Plafond Livret A atteint : que faire et où placer son argent quand il est plein ?

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Le plafond du Livret A est 22 950 €. Une fois ce montant maximum atteint, les intérêts continueront à s'accumuler normalement dans votre livret mais vous ne pourrez plus y déposer d'argent. Un livret A plein rapporte 344,25 € par an, avec un taux de 1,5 % depuis février 2026.

Livret A plein : où placer son argent ?

  1. Définissez le montant de votre épargne de précaution (environ 3 à 6 mois de salaire).
  2. Définissez le montant de votre épargne de disponibilité (environ 1 mois de dépenses).
  3. Placez ces montants dans une combinaison de placements sécurisés et liquides (Livret de développement durable (LDDS), LEP, PEL et des fonds euros sur une assurance-vie).
  4. Définissez vos objectifs, profil d'investisseur, horizon d'investissement, besoins court, moyen et long terme.
  5. Choisissez les enveloppes fiscales appropriées à vos besoins pour y placer votre excédent d'épargne (assurance-vie, PER, PEA, CTO, …).
  6. Investissez selon vos objectifs dans des placements non garantis mais plus performants via les enveloppes fiscales choisies (Bourse avec des actions, ETF, obligations, immobilier via des SCPI, etc).
  7. Complétez finalement votre portefeuille d'investissement avec des placements alternatifs très risqués mais à haut potentiel comme le Private Equity, l'art, les cryptomonnaies, etc si vous le désirez.

Cliquez-ici pour passer directement à la section guide de l'article pour décider où placer votre argent quand le Livret A est plein.

Le plafond du Livret A : comprendre son fonctionnement

Quel est le plafond du Livret A ?

Le plafond du Livret A reste fixé à 22 950 € pour une personne physique en 2026 comme il l’était en 2024 ou en 2025. C’est un plafond de versement (ou plafond de dépôt), et non un plafond absolu du solde.

À noter que le plafond du Livret A est différent pour les associations, syndicats de copropriétaires et les organismes HLM.

Titulaire Plafond de versement
Personne physique 22 950 €
Association ou syndicat de copropriétaires 76 500 €
Syndicat de copropriétaires de plus de 100 lots 100 000 €
Organisme HLM Pas de plafond

Que se passe-t-il et où vont les intérêts quand le Livret A est plein ?

Quand le Livret A est plein, vous ne pouvez plus y déposer d’argent mais le livret continue de produire des intérêts. Le solde peut dépasser le montant maximum de 22 950 € si ce dépassement provient uniquement de la capitalisation des intérêts.

Les intérêts du Livret A, qui sont calculés selon la règle des quinzaines et capitalisés au 31 décembre de chaque année, viennent s’ajouter au solde du livret, même si cela le fait passer au-dessus du plafond de 22 950 €.

L’argent sur votre Livret A et ses intérêts conservent leur fiscalité avantageuse et restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux même après dépassement du plafond.

Vous pouvez évidemment effectuer un retrait à tout moment pour recréer de la place sous le plafond de versement. Vous pourrez alors à nouveau verser jusqu’à 22 950 €.

Pourquoi le Livret A a-t-il un plafond ?

Le Livret A cumule trois avantages rares : le capital est garanti, l’argent reste disponible et les intérêts sont exonérés d’impôt. Sans plafond, il deviendrait rapidement une enveloppe illimitée de trésorerie défiscalisée.

Ce n’est pas pour rien qu’il est un des placements préférés des français, avec plus de 448 milliards d’encours en ce début 2026 selon la Caisse des Dépôts.

Évolution de l'encours du Livret A détenu par les ménages

Encours total au 31 décembre de chaque année, en milliards d'euros

Dernier encours --
Variation sur 1 an --
Croissance sur 10 ans --
Année Encours (Mds €) Variation
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Note : le chiffre de la Banque de France utilisé dans le graphique porte sur les encours de Livret A détenus par les ménages, tandis que le chiffre de la Caisse des Dépôts plus haut correspond à l’encours total du Livret A “tous guichets”, incluant aussi certains détenteurs personnes morales. Les deux séries ne sont donc pas directement comparables.

Le plafond sert donc à conserver au Livret A son rôle de support de base pour l’épargne disponible et l’épargne de précaution, plutôt que d’en faire un véhicule d’accumulation sans limite.

Il permet aussi de garder un équilibre économique dans un dispositif dont les fonds centralisés par la Caisse des Dépôts participent au financement du logement social et de la politique de la ville.

Historique du montant du plafond du Livret A

Le plafond du Livret A est de 22 950 € depuis le 1er janvier 2013. Voici un tableau avec son évolution dans le temps, ainsi que sa valeur ajustée de l'inflation (euros 2026) :

Historique du plafond du Livret A de 1818 à 2026 (hors intérêts capitalisés). Équivalents en euros 2026 calculés à partir des coefficients d'érosion monétaire (BOFiP / INSEE). Les montants en anciens francs (avant 1960) sont d'abord convertis en nouveaux francs (1 NF = 100 AF), puis en euros (1 € = 6,55957 F), avant application du coefficient d'inflation.
Année Plafond du Livret A Pouvoir d'achat en euros 2026
2026 22 950 € ~22 950 €
Plafond inchangé de 2014 à 2025 : 22 950 € — Voir le détail
2025 22 950 € ~22 950 €
2024 22 950 € ~23 363 €
2023 22 950 € ~23 799 €
2022 22 950 € ~24 947 €
2021 22 950 € ~26 278 €
2020 22 950 € ~26 691 €
2019 22 950 € ~26 737 €
2018 22 950 € ~26 989 €
2017 22 950 € ~27 425 €
2016 22 950 € ~27 701 €
2015 22 950 € ~27 747 €
2014 22 950 € ~27 747 €
2013 22 950 € ~27 861 €
2012 19 125 € ~23 390 €
2011 15 300 € ~19 064 €
2010 15 300 € ~19 462 €
2009 15 300 € ~19 737 €
2008 15 300 € ~19 753 €
2007 15 300 € ~20 303 €
2006 15 300 € ~20 609 €
2005 15 300 € ~20 946 €
2004 15 300 € ~21 328 €
2003 15 300 € ~21 680 €
2002 15 300 € ~22 078 €
2001 100 000 francs ~22 395 €
2000 100 000 francs ~22 745 €
1991 100 000 francs ~25 825 €
1990 90 000 francs ~23 983 €
1987 80 000 francs ~23 404 €
1986 72 000 francs ~21 755 €
1984 68 000 francs ~22 309 €
1983 58 000 francs ~20 487 €
1980 49 000 francs ~24 024 €
1979 45 000 francs ~25 053 €
1978 41 000 francs ~25 283 €
1977 38 000 francs ~25 559 €
1976 32 500 francs ~23 906 €
1974 25 000 francs ~22 536 €
1973 28 250 francs ~28 958 €
1969 25 000 francs ~32 411 €
1966 20 000 francs ~29 630 €
1965 18 000 francs ~27 389 €
1963 15 000 francs ~24 196 €
1960 10 000 francs ~18 303 €
1958 1 000 000 anciens francs ~20 135 €
1955 750 000 anciens francs ~18 194 €
1954 500 000 anciens francs ~12 265 €
1953 400 000 anciens francs ~9 785 €
1950 300 000 anciens francs ~9 484 €
1948 200 000 anciens francs ~7 214 €
1946 100 000 anciens francs ~9 134 €
1944 60 000 anciens francs ~12 395 €
1942 40 000 anciens francs ~13 436 €
1941 25 000 anciens francs ~9 789 €
1931 22 000 anciens francs ~15 023 €
1926 13 000 anciens francs ~9 654 €
1919 5 000 anciens francs --
1916 3 000 anciens francs --
1895 1 500 anciens francs --
1881 2 000 anciens francs --
1851 1 000 anciens francs --
1845 2 000 anciens francs --
1835 3 000 anciens francs --
1829 2 000 anciens francs --
1818 Non communiqué --

Combien rapporte un Livret A plein ?

Un Livret A plein rapporte 344,25 € par an, ou 28,69 € par mois depuis février 2026, où son taux a été fixé à 1,5 %. En prenant en compte l’inflation, qui est actuellement d’environ 0,8 %, le rendement réel du Livret A est donc 160,65 € par an ou 13,39 € par mois une fois son plafond atteint.

Calculs :

  • 22 950 € × 1,5 % = 344,25 € nets par an, ou 344,25 / 12 = 28,69 € nets par mois.
  • 22 950 × (1,5 - 0,8 %) = 160,25 € nets par an, ou 160,25 / 12 = 13,39 € nets par mois.

Note : en pratique, le montant réellement perçu dépend de la date à laquelle vous avez atteint le plafond, des retraits éventuels et de la règle des quinzaines.

Devriez-vous remplir votre Livret A à son maximum ?

Oui, si cela correspond aux montants d’épargnes de disponibilité et votre épargne de précaution que vous aurez définis. S’il s’agit cependant de capital dont vous n’aurez vraisemblablement pas besoin avant plusieurs années, alors vous perdez en diversification et en potentiel de rendement à long terme.

Le bon raisonnement n’est donc pas « faut-il toujours remplir son Livret A ? », mais « combien de liquidités dois-je réellement conserver ? ».

À noter aussi que si vous êtes éligible au LEP, ce dernier mérite souvent d’être rempli avant d’aller chercher d’autres solutions de court terme grâce à une rémunération supérieure.

En 2025 et début 2026, le Livret A a de nouveau offert un rendement net légèrement supérieur à l’inflation observée comme nous l’avons vu plus haut et comme illustré dans le graphique ci-après.

Cela renforce son intérêt comme poche de cash, sans en faire pour autant le meilleur réceptacle de l’épargne de long terme.

Taux du Livret A vs Inflation

Comparaison annuelle du taux moyen du Livret A et du taux d'inflation en France

Livret A actuel --
Inflation annuelle --
Rendement réel --
Année Taux Livret A Inflation Rendement réel
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Plafond du Livret A atteint : que faire ?

Quand vous avez atteint le plafond du Livret A, finissez de constituer vos épargnes de disponibilité et précaution si ce n’est pas déjà fait, puis après une analyse de votre situation financière, définissez votre profil d’investisseur ainsi que vos objectifs, pour déterminer votre capacité d'épargne et créer une stratégie long terme avec les enveloppes et actifs pertinents.

Pour constituer votre stratégie d’investissement, vous devrez réfléchir selon la logique de la pyramide de l’épargne : à la base, les liquidités immédiatement disponibles ; au milieu, les poches stables pour les projets à horizon intermédiaire ; au sommet, les actifs plus volatils ou plus illiquides qui visent la performance et la diversification.

Étape 1 : analyser sa situation financière actuelle

Avant de déplacer un euro hors de votre Livret A ou de prendre toute décision financière, nous vous suggérons de faire un diagnostic global de votre situation.

Cette étape évite l’erreur classique qui consiste à choisir un produit avant d’avoir défini le rôle que doit jouer cet argent dans votre patrimoine.

Mettez au propre :

  • Vos dépenses fixes mensuelles et vos dépenses essentielles réellement incompressibles.
  • La stabilité de vos revenus : salarié en CDI, indépendant, profession libérale, revenus variables, prime ou bonus important.
  • Vos dettes en cours, notamment les dettes coûteuses qu’il serait plus rationnel de rembourser avant d’investir.
  • Vos projets à 0-3 ans, 3-5 ans et 5 ans et plus : achat immobilier, travaux, études des enfants, retraite, transmission, complément de revenus.
  • Votre patrimoine existant : compte courant, livrets, assurance-vie, PEA, PER, immobilier, épargne salariale, trésorerie d’entreprise éventuelle.
  • Votre profil d’investisseur : tolérance au risque, niveau d’expertise, temps disponible pour suivre vos placements et sensibilité à la volatilité.

Plus ce diagnostic est clair, plus la répartition entre cash, enveloppes fiscales et actifs de long terme devient cohérente.

Étape 2 : constituer son épargne de disponibilité

L’épargne de disponibilité correspond à l’argent que vous devez pouvoir mobiliser rapidement pour des dépenses prévues ou plausibles : vacances, impôts, remplacement d’un appareil, frais de santé, franchise d’assurance ou dépense exceptionnelle du quotidien.

Dans la plupart des cas, viser environ un mois de dépenses courantes constitue un bon point de départ. Certains foyers préfèrent raisonner en un mois de salaire net, mais le critère des dépenses réelles est souvent plus précis.

Cette poche doit rester sur des placements sans risque très liquides. Le Livret A y a toute sa place, tout comme le LDDS ou le LEP si vous y avez droit. L’objectif n’est pas d’optimiser chaque centime, mais d’être disponible sans friction.

Lire aussi : Placement court terme : quel est le meilleur choix ?

Étape 3 : constituer son épargne de précaution

L’épargne de précaution sert à encaisser un vrai choc : perte de revenus, interruption d’activité, dépense lourde imprévue, problème de logement, panne importante ou tension de trésorerie temporaire.

Pour un salarié en CDI, un repère de 3 à 6 mois de dépenses essentielles fonctionne souvent bien. Pour un indépendant, un foyer mono-revenu ou un ménage avec des charges fixes élevées, viser 6 à 12 mois peut être plus prudent.

Une fois le Livret A plein, cette réserve peut être répartie entre plusieurs supports sécurisés : LEP si vous êtes éligible, LDDS, éventuellement livrets bancaires fiscalisés de qualité, comptes à terme courts ou fonds euros selon le niveau de disponibilité attendu.

Lire aussi : L’épargne moyenne des Français : statistiques et conseils

Étape 4 : définir ses objectifs, son horizon et son profil d’investisseur pour créer sa stratégie d’épargne

Une fois la base sécurisée, vous construisez une allocation pour le long terme.

Les bons critères de décision sont toujours les mêmes : l’objectif poursuivi, l’horizon de placement, le niveau de risque acceptable, la fiscalité, le temps que vous pouvez consacrer au suivi et votre niveau de compréhension des produits.

  • Objectifs : acheter, transmettre, préparer la retraite, financer les études, générer un complément de revenus, faire croître un capital.
  • Horizon : moins de 3 ans, 3 à 8 ans, plus de 8 ans.
  • Risque toléré : accepter ou non des baisses temporaires de valeur.
  • Fiscalité : intérêt d’une enveloppe comme le PEA, l’assurance-vie ou le PER selon votre situation.
  • Expertise et temps disponible : gestion autonome, accompagnement, ou gestion déléguée.

En fonction de ces éléments, vous pourrez répartir intelligemment vos investissements avec des rôles complémentaires dans la pyramide de l’épargne : liquidité, stabilité, croissance, revenus potentiels, immobilier, poche satellite éventuellement plus sophistiquée.

Où placer son argent quand le Livret A est plein ?

Une fois votre Livret A plein, placez votre argent dans d’autres placements sécurisés (LDDS, LEP, Livret Jeune, PEL/CEL, livret bancaire, compte à terme, fonds euros) pour compléter vos épargnes de précaution et disponibilité, puis dans des enveloppes fiscales comme l’assurance-vie, le PEA, le PER ou le CTO pour votre épargne long terme.

La bonne décision dépendra cependant de votre situation spécifique : le rôle confié à cet argent, votre horizon, votre tolérance au risque et des enveloppes dont vous disposez déjà.

Tableau récapitulatif des placements à envisager après le Livret A

Nature Solution Disponibilité / horizon Risque Cadre / fiscalité Quand l’envisager
Livret réglementé LEP Immédiatement disponible Nul en capital
  • Taux : 2,5 %
  • Fiscalité : exonéré d’impôt
  • Plafond : 10 000 €
  • Accessible sous conditions de revenus
Premier réflexe après le Livret A si vous êtes éligible
Livret réglementé LDDS Immédiatement disponible Nul en capital
  • Taux : 1,5 %
  • Fiscalité : exonéré d’impôt
  • Plafond : 12 000 €
Complément naturel du Livret A
Livret réglementé Livret jeune Immédiatement disponible Nul en capital
  • Taux : au moins 1,5 %
  • Fiscalité : exonéré d’impôt
  • Plafond : 1 600 €
  • Réservé aux 12-25 ans
À utiliser à fond quand on y a droit
Épargne logement PEL Moyen / long terme, moins souple qu’un livret Nul en capital
  • Taux fixé à l’ouverture
  • Taux pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2026 : 2 %
  • Plafond : 61 200 €
  • Fiscalité : intérêts soumis au PFU si ouvert après janvier 2018
Si vous avez une logique logement ou un ancien PEL intéressant
Épargne logement CEL Court / moyen terme, logique logement Nul en capital
  • Taux : 1 %
  • Plafond : 15 300 €
  • Fiscalité : intérêts soumis au PFU (30 %) si ouvert après janvier 2018
Produit d’appoint, pas réponse par défaut
Placement bancaire Livret bancaire fiscalisé Disponible Nul en capital
  • Taux fixé par la banque
  • Fiscalité : intérêts au PFU (31,4 %)
Pour absorber un surplus temporaire ou profiter d’une offre promo
Placement bancaire Compte à terme Argent bloqué jusqu’au terme prévu Nul en capital si conservé jusqu’au terme
  • Taux fixé par la banque
  • Fiscalité : intérêts au PFU (31,4 %)
Si vous connaissez votre date de besoin
Enveloppe patrimoniale Assurance-vie Horizon de quelques années et plus, rachats possibles mais non instantanés De faible à élevé selon les supports
  • Fiscalité plus attractive après 8 ans
  • Peut loger fonds euros et unités de compte
Enveloppe souple pour projets, diversification et transmission
Enveloppe boursière PEA 5 ans et plus Moyen à élevé
  • Plafond : 150 000 €
  • Fiscalité : gains exonérés d’IR après 5 ans, prélèvements sociaux dus
Pour construire une poche actions / ETF de long terme
Enveloppe retraite PER Jusqu’à la retraite sauf cas de déblocage Variable selon les supports, avec contrainte de liquidité
  • Fiscalité : déductibilité possible à l’entrée avant 70 ans
  • Sortie plus encadrée
Si l’objectif retraite et l’avantage fiscal sont clairs
Enveloppe ouverte Compte-titres ordinaire Flexible, surtout utile à long terme Variable selon les supports
  • Fiscalité de droit commun des valeurs mobilières (PFU 31,4 %)
En complément quand PEA / assurance-vie ne suffisent pas

Pour aller plus loin : Les meilleures alternatives au Livret A

Compléter vos épargnes de disponibilité et de précaution : les placements sécurisés et liquides

Le premier réflexe doit rester les supports sécurisés et liquides. Si vous êtes éligible au LEP, c’est généralement le meilleur livret réglementé à remplir en priorité grâce à une rémunération supérieure à celle du Livret A. Viennent ensuite le LDDS et, pour les plus jeunes, le Livret jeune.

Vous ne pouvez ouvrir qu’un seul Livret A par personne, donc vous devrez combiner plusieurs enveloppes complémentaires selon votre situation et votre horizon : LEP, LDDS, livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme ou fonds euros.

Note : Le PEL mérite un traitement à part car un ancien PEL bien rémunéré peut se conserver selon sa date d’ouverture. En revanche, ouvrir un PEL uniquement parce que le Livret A est plein n’est plus le réflexe naturel : le produit est plus rigide et son intérêt dépend de vos besoins réels et de la génération du plan.

Les meilleures solutions sont :

  • Cash de très court terme : Livret A, LDDS, LEP, Livret jeune.
  • Cash de court terme avec un peu moins de souplesse : livret bancaire ou compte à terme.
  • Poche prudente de moyen terme : fonds euros dans une assurance-vie de qualité.

Voyons ces solutions une par une.

Le livret d’épargne populaire (LEP)

Le LEP est le livret réglementé le plus rémunérateur, destiné à protéger l’épargne des revenus modestes face à l’inflation. Si vous y êtes éligible, c’est le premier livret à remplir après le Livret A.

  • Taux : 2,5 % (au 1er février 2026)
  • Plafond : 10 000 €
  • Fiscalité : intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux
  • Versements & retraits : libres et gratuits, le solde ne doit jamais être négatif
  • Garantie : encours garanti jusqu’à 100 000 € par le FGDR
  • Conditions : limité à un LEP par contribuable majeur, 2 par foyer fiscal pour un couple marié ou pacsé. Accessible sous conditions de revenus (revenu fiscal de référence inférieur à 23 028 € pour une personne seule en métropole en 2026)

Conseil de Ramify

Le LEP offre un rendement presque deux fois supérieur au Livret A (2,5 % vs 1,5 %). Vérifiez votre éligibilité chaque année : si vos revenus fluctuent, vous pourriez y avoir droit certaines années et pas d'autres. Remplissez-le en priorité avant de compléter le LDDS.

Le livret de développement durable et solidaire (LDDS)

Le LDDS est le complément naturel du Livret A : même taux, même fiscalité, même liquidité, mais un plafond distinct qui permet de loger 12 000 € supplémentaires d’épargne garantie et défiscalisée.

  • Taux : 1,5 % (au 1er février 2026)
  • Plafond : 12 000 €
  • Versement initial minimum : 15 € (en moyenne)
  • Fiscalité : intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux
  • Versement des intérêts : selon la règle des quinzaines
  • Retrait : possible à tout moment et gratuitement
  • Garantie : encours garanti jusqu’à 100 000 € par le FGDR
  • Conditions : limité à un livret par personne, dans la limite de 2 par foyer fiscal

Le montant cumulé des plafonds du Livret A et du LDDS est de 34 950 €. Ce montant peut être dépassé par les intérêts générés.

Lire aussi : Que faire quand le LDDS est plein ?

Conseil de Ramify

Pour optimiser le versement des intérêts, effectuez vos dépôts sur le LDDS avant le 14 du mois (ou avant le 30) car ils ne produisent des intérêts qu'à partir de la quinzaine suivante. Inversement, effectuez vos retraits juste après le début d'une quinzaine (le 1er ou le 16) pour maximiser les intérêts acquis.

Le plan épargne logement (PEL)

Le PEL est un compte d’épargne réglementé dont le taux de rémunération est fixé à la souscription, pour une durée de 4 à 10 ans.

  • Taux : 2 % pour les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2026 (1,75 % pour ceux ouverts en 2025, 2,25 % pour ceux ouverts en 2024, taux fixes pour les générations précédentes)
  • Plafond : 61 200 €
  • Versement minimum : 225 € à l’ouverture puis 540 € par an (versements mensuels, trimestriels ou semestriels)
  • Durée des versements : autorisés pendant 10 ans
  • Retrait : entraîne la clôture du plan
  • Fiscalité : intérêts soumis au PFU (30 %) pour les PEL ouverts après janvier 2018. Les PEL ouverts avant cette date bénéficient d’une exonération d’IR pendant les 12 premières années
  • Objectif : donne droit à un prêt immobilier à taux préférentiel

Le PEL est plus contraignant et souvent moins rémunérateur que le Livret A ou le LDDS (taux net après PFU de 1,40 % pour un PEL à 2 %). Son intérêt dépend surtout de la date d’ouverture et d’un éventuel projet immobilier.

Conseil de Ramify

Conservez votre PEL si vous l'avez ouvert entre août 2003 et décembre 2015 : les taux étaient supérieurs (entre 2 % et 2,5 %) et les intérêts exonérés d'IR pendant 12 ans. En revanche, ouvrir un nouveau PEL uniquement parce que le Livret A est plein n'est plus le bon réflexe — le produit est rigide et peu compétitif net de fiscalité.

Les livrets bancaires fiscalisés et comptes à terme

Les livrets bancaires (ou "super livrets") et les comptes à terme sont proposés par les établissements bancaires avec des taux et conditions qu’ils fixent librement.

Livrets bancaires :

  • Taux : fixé par la banque (souvent avec un taux promotionnel temporaire)
  • Plafond : pas de plafond légal (souvent plusieurs millions d’euros)
  • Fiscalité : intérêts soumis au PFU de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème de l’IR + 18,6 % de PS sur option
  • Versements & retraits : possibles à tout moment, sans frais
  • Garantie : jusqu’à 100 000 € par le FGDR

Comptes à terme :

  • Taux : fixé à l’ouverture, souvent supérieur aux livrets en contrepartie du blocage
  • Durée : de quelques mois à plusieurs années
  • Retrait anticipé : possible mais avec pénalité (réduction du taux)
  • Fiscalité : même régime que les livrets bancaires (PFU 31,4 %)

Conseil de Ramify

Les livrets bancaires sont utiles comme comptes d'attente court terme, par exemple pour rémunérer temporairement un montant important (vente immobilière, héritage) en attendant de l'investir. Analysez bien le taux "normal" qui s'appliquera après la période promotionnelle. Pour un horizon connu (6, 12 ou 24 mois), le compte à terme offre généralement un meilleur taux.

Les fonds euros sur assurance-vie

Les fonds euros sont des supports à capital garanti au sein d’un contrat d’assurance-vie. Les intérêts générés sont capitalisés et définitivement acquis (effet "cliquet"). C’est le pont naturel entre l’épargne de précaution et l’investissement long terme.

  • Rendement : variable selon les contrats, en moyenne 2,6 % en 2024 et environ 2,5 % en 2025 (source)
  • Plafond : aucun plafond légal
  • Fiscalité : celle de l’assurance-vie, après 8 ans, abattement de 4 600 € par contribuable (9 200 € pour un couple) sur les plus-values lors d’un rachat
  • Versement des intérêts : intérêts acquis définitivement chaque année et produisant eux-mêmes des intérêts
  • Versements & retraits : possibles à tout moment (72h en moyenne pour recevoir les fonds sur votre compte courant)
  • Garantie : à hauteur de 70 000 € par le FGAP (fonds de garantie des assurances de personnes)

La fiscalité attractive de l’assurance-vie, l’absence de plafond et le capital garanti font des fonds euros un des placements préférés des Français pour la poche prudente de leur patrimoine.

À lire aussi : Assurance-vie ou Livret A : que choisir ?

Conseil de Ramify

Les fonds euros conviennent à un horizon de placement de 2 à 5 ans. Au-delà, il est pertinent de diversifier avec des unités de compte plus performantes (ETF actions, obligations, SCPI). L'idéal est d'ouvrir une assurance-vie dès que possible pour faire courir l'antériorité fiscale des 8 ans, même avec un versement initial modeste.

Construire son épargne long terme au-delà du Livret A

Dès lors qu’un capital n’a pas vocation à être utilisé avant 5 ans ou davantage, le laisser dormir sur votre compte courant ou des placements sécurisés liquides peu rémunérateurs est rarement optimal.

L’étape suivante consiste à choisir d’abord la bonne enveloppe fiscale, puis les bons actifs à l’intérieur de cette enveloppe.

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Ramify est l'alternative digitale à la banque privée. C'est la gestion pilotée (en assurance-vie, PER, PEA…) la plus performante (+81,36 % sur 5 ans depuis 2021, soit 12,64 % annualisés, portefeuille Flagship, risque 10/10) et diversifiée (9 classes d'actifs, dont actions, obligations, SCPI, private equity, art, crypto, …).

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Choisir les bonnes enveloppes fiscales

Les enveloppes ne poursuivent pas le même objectif. Elles organisent la fiscalité, la liquidité, les actifs accessibles et le niveau de complexité de votre stratégie.

Le bon ordre n’est pas universel : un profil prudent donnera souvent davantage de place à l’assurance-vie et à sa poche sécurisée ; un profil très long terme privilégiera plus naturellement le PEA ; un contribuable fortement imposé aura souvent intérêt à regarder le PER de plus près.

L’assurance-vie : l’enveloppe la plus souple et la plus complète

L’assurance-vie est l’enveloppe la plus polyvalente pour investir sur le long terme : épargne, diversification, transmission, financement de projets. Elle permet de combiner fonds euros (capital garanti) et unités de compte (actions, obligations, immobilier, private equity) dans un même contrat.

  • Plafond : aucun plafond de versement
  • Types d’investissements : fonds euros (capital garanti) et unités de compte (performance potentielle plus élevée mais risque en capital)
  • Fiscalité sur les plus-values : imposées uniquement lors d’un rachat (retrait)
  • Fiscalité après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € par contribuable (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) sur les intérêts générés lors d’un rachat. Au-delà de l’abattement, taux réduit de 24,7 % (7,5 % + 17,2 % de prélèvements sociaux) au lieu du PFU de 30 %
  • Transmission : en cas de décès, exonération de droits de succession à hauteur de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans
  • Disponibilité : rachats possibles à tout moment (72h en moyenne pour recevoir les fonds)
  • Conditions : possible d’ouvrir plusieurs contrats auprès de différents assureurs
  • Gestion : libre ou déléguée (gestion pilotée Ramify)

L’assurance-vie peut être considérée comme la base de nombreuses stratégies d’investissement. Sa performance dépendra des supports choisis, des frais appliqués et de la bonne prise en compte de votre fiscalité.

Lire aussi : Comparatif approfondi des meilleures assurances-vies du marché

Conseil de Ramify

Ouvrez une assurance-vie le plus tôt possible, même avec un versement modeste, pour faire courir l'antériorité fiscale des 8 ans. Soyez très attentif aux frais : les frais d'entrée, les frais de gestion annuels et les frais d'arbitrage varient fortement d'un contrat à l'autre et pèsent directement sur votre performance nette sur le long terme.

Le plan d’épargne en actions (PEA) : le socle pour investir en bourse

Le PEA est l’enveloppe de référence pour investir en actions et en ETF avec un cadre fiscal particulièrement attractif après 5 ans de détention.

  • Plafond : 150 000 € de versements (225 000 € en cumulant PEA classique et PEA-PME)
  • Types d’investissements : actions et titres de sociétés ayant leur siège dans l’UE ou l’EEE, OPCVM investis à 75 % minimum en actions européennes, ETF éligibles
  • Fiscalité avant 5 ans : un retrait entraîne la clôture du PEA et les gains sont soumis au PFU de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS)
  • Fiscalité après 5 ans : les gains (plus-values et dividendes) sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Les retraits partiels sont possibles sans clôture
  • Conditions : un seul PEA classique par contribuable, réservé aux résidents fiscaux français majeurs

Il existe 3 types de PEA :

  • PEA classique : sous forme bancaire (le plus courant) ou assurantielle
  • PEA-PME : plafond de 225 000 €, investissement dans les PME et ETI. Le cumul PEA classique + PEA-PME ne peut excéder 225 000 €
  • PEA jeunes : plafond de 25 000 €, pour les 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Transformé en PEA classique à la sortie du foyer fiscal

Le PEA est une excellente option pour l’investissement long terme en bourse, en particulier via des ETF diversifiés à frais réduits. Soyez vigilant sur les frais de courtage et de gestion qui varient fortement selon les établissements.

Lire aussi : Comparatif approfondi des meilleurs PEA du marché

Conseil de Ramify

Le PEA est le meilleur outil pour investir en bourse sur le long terme grâce à l'exonération d'IR après 5 ans. Ouvrez-le le plus tôt possible pour faire tourner le compteur fiscal, même avec un versement initial faible. Pour la plupart des investisseurs, un ou deux ETF diversifiés (monde ou Europe) suffisent comme socle. Si vous avez atteint le plafond de votre PEA, le CTO prend le relais.

Le plan d’épargne retraite (PER) : préparer sa retraite et réduire ses impôts

Le PER est l’enveloppe dédiée à la préparation de la retraite, avec un avantage fiscal à l’entrée potentiellement puissant pour les contribuables imposés dans les tranches hautes.

  • Plafond de versement : aucun plafond. Le plafond de déduction fiscale est de 10 % des revenus professionnels, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 094 € pour les versements 2026 (basé sur le PASS 2025)
  • Types d’investissements : fonds euros et unités de compte (actions, obligations, immobilier, private equity selon les contrats)
  • Fiscalité à l’entrée : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel. Un contribuable à la TMI de 30 % économise 30 centimes d’impôt par euro versé
  • Fiscalité à la sortie : le capital est soumis à l’IR (hors prélèvements sociaux) et les plus-values au PFU de 31,4 %
  • Disponibilité : fonds bloqués jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d’activité non salariée)
  • Sortie : en capital, en rente viagère ou un mix des deux
  • Gestion : libre ou déléguée (gestion à horizon par défaut)

Pour aller plus loin : Comparatif approfondi des meilleurs PER du marché

Conseil de Ramify

Le PER est d'autant plus intéressant que votre TMI est élevée aujourd'hui et que vous anticipez une TMI plus basse à la retraite. Pour un contribuable à 30 % ou plus, combiner assurance-vie et PER permet à la fois de réduire l'impôt courant (via les versements déductibles du PER) et de profiter de la fiscalité allégée de l'assurance-vie pour le reste de l'épargne.

Le compte-titres ordinaire (CTO) : l’enveloppe sans contrainte

Le compte-titres ordinaire est l’enveloppe la plus flexible : aucune restriction sur les actifs, aucun plafond, aucune condition de durée. En contrepartie, il n’offre aucun avantage fiscal particulier.

  • Plafond : aucun
  • Types d’investissements : actions (monde entier), obligations, ETF, OPCVM, produits dérivés, crypto-actifs (selon le courtier)
  • Fiscalité : plus-values et dividendes soumis au PFU de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS), ou au barème de l’IR + 18,6 % de PS sur option, dès le premier euro de gain
  • Disponibilité : achats et ventes à tout moment, sans impact fiscal lié à l’enveloppe
  • Conditions : possible d’en ouvrir plusieurs, pas de condition de résidence ou d’âge

Conseil de Ramify

Le CTO intervient en complément du PEA et de l'assurance-vie, pas en remplacement. Il est utile pour accéder à des actifs non éligibles au PEA (actions américaines en direct, ETF monde synthétiques exclus du PEA, obligations hors UC), ou quand les plafonds du PEA sont atteints. Pensez aussi au CTO pour le plan d'épargne en actions dédié aux sociétés si vous gérez de la trésorerie d'entreprise.

Choisir les actifs à mettre dans ses enveloppes

Les enveloppes ne sont que des contenants. La performance et le risque dépendront ensuite des actifs retenus et de leur poids respectif dans votre allocation.

Actif Rôle dans le portefeuille Horizon Risque / liquidité Enveloppes adaptées Quand l’envisager
Fonds euros Poche prudente, stabilisation, attente d’un projet 2 à 5 ans et plus Faible risque, liquidité correcte mais pas instantanée Assurance-vie Pour la part défensive du portefeuille
ETF actions larges Cœur de croissance du capital 8 à 10 ans et plus Risque élevé, très liquide en bourse PEA, CTO, assurance-vie en unités de compte, parfois PER Pour bâtir le socle actions de long terme
Fonds / ETF obligataires Stabilisation, réduction de volatilité 3 à 7 ans et plus Risque faible à moyen, liquidité bonne Assurance-vie, CTO, PER Pour équilibrer un portefeuille trop exposé aux actions
Fonds monétaires Parking rémunéré de court / moyen terme Quelques mois à 2 ans Faible risque, bonne liquidité CTO, assurance-vie, PER selon l’offre Pour temporiser avant réinvestissement ou sécuriser une poche proche
SCPI Diversification immobilière et revenus potentiels 8 à 10 ans et plus Risque moyen, liquidité plus limitée, frais élevés Assurance-vie ou détention en direct selon le besoin Après construction du socle principal
Private equity Diversification en non-coté 8 à 10 ans et plus Risque élevé, forte illiquidité Assurance-vie, PER, véhicules dédiés selon accès En poche satellite seulement
Crypto-actifs Poche de conviction / spéculative Long terme si assumé Risque très élevé, forte volatilité Le plus souvent hors enveloppes classiques Seulement en part très limitée
Placements atypiques (art, etc.) Poche de passion / diversification marginale Long terme Risque élevé, liquidité faible, valorisation moins lisible Souvent hors enveloppes classiques À réserver à une poche très minoritaire

En pratique, la règle la plus saine est simple : diversification d’abord, sophistication ensuite. On construit d’abord le socle, puis on ajoute, si besoin, des poches plus spécifiques. Explorons chaque classe d’actifs plus en détail.

Les ETF actions : le cœur de la croissance long terme

Les ETF (Exchange-Traded Funds) actions sont des fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent la performance d’un indice (CAC 40, S&P 500, MSCI World, etc.). Ils constituent souvent le pilier le plus simple et le plus efficace d’un portefeuille long terme.

  • Rendement historique : environ 8 à 10 % par an en moyenne sur longue période pour un ETF monde diversifié (avant inflation)
  • Frais : très faibles, de 0,05 % à 0,40 % par an selon l’ETF (contre 1 à 2 % pour un fonds actif classique)
  • Liquidité : excellente, achat et vente instantanés en bourse
  • Risque : élevé à court terme (baisses de 20 à 40 % possibles), mais historiquement toujours positif sur des horizons de 15 ans et plus
  • Horizon recommandé : 8 à 10 ans minimum
  • Enveloppes adaptées : PEA (ETF éligibles Europe et monde synthétiques), assurance-vie en unités de compte, CTO, PER
  • Exemples courants : ETF MSCI World, ETF S&P 500, ETF Stoxx Europe 600, ETF marchés émergents

Lire aussi : Les meilleurs ETFs disponibles sur le marché

Conseil de Ramify

Pour la plupart des investisseurs, un ou deux ETF diversifiés suffisent comme socle : un ETF monde (MSCI World ou FTSE All-World) couvre déjà plus de 1 500 entreprises dans 23 pays développés. Privilégiez le PEA pour les ETF éligibles afin de bénéficier de l'exonération d'IR après 5 ans.

Les fonds obligataires et monétaires : stabiliser et temporiser

Les obligations sont des titres de dette émis par des États ou des entreprises. En prêtant de l’argent à l’émetteur, vous percevez des intérêts (coupons) et récupérez votre capital à l’échéance. Les fonds obligataires et fonds monétaires regroupent ces titres pour offrir une diversification immédiate.

Fonds / ETF obligataires :

  • Rendement : variable selon la duration et la qualité de crédit — de 2 à 5 % par an pour des obligations investment grade en 2025
  • Risque : faible à moyen (sensible aux variations de taux d’intérêt et au risque de crédit)
  • Horizon recommandé : 3 à 7 ans
  • Rôle : stabiliser le portefeuille, réduire la volatilité globale, générer des revenus réguliers
  • Enveloppes adaptées : assurance-vie (UC obligataires), CTO, PER

Fonds monétaires :

  • Rendement : proche du taux interbancaire (€STR), environ 2 à 2,5 % en ce début 2026
  • Risque : très faible, quasi nul en capital
  • Horizon : quelques mois à 2 ans
  • Rôle : parking rémunéré de court terme, attente d’un meilleur point d’entrée, sécurisation d’une poche proche d’un projet
  • Enveloppes adaptées : CTO, assurance-vie, PER selon l’offre

Lire aussi : Les meilleurs ETFs et fonds monétaires en France

Conseil de Ramify

Les obligations jouent un rôle de stabilisateur dans un portefeuille diversifié. Si vous êtes à 100 % en actions, ajouter 20 à 40 % d'obligations peut significativement réduire la volatilité tout en conservant un rendement correct. Les fonds monétaires sont utiles pour temporiser quelques mois, mais ne doivent pas devenir une position permanente : leur rendement reste inférieur à l'inflation sur longue période.

Les SCPI : investir dans l’immobilier sans contrainte de gestion

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d’investir dans l’immobilier locatif (bureaux, commerces, santé, logistique, résidentiel) sans acheter ni gérer de biens en direct. Vous achetez des parts et percevez des revenus proportionnels.

  • Rendement : taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 (source ASPIM), avec certaines SCPI au-dessus de 6 %
  • Capitalisation du marché : plus de 89 milliards d’euros, 215 SCPI gérées par 42 sociétés de gestion
  • Frais : frais de souscription de 0 à 12 % selon les SCPI (certaines SCPI récentes sont sans frais d’entrée), frais de gestion annuels de 8 à 12 % des loyers
  • Liquidité : limitée — la revente des parts peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois selon le marché. Meilleure liquidité via assurance-vie (l’assureur rachète les parts)
  • Risque : moyen — risque de vacance locative, de baisse du prix des parts et de variation des loyers
  • Horizon recommandé : 8 à 10 ans minimum
  • Fiscalité : revenus fonciers imposés à l’IR + prélèvements sociaux de 18,6 % en direct. En assurance-vie ou PER, fiscalité de l’enveloppe
  • Géographie : France et international. Les SCPI investies à l’étranger peuvent offrir un avantage fiscal (pas de prélèvements sociaux sur les revenus étrangers)
  • Modes d’investissement : en pleine propriété, en nue-propriété (décote à l’achat), via assurance-vie, PER ou à crédit (effet de levier)

Lire aussi : Classement des meilleures SCPI

Conseil de Ramify

Les SCPI sont une bonne option pour diversifier votre portefeuille vers l'immobilier sans les contraintes de la gestion locative. Commencez par définir votre objectif (revenus réguliers, décote à l'achat en nue-propriété, diversification au sein d'une assurance-vie). Pour les patrimoines plus importants, investir en SCPI à crédit permet de profiter de l'effet de levier.

Le private equity : accéder aux entreprises non cotées

Le private equity (ou capital-investissement) consiste à investir dans des entreprises non cotées en bourse, à différents stades de leur développement : création (venture capital), croissance, transmission (LBO) ou retournement.

  • Rendement : TRI net de 14,1 % par an pour les fonds liquidés en France (France Invest, performance à fin 2024), environ 11 à 12 % sur 10 ans
  • Durée de blocage : 5 à 10 ans selon les fonds (sauf via assurance-vie où l’assureur assure la liquidité)
  • Ticket d’entrée : à partir de 1 000 € chez Ramify (historiquement réservé aux institutionnels avec des tickets de plusieurs centaines de milliers d’euros)
  • Risque : élevé — illiquidité, risque de perte en capital, forte dispersion entre les meilleurs et les moins bons fonds
  • Enveloppes adaptées : assurance-vie (liquidité assurée par l’assureur), PER, ou en direct via des FCPR, FPCI, FCPI
  • Avantage fiscal : les FCPI permettent une réduction d’IR jusqu’à 6 000 € (fiscalité du private equity)

Lire aussi : Les meilleurs fonds de Private Equity en France

Conseil de Ramify

Le private equity est une poche satellite, pas un socle. Nous recommandons de ne pas dépasser 15 à 20 % de vos investissements en PE. La qualité du fonds est déterminante : l'écart entre le premier et le dernier quartile est bien plus large qu'en bourse cotée. Privilégiez des fonds de qualité institutionnelle et diversifiez entre plusieurs millésimes si possible.

Crypto-actifs, art et placements atypiques : les poches satellites

Les crypto-actifs et les placements alternatifs (art, vin, forêts, montres, etc.) relèvent davantage d’une logique de conviction ou de diversification très marginale. Ils ne doivent intervenir qu’après la construction du socle principal du portefeuille.

Crypto-actifs :

  • Rendement : très variable, historiquement élevé sur longue période pour le Bitcoin mais avec des drawdowns de 50 à 80 %
  • Risque : très élevé, forte volatilité, risque de perte totale sur les altcoins
  • Fiscalité : plus-values soumises au PFU de 31,4 % (depuis 2026) au-delà de 305 € de cessions annuelles
  • Enveloppes : le plus souvent hors enveloppes fiscales classiques (plateformes spécialisées)

Art et placements de passion :

  • Rendement : variable et peu prévisible, dépend fortement de l’expertise et de la sélection
  • Liquidité : faible, revente sur des marchés spécialisés avec des délais et des frais de transaction
  • Risque : élevé, valorisation subjective et peu lisible

Lire aussi : Comment (et pourquoi) investir dans l'art ?

Conseil de Ramify

Réservez ces poches à une part très minoritaire de votre patrimoine (5 % maximum). N'investissez que de l'argent dont vous n'avez pas besoin et dont la perte totale ne remettrait pas en cause votre stratégie globale.

3 pièges à éviter quand on sort du Livret A

Garder trop de cash par confort

Une fois l’épargne de disponibilité et de précaution correctement dimensionnée, conserver des montants trop élevés sur des supports très liquides pénalise la croissance du patrimoine à long terme. La sécurité a une utilité, mais elle a aussi un coût d’opportunité.

Investir une somme dont vous aurez besoin trop tôt

Le principal critère avant le rendement est l’horizon. Un capital destiné à financer un achat immobilier, des études ou un changement professionnel à court terme ne doit pas être exposé au même niveau de risque qu’une épargne de retraite.

Choisir une enveloppe sans regarder les frais

Deux assurances-vie, deux PER ou deux PEA peuvent avoir des performances très différentes à cause des frais d’entrée, des frais de gestion, de la qualité des supports disponibles ou des conditions d’arbitrage. L’enveloppe compte autant que l’allocation.

Conclusion

Atteindre le plafond du Livret A n’est pas un problème : c’est souvent le signe que vous avez déjà constitué une première base d’épargne utile. L'étape suivante est alors celle de l’allocation du capital excédentaire.

Commencez par constituer votre épargne de précaution avec l'équivalent de 3 à 6 mois de salaire. Ensuite créez ou complétez votre portefeuille d'investissement en tenant compte de plusieurs critères :

  • Votre tolérance au risque, c'est votre capacité à rester serein et patienter si la valeur d'un de vos investissement venait à varier à la hausse ou à la baisse
  • Votre horizon de placement, certains investissements comme le Private Equity sont bloqués pendant au minimum 5 ans
  • Votre fiscalité, vous avez peut être la possibilité d'investir dans le fonds de Private Equity que vous cherchez via un PER et baisser en même temps votre revenu imposable de 10 %
  • La qualité des produits et les frais appliqués, certains fonds peuvent coûter 2 % de frais annuels, d'autres 0,2 %. Cela peut représenter 1,8 % d'économies annuelles pour l'investisseur.

Une fois vos besoins de disponibilité et de précaution couverts, l’enjeu est de faire travailler votre argent pour votre avenir : financer des projets, préparer la retraite, chercher du rendement ou diversifier votre patrimoine.

La meilleure solution dépendra de votre situation spécifique.

En pratique, la bonne démarche consiste à raisonner par étages, selon la pyramide de l’épargne : d’abord la liquidité utile, ensuite la sécurité de moyen terme, puis les moteurs de croissance de long terme.

Il est toujours possible d'investir par soi même mais dans la majorité des cas, demander conseil représente un gain de temps et d'argent significatif.

Lire aussi : Les meilleurs placements financiers

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