Qui est soumis à l’IFI ?
Le principe et les seuils d’assujettissement de l’impôt sur la fortune immobilière sont régis par les articles 964 à 983 du Code général des impôts (CGI).
Les patrimoines immobiliers nets taxables supérieurs à 1,3 M€
Vous êtes concerné par l’IFI si la somme de vos biens immobiliers imposables, diminuée des dettes déductibles, excède 1 300 000 €.
Pour évaluer votre patrimoine, l’IFI tient compte de la valeur de marché des biens et y retranche les dettes associées.
En outre, certains actifs immobiliers bénéficient d’une exonération (totale ou partielle) au titre de biens professionnels ou d’autres régimes spéciaux.
La valeur du patrimoine appréciée au 1er janvier
L’assiette de l’IFI s’apprécie à la date du 1er janvier de l’année d’imposition.
Les événements postérieurs au 1er janvier (achat, vente, succession, etc.) n’affectent pas l’IFI de l’année en cours et seront pris en compte pour l’IFI de l’année suivante.
Champ d’application : résidence fiscale en France ou à l’étranger
Si vous êtes résident fiscal français, l’IFI porte sur l’ensemble de vos biens immobiliers, en France comme à l’étranger.
Un résident de France doit donc inclure ses éventuelles propriétés situées hors de France dans le calcul (sauf dispositions particulières de conventions internationales dans de rares cas).
Si vous transférez votre domicile fiscal en France alors que vous résidiez à l’étranger, vous serez imposable uniquement sur vos biens immobiliers situés en France pendant 5 ans.
Si vous êtes non-résident fiscal en France, vous n’êtes imposable à l’IFI qu’à raison de vos biens immobiliers situés en France.
La notion de foyer fiscal pour l’IFI
L’IFI se calcule au niveau du foyer fiscal. Ainsi, un couple marié ou pacsé fait l’objet d’une imposition IFI commune.
En revanche, les enfants majeurs même rattachés pour l’impôt sur le revenu ne sont pas inclus dans la déclaration IFI de leurs parents : ils forment leur propre foyer fiscal pour l’IFI et doivent déclarer séparément s’ils dépassent le seuil avec leur patrimoine personnel.
Quels biens et droits immobiliers entrent dans l’assiette taxable de l’IFI ?
Entrent dans l’assiette de l’IFI :
- Les biens immobiliers détenus en direct ;
- Les parts de sociétés immobilières ;
- La détention d’usufruit sur un bien immobilier.
Les biens immobiliers détenus en direct
Entrent dans l’assiette de l’IFI les biens immobiliers suivants :
- Les immeubles à usage d’habitation (maisons, appartements) que vous occupez ou louez, ainsi que leurs dépendances privées (garages, parkings, caves) : votre résidence principale (après abattement), vos éventuelles résidences secondaires, et vos biens locatifs résidentiels ;
- Les immeubles bâtis à usage autre qu’habitation : local commercial, entrepôt, s’ils ne relèvent pas d’une activité professionnelle que vous exercez ;
- Les immeubles en cours de construction au 1er janvier de l’année d’imposition, même si le bien n’est pas achevé. Les terrains à bâtir, terres agricoles, carrières, étangs, etc, sous réserve de certains cas d’exonération partielle (ex : bois et forêts, terres agricoles louées long terme) ;
- Les biens immobiliers classés monuments historiques (sauf s’ils sont considérés comme professionnels ou faisant l’objet d’une convention particulière avec l’État) ;
- Les droits immobiliers dont vous êtes titulaire, par exemple un usufruit, un droit d’usage ou d’habitation sur un bien immobilier.
IFI et résidence principale : un abattement de 30 %
Si vous êtes propriétaire de votre habitation principale, la loi accorde un abattement de 30 % sur sa valeur avant qu'elle soit imposée à l’IFI.
Autrement dit, 70 % de la valeur de votre résidence principale sont retenus dans l’assiette taxable de l’IFI.
Cet abattement ne s’applique qu’à la résidence principale détenue en direct en pleine propriété. Si votre domicile est détenu via une société (par exemple une SCI familiale dont vous êtes associé), vous ne pouvez pas bénéficier de l’abattement de 30 %. Dans le cas d’une SCI, une décote pour illiquidité des parts peut néanmoins être appliquée.
Les biens immobiliers détenus indirectement : parts de SCI, SCPI, etc.
La détention indirecte d’actifs immobiliers (à travers des sociétés ou des véhicules d’investissement) n’échappe pas à l’IFI.
Les parts de SCI (société civile immobilière)
Si vous détenez des parts de SCI, l’IFI intègre la part de la valeur des biens immobiliers au prorata de votre pourcentage de détention, après déduction de la dette éventuelle.
Par exemple, si vous détenez 50 % d’une SCI qui possède un bien de 1 M€ avec un emprunt restant de 200 k€, votre part taxable sera (1 000 000 € – 200 000 €) * 50 % = 400 000 €.
Les parts de SCPI (société civile de placement immobilier) et d’OPCI
Les placements pierre-papier permettent de détenir une fraction d’un portefeuille immobilier géré par une société de gestion.
Les parts de SCPI et OPCI entrent dans l’assiette de l’IFI pour leur valeur représentative des immeubles détenus.
Chaque année, la société de gestion fournit une valeur IFI par part au 1er janvier.
Cette valeur IFI tient compte de la part d’immobilier dans l’actif de la SCPI/OPCI, de l’endettement éventuel, et des ajustements demandés par la fiscalité (elle peut donc différer du prix de part ou de la valeur de retrait).
Les actions de sociétés à prépondérance immobilière
Si vous détenez des parts ou actions dans une société (cotée ou non) dont plus de 50 % de l’actif sont des biens immobiliers non professionnels, vous êtes imposable sur la fraction de ces biens.
Toutefois, si vous détenez moins de 10 % du capital d’une société possédant de l’immobilier, cette part n’entre pas dans le calcul de l’IFI.
Cette exception vise notamment les actionnaires minoritaires de grandes foncières ou les porteurs de parts de fonds immobiliers diversifiés : par exemple, si vous avez 1 % d’une foncière cotée, vous n’avez pas à calculer votre part des immeubles détenus par cette société (vous échappez à l’IFI sur cette participation).
Les unités de compte immobilières en assurance-vie ou PER
Les unités de compte investies en immobilier (SCPI, OPCI, SCI) via des contrats d’assurance-vie ou des PER sont aussi inclus dans le calcul de l’IFI, pour leur valeur de rachat au 1er janvier.
La plupart du temps, les assureurs indiquent dans l’annexe fiscale annuelle la part à déclarer (souvent appelée “valeur IFI”).
Les biens exonérés d’IFI
Même s’ils font partie de votre patrimoine, certains biens immobiliers sont exclus de l’assiette de l’IFI selon l’article 975 du CGI.
Les biens immobiliers affectés à votre activité professionnelle principale,
Les biens immobiliers affectés à votre activité professionnelle principale sont exclus de l’assiette taxable de l’IFI.
Il s’agit des immeubles qui vous servent d’outil de travail, par exemple les locaux d’une entreprise industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale que vous exploitez vous-même en tant qu’activité principale.
Pour être exonéré, le bien doit être :
- Indispensable à l’activité ;
- Utilisé effectivement dans le cadre de celle-ci ;
- Lié à l’activité principale du propriétaire du bien (ou son conjoint/partenaire/concubin ou enfant mineur).
Les biens ruraux loués à long terme et les bois et forêts
Les biens ruraux loués à long terme, les bois et les forêts bénéficient d’une exonération partielle à l’IFI de la manière suivante :
- Les forêts (engagées dans une gestion durable) et parts de groupements forestiers sont exonérées à 75 % de leur valeur (on ne retient que 25 % en base IFI).
- Les terres agricoles données à bail long terme (18 ans ou plus) ou à un usage professionnel agricole sont également exonérées à 75 %.
Les logements loués sous le statut de loueur en meublé professionnel
Les logements loués meublés sous le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) sont considérés comme biens professionnels et donc exclus de l’IFI, à condition que cette activité de location soit exercée à titre d’activité professionnelle principale.
Lorsque toutes les conditions du LMP sont réunies (plus de 23 000 € de loyers meublés par an et des revenus supérieurs aux autres revenus professionnels), le bien peut être exonéré d’IFI.
Un particulier qui aura effectué des investissements locatifs loués en LMP à côté de son activité principale est redevable de l’IFI sur ces biens.
Certains biens faisant l’objet d’une utilité publique ou historique
Certains biens faisant l’objet d’une utilité publique ou historique sont aussi exonérés d’IFI.
Par exemple, un immeuble classé ou inscrit monument historique peut être partiellement exonéré (notamment s’il est ouvert au public ou exploité dans le cadre d’une activité culturelle).
Les biens immobiliers détenus via certaines holdings patrimoniales
Le PLF 2026 instaure un nouveau cas d’exonération d’IFI : pour éviter une double imposition, les actifs qui ont déjà été soumis à la taxe sur le patrimoine financier (taxe “holding”) ne seront pas soumis à l’IFI.
Ainsi, l’article 975 du CGI est complété par un VII ainsi rédigé :
“Les actifs mentionnés au 2° de l’article 965 sont exonérés lorsqu’ils ont été soumis à la taxe
instituée à l’article 235 ter C au titre de l’exercice de la société mentionnée au premier alinéa du A du I
dudit article 235 ter C clos au cours de l’année précédant le 1er janvier.”
La nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales s’applique si, à la clôture de l’exercice, la société remplit toutes ces conditions :
- La valeur vénale des actifs de la société est supérieure ou égale à 5 millions d'euros ;
- Une personne physique (au sens large) détient au moins 50 % des droits de vote ou financiers ou exerce le pouvoir de décision ;
- Les revenus passifs (dividendes, intérêts, redevances/licences/brevets/marques, droits d’auteur, loyers, certains produits de cession, etc.) représentent plus de 50% des produits d’exploitation + produits financiers (hors reprises) ;
- La société n’est pas contrôlée par une autre société déjà soumise à cette taxe (mécanisme anti‑empilement intra‑groupe).
Dans ces conditions, l’IFI ne pourra se cumuler à la taxe sur le patrimoine financier.
Comment valoriser ses biens pour l’IFI ?
L’IFI implique de déclarer chaque bien imposable pour sa valeur vénale au 1er janvier. Autrement dit, le prix de marché auquel le bien pourrait théoriquement être vendu dans des conditions normales.
Plusieurs approches peuvent être utilisées pour estimer la valeur vénale d’un bien immobilier :
- La méthode par comparaison
- La méthode par capitalisation des revenus
- Les sources de données et outils à disposition (Patrim, DVF, etc.).
La méthode par comparaison
La méthode par comparaison (ou par marché) est la plus courante.
Elle consiste à rechercher des ventes récentes de biens comparables (localisation, surface, caractéristiques similaires) et à en déduire, par analogie, la valeur probable de votre bien.
Par exemple, si un appartement similaire au vôtre dans le même quartier s’est vendu 300 000 € récemment, cela vous donne un indicateur de prix pour votre propre logement, ajusté selon les différences éventuelles (état, étage, vue…).
La méthode par capitalisation des revenus
La méthode par capitalisation des revenus (rentabilité) est particulièrement adaptée aux biens loués.
Elle consiste à valoriser le bien en fonction des loyers annuels qu’il génère, en appliquant un taux de rendement (yield) du marché.
Par exemple, si un immeuble locatif rapporte 50 000 €/an de loyers et que le taux de rendement du marché local est de 5 %, sa valeur de marché se situera autour de 1 000 000 € (50 000 / 0,05).
Cette méthode reflète l’attractivité du bien pour un investisseur. Elle est utile pour les biens commerciaux ou d’habitation loués, et tient compte du fait qu’un bien loué peut valoir un peu moins qu’un bien libre (selon le montant du loyer et la solidité du locataire).
Les sources de données et outils à disposition (Patrim, DVF, etc.)
L'administration fiscale met à disposition des outils officiels pour vous aider à estimer vos biens et à justifier les valeurs déclarées.
Les principales ressources sont :
- Patrim Usagers : un service en ligne accessible depuis votre espace personnel sur impots.gouv.fr, qui permet d’accéder aux données des transactions immobilières enregistrées par l’administration ;
- Base de données “Demande de valeurs foncières” (DVF) : il s’agit d’une base ouverte (open data) qui regroupe l’ensemble des transactions immobilières enregistrées par les notaires et l’administration fiscale sur les dernières années ;
- Bases notariales : les notaires mettent également à disposition leurs propres bases de références de ventes, notamment Immobilier.notaires.fr (base PERVAL) pour la plupart des régions, et Immo Notaires Argus pour l’Île-de-France.
Quelles dettes sont déductibles de l’IFI ?
L’IFI est calculé sur le patrimoine net. Vous pouvez donc déduire certaines dettes de la valeur de vos actifs imposables.
Pour qu’une dette soit déductible de l’IFI selon l’article 973 du CGI, elle doit :
- Exister au 1er janvier de l’année d’imposition ;
- Avoir un lien avec un actif taxable ;
- Pouvoir être justifiée.
Les dettes déductibles de l’IFI sont les suivantes :
- Les emprunts immobiliers dont le capital restant dû au 1er janvier a servi à acquérir des biens ou droits immobiliers imposables ;
- Les emprunts pour travaux : les prêts contractés pour financer des travaux d’amélioration, de construction, de reconstruction ou d’agrandissement d’un bien imposable ;
- Les dettes pour entretien non récupéré : si vous avez avancé des frais d’entretien qui incombent à un locataire (par exemple vous payez des réparations d’usure que le locataire aurait dû prendre en charge, mais celui-ci est parti sans régler), et que ces sommes n’ont pu être récupérées au 31 décembre suivant le départ du locataire, alors ce manque peut être déduit
- Les dépenses d’acquisition de parts de sociétés : par exemple, un prêt pour racheter les parts d’une SCI détenant un immeuble locatif ;
- Les impôts liés aux propriétés : les impôts dus (et non encore payés au 1er janvier), par exemple, la taxe foncière de l’année précédente si elle n’était pas encore réglée au 1er janvier, ou encore des droits de succession restant dus pour un bien immobilier reçu en héritage.
Comment calculer l’IFI ?
Une fois votre patrimoine immobilier net taxable déterminé, l’impôt se calcule par application d’un barème progressif par tranches.
Barème de l’IFI : les tranches d’imposition
Le barème de l’IFI, fixé par l’article 977 du CGI, comporte six tranches de patrimoine net taxable, avec des taux allant de 0 % à 1,5 % :
- Jusqu’à 800 000 € : taux 0 % (aucune imposition sur la fraction < 800 k€)
- De 800 001 à 1 300 000 € : taux 0,50 %
- De 1 300 001 à 2 570 000 € : taux 0,70 %
- De 2 570 001 à 5 000 000 € : taux 1 %
- De 5 000 001 à 10 000 000 € : taux 1,25 %
- Au-delà de 10 000 000 € : taux 1,50 %
Il est important de comprendre qu’il s’agit d’un barème progressif par tranches : chaque taux s’applique successivement à la portion correspondante du patrimoine.
Par exemple, si votre patrimoine net taxable est de 1,5 M€ :
- Les 800 000 € premiers euros ne supportent pas d’impôt ;
- Les 500 000 € suivants sont taxés à 0,5 % ;
- Les 200 000 € au-delà de 1,3 M€ le sont à 0,7 %.
Sur 1,5 M€, le calcul serait : 0 € + (500 000 € * 0,5 %) + (200 000 € * 0,7 %) = 2 500 € + 1 400 € = 3 900 € d’IFI
Ce qui correspond à un taux effectif moyen plus faible que la tranche marginale (ici environ 0,26 % de 1,5 M€).
La première tranche taxée commence à 800 000 € à 0,5 %. Toutefois, en dessous de 1,3 M€ de patrimoine, l’IFI n’est pas dû.
La décote entre 1,3 M€ et 1,4 M€
Pour les patrimoines juste au-dessus du seuil, un mécanisme de décote vient atténuer la progressivité. Il s’applique aux patrimoines nets compris entre 1,3 million et 1,4 million d’euros.
La décote est un montant qui est soustrait de l’impôt calculé par le barème normal.
La formule de la décote est la suivante : Décote IFI = 17 500 € – (1,25 % * valeur nette taxable du patrimoine).
On voit que plus le patrimoine se rapproche de 1,4 M€, plus la décote diminue (à 1,4 M€, 1,25 % de 1,4 M€ = 17 500 €, donc décote nulle). À 1,3 M€, la décote vaut 17 500 € – (1,25 % * 1,3 M€) = 17 500 € – 16 250 € = 1 250 €. Cette décote de 1 250 € annule en partie l’impôt qui serait dû sur la tranche 800k€-1,3M€.
Par exemple, pour un patrimoine net taxable de 1 350 000 €, l’IFI “brut” (sans décote) se calcule de la manière suivante :
- Tranche 0 % jusqu’à 800 000 € : 0 €
- Tranche 0,5 % sur 500 000 € (800k€ à 1,3M€) : 2 500 €
- Tranche 0,7 % sur 50 000 € (1,3M€ à 1,35M€) : 350 €
Soit 2 850 € d’IFI brut.
La décote vaut : 17 500 € – (1,25 % * 1 350 000 €) = 17 500 € – 16 875 € = 625 €
On la soustrait : IFI net = 2 850 € – 625 € = 2 225 €.
On constate que le mécanisme a atténué l’impôt.
À partir de 1,4 M€ de patrimoine, la décote devient nulle et l’IFI est alors calculé pleinement selon le barème.
Le plafonnement de l’IFI
Le plafonnement de l’IFI fixé par l’article 979 du CGI profite aux contribuables qui ont un patrimoine immobilier conséquent, mais de faibles revenus.
Un mécanisme a été créé afin d’éviter que l’IFI ne dépasse un certain pourcentage de vos revenus et ne vous mette en difficulté si vous êtes “fortuné en capital” mais à revenus modestes.
Ainsi, si vous êtes fiscalement domicilié en France, l’IFI de l’année en cours est plafonné pour que la somme de IFI + impôts sur les revenus de l’année précédente n’excède pas 75 % du total de vos revenus mondiaux de l’année précédente.
Par exemple :
Imaginons un contribuable qui possède un patrimoine immobilier important (par exemple 4 millions d'euros) qui génèrent très peu de revenus (terrains non loués ou revenus fonciers absorbés par des travaux). Il dispose par ailleurs de revenus modestes :
- Revenus mondiaux nets (année N-1) : 20 000 €
- Seuil de plafonnement (75 % des revenus) : 40 000 € × 75 % = 15 000 € (Cela signifie que le total de ses impôts ne doit pas dépasser 15 000 €).
Situation de ses impôts :
- Impôt sur le Revenu : 0 €
- IFI calculé selon le barème : 25 690 €
- Total théorique des impôts : 25 690 €
Application du plafonnement : Le total des impôts (25 600 €) dépasse le seuil de 75 % (15 000 €) de 10 600 €. L'IFI de ce contribuable sera donc réduit de ce surplus.
- IFI final à payer : 25 600 € - 10 600 € = 15 000 €.
Ce mécanisme du plafonnement a été pensé notamment pour les cas de détention d’immobilier non rentable. Par exemple si vous détenez un bien extrêmement coûteux à entretenir comme un château, une grande résidence de famille secondaire non louée, ou des terres agricoles peu productives.
Votre IFI est naturellement très élevé à cause de la valeur des murs, mais vos revenus annuels sont faibles. Sans le plafonnement, vous seriez obligé de vendre un bout de votre patrimoine chaque année juste pour payer l'impôt.
Il existe aussi 2 types de situations techniques où le plafonnement peut s’appliquer :
- Le décalage temporel : revenus exceptionnels perçus en années N-1 complètement disproportionnés par rapport à vos revenus habituels.
- Les investisseurs avec d’énormes déficits fonciers liés à des travaux ou des charges déductibles dont le “revenu net fiscal” (qui sert de calcul au 75 %) va tomber très bas.
Effectuer des dons pour réduire son IFI
Pour réduire votre IFI, vous pouvez réaliser des dons au profit de certains organismes d’intérêt général (fondations reconnues, associations caritatives éligibles, etc.).
Sur le modèle de l’ancien ISF-PME (qui a disparu) et selon l’article 978 du CGI, la réduction pour don permet de retrancher 75 % des sommes versées de votre IFI, dans la limite de 50 000 € de réduction.
Autrement dit, en faisant un don de 10 000 € à un organisme éligible, vous pouvez réduire votre IFI de 7 500 €.
Toutefois, il faut noter que :
- Seuls certains organismes ouvrent droit à cet avantage (les mêmes que pour la réduction d’impôt sur le revenu “dons aux œuvres” ;
- Les dons ISF-PME vers des PME ne sont plus possibles depuis 2018) ;
- Vous devrez conserver le reçu fiscal délivré par l’organisme bénéficiaire du don ;
- Si votre IFI dû est inférieur à la réduction obtenue, le solde n’est pas remboursé ni reportable.
Lire aussi : Réduction IFI : 11 moyens de le diminuer
Comment déclarer l’IFI ?
L’IFI se déclare au moment de la déclaration des revenus
La déclaration d’IFI s’effectue chaque année en ligne au printemps, en même temps que la déclaration de revenus.
L’IFI est intégré à la déclaration de revenus : sur le formulaire principal 2042 (en version papier) vous constaterez une case à cocher indiquant que vous êtes redevable de l’IFI, ce qui implique de remplir le formulaire annexe 2042-IFI.
En ligne, si vous indiquez avoir un patrimoine >1,3 M€, les rubriques IFI apparaîtront automatiquement.
De plus, si vous n’avez pas de déclaration de revenus à remplir (par exemple, vous êtes non imposable sans revenus à déclarer, ou non-résident n’ayant pas à déposer l’IR en France), vous devrez quand même faire une déclaration IFI autonome.
Dans ce cas, il faut envoyer le 2042-IFI avec un formulaire 2042-IFI-COV (formulaire de « coordonnées et situation » pour l’IFI isolé) pour vous identifier.
Quels documents conserver en cas de contrôle ?
En règle générale, vous n’aurez pas besoin de joindre des justificatifs à votre déclaration IFI initiale.
En revanche, vous devez être prêt à fournir toute pièce justificative en cas de demande de l’administration ultérieurement et notamment :
- Les justificatifs de propriété et d’évaluation des biens : actes de propriété, dernières estimations immobilières, références de ventes comparables (copies d’écrans Patrim par exemple), rapports d’expertise si vous en avez, etc.
- Les documents relatifs aux sociétés : statuts, derniers bilans ou états de valeur de parts, attestations de la société de gestion pour les SCPI (valeur IFI par part), etc.
- Les tableaux d’amortissement et relevés de prêts : contrat de prêt, relevés bancaires ou tableau d’amortissement indiquant le capital restant dû au 1er janvier.
- Les preuves des paiements de charges déductibles : par exemple, facture de taxe foncière (si non payée au 1er janvier), droits de succession en cours, etc.
- Les reçus fiscaux de dons : si vous avez appliqué une réduction IFI pour don, conservez le reçu délivré par l’organisme bénéficiaire, nominatif et daté, mentionnant le montant et l’organisme éligible.
- Les éléments relatifs aux exonérations : par exemple, si vous n’avez pas déclaré un bien pour cause de bien professionnel, il faudra conserver les preuves de l’affectation professionnelle (bilan de la société montrant l’utilisation du bien, bail commercial s’il est loué à votre boîte, inscription RCS pour une activité de loueur meublé pro, etc.).
Foire aux questions
Comment déclarer l’IFI pour un couple marié ?
Les couples mariés ou pacsés font l’objet d’une imposition commune à l’IFI. Une seule déclaration est établie pour le foyer, ce qui inclut l'ensemble des biens immobiliers des conjoints/partenaires (biens communs et biens propres).
Comment déclarer l’IFI en cas d’indivision ?
Les concubins (couples en union libre) doivent réaliser une déclaration commune englobant les deux patrimoines. Les biens indivis détenus par le couple seront donc déclarés en entier. Toutefois, si les concubins sont imposés ensemble, ils ne sont pas solidairement responsables du paiement de l’impôt (chacun n’est légalement tenu que de sa part).
Usufruit et nue-propriété : qui déclare quoi à l’IFI ?
En règle générale, c’est l’usufruitier qui est taxable à l’IFI pour la valeur en pleine propriété du bien. Le nu-propriétaire n’a rien à déclarer. Dans certains cas de démembrement légal (ex : usufruit du conjoint survivant sur succession), la loi prévoit une imposition répartie entre usufruitier et nus-propriétaires.
Comment déclarer la valeur des parts de SCI ?
Vous devez déclarer la valeur correspondant aux immeubles détenus par la SCI au prorata de vos parts. Il convient de calculer la valeur nette (immeubles – dettes) de la SCI, et de prendre la fraction de cette valeur à hauteur de votre pourcentage de détention. Si la SCI détient plusieurs immeubles, il faudra additionner la valorisation de chacun.
La résidence principale est-elle intégrée dans le calcul de l’IFI ?
Oui, la résidence principale intègre le calcul de l’IFI après un abattement de 30% sur sa valeur vénale. Les dettes liées au bien sont à déduire de la valeur brute.
Comment déclarer la valeur des parts de SCI à l’IFI ?
Si vous détenez des parts de SCI et que vous êtes assujetti à l’IFI, vous devez retenir la fraction correspondant à votre participation et la rapporter à la valeur totale du patrimoine de la SCI.
