversifié sur tous types d’opérations secondaires (fusion des 2 groupes en cours)
- Goldman Sachs Asset Management , Neuberger Berman , Pantheon : Acteurs globaux disposant de pôles dédiés au secondaire , souvent intégrés à une stratégie plus large de gestion d’actifs non cotés.
Ces gestionnaires opèrent à l’échelle internationale et interviennent aussi bien sur des portefeuilles matures que sur des restructurations complexes. Ils gèrent chacun plusieurs dizaines de milliards d’euros d’actifs, avec des stratégies très ciblées.
La sélection de fonds de Private Equity secondaire de Ramify
Ramify propose une sélection rigoureuse de fonds secondaires accessibles aux investisseurs avertis, en partenariat avec des sociétés de gestion de premier plan.
Voici un aperçu de notre sélection actuelle (données août 2026).
Les deux fonds de notre sélection sont des fonds non fiscaux : leurs plus-values relèvent du PFU de 31,4%, sans exonération après 5 ans.
Ces deux fonds, comme tous les actifs non cotés, présentent un risque de perte en capital. Les performances cibles sont des objectifs de gestion, elles ne sont pas garanties.
À lire aussi : Les meilleurs fonds de Private Equity en France
Conclusion
Le Private Equity secondaire s’impose comme une solution d’accès optimisée au non coté, offrant un rendement attractif, un couple rendement/risque optimisé et un retour sur capital plus rapide.
En ciblant des portefeuilles déjà constitués, il permet d’atténuer la courbe en J et de bénéficier d’une diversification immédiate sur plusieurs centaines à plusieurs milliers de sociétés, zones géographiques et millésimes.
Grâce à un profil de risque plus lisible, une dispersion des résultats plus faible d’un fonds à l’autre, et un taux de perte historiquement très faible, il séduit un nombre croissant d’investisseurs avertis. Encore peu connu du grand public, il est pourtant devenu, pour de nombreux institutionnels, un pilier stratégique de leur allocation en Private Equity.
Avec les fonds de fonds, il s’agit d’une stratégie particulièrement pertinente pour constituer un portefeuille non coté diversifié en limitant les investissements.
Le choix du canal d’investissement (compte-titres, assurance-vie luxembourgeoise, holding) dépend de votre niveau d’imposition et de votre horizon de placement, pas du fonds lui-même.
Bien sélectionné et bien structuré, un fonds secondaire peut jouer un rôle clé dans la construction d’un portefeuille de long terme performant et équilibré.

