Le plafond du Livret A : comprendre son fonctionnement
Quel est le plafond du Livret A ?
Le plafond du Livret A reste fixé à 22 950 € pour une personne physique en 2026 comme il l’était en 2024 ou en 2025. C’est un plafond de versement (ou plafond de dépôt), et non un plafond absolu du solde.
À noter que le plafond du Livret A est différent pour les associations, syndicats de copropriétaires et les organismes HLM.
Que se passe-t-il et où vont les intérêts quand le Livret A est plein ?
Quand le Livret A est plein, vous ne pouvez plus y déposer d’argent mais le livret continue de produire des intérêts. Le solde peut dépasser le montant maximum de 22 950 € si ce dépassement provient uniquement de la capitalisation des intérêts.
Les intérêts du Livret A, qui sont calculés selon la règle des quinzaines et capitalisés au 31 décembre de chaque année, viennent s’ajouter au solde du livret, même si cela le fait passer au-dessus du plafond de 22 950 €.
L’argent sur votre Livret A et ses intérêts conservent leur fiscalité avantageuse et restent exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux même après dépassement du plafond.
Vous pouvez évidemment effectuer un retrait à tout moment pour recréer de la place sous le plafond de versement. Vous pourrez alors à nouveau verser jusqu’à 22 950 €.
Pourquoi le Livret A a-t-il un plafond ?
Le Livret A cumule trois avantages rares : le capital est garanti, l’argent reste disponible et les intérêts sont exonérés d’impôt. Sans plafond, il deviendrait rapidement une enveloppe illimitée de trésorerie défiscalisée.
Ce n’est pas pour rien qu’il est un des placements préférés des français, avec plus de 448 milliards d’encours en ce début 2026 selon la Caisse des Dépôts.
Note : le chiffre de la Banque de France utilisé dans le graphique porte sur les encours de Livret A détenus par les ménages, tandis que le chiffre de la Caisse des Dépôts plus haut correspond à l’encours total du Livret A “tous guichets”, incluant aussi certains détenteurs personnes morales. Les deux séries ne sont donc pas directement comparables.
Le plafond sert donc à conserver au Livret A son rôle de support de base pour l’épargne disponible et l’épargne de précaution, plutôt que d’en faire un véhicule d’accumulation sans limite.
Il permet aussi de garder un équilibre économique dans un dispositif dont les fonds centralisés par la Caisse des Dépôts participent au financement du logement social et de la politique de la ville.
Historique du montant du plafond du Livret A
Le plafond du Livret A est de 22 950 € depuis le 1er janvier 2013. Voici un tableau avec son évolution dans le temps, ainsi que sa valeur ajustée de l'inflation (euros 2026) :
Combien rapporte un Livret A plein ?
Un Livret A plein rapporte 344,25 € par an, ou 28,69 € par mois depuis février 2026, où son taux a été fixé à 1,5 %. En prenant en compte l’inflation, qui est actuellement d’environ 0,8 %, le rendement réel du Livret A est donc 160,65 € par an ou 13,39 € par mois une fois son plafond atteint.
Calculs :
- 22 950 € × 1,5 % = 344,25 € nets par an, ou 344,25 / 12 = 28,69 € nets par mois.
- 22 950 × (1,5 - 0,8 %) = 160,25 € nets par an, ou 160,25 / 12 = 13,39 € nets par mois.
Note : en pratique, le montant réellement perçu dépend de la date à laquelle vous avez atteint le plafond, des retraits éventuels et de la règle des quinzaines.
Devriez-vous remplir votre Livret A à son maximum ?
Oui, si cela correspond aux montants d’épargnes de disponibilité et votre épargne de précaution que vous aurez définis. S’il s’agit cependant de capital dont vous n’aurez vraisemblablement pas besoin avant plusieurs années, alors vous perdez en diversification et en potentiel de rendement à long terme.
Le bon raisonnement n’est donc pas « faut-il toujours remplir son Livret A ? », mais « combien de liquidités dois-je réellement conserver ? ».
À noter aussi que si vous êtes éligible au LEP, ce dernier mérite souvent d’être rempli avant d’aller chercher d’autres solutions de court terme grâce à une rémunération supérieure.
En 2025 et début 2026, le Livret A a de nouveau offert un rendement net légèrement supérieur à l’inflation observée comme nous l’avons vu plus haut et comme illustré dans le graphique ci-après.
Cela renforce son intérêt comme poche de cash, sans en faire pour autant le meilleur réceptacle de l’épargne de long terme.
Plafond du Livret A atteint : que faire ?
Quand vous avez atteint le plafond du Livret A, finissez de constituer vos épargnes de disponibilité et précaution si ce n’est pas déjà fait, puis après une analyse de votre situation financière, définissez votre profil d’investisseur ainsi que vos objectifs, pour déterminer votre capacité d'épargne et créer une stratégie long terme avec les enveloppes et actifs pertinents.
Pour constituer votre stratégie d’investissement, vous devrez réfléchir selon la logique de la pyramide de l’épargne : à la base, les liquidités immédiatement disponibles ; au milieu, les poches stables pour les projets à horizon intermédiaire ; au sommet, les actifs plus volatils ou plus illiquides qui visent la performance et la diversification.
Étape 1 : analyser sa situation financière actuelle
Avant de déplacer un euro hors de votre Livret A ou de prendre toute décision financière, nous vous suggérons de faire un diagnostic global de votre situation.
Cette étape évite l’erreur classique qui consiste à choisir un produit avant d’avoir défini le rôle que doit jouer cet argent dans votre patrimoine.
Mettez au propre :
- Vos dépenses fixes mensuelles et vos dépenses essentielles réellement incompressibles.
- La stabilité de vos revenus : salarié en CDI, indépendant, profession libérale, revenus variables, prime ou bonus important.
- Vos dettes en cours, notamment les dettes coûteuses qu’il serait plus rationnel de rembourser avant d’investir.
- Vos projets à 0-3 ans, 3-5 ans et 5 ans et plus : achat immobilier, travaux, études des enfants, retraite, transmission, complément de revenus.
- Votre patrimoine existant : compte courant, livrets, assurance-vie, PEA, PER, immobilier, épargne salariale, trésorerie d’entreprise éventuelle.
- Votre profil d’investisseur : tolérance au risque, niveau d’expertise, temps disponible pour suivre vos placements et sensibilité à la volatilité.
Plus ce diagnostic est clair, plus la répartition entre cash, enveloppes fiscales et actifs de long terme devient cohérente.
Étape 2 : constituer son épargne de disponibilité
L’épargne de disponibilité correspond à l’argent que vous devez pouvoir mobiliser rapidement pour des dépenses prévues ou plausibles : vacances, impôts, remplacement d’un appareil, frais de santé, franchise d’assurance ou dépense exceptionnelle du quotidien.
Dans la plupart des cas, viser environ un mois de dépenses courantes constitue un bon point de départ. Certains foyers préfèrent raisonner en un mois de salaire net, mais le critère des dépenses réelles est souvent plus précis.
Cette poche doit rester sur des placements sans risque très liquides. Le Livret A y a toute sa place, tout comme le LDDS ou le LEP si vous y avez droit. L’objectif n’est pas d’optimiser chaque centime, mais d’être disponible sans friction.
Lire aussi : Placement court terme : quel est le meilleur choix ?
Étape 3 : constituer son épargne de précaution
L’épargne de précaution sert à encaisser un vrai choc : perte de revenus, interruption d’activité, dépense lourde imprévue, problème de logement, panne importante ou tension de trésorerie temporaire.
Pour un salarié en CDI, un repère de 3 à 6 mois de dépenses essentielles fonctionne souvent bien. Pour un indépendant, un foyer mono-revenu ou un ménage avec des charges fixes élevées, viser 6 à 12 mois peut être plus prudent.
Une fois le Livret A plein, cette réserve peut être répartie entre plusieurs supports sécurisés : LEP si vous êtes éligible, LDDS, éventuellement livrets bancaires fiscalisés de qualité, comptes à terme courts ou fonds euros selon le niveau de disponibilité attendu.
Lire aussi : L’épargne moyenne des Français : statistiques et conseils
Étape 4 : définir ses objectifs, son horizon et son profil d’investisseur pour créer sa stratégie d’épargne
Une fois la base sécurisée, vous construisez une allocation pour le long terme.
Les bons critères de décision sont toujours les mêmes : l’objectif poursuivi, l’horizon de placement, le niveau de risque acceptable, la fiscalité, le temps que vous pouvez consacrer au suivi et votre niveau de compréhension des produits.
- Objectifs : acheter, transmettre, préparer la retraite, financer les études, générer un complément de revenus, faire croître un capital.
- Horizon : moins de 3 ans, 3 à 8 ans, plus de 8 ans.
- Risque toléré : accepter ou non des baisses temporaires de valeur.
- Fiscalité : intérêt d’une enveloppe comme le PEA, l’assurance-vie ou le PER selon votre situation.
- Expertise et temps disponible : gestion autonome, accompagnement, ou gestion déléguée.
En fonction de ces éléments, vous pourrez répartir intelligemment vos investissements avec des rôles complémentaires dans la pyramide de l’épargne : liquidité, stabilité, croissance, revenus potentiels, immobilier, poche satellite éventuellement plus sophistiquée.
Où placer son argent quand le Livret A est plein ?
Une fois votre Livret A plein, placez votre argent dans d’autres placements sécurisés (LDDS, LEP, Livret Jeune, PEL/CEL, livret bancaire, compte à terme, fonds euros) pour compléter vos épargnes de précaution et disponibilité, puis dans des enveloppes fiscales comme l’assurance-vie, le PEA, le PER ou le CTO pour votre épargne long terme.
La bonne décision dépendra cependant de votre situation spécifique : le rôle confié à cet argent, votre horizon, votre tolérance au risque et des enveloppes dont vous disposez déjà.
Tableau récapitulatif des placements à envisager après le Livret A
Pour aller plus loin : Les meilleures alternatives au Livret A
Compléter vos épargnes de disponibilité et de précaution : les placements sécurisés et liquides
Le premier réflexe doit rester les supports sécurisés et liquides. Si vous êtes éligible au LEP, c’est généralement le meilleur livret réglementé à remplir en priorité grâce à une rémunération supérieure à celle du Livret A. Viennent ensuite le LDDS et, pour les plus jeunes, le Livret jeune.
Vous ne pouvez ouvrir qu’un seul Livret A par personne, donc vous devrez combiner plusieurs enveloppes complémentaires selon votre situation et votre horizon : LEP, LDDS, livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme ou fonds euros.
Note : Le PEL mérite un traitement à part car un ancien PEL bien rémunéré peut se conserver selon sa date d’ouverture. En revanche, ouvrir un PEL uniquement parce que le Livret A est plein n’est plus le réflexe naturel : le produit est plus rigide et son intérêt dépend de vos besoins réels et de la génération du plan.
Les meilleures solutions sont :
- Cash de très court terme : Livret A, LDDS, LEP, Livret jeune.
- Cash de court terme avec un peu moins de souplesse : livret bancaire ou compte à terme.
- Poche prudente de moyen terme : fonds euros dans une assurance-vie de qualité.
Voyons ces solutions une par une.
Le livret d’épargne populaire (LEP)
Le LEP est le livret réglementé le plus rémunérateur, destiné à protéger l’épargne des revenus modestes face à l’inflation. Si vous y êtes éligible, c’est le premier livret à remplir après le Livret A.
- Taux : 2,5 % (au 1er février 2026)
- Plafond : 10 000 €
- Fiscalité : intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux
- Versements & retraits : libres et gratuits, le solde ne doit jamais être négatif
- Garantie : encours garanti jusqu’à 100 000 € par le FGDR
- Conditions : limité à un LEP par contribuable majeur, 2 par foyer fiscal pour un couple marié ou pacsé. Accessible sous conditions de revenus (revenu fiscal de référence inférieur à 23 028 € pour une personne seule en métropole en 2026)
Le livret de développement durable et solidaire (LDDS)
Le LDDS est le complément naturel du Livret A : même taux, même fiscalité, même liquidité, mais un plafond distinct qui permet de loger 12 000 € supplémentaires d’épargne garantie et défiscalisée.
- Taux : 1,5 % (au 1er février 2026)
- Plafond : 12 000 €
- Versement initial minimum : 15 € (en moyenne)
- Fiscalité : intérêts totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux
- Versement des intérêts : selon la règle des quinzaines
- Retrait : possible à tout moment et gratuitement
- Garantie : encours garanti jusqu’à 100 000 € par le FGDR
- Conditions : limité à un livret par personne, dans la limite de 2 par foyer fiscal
Le montant cumulé des plafonds du Livret A et du LDDS est de 34 950 €. Ce montant peut être dépassé par les intérêts générés.
Lire aussi : Que faire quand le LDDS est plein ?
Le plan épargne logement (PEL)
Le PEL est un compte d’épargne réglementé dont le taux de rémunération est fixé à la souscription, pour une durée de 4 à 10 ans.
- Taux : 2 % pour les PEL ouverts à partir du 1er janvier 2026 (1,75 % pour ceux ouverts en 2025, 2,25 % pour ceux ouverts en 2024, taux fixes pour les générations précédentes)
- Plafond : 61 200 €
- Versement minimum : 225 € à l’ouverture puis 540 € par an (versements mensuels, trimestriels ou semestriels)
- Durée des versements : autorisés pendant 10 ans
- Retrait : entraîne la clôture du plan
- Fiscalité : intérêts soumis au PFU (30 %) pour les PEL ouverts après janvier 2018. Les PEL ouverts avant cette date bénéficient d’une exonération d’IR pendant les 12 premières années
- Objectif : donne droit à un prêt immobilier à taux préférentiel
Le PEL est plus contraignant et souvent moins rémunérateur que le Livret A ou le LDDS (taux net après PFU de 1,40 % pour un PEL à 2 %). Son intérêt dépend surtout de la date d’ouverture et d’un éventuel projet immobilier.
Les livrets bancaires fiscalisés et comptes à terme
Les livrets bancaires (ou "super livrets") et les comptes à terme sont proposés par les établissements bancaires avec des taux et conditions qu’ils fixent librement.
Livrets bancaires :
- Taux : fixé par la banque (souvent avec un taux promotionnel temporaire)
- Plafond : pas de plafond légal (souvent plusieurs millions d’euros)
- Fiscalité : intérêts soumis au PFU de 31,4 % depuis 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème de l’IR + 18,6 % de PS sur option
- Versements & retraits : possibles à tout moment, sans frais
- Garantie : jusqu’à 100 000 € par le FGDR
Comptes à terme :
- Taux : fixé à l’ouverture, souvent supérieur aux livrets en contrepartie du blocage
- Durée : de quelques mois à plusieurs années
- Retrait anticipé : possible mais avec pénalité (réduction du taux)
- Fiscalité : même régime que les livrets bancaires (PFU 31,4 %)
Les fonds euros sur assurance-vie
Les fonds euros sont des supports à capital garanti au sein d’un contrat d’assurance-vie. Les intérêts générés sont capitalisés et définitivement acquis (effet "cliquet"). C’est le pont naturel entre l’épargne de précaution et l’investissement long terme.
- Rendement : variable selon les contrats, en moyenne 2,6 % en 2024 et environ 2,5 % en 2025 (source)
- Plafond : aucun plafond légal
- Fiscalité : celle de l’assurance-vie, après 8 ans, abattement de 4 600 € par contribuable (9 200 € pour un couple) sur les plus-values lors d’un rachat
- Versement des intérêts : intérêts acquis définitivement chaque année et produisant eux-mêmes des intérêts
- Versements & retraits : possibles à tout moment (72h en moyenne pour recevoir les fonds sur votre compte courant)
- Garantie : à hauteur de 70 000 € par le FGAP (fonds de garantie des assurances de personnes)
La fiscalité attractive de l’assurance-vie, l’absence de plafond et le capital garanti font des fonds euros un des placements préférés des Français pour la poche prudente de leur patrimoine.
À lire aussi : Assurance-vie ou Livret A : que choisir ?
Construire son épargne long terme au-delà du Livret A
Dès lors qu’un capital n’a pas vocation à être utilisé avant 5 ans ou davantage, le laisser dormir sur votre compte courant ou des placements sécurisés liquides peu rémunérateurs est rarement optimal.
L’étape suivante consiste à choisir d’abord la bonne enveloppe fiscale, puis les bons actifs à l’intérieur de cette enveloppe.
Choisir les bonnes enveloppes fiscales
Les enveloppes ne poursuivent pas le même objectif. Elles organisent la fiscalité, la liquidité, les actifs accessibles et le niveau de complexité de votre stratégie.
Le bon ordre n’est pas universel : un profil prudent donnera souvent davantage de place à l’assurance-vie et à sa poche sécurisée ; un profil très long terme privilégiera plus naturellement le PEA ; un contribuable fortement imposé aura souvent intérêt à regarder le PER de plus près.
L’assurance-vie : l’enveloppe la plus souple et la plus complète
L’assurance-vie est l’enveloppe la plus polyvalente pour investir sur le long terme : épargne, diversification, transmission, financement de projets. Elle permet de combiner fonds euros (capital garanti) et unités de compte (actions, obligations, immobilier, private equity) dans un même contrat.
- Plafond : aucun plafond de versement
- Types d’investissements : fonds euros (capital garanti) et unités de compte (performance potentielle plus élevée mais risque en capital)
- Fiscalité sur les plus-values : imposées uniquement lors d’un rachat (retrait)
- Fiscalité après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € par contribuable (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) sur les intérêts générés lors d’un rachat. Au-delà de l’abattement, taux réduit de 24,7 % (7,5 % + 17,2 % de prélèvements sociaux) au lieu du PFU de 30 %
- Transmission : en cas de décès, exonération de droits de succession à hauteur de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans
- Disponibilité : rachats possibles à tout moment (72h en moyenne pour recevoir les fonds)
- Conditions : possible d’ouvrir plusieurs contrats auprès de différents assureurs
- Gestion : libre ou déléguée (gestion pilotée Ramify)
L’assurance-vie peut être considérée comme la base de nombreuses stratégies d’investissement. Sa performance dépendra des supports choisis, des frais appliqués et de la bonne prise en compte de votre fiscalité.
Lire aussi : Comparatif approfondi des meilleures assurances-vies du marché
Le plan d’épargne en actions (PEA) : le socle pour investir en bourse
Le PEA est l’enveloppe de référence pour investir en actions et en ETF avec un cadre fiscal particulièrement attractif après 5 ans de détention.
- Plafond : 150 000 € de versements (225 000 € en cumulant PEA classique et PEA-PME)
- Types d’investissements : actions et titres de sociétés ayant leur siège dans l’UE ou l’EEE, OPCVM investis à 75 % minimum en actions européennes, ETF éligibles
- Fiscalité avant 5 ans : un retrait entraîne la clôture du PEA et les gains sont soumis au PFU de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS)
- Fiscalité après 5 ans : les gains (plus-values et dividendes) sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Les retraits partiels sont possibles sans clôture
- Conditions : un seul PEA classique par contribuable, réservé aux résidents fiscaux français majeurs
Il existe 3 types de PEA :
- PEA classique : sous forme bancaire (le plus courant) ou assurantielle
- PEA-PME : plafond de 225 000 €, investissement dans les PME et ETI. Le cumul PEA classique + PEA-PME ne peut excéder 225 000 €
- PEA jeunes : plafond de 25 000 €, pour les 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Transformé en PEA classique à la sortie du foyer fiscal
Le PEA est une excellente option pour l’investissement long terme en bourse, en particulier via des ETF diversifiés à frais réduits. Soyez vigilant sur les frais de courtage et de gestion qui varient fortement selon les établissements.
Lire aussi : Comparatif approfondi des meilleurs PEA du marché
Le plan d’épargne retraite (PER) : préparer sa retraite et réduire ses impôts
Le PER est l’enveloppe dédiée à la préparation de la retraite, avec un avantage fiscal à l’entrée potentiellement puissant pour les contribuables imposés dans les tranches hautes.
- Plafond de versement : aucun plafond. Le plafond de déduction fiscale est de 10 % des revenus professionnels, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 094 € pour les versements 2026 (basé sur le PASS 2025)
- Types d’investissements : fonds euros et unités de compte (actions, obligations, immobilier, private equity selon les contrats)
- Fiscalité à l’entrée : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel. Un contribuable à la TMI de 30 % économise 30 centimes d’impôt par euro versé
- Fiscalité à la sortie : le capital est soumis à l’IR (hors prélèvements sociaux) et les plus-values au PFU de 31,4 %
- Disponibilité : fonds bloqués jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (achat de résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d’activité non salariée)
- Sortie : en capital, en rente viagère ou un mix des deux
- Gestion : libre ou déléguée (gestion à horizon par défaut)
Pour aller plus loin : Comparatif approfondi des meilleurs PER du marché
Le compte-titres ordinaire (CTO) : l’enveloppe sans contrainte
Le compte-titres ordinaire est l’enveloppe la plus flexible : aucune restriction sur les actifs, aucun plafond, aucune condition de durée. En contrepartie, il n’offre aucun avantage fiscal particulier.
- Plafond : aucun
- Types d’investissements : actions (monde entier), obligations, ETF, OPCVM, produits dérivés, crypto-actifs (selon le courtier)
- Fiscalité : plus-values et dividendes soumis au PFU de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS), ou au barème de l’IR + 18,6 % de PS sur option, dès le premier euro de gain
- Disponibilité : achats et ventes à tout moment, sans impact fiscal lié à l’enveloppe
- Conditions : possible d’en ouvrir plusieurs, pas de condition de résidence ou d’âge
Choisir les actifs à mettre dans ses enveloppes
Les enveloppes ne sont que des contenants. La performance et le risque dépendront ensuite des actifs retenus et de leur poids respectif dans votre allocation.
En pratique, la règle la plus saine est simple : diversification d’abord, sophistication ensuite. On construit d’abord le socle, puis on ajoute, si besoin, des poches plus spécifiques. Explorons chaque classe d’actifs plus en détail.
Les ETF actions : le cœur de la croissance long terme
Les ETF (Exchange-Traded Funds) actions sont des fonds indiciels cotés en bourse qui répliquent la performance d’un indice (CAC 40, S&P 500, MSCI World, etc.). Ils constituent souvent le pilier le plus simple et le plus efficace d’un portefeuille long terme.
- Rendement historique : environ 8 à 10 % par an en moyenne sur longue période pour un ETF monde diversifié (avant inflation)
- Frais : très faibles, de 0,05 % à 0,40 % par an selon l’ETF (contre 1 à 2 % pour un fonds actif classique)
- Liquidité : excellente, achat et vente instantanés en bourse
- Risque : élevé à court terme (baisses de 20 à 40 % possibles), mais historiquement toujours positif sur des horizons de 15 ans et plus
- Horizon recommandé : 8 à 10 ans minimum
- Enveloppes adaptées : PEA (ETF éligibles Europe et monde synthétiques), assurance-vie en unités de compte, CTO, PER
- Exemples courants : ETF MSCI World, ETF S&P 500, ETF Stoxx Europe 600, ETF marchés émergents
Lire aussi : Les meilleurs ETFs disponibles sur le marché
Les fonds obligataires et monétaires : stabiliser et temporiser
Les obligations sont des titres de dette émis par des États ou des entreprises. En prêtant de l’argent à l’émetteur, vous percevez des intérêts (coupons) et récupérez votre capital à l’échéance. Les fonds obligataires et fonds monétaires regroupent ces titres pour offrir une diversification immédiate.
Fonds / ETF obligataires :
- Rendement : variable selon la duration et la qualité de crédit — de 2 à 5 % par an pour des obligations investment grade en 2025
- Risque : faible à moyen (sensible aux variations de taux d’intérêt et au risque de crédit)
- Horizon recommandé : 3 à 7 ans
- Rôle : stabiliser le portefeuille, réduire la volatilité globale, générer des revenus réguliers
- Enveloppes adaptées : assurance-vie (UC obligataires), CTO, PER
Fonds monétaires :
- Rendement : proche du taux interbancaire (€STR), environ 2 à 2,5 % en ce début 2026
- Risque : très faible, quasi nul en capital
- Horizon : quelques mois à 2 ans
- Rôle : parking rémunéré de court terme, attente d’un meilleur point d’entrée, sécurisation d’une poche proche d’un projet
- Enveloppes adaptées : CTO, assurance-vie, PER selon l’offre
Lire aussi : Les meilleurs ETFs et fonds monétaires en France
Les SCPI : investir dans l’immobilier sans contrainte de gestion
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d’investir dans l’immobilier locatif (bureaux, commerces, santé, logistique, résidentiel) sans acheter ni gérer de biens en direct. Vous achetez des parts et percevez des revenus proportionnels.
- Rendement : taux de distribution moyen de 4,91 % en 2025 (source ASPIM), avec certaines SCPI au-dessus de 6 %
- Capitalisation du marché : plus de 89 milliards d’euros, 215 SCPI gérées par 42 sociétés de gestion
- Frais : frais de souscription de 0 à 12 % selon les SCPI (certaines SCPI récentes sont sans frais d’entrée), frais de gestion annuels de 8 à 12 % des loyers
- Liquidité : limitée — la revente des parts peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois selon le marché. Meilleure liquidité via assurance-vie (l’assureur rachète les parts)
- Risque : moyen — risque de vacance locative, de baisse du prix des parts et de variation des loyers
- Horizon recommandé : 8 à 10 ans minimum
- Fiscalité : revenus fonciers imposés à l’IR + prélèvements sociaux de 18,6 % en direct. En assurance-vie ou PER, fiscalité de l’enveloppe
- Géographie : France et international. Les SCPI investies à l’étranger peuvent offrir un avantage fiscal (pas de prélèvements sociaux sur les revenus étrangers)
- Modes d’investissement : en pleine propriété, en nue-propriété (décote à l’achat), via assurance-vie, PER ou à crédit (effet de levier)
Lire aussi : Classement des meilleures SCPI
Le private equity : accéder aux entreprises non cotées
Le private equity (ou capital-investissement) consiste à investir dans des entreprises non cotées en bourse, à différents stades de leur développement : création (venture capital), croissance, transmission (LBO) ou retournement.
- Rendement : TRI net de 14,1 % par an pour les fonds liquidés en France (France Invest, performance à fin 2024), environ 11 à 12 % sur 10 ans
- Durée de blocage : 5 à 10 ans selon les fonds (sauf via assurance-vie où l’assureur assure la liquidité)
- Ticket d’entrée : à partir de 1 000 € chez Ramify (historiquement réservé aux institutionnels avec des tickets de plusieurs centaines de milliers d’euros)
- Risque : élevé — illiquidité, risque de perte en capital, forte dispersion entre les meilleurs et les moins bons fonds
- Enveloppes adaptées : assurance-vie (liquidité assurée par l’assureur), PER, ou en direct via des FCPR, FPCI, FCPI
- Avantage fiscal : les FCPI permettent une réduction d’IR jusqu’à 6 000 € (fiscalité du private equity)
Lire aussi : Les meilleurs fonds de Private Equity en France
Crypto-actifs, art et placements atypiques : les poches satellites
Les crypto-actifs et les placements alternatifs (art, vin, forêts, montres, etc.) relèvent davantage d’une logique de conviction ou de diversification très marginale. Ils ne doivent intervenir qu’après la construction du socle principal du portefeuille.
Crypto-actifs :
- Rendement : très variable, historiquement élevé sur longue période pour le Bitcoin mais avec des drawdowns de 50 à 80 %
- Risque : très élevé, forte volatilité, risque de perte totale sur les altcoins
- Fiscalité : plus-values soumises au PFU de 31,4 % (depuis 2026) au-delà de 305 € de cessions annuelles
- Enveloppes : le plus souvent hors enveloppes fiscales classiques (plateformes spécialisées)
Art et placements de passion :
- Rendement : variable et peu prévisible, dépend fortement de l’expertise et de la sélection
- Liquidité : faible, revente sur des marchés spécialisés avec des délais et des frais de transaction
- Risque : élevé, valorisation subjective et peu lisible
Lire aussi : Comment (et pourquoi) investir dans l'art ?
3 pièges à éviter quand on sort du Livret A
Garder trop de cash par confort
Une fois l’épargne de disponibilité et de précaution correctement dimensionnée, conserver des montants trop élevés sur des supports très liquides pénalise la croissance du patrimoine à long terme. La sécurité a une utilité, mais elle a aussi un coût d’opportunité.
Investir une somme dont vous aurez besoin trop tôt
Le principal critère avant le rendement est l’horizon. Un capital destiné à financer un achat immobilier, des études ou un changement professionnel à court terme ne doit pas être exposé au même niveau de risque qu’une épargne de retraite.
Choisir une enveloppe sans regarder les frais
Deux assurances-vie, deux PER ou deux PEA peuvent avoir des performances très différentes à cause des frais d’entrée, des frais de gestion, de la qualité des supports disponibles ou des conditions d’arbitrage. L’enveloppe compte autant que l’allocation.
Conclusion
Atteindre le plafond du Livret A n’est pas un problème : c’est souvent le signe que vous avez déjà constitué une première base d’épargne utile. L'étape suivante est alors celle de l’allocation du capital excédentaire.
Commencez par constituer votre épargne de précaution avec l'équivalent de 3 à 6 mois de salaire. Ensuite créez ou complétez votre portefeuille d'investissement en tenant compte de plusieurs critères :
- Votre tolérance au risque, c'est votre capacité à rester serein et patienter si la valeur d'un de vos investissement venait à varier à la hausse ou à la baisse
- Votre horizon de placement, certains investissements comme le Private Equity sont bloqués pendant au minimum 5 ans
- Votre fiscalité, vous avez peut être la possibilité d'investir dans le fonds de Private Equity que vous cherchez via un PER et baisser en même temps votre revenu imposable de 10 %
- La qualité des produits et les frais appliqués, certains fonds peuvent coûter 2 % de frais annuels, d'autres 0,2 %. Cela peut représenter 1,8 % d'économies annuelles pour l'investisseur.
Une fois vos besoins de disponibilité et de précaution couverts, l’enjeu est de faire travailler votre argent pour votre avenir : financer des projets, préparer la retraite, chercher du rendement ou diversifier votre patrimoine.
La meilleure solution dépendra de votre situation spécifique.
En pratique, la bonne démarche consiste à raisonner par étages, selon la pyramide de l’épargne : d’abord la liquidité utile, ensuite la sécurité de moyen terme, puis les moteurs de croissance de long terme.
Il est toujours possible d'investir par soi même mais dans la majorité des cas, demander conseil représente un gain de temps et d'argent significatif.
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