Quelles sont les alternatives sécurisées au livret A ?
Plusieurs placements financiers offrent un niveau de sécurité proche du Livret A tout en permettant, dans certains cas, d’obtenir un rendement supérieur. Pour choisir le bon produit, l’épargnant doit arbitrer entre liquidité, fiscalité et visibilité sur la rémunération.
Le livret de développement durable et solidaire (LDDS)
Le livret de développement durable et solidaire (LDDS) fonctionne comme le Livret A : même taux, même fiscalité exonérée, même liquidité totale.
Son plafond est fixé à 12 000 €, et il est accessible à tout contribuable fiscalement domicilié en France.
Une fois le Livret A rempli, c’est le deuxième placement à utiliser.
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LEP : l’alternative réglementée la plus rémunératrice
Le livret d’épargne populaire (LEP) est réservé aux ménages dont le revenu fiscal reste sous un certain seuil.
En échange, il propose un taux nettement supérieur aux autres livrets réglementés, en faisant normalement le placement liquide sans risque le plus rémunérateur du marché.
Ses caractéristiques essentielles :
- Plafond de 10 000 €.
- Intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
- Éligibilité vérifiée chaque année, selon le revenu fiscal.
Pour les personnes éligibles, le LEP doit être prioritaire, avant tout autre placement garanti.
Du 1ᵉʳ août 2025 au 1ᵉʳ janvier 2026, son taux est fixé à 2,7 % (contre 1,7 % pour le livret A).
Les livrets bancaires
Les livrets d’épargne bancaires non réglementés sont l’option la plus intuitive une fois les plafonds des livrets réglementés atteints. Ils conservent une liquidité totale, une sécurité bancaire élevée et une simplicité d’utilisation identique.
Ils fonctionnent comme les livrets réglementés : versements libres, capital disponible à tout moment, intérêts calculés par quinzaine.
La différence majeure est que leur taux n’est pas fixé par l’État, ce qui peut créer des écarts significatifs entre établissements.
De plus, contrairement au rendement des livrets réglementés qui est entièrement défiscalisé, il faut déduire la fiscalité du rendement affiché pour parvenir au rendement net pour l’investisseur.
Certaines banques proposent des taux boostés sur une durée limitée, souvent lors de l’ouverture du livret. C’est l’un des seuls moyens d’obtenir un rendement réellement plus élevé sur ce type de produit.
Les points essentiels à avoir en tête sont :
- Aucun plafond de versement, contrairement au Livret A ou au LDDS.
- Sécurité garantie jusqu’à 100 000 € via le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution.
- Fiscalité moins avantageuse : les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, contre 0 % pour les livrets réglementés.
Ces livrets conviennent particulièrement :
- Aux épargnants cherchant une alternative liquide et sans risque.
- À ceux souhaitant profiter de promotions temporaires.
- Aux investisseurs ayant déjà rempli leurs livrets réglementés.
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Les comptes à terme (CAT)
Les comptes à terme (CAT) séduisent les épargnants prêts à bloquer leur capital pour obtenir un taux fixe et garanti, généralement supérieur à celui du livret A.
Un CAT consiste à placer une somme sur une durée déterminée (souvent entre 6 mois et 5 ans) en échange d’un rendement contractuel.
Plus la durée est longue, plus le taux proposé tend à être élevé.
Les caractéristiques principales d’un CAT sont :
- Taux connu dès la souscription, sans fluctuation possible.
- Nécessité de bloquer le capital pour obtenir le rendement promis. Il est généralement possible d’effectuer un retrait avec un délai mais au prix d’une pénalité sur le rendement.
- Fiscalité à prévoir : PFU sur les intérêts perçus.
Les avantages sont la visibilité totale et le rendement potentiellement supérieur aux livrets bancaires classiques.
L’inconvénient majeur reste l’absence de liquidité, ce qui impose d’évaluer précisément son horizon.
Ce placement est adapté :
- Aux épargnants pouvant immobiliser une épargne de précaution longue.
- À ceux qui recherchent un rendement fixe et sécurisé sans prise de risque.
Les fonds euros
Les fonds euros permettent de concilier sécurité du capital, rendement régulier et avantages fiscaux de l’assurance-vie ou du PER. Il s’agit généralement de la meilleure alternative sécurisée au Livret A au sein d’une enveloppe fiscale.
Le capital est garanti en permanence, et chaque intérêt versé chaque année est définitivement acquis.
Les fonds euros sont majoritairement investis en obligations (des titres de dettes émis par des états ou des entreprises).
Les performances récentes ont montré un regain d’attractivité :
- Les fonds euros classiques ont servi entre 2,5 % et 3,5 % sur les dernières années.
- Certains fonds nouvelle génération dépassent ces niveaux grâce à une allocation plus dynamique.
Les contraintes à connaître sont :
- Frais de gestion annuels, intégrés dans le rendement net servi.
- Conditions d’allocation : certains assureurs exigent une part d’unités de compte (20 % à 40 %).
- Liquidité possible (possible d’arbitrer à tout moment), mais le délai d’exécution des demandes de rachat peut être variable selon les assureurs
Fiscalité du fonds euros : les intérêts d’un fonds euros sont soumis au PFU. Les prélèvements sociaux sont automatiquement déduits du rendement chaque année.
La part du PFU correspond à l’impôt sur le revenu est prélevée en cas de rachat, elle peut être portée à 0 grâce aux abattements de l’assurance-vie après 8 ans.
Les fonds euros conviennent :
- À ceux qui souhaitent sécuriser leur épargne sans limite de plafond
- Aux épargnants cherchant un rendement stable souvent supérieur aux livrets réglementés.
- À ceux voulant profiter des avantages fiscaux de certaines enveloppes sans s’exposer à des placements non garantis en capitale (assuranace-vie, PER …)
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Les meilleures alternatives prudentes au livret A
Ces solutions d’épargne visent un rendement supérieur au livret A tout en conservant un niveau de risque limité. Elles s’adressent aux épargnants prêts à accepter une faible volatilité sur un horizon de court à moyen terme.
Les fonds monétaires/trésorerie
Les fonds monétaires permettent d’obtenir une rémunération directement liée à l’évolution des taux courts, que pilotent les banques centrales. Leur volatilité est très faible et leur rôle essentiel est de sécuriser une partie du portefeuille.
Ils investissent dans des instruments de trésorerie à maturité courte : dettes souveraines, bons du Trésor, billets de trésorerie d’entreprises solides.
Il s’agit du support d’investissement le moins risqué au sein d’un PEA ou d’un CTO. En assurance-vie et en PER on a plutôt tendance à utiliser un fonds euros, suivant lequel est le plus rémunérateur.
En cas de remontée des taux courts, un fonds monétaire va généralement devenir temporairement plus rémunérateur qu’un fonds euro, dont le rendement met plus de temps à s’ajuster. Celà peut constituer une opportunité d’arbitrage temporaire.
Points clés pour l’investisseur :
- Volatilité minimale, adaptée aux profils très prudents.
- Rendement lié au marché monétaire qui peut être supérieur aux livrets réglementés en fonction de l’évolution récente des taux
- Liquidité élevée, avec possibilité de sortie quotidiennement sur la plupart des fonds.
Ces fonds peuvent remplacer une partie de l’épargne de précaution lorsqu’on accepte une très légère fluctuation quotidienne, tout en cherchant un rendement aligné sur les taux du moment.
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Les fonds obligataires court/moyen terme
Les fonds obligataires de maturité courte ou intermédiaire permettent de viser un rendement supérieur à celui des fonds monétaires, en contrepartie d’une sensibilité plus élevée à l’évolution des taux d’intérêt.
Ils investissent dans des obligations d’État et d’entreprises, avec une maturité généralement comprise entre 1 et 5 ans.
En cas de baisse des taux, la valorisation de ces fonds peut s’ajuster à la baisse (afin de refléter l’écart de rendement entre les anciennes et les nouvelles obligations).
Les caractéristiques principales sont :
- Volatilité modérée, mais présente.
- Rendement espéré supérieur aux solutions monétaires.
- Performances influencées par la courbe des taux et le niveau de crédit des émetteurs.
Un horizon minimal de 2 à 3 ans permet de lisser les fluctuations. Ces fonds s’intègrent bien dans une allocation patrimoniale prudente à condition d’accepter une légère variation du capital.
Les fonds diversifiés prudents (<30 % actions) : une option intermédiaire pour 2–4 ans
Les fonds diversifiés prudents combinent plusieurs classes d’actifs : obligations, monétaire et une faible proportion d’actions (généralement moins de 30 %).
Cette structure permet d’obtenir un potentiel de rendement plus élevé tout en limitant le risque grâce à un pilotage prudent de l’exposition.
L’allocation typique inclut :
- Une base majoritaire en obligations et monétaire pour stabiliser la performance.
- Une poche actions pour dynamiser le rendement.
Ces fonds présentent :
- Une volatilité contenue, mais supérieure à celle d’un fonds obligataire pur.
- Un horizon conseillé de 2 à 4 ans.
- Un objectif de rendement supérieur aux supports 100 % sécurisés, sans basculer dans le risque élevé.
Ils conviennent aux investisseurs souhaitant un compromis entre sécurité et performance, notamment dans un contexte de marché stable.
Les SCPI
Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) constituent une option prudente pour diversifier un patrimoine tout en générant des revenus réguliers.
Elles investissent dans des immeubles de bureaux, commerces ou actifs logistiques sélectionnés pour leur qualité et leur stabilité.
L’investisseur achète des parts de SCPI. Ensuite, la société de gestion gère les immeubles, collecte les loyers et distribue des revenus.
Le rendement historique moyen est autour de 4 % à 5 % par an.
Les avantages sont réels : mutualisation du risque, accès à l’immobilier professionnel, revenus potentiellement stables.
Mais certaines limites doivent être intégrées :
- Risque de liquidité, surtout en période de tension immobilière.
- Risque sur la valeur des parts, liée au marché immobilier.
- Fiscalité des revenus fonciers, souvent moins avantageuse hors assurance-vie.
Ces SCPI s’adressent à des investisseurs recherchant une source de revenus réguliers, prêts à accepter une liquidité réduite et un risque modéré.
Les produits structurés prudents
Les produits d’épargne structurés prudents, visent à offrir un rendement attractif tout en intégrant une protection conditionnelle du capital à maturité.
Leur mécanisme repose sur un sous-jacent (indice boursier, panier d’actions) et une date d’évaluation annuelle.
Si le sous-jacent reste au-dessus d’un certain seuil, le produit peut être remboursé par anticipation (mécanisme d’autocall, à la main de l’émetteur) avec un rendement prédéfini.
Les éléments clés à retenir :
- Barrière de protection du capital (par exemple 40 %), activée à maturité.
- Rendement conditionnel souvent plus élevé que celui des placements financiers prudents classiques.
- Horizon conseillé de 3 à 5 ans.
Ces solutions conviennent aux investisseurs prudents mais ouverts à une exposition boursière indirecte, avec une logique de protection partielle plutôt qu’une garantie totale du capital.
Quelles sont les alternatives dynamiques au livret A ?
Ces solutions visent à optimiser la performance sur le long terme, en acceptant une volatilité plus élevée. Elles sont adaptées uniquement aux investisseurs disposant d’un horizon supérieur à 8 ans.
Les ETF actions
Les ETF actions constituent l’une des alternatives les plus efficaces pour dynamiser une épargne de long terme grâce à leur diversification mondiale, leurs frais extrêmement faibles et leur simplicité d’accès.
Un ETF réplique la performance d’un indice boursier (MSCI World, S&P 500, Europe, etc.) sans sélection active de titres.
Cette approche permet d’obtenir une exposition immédiate à des milliers d’entreprises via un seul instrument, tout en gardant une transparence totale sur la composition du portefeuille.
Les ETF présentent plusieurs avantages majeurs :
- Diversification géographique et sectorielle très large.
- Frais de gestion bas par rapport aux fonds traditionnels.
- Performance historique solide sur les marchés actions à long terme.
Les contraintes sont tout aussi importantes :
- Volatilité élevée.
- Absence de garantie en capital, la performance est négative certaines années.
- Nécessité d’un horizon long (8–10 ans minimum) pour lisser les cycles boursiers.
Les ETF s’intègrent parfaitement dans une stratégie patrimoniale de long terme, notamment via un PEA ou une assurance-vie, pour maximiser le couple rendement/risque.
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Les club deals immobiliers
Les club deals immobiliers permettent d’investir directement dans un ou plusieurs actifs sélectionnés pour leur potentiel de performance.
Ce sont des opérations ciblées, généralement réservées à des investisseurs capables d’immobiliser leur capital sur une durée longue.
Caractéristiques clés :
- Tickets d’entrée élevés, souvent de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
- Exposition à un actif précis, ce qui renforce le risque spécifique.
- Horizon d’investissement long, souvent 7 à 12 ans.
- Liquidité très faible, la sortie n’étant possible qu’à la revente du bien.
En contrepartie, ces opérations peuvent offrir :
- Un potentiel de rendement supérieur aux SCPI traditionnelles.
- Une stratégie d’investissement précise (value-add, développement, restructuration).
- Une diversification immobilière complémentaire lorsqu’elles sont intégrées dans un portefeuille global.
Les club deals sont destinés à des profils avertis, conscients que le rendement élevé s’accompagne d’un risque immobilier et d’illiquidité important.
Les actifs alternatifs (private equity, art, crypto, etc.)
Les actifs alternatifs peuvent jouer un rôle dans une stratégie de diversification avancée.
Leur principal point commun, c’est un potentiel de performance élevé, mais également une volatilité forte et souvent une liquidité limitée.
Ces investissements incluent :
- Le private equity, orienté sur les entreprises non cotées.
- Les actifs tangibles, comme l’art ou les objets de collection.
- Les cryptomonnaies, parmi les actifs les plus volatils et spéculatifs.
Leur intérêt repose sur :
- Une faible corrélation avec les marchés traditionnels.
- La possibilité d’obtenir des rendements significatifs sur des périodes longues.
- Une diversification supplémentaire dans un patrimoine déjà structuré.
Mais ils impliquent :
- Un risque important de perte en capital.
- Une illiquidité marquée, notamment en private equity.
- La nécessité de bien comprendre le fonctionnement de chaque marché.
Ces solutions sont adaptées uniquement aux investisseurs ayant un patrimoine solide, une tolérance au risque élevée et un horizon très long.
Tableau récapitulatif des meilleures alternatives au livret A
Comment choisir la meilleure alternative au Livret A selon votre situation ?
Le choix d’une alternative dépend de trois éléments clés : votre horizon d’investissement, votre tolérance au risque et le cadre fiscal le plus adapté à vos objectifs. Une méthodologie claire permet d’orienter chaque euro vers le bon placement.
Différencier épargne de précaution, projets à moyen terme et investissement long terme
Le premier réflexe consiste à classer son épargne selon la durée d’immobilisation possible, car chaque horizon correspond à un niveau de risque acceptable différent.
Plus l’horizon est long, plus il devient possible d’intégrer des placements volatils sans compromettre l’objectif final.
Selon l’horizon envisagé, trois catégories se distinguent :
- Épargne de précaution (0–3 ans). Elle doit rester disponible et sécurisée : livrets réglementés, fonds monétaires, comptes à terme courts.
- Projets à moyen terme (3–7 ans). Un peu plus de risque est possible pour améliorer le rendement : fonds obligataires, produits diversifiés prudents.
- Investissement long terme (> 8 ans). L’objectif devient la performance : ETF actions, SCPI, actifs alternatifs.
L’essentiel est d’aligner chaque placement sur une durée cohérente, afin d’éviter d’avoir à vendre un actif volatil au mauvais moment.
Pour aller plus loin : Comment répartir et diversifier son épargne ?
Évaluer le niveau de risque acceptable
Choisir une alternative au Livret A implique d’identifier le niveau de fluctuations que vous êtes en mesure d’accepter. Il s’agit à la fois d’un paramètre financier et d’un facteur émotionnel.
Pour mesurer sa véritable tolérance au risque, plusieurs éléments doivent être pris en considération :
- La volatilité, qui reflète l’ampleur des variations du capital au fil du temps.
- Les drawdowns, c’est-à-dire les baisses maximales observées sur un placement pendant les périodes difficiles.
- La stabilité émotionnelle, ou votre capacité à rester investi malgré les fluctuations, sans prendre de décisions impulsives.
Un investissement dynamique n’est pertinent que si vous pouvez le conserver sur toute sa durée recommandée, même lorsque les marchés traversent des phases de correction.
Cet exercice d’introspection détermine si vous devez privilégier des supports prudents ou si vous pouvez intégrer davantage d’actifs de croissance.
Choisir une enveloppe adaptée à son objectif et à sa fiscalité
Une fois l’horizon et le niveau de risque définis, il reste à sélectionner l’enveloppe fiscale la plus adaptée. Ce choix influence directement le rendement net, car chaque enveloppe bénéficie de règles fiscales spécifiques.
Trois grandes enveloppes doivent être étudiées :
- Le contrat d’assurance-vie, particulièrement flexible. Elle combine avantages fiscaux après 8 ans, possibilités de rachats, transmission optimisée et accès à un large choix d’actifs (fonds euros, unités de compte, SCPI).
- Le plan épargne en actions (PEA), idéal pour investir en actions européennes ou via ETF éligibles, avec une fiscalité très avantageuse sur les plus-values après 5 ans.
- Le plan épargne retraite (PER), destiné à la préparation de la retraite, permettant une déduction des versements de votre revenu imposable mais imposant une sortie plus contrainte.
Le choix dépend directement de votre objectif (liquidité, performance, retraite, transmission), de votre taux d’imposition et du niveau de risque que vous souhaitez prendre.
Dans la plupart des cas, une stratégie optimale repose sur une combinaison équilibrée de plusieurs enveloppes, chacune dédiée à un usage précis.
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Nos conseils pour une stratégie d’épargne solide en 2026
Construire une bonne alternative au Livret A ne consiste pas à trouver “le” meilleur produit d’épargne, mais à bâtir une stratégie globale cohérente avec votre vie, vos projets et votre tolérance au risque. En 2026, le vrai enjeu est de structurer votre épargne autour d’une allocation claire, diversifiée et suivie dans le temps.
Diversifier entre plusieurs alternatives
L’erreur la plus fréquente consiste à chercher le placement miracle qui ferait tout à la fois : rendement élevé, capital garanti, fiscalité parfaite et liquidité permanente. En pratique, ce produit n’existe pas. La bonne approche consiste à combiner plusieurs alternatives au Livret A plutôt qu’à se concentrer sur une seule.
Une stratégie solide repose sur une logique d’allocation et non de “coup de cœur produit”. L’idée est de répartir votre épargne entre plusieurs briques complémentaires, chacune ayant un rôle précis dans votre patrimoine.
On peut résumer cette approche de manière simple : chaque support doit répondre à une fonction bien définie dans votre stratégie globale.
Par exemple :
- Une part d’épargne sécurisée et disponible pour les imprévus (livrets, fonds monétaires, fonds euros).
- Une part dédiée aux projets à moyen terme, avec un risque limité mais assumé (obligations, fonds diversifiés prudents, SCPI core).
- Une part orientée long terme et performance, où l’on accepte la volatilité (ETF actions, SCPI dynamiques, private equity, etc.).
En diversifiant ainsi, vous réduisez le risque de dépendre d’un seul type de marché ou d’un seul produit. Vous vous donnez aussi plus de chances de profiter de plusieurs moteurs de performance au fil du temps.
Mettre en place une stratégie d’investissements réguliers et rééquilibrés
Même avec une bonne allocation, la différence se fait souvent sur la discipline. En 2026 comme avant, ce sont rarement les meilleurs “coups” qui construisent un patrimoine solide, mais plutôt des habitudes d’investissement régulières, tenues dans la durée.
Mettre en place des versements programmés permet d’investir progressivement, sans avoir à se demander en permanence si c’est “le bon moment”. Cela limite le risque de tout investir au plus haut, et évite de rester trop longtemps en liquidités par peur de se tromper.
Adopter une approche progressive présente plusieurs avantages concrets :
- Vous lissez vos points d’entrée sur les marchés, ce qui réduit l’impact des fluctuations à court terme.
- Vous mettez votre épargne en pilotage automatique, sans dépendre de vos émotions ou des actualités du moment.
- Vous transformez votre stratégie en routine financière, plus simple à maintenir qu’une série de décisions ponctuelles.
À cela s’ajoute un autre pilier : le rééquilibrage régulier. Au fil des années, certains supports surperforment et prennent mécaniquement plus de poids. Sans intervention, vous pouvez vous retrouver avec un portefeuille bien plus risqué qu’à l’origine.
Rééquilibrer consiste à revenir périodiquement à votre allocation cible par exemple une fois par an.
Cela revient à :
- Réduire la part des actifs qui ont beaucoup monté, pour sécuriser une partie des gains.
- Renforcer les actifs temporairement délaissés, mais toujours cohérents avec votre stratégie.
Ce mécanisme impose une forme de discipline rationnelle : vendre ce qui a déjà bien performé et acheter ce qui est devenu relativement moins cher, plutôt que de faire l’inverse sous l’effet de l’émotion.
Être accompagné pour créer une allocation optimale
Bâtir une stratégie, choisir des produits, comprendre la fiscalité et ajuster son portefeuille dans le temps demande du temps, des connaissances et une certaine distance émotionnelle. Pour beaucoup d’épargnants, il est plus efficace d’être accompagné plutôt que de tout gérer seul.
Un accompagnement peut prendre plusieurs formes, selon votre degré d’autonomie et votre appétence pour ces sujets. L’objectif reste le même : traduire vos objectifs personnels en une allocation concrète, réaliste et durable.
Un conseiller patrimonial ou une gestion pilotée sérieuse peut notamment vous aider à :
- Clarifier vos objectifs d’épargne (sécurité, projets, retraite, transmission).
- Déterminer votre profil de risque réel, au-delà de vos intuitions.
- Choisir les enveloppes fiscales les plus pertinentes (assurance-vie, PEA, PER, etc.).
- Construire une allocation diversifiée, alignée sur votre horizon de placement.
- Mettre en place des versements automatiques et un cadre de rééquilibrage régulier.
L’enjeu n’est pas de déléguer aveuglément, mais de vous appuyer sur des outils et des experts pour gagner en cohérence, en temps et en sérénité.
Une bonne stratégie d’épargne en 2025 n’est pas nécessairement la plus complexe : c’est celle qui reste réaliste pour vous, que vous comprenez et que vous pouvez maintenir dans la durée, même lorsque les marchés deviennent chahutés.
Conclusion
En 2026, bâtir une épargne performante passe par une stratégie structurée, où chaque placement joue un rôle précis. Le Livret A reste un excellent point de départ pour sécuriser une réserve disponible, mais il doit être complété pour répondre pleinement à vos objectifs financiers.
Les alternatives sécurisées (fonds monétaires, comptes à terme, fonds euros, LDDS, LEP) permettent de préserver votre capital tout en recherchant un rendement supérieur dans un contexte de taux plus élevés. Elles forment la base d’un patrimoine équilibré, surtout pour les horizons courts.
Pour les projets à moyen terme, les fonds obligataires offrent un compromis pertinent entre stabilité et performance, avec une volatilité limitée, mais un potentiel de gain supérieur aux solutions purement sécurisées.
Sur le long terme, les supports dynamiques (ETF actions, SCPI spécialisées, actifs alternatifs) deviennent essentiels pour faire croître votre patrimoine. Leur volatilité est plus forte, mais ce sont eux qui génèrent le plus de valeur sur plusieurs années.
Au final, la clé d’une bonne stratégie n’est pas de choisir un placement unique, mais de construire une allocation diversifiée, investie progressivement et rééquilibrée dans le temps.
En combinant sécurité, rendement et horizon long, vous posez les fondations d’un patrimoine robuste et durable.
