Quel est l’intérêt de l’épargne salariale ?
L'épargne salariale vous permet de construire un patrimoine financier en parallèle de votre salaire. Il présente trois intérêts majeurs :
- Défiscaliser une partie de vos revenus: grâce à l'intéressement et la participation, vous recevez des sommes qui viennent s'ajouter à votre salaire et qui ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu (uniquement 9,7 % au titre de la CSG-CRDS) si elles sont placées sur un plan d’épargne salarial. Votre employeur peut aussi compléter vos versements via un dispositif d’abondement.
- Investir dans différents supports : les plans d'épargne salariale (PEE, PERECO) vous permettent d'investir dans des supports variés (fonds diversifiés, fonds obligataires, actionnariat salarié, etc.). Le PEE est adapté aux projets à moyen terme (épargne bloquée 5 ans), tandis que le PERECO vous aide à préparer votre retraite.
- Une fiscalité très compétitive : les primes et abondements placés ne sont soumis à l’IR ni à l’entrée ni à la sortie. Les gains réalisés au sein du plan ne sont pas non plus imposés tant qu'ils restent investis. À la sortie, seuls les gains sont soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %.
Les différents plans d’épargne salariale en entreprise
Il existe plusieurs types de plans d'épargne salariale en France : chacun répond à un objectif différent et a ses propres règles de blocage, de sortie et de transférabilité.
C'est l’employeur qui décide quel plan sera proposé dans l’entreprise en fonction d’un accord collectif ou d’une décision unilatérale.
Les différents plans d'épargne salariale sont :
- Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE) ;
- Le Plan d'Épargne Interentreprises (PEI) ;
- Le Plan d'Épargne Groupe (PEG) ;
- Le PER d'Entreprise Collectif (PERECO) ;
- L'ancien Plan d'Épargne Retraite Collectif (PERCO).
Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE)
Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE) permet aux salariés de se constituer une épargne de moyen terme avec l'aide de leur employeur.
Les sommes que vous placez sur votre PEE (grâce aux dispositifs collectifs comme l’intéressement, la participation, l’abondement ou à vos versements personnels) sont bloquées pendant 5 ans, sauf en cas de déblocage anticipé (on vous détaille les conditions un peu plus bas).
À l'issue de la période de blocage, vous pouvez récupérer votre épargne en une fois ou en plusieurs retraits.
En cas de départ de l'entreprise (démission, licenciement), vous pouvez au choix :
- Retirer immédiatement vos avoirs disponibles ;
- La transférer vers le PEE de votre nouvel employeur ;
- Conserver votre plan (mais avec d’éventuels frais supplémentaires).
Le Plan d'Épargne Interentreprises (PEI)
Le Plan d'Épargne Interentreprises (PEI) est une épargne salariale commune à plusieurs entreprises, qui permet aux salariés de constituer un portefeuille de valeurs mobilières avec l'aide de leur employeur.
Le PEI fonctionne comme un PEE (durée de blocage de 5 ans, même cas de déblocage et fiscalité).
Sa particularité est qu'il regroupe plusieurs entreprises indépendantes les unes des autres, généralement au sein d'une même branche professionnelle ou d'un même bassin d'emploi.
Il est particulièrement adapté aux TPE et PME qui souhaitent proposer un plan d'épargne à leurs salariés sans supporter seules les coûts de gestion.
Le PEI présente toutefois une restriction : contrairement au PEE, il ne permet pas d'investir dans les actions de votre propre entreprise (actionnariat salarié).
Le Plan d'Épargne Groupe (PEG)
Le PEG est la déclinaison du PEE au sein d'un groupe d'entreprises. Ses règles de fonctionnement sont identiques à celles du PEE (blocage de 5 ans, sortie en capital, mêmes cas de déblocage).
Le principal avantage du PEG est la portabilité intra-groupe : si vous changez de filiale au sein du même groupe, votre plan vous suit sans interruption (vous n'avez donc pas besoin de transférer vos avoirs ni de rouvrir un nouveau plan).
Le PEG permet également l'actionnariat salarié au niveau du groupe (contrairement au PEI).
Le PER d'Entreprise Collectif (PERECO)
Le PER d'Entreprise Collectif (PERECO) est le plan d'épargne salariale orienté vers la préparation de la retraite. Issu de la loi PACTE de 2019, il remplace l’ancien PERCO.
Les sommes que vous y placez sont bloquées jusqu'à votre départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé (décès, invalidité, surendettement, expiration des droits au chômage, acquisition de la résidence principale, cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire).
Contrairement à l’ancien PERCO qui imposait une sortie en rente par défaut (et parfois une option de sortie en capital, sous condition), le PERECO vous permet de choisir entre différents modes de sortie à la retraite :
- 100 % en capital (en une fois ou de manière fractionnée) ;
- 100 % en rente viagère ;
- Un mix capital + rente, selon la répartition de votre choix.
Le PERECO est transférable vers un PER individuel, dans la limite d'un transfert tous les 3 ans tant que vous êtes en poste, et librement après votre départ.
De plus, contrairement à l'ancien PERCO, le PERECO vous permet de déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable.
Ainsi, si vous décidez de verser des sommes de votre propre initiative (c’est-à-dire des sommes issues de votre argent personnel, en dehors de l'intéressement et de la participation), ces montants viennent réduire directement votre impôt sur le revenu l'année du versement.
Les anciens PERCO peuvent être conservés
Depuis le 1er octobre 2020, il n'est plus possible d’adhérer à un PERCO (ancienne version), mais les plans existants continuent de fonctionner sans date limite de conversion.
Vous pouvez donc continuer à alimenter votre PERCO avec vos primes d'intéressement, de participation et l'abondement de votre employeur.
Toutefois, le PERCO présente plusieurs limites par rapport au PERECO :
- La sortie en rente est imposée par défaut (la sortie en capital n'est possible que si le règlement du plan le prévoit, ou automatiquement si la rente calculée est inférieure à 1 320 euros par an) ;
- Les versements volontaires ne sont pas déductibles du revenu imposable ;
- L'entreprise ne bénéficie pas du forfait social réduit à 16 % réservé aux PERECO en gestion pilotée.
Toutefois, il n’est pas toujours recommandé de transférer un ancien PERCO vers un PERECO de nouvelle génération.
Avant de prendre votre décision, il faudra vérifier si vous avez accumulé des gains sur des versements effectués avant le 1er janvier 2018, qui bénéficient du régime des « taux historiques » de prélèvements sociaux (souvent inférieurs au taux actuel de 18,6 %).
Il faut avoir conscience qu’en cas de transfert vers un PERECO, vous pouvez perdre cet avantage.
Quelles sont les possibilités de versement sur l’épargne salariale en 2026 (dispositifs et options) ?
L'épargne salariale peut être liée :
- Aux résultats de l'entreprise : participation, intéressement, PPVE (Plan de Partage de la Valorisation de l'Entreprise)
- A une décision de l'employeur : abondement, PPV (Prime de Partage de la Valeur)
- A la propre initiative du salarié : versements volontaires, jours de CET (Compte Epargne Temps)
Détaillons ces dispositifs et options possibles.
La participation
La participation est un mécanisme qui permet de redistribuer une partie des bénéfices de l'entreprise aux salariés.
Elle est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés.
Son montant est calculé selon une formule légale qui prend en compte le bénéfice net, les capitaux propres, les salaires et la valeur ajoutée de l'entreprise. Chaque entreprise peut appliquer sa propre formule, à condition qu'elle soit au moins aussi favorable que la formule légale.
La répartition des bénéfices issus de la participation entre les salariés est souvent proportionnelle au salaire et/ou au temps de travail. Mais selon les accords, elle peut aussi être uniforme.
Le plafond individuel de participation est fixé à 75 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 36 045 € par salarié en 2026.
Lorsque vous recevez votre participation, vous avez le choix :
- La percevoir immédiatement sur votre compte (elle sera alors soumise à l'impôt sur le revenu) ;
- La placer sur un plan d'épargne salariale dans les 15 jours pour bénéficier de l'exonération d'impôt (mais elle sera soumise à la CSG-CRDS de 9,7 %).
L’intéressement
L'intéressement est une prime facultative, qu’une entreprise peut mettre en place quelle que soit sa taille.
Contrairement à la participation, l’intéressement n'est pas lié à une formule légale : ses critères de calcul sont librement définis par l'entreprise (chiffre d'affaires, rentabilité, objectifs de performance, etc.).
L'intéressement est aussi plafonné à 75 % du PASS par salarié, soit 36 045 euros en 2026.
Au global, un salarié ne peut donc pas cumuler plus de 72 090 euros d'intéressement et de participation sur une même année. Cette valeur évolue chaque année avec la mise à jour du PASS.
Comme pour la participation, vous pouvez choisir de percevoir votre intéressement directement (mais les sommes seront imposables) ou de le placer sur un plan d'épargne salariale dans les 15 jours pour bénéficier de l'exonération d'impôt sur le revenu (les sommes seront toutefois soumises à la CSG-CRDS de 9,7 %).
Lire aussi : Prime d'intéressement et participation : les différences
L’abondement
L'abondement est un complément facultatif versé par votre employeur lorsque vous placez de l’argent sur un plan d'épargne salariale.
Ainsi, les versements réalisés sur votre PEE ou votre PERECO (qu'il s'agisse d'intéressement, de participation ou de versements volontaires), peuvent faire l’objet d’un versement complémentaire de la part de l’employeur.
Le taux d'abondement est défini par l'entreprise et peut aller jusqu'à 300 % de votre versement.
Les plafonds d'abondement en 2026 sont les suivants :
- PEE : 8 % du PASS, soit 3 845 euros
- PERECO : 16 % du PASS, soit 7 690 euros
L'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu pour le salarié et déductible du bénéfice imposable pour l'entreprise. Seules la CSG et la CRDS restent dues.
Les versements volontaires
Les versements volontaires sur un plan d’épargne salariale sont des sommes versées de votre propre initiative, en complément des primes de l’entreprise.
Ces versements volontaires sont plafonnés à 25 % de votre rémunération annuelle brute, tous plans confondus (PEE, PEI, PEG).
Sur un PEE, ces versements ne bénéficient pas d'avantage fiscal particulier à l'entrée (puisqu'ils ont potentiellement déjà été taxés par ailleurs, selon leur origine). En revanche, les gains réalisés au sein du plan sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent à la sortie).
Sur un PERECO, vos versements volontaires peuvent être déduits de votre revenu imposable (dans la limite de votre plafond d'épargne retraite, qui est commun avec celui d’un éventuel PER individuel).
De plus, les versements volontaires peuvent déclencher l'abondement de votre employeur, si celui-ci est prévu dans l'accord d'entreprise.
La Prime de Partage de la Valeur (PPV) et le Plan de Partage de la Valorisation de l'Entreprise (PPVE)
La Prime de Partage de la Valeur (PPV) et le Plan de Partage de la Valorisation de l'Entreprise (PPVE) sont deux dispositifs d’épargne salariale récents (issus de la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 et de la loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur).
La Prime de Partage de la Valeur (PPV)
La Prime de Partage de la Valeur (PPV) (qui remplace de manière définitive la « prime Macron »), permet aux employeurs qui le souhaitent de verser à leurs employés une prime exonérée de cotisations sociales.
Son montant est librement fixé par l'entreprise, dans la limite de 3 000 euros par salarié et par an (ou 6 000 euros si l'entreprise a mis en place un accord d'intéressement ou de participation).
Depuis juillet 2024, vous pouvez choisir de placer tout ou partie de votre PPV sur un plan d'épargne salariale (PEE, PERECO) dans les 15 jours suivant la notification du versement.
Le PPV peut avoir deux régimes fiscaux, selon la taille de l’entreprise et votre choix d’usage :
- Si vous percevez la PPV directement :
- Entreprise de moins de 50 salariés + rémunération inférieure à 3 SMIC : exonération d’IR ;
- Entreprise de moins de 50 salariés + rémunération supérieure à 3 SMIC : prime soumise à l’IR ;
- Entreprise de + de 50 salariés : prime soumise à l’IR.
- Si vous placez la PPV sur un plan d’épargne salariale, la prime est exonérée d’impôt, quelle que soit la taille de l’entreprise et le niveau de rémunération (mais en contrepartie, elles sont soumises aux règles de blocage du plan choisi).
Le Plan de Partage de la Valorisation de l'Entreprise (PPVE)
Le Plan de Partage de la Valorisation de l'Entreprise (PPVE) permet aux salariés de recevoir une prime si la valeur de l'entreprise a augmenté sur une période de 3 ans.
Le montant de la prime dépend de deux éléments :
- Un montant de base défini par votre entreprise dans l'accord (par exemple 1 000 €)
- L'évolution de la valeur de votre entreprise sur 3 ans (par exemple + 20 %)
Le pourcentage d'évolution est donc appliqué au montant de base défini.
Par exemple, si votre entreprise a défini un montant de base de 1 000 euros et que sa valeur a progressé de 20 % sur 3 ans, vous percevrez une prime de 200 euros (1 000 × 20 %).
Le PPVE est facultatif, ouvert à toutes les entreprises sans condition de taille, et plafonné à 75 % du PASS (soit 36 045 euros en 2026).
Comme pour la PPV, les sommes peuvent être placées sur un plan d'épargne salariale pour bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu.
Le Compte Épargne Temps (CET)
Le Compte Épargne Temps (CET) est un dispositif qui vous permet de mettre de côté des jours de congés ou de RTT non utilisés, pour les prendre plus tard ou les convertir en argent.
Si vous disposez d'un CET (toutes les entreprises n’en proposent pas), vous pouvez transférer ces jours accumulés vers votre épargne salariale, dans la limite de 10 jours par an.
Les jours versés sur votre PERECO sont exonérés d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales (seules la CSG et la CRDS de 9,7 % restent dues).
En revanche, le transfert de jours d’un CET vers un PEE est soumis à l’impôt et aux charges sociales.
Dans quoi l’argent de votre épargne salariale est-il investi ?
Lorsque vous placez de l’argent sur un PEE ou un PERECO, ce capital est investi sur les marchés financiers, via différents supports, dont certains peuvent être propres à l'épargne salariale.
Vous pouvez choisir les supports dans lesquels vous investissez, dans la limite du catalogue que propose le plan de votre entreprise.
Les supports spécifiques à l'épargne salariale
Certains supports d'investissement n'existent qu'au sein d'un plan d'épargne salariale et ne sont pas accessibles via une assurance-vie, un PEA ou un compte-titres classique.
Les FCPE diversifiés
Les Fonds Communs de Placement d'Entreprise (FCPE) sont des supports d’investissement collectifs réservés aux salariés d’une entreprise.
Ils sont investis dans un panier d'actifs financiers (actions, obligations, produits monétaires).
Selon leur composition, ils peuvent être plus ou moins risqués : certains sont à dominante obligataire (prudents), d'autres à dominante actions (dynamiques).
Chaque FCPE affiche un profil de risque sur une échelle de 1 à 7, qui figure dans son document d'informations clés (DIC).
Les FCPE d'actionnariat salarié
Les FCPE d'actionnariat salarié sont investis à plus d'un tiers en actions de votre propre entreprise. Ils vous permettent d’en devenir indirectement actionnaire, via votre plan d'épargne, en profitant de certains avantages :
- Une décote sur le prix de l'action, jusqu'à 30 % pour un blocage de 5 ans et jusqu'à 40 % pour un blocage de 10 ans ;
- Un abondement plus élevé lorsque vous investissez dans les actions de l'entreprise.
Toutefois, même si la décote est attrayante, il est recommandé de ne pas y consacrer plus de 10 à 15 % de votre patrimoine financier.
Les SICAVAS
Les SICAVAS (Sociétés d'Investissement à Capital Variable d'Actionnariat Salarié) sont l'équivalent des FCPE d'actionnariat salarié, mais sous une forme juridique différente.
Contrairement aux FCPE (qui sont des copropriétés), les SICAVAS sont des sociétés à part entière dont vous devenez actionnaire quand vous y investissez.
Les SICAVAS sont beaucoup moins fréquentes que les FCPE dans l'épargne salariale.
Toutefois, leur fonctionnement et leurs objectifs sont similaires : détenir des actions de l'entreprise au bénéfice des salariés.
Les fonds solidaires
Depuis la loi PACTE, chaque plan d'épargne salariale doit obligatoirement proposer au moins un fonds solidaire qui investit :
- 90 % dans des valeurs mobilières classiques (actions, obligations cotées) ;
- 10 % dans des entreprises solidaires de l'économie sociale et solidaire (insertion professionnelle, logement social, environnement, etc.).
Les supports traditionnels
Au-delà des supports spécifiques à l’épargne collective, certains plans d'épargne salariale donnent accès à des supports d'investissement classiques (qui existent aussi en dehors de l'épargne salariale, sur une assurance-vie, un PEA, un PER ou un compte-titres par exemple).
Les SICAV
Les Sociétés d'Investissement à Capital Variable (SICAV) sont des fonds collectifs qu’on retrouve notamment au sein des contrats d'assurance-vie sous forme d’unités de compte.
La principale différence avec un FCPE concerne la forme juridique :
- Une SICAV est une société, vous en devenez actionnaire avec un droit de vote proportionnel à vos parts ;
- Un FCPE est une copropriété, la gouvernance y est assurée par un conseil de surveillance composé majoritairement de salariés.
Toutefois, au sein de l’épargne salariale, les FCPE sont souvent les supports privilégiés.
Les ETF et OPCVM
Certains plans d'épargne salariale proposent des ETF et des OPCVM parmi leurs supports. Ces fonds sont également accessibles à titre personnel, notamment via un PEA, une assurance-vie, un PER ou un compte-titres.
Les ETF ont des frais de gestion très faibles (souvent inférieurs à 0,5 % par an), nettement en dessous des FCPE ou OPCVM.
Si votre plan vous permet d'y accéder, ils peuvent constituer une option intéressante pour diversifier votre épargne à moindre coût.
Toutefois, dans la majorité des cas, le choix d’ETF au sein de l’épargne salariale est souvent restreint.
Les modes de gestion de l’épargne salariale
Comme sur une enveloppe d'investissement classique, deux modes de gestion sont possibles au sein de votre plan d'épargne salariale : la gestion libre et la gestion pilotée.
La gestion libre
En gestion libre, vous choisissez la répartition de votre épargne entre les différents fonds proposés par le plan de votre employeur.
Vous déterminez vous-même la part allouée aux actions, aux obligations, aux fonds monétaires, etc.
Ce mode de gestion vous offre une liberté totale (dans la limite des fonds disponibles dans votre plan), mais exige un suivi régulier : vous devez surveiller l'évolution de vos placements et réaliser vous-même les arbitrages si nécessaire.
La gestion libre est donc plutôt adaptée si vous avez une bonne connaissance des marchés financiers et souhaitez garder la main sur vos décisions d’investissement.
La gestion pilotée
En gestion pilotée, vous déléguez l'allocation de votre épargne à la société de gestion du plan. Celle-ci se charge de répartir vos fonds selon un profil de risque prédéfini (prudent, équilibré ou dynamique) et d'ajuster automatiquement l'allocation au fil du temps.
Sur un PERECO, la gestion pilotée est qualifiée de “gestion à horizon” : votre épargne est investie sur des actifs dynamiques durant votre vie professionnelle, puis progressivement sécurisée (obligations, monétaire) à mesure que votre départ approche.
Depuis la loi PACTE, la gestion pilotée est le mode de gestion par défaut sur un PERECO. Si vous ne faites aucun choix lors de votre premier versement, votre épargne est automatiquement investie selon un profil « horizon retraite ».
La gestion pilotée est particulièrement adaptée si vous n'avez pas le temps ou les connaissances pour gérer vous-même votre épargne, ou si vous préférez ne pas vous en préoccuper.
Lire aussi : Assurance-vie : gestion libre ou pilotée ?
Quelle est la fiscalité de l’épargne salariale en 2026 ?
La fiscalité au moment du versement
Quand vous recevez vos primes d'intéressement, de participation ou d'abondement, vous pouvez choisir entre :
- Percevoir l’argent immédiatement ;
- Placer l’argent sur un plan d'épargne salariale.
Le traitement fiscal dépend donc de ce choix.
Vous percevez la prime sur votre compte
Si vous souhaitez percevoir votre prime, celle-ci sera soumise à l'impôt sur le revenu selon votre Tranche Marginale d'Imposition (TMI), ainsi qu'à la CSG-CRDS de 9,7 %.
La CSG sur la participation est dite "non déductible" de l'impôt sur le revenu.
Cela signifie que si vous choisissez de percevoir la prime, vous paierez de l'impôt sur le revenu sur une somme que vous n'avez même pas totalement touchée. C'est un argument de plus pour le placement sur PEE.
Vous investissez la prime sur un plan d’épargne salariale
Si vous placez vos primes sur un plan d'épargne salariale (dans les 15 jours suivant la notification du versement), celles-ci seront exonérées d'impôt sur le revenu. Seule la CSG-CRDS de 9,7 % reste due.
En 2026, l'exonération d'impôt sur le revenu est plafonnée à 75 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 36 045 euros par an et par type de prime (intéressement ou participation).
Au global, vous pouvez donc placer jusqu'à 72 090 euros par an sur vos plans d'épargne salariale en bénéficiant de l'exonération d'impôt.
La fiscalité pendant la phase d'épargne
Tant que votre épargne reste placée sur votre plan, elle ne génère aucune fiscalité supplémentaire. C'est ce qu'on appelle le mécanisme de capitalisation sans frottement fiscal, commun à toutes les enveloppes fiscales capitalisantes (assurance-vie, PER, PEA, etc.).
Ainsi, les gains générés au sein de votre plan (plus-values, dividendes, intérêts) ne sont pas imposés tant que vous ne retirez pas votre argent.
La fiscalité au moment du déblocage
On distingue deux traitements fiscaux distincts au moment du déblocage, qui varient selon l’origine du versement :
- D’une part, les versements qui proviennent de l’entreprise (intéressement, participation, abondement) : exonération d’IR à l’entrée et à la sortie, mais les gains sont soumis aux prélèvements sociaux ;
- D’autre part, les versements volontaires sur un PERECO (déductibles de votre revenu imposable) : soumis à l’impôt selon votre TMI au moment du retrait (la part des gains est soumise au PFU de 30 %).
Comment déclarer son épargne salariale aux impôts ?
Vous avez perçu directement vos primes
Si vous avez perçu vos primes directement (versement immédiat sans placement) : vous devez les déclarer comme des revenus imposables, dans les cases 1AJ à 1DJ de votre déclaration n°2042 (revenus d'activité).
Elles seront alors soumises à l'impôt sur le revenu selon votre TMI (la CSG-CRDS est généralement prélevée à la source par votre employeur).
Vous avez placé vos primes sur un plan d’épargne salariale
Si vous avez placé vos primes sur un plan d'épargne salariale (PEE, PERECO, etc.), vous n’avez rien à déclarer.
Vos primes sont automatiquement exonérées d'IR, et la CSG-CRDS est prélevée à la source.
Enfin, si vous avez placé vos primes sur votre épargne salariale, puis que vous les avez débloquées de manière anticipée, les sommes perçues n'ont pas à être déclarées.
La déclaration des versements volontaires déductibles (PERECO)
Si vous avez effectué des versements volontaires déductibles sur votre PERECO, vous devrez les déclarer dans la case 6NS à 6NU de votre déclaration de revenus pour bénéficier de la déduction fiscale.
Les différents cas de déblocage d’une épargne salariale
Les motifs de déblocage anticipé du PEE
Il est possible de demander un déblocage de votre PEE (PEI ou PEG) avant 5 ans dans les cas suivants :
- Mariage ou PACS
- Naissance ou adoption à partir du 3e enfant
- Divorce, séparation ou rupture de PACS, avec la garde d'au moins un enfant
- Violence conjugale
- Invalidité du salarié, de son conjoint ou de ses enfants
- Décès du salarié ou de son conjoint
- Rupture du contrat de travail (licenciement, démission, fin de CDD, retraite)
- Cessation d'activité d'entrepreneur individuel, fin de mandat social ou de conjoint collaborateur
- Surendettement
- Création ou reprise d'entreprise par le salarié, son conjoint ou ses enfants
- Acquisition de parts sociales d'une Société Coopérative de Production (SCOP)
- Acquisition, agrandissement ou remise en état de la résidence principale (après catastrophe naturelle)
- Achat d'un véhicule propre (électrique ou hydrogène) ou d'un vélo électrique neuf
- Travaux de rénovation énergétique de la résidence principale
- Activité de proche aidant
Autrement le PEE, le PEI, et le PEG sont bloqués pendant 5 ans à compter de chaque versement. Par exemple, les sommes versées en 2026 seront disponibles en 2031.
À l'échéance des 5 ans, vous n'êtes pas obligé de retirer votre épargne immédiatement. Toutefois, si vous quittez l'entreprise, certains frais de tenue de compte passent à votre charge au bout d'un an.
Les motifs de déblocage anticipé du PERECO / PERCO
Les sommes versées sur un PERECO ou un PERCO sont bloquées jusqu’à votre départ à la retraite.
Toutefois, vous pouvez demander à récupérer l’argent placé sur votre PERECO / PERCO dans les cas suivants :
- Décès du salarié ou de son conjoint ;
- Invalidité du salarié, de son conjoint ou de ses enfants ;
- Surendettement ;
- Expiration des droits au chômage ou fin d'activité de mandataire social depuis au moins 2 ans ;
- Acquisition de la résidence principale ;
- Cessation d'activité non salariée suite à une liquidation judiciaire (valable uniquement pour le PERECO, pas pour le PERCO).
Contrairement au PEE, le mariage, la naissance d'un enfant, le divorce ou la rupture du contrat de travail ne sont pas des motifs de déblocage anticipé du PERECO ou du PERCO.
La procédure de déblocage anticipé d’une épargne salariale
Pour faire une demande de déblocage anticipé sur votre épargne salariale, vous devez :
- Réunir les justificatifs qui prouvent le motif invoqué (acte de mariage, facture d'achat, contrat de prêt, certificat d'invalidité, etc.) ;
- Déposer la demande auprès de l'organisme gestionnaire de votre plan (et non auprès de votre employeur). Vous pouvez généralement effectuer cette démarche directement depuis votre espace personnel en ligne.
La demande de déblocage doit être faite dans les 6 mois suivant l'événement (mariage, naissance, achat de la résidence principale, etc.). Toutefois, certains motifs permettent un déblocage à tout moment, sans limite de délai (rupture du contrat de travail, décès, invalidité et surendettement).
Que devient l'épargne salariale quand on quitte l'entreprise ?
Lorsque vous quittez votre entreprise (démission, licenciement, fin de CDD, retraite), plusieurs options s'offrent à vous pour votre épargne salariale.
Que faire de votre PEE ?
Pour votre PEE, 3 options sont possibles après la rupture du contrat de travail :
- Retirer votre épargne disponible : la rupture du contrat de travail est un motif de déblocage anticipé, vous pouvez donc récupérer l'ensemble des sommes placées, même celles qui n'ont pas atteint les 5 ans de blocage (exonération d'IR sur le capital, prélèvements sociaux de 18,6 % sur les gains uniquement).
- Conserver votre PEE chez votre ancien employeur : votre épargne continue d'être placée et de capitaliser (les frais de tenue de compte passent à votre charge au bout d'un an).
- Transférer votre épargne vers le PEE de votre nouvel employeur : vous conservez l'antériorité de vos versements.
Que faire de votre PERECO ?
S’agissant du PERECO, la démission ou le licenciement ne sont pas des motifs de déblocage anticipé. Votre épargne reste donc bloquée jusqu'à la retraite.
Ainsi, deux options s’offrent à vous :
- Conserver votre PERECO chez votre ancien employeur (là aussi, les frais de tenue de compte passent à votre charge après 1 an) ;
- Transférer votre épargne vers le PERECO de votre nouvel employeur, ou vers un PER individuel.
Si vous quittez l'entreprise sans nouveau PERECO en vue, un PER individuel peut vous offrir un univers d'investissement plus large et des frais plus compétitifs que le placement de votre ancien employeur (notamment si vous optez pour l’un des meilleurs PER du marché).
Nos conseils pour optimiser votre épargne salariale
Profiter de l’abondement
L'abondement est le premier levier à activer pour optimiser votre épargne salariale. Grâce à ce mécanisme, votre employeur vient compléter vos versements pour vous inciter à investir sur votre épargne salariale.
Par exemple, si votre entreprise propose un abondement à 100 % plafonné à 1 000 euros par an, chaque euro que vous versez sur votre plan est doublé par votre employeur. Ainsi, en versant 1 000 euros, vous obtenez 2 000 euros dans votre plan d'épargne.
Pour optimiser cet abondement, nous vous recommandons de :
- Versez au minimum le montant qui déclenche l'abondement maximum de votre employeur ;
- Privilégiez les versements sur le plan le plus abondé : certaines entreprises abondent plus généreusement le PERECO que le PEE par exemple ;
- Consultez le règlement de votre plan pour connaître précisément les règles d'abondement (taux, plafonds, conditions de déclenchement).
Aucun autre placement ne peut rivaliser avec le rendement offert par l'abondement.
Bien intégrer l’épargne salariale à votre stratégie patrimoniale
La gestion de votre épargne salariale ne doit pas être pensée de manière isolée. Elle doit tenir compte de vos autres placements : assurance-vie, PER individuel, PEA, compte-titres, etc.
Ainsi, si votre épargne salariale est déjà fortement investie en actions via des FCPE dynamiques, il vaut mieux éviter de surpondérer les actions dans vos enveloppes personnelles. À l'inverse, si elle est majoritairement en fonds prudents, vous pouvez vous permettre plus de risque.
Lire aussi : Comment répartir et diversifier son épargne ?
Éviter qu’une part trop importante du patrimoine dépende de l’employeur
L'épargne salariale présente un risque de concentration : votre salaire, votre retraite complémentaire et une partie de votre patrimoine peuvent dépendre de la même entreprise.
Si l’entreprise est en difficulté, la situation sera d’autant plus complexe à surmonter (surtout si vous investissez dans des FCPE d'actionnariat salarié, qui concentrent votre épargne sur les actions de votre propre entreprise).
Il faut donc avoir conscience qu’une décote sur des actions peut être attractive, mais cette décision doit être mesurée. Vous pourrez par exemple privilégier les FCPE diversifiés au FCPE d'actionnariat salarié.
Il est aussi important de construire un patrimoine en parallèle de celui proposé par votre entreprise. Pour cela, vous pourrez profiter à titre personnel des avantages fiscaux offerts par l’assurance-vie, le PER individuel, le PEA, ou encore l’immobilier.
À lire aussi : PER ou Assurance-vie : Comment choisir ?
Foire aux questions
L'épargne salariale est-elle obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non, seule la participation aux bénéfices est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés. L'intéressement, l'abondement et les plans d'épargne restent facultatifs.
Peut-on débloquer son PEE pour acheter sa résidence principale ?
Oui, l'acquisition de la résidence principale fait partie des 14 cas de déblocage anticipé du PEE. La demande doit être faite dans les 6 mois suivant l'achat, auprès de l'organisme gestionnaire de votre plan.
Que devient l'épargne salariale en cas de démission ?
En cas de démission, les sommes versées sur votre PEE peuvent être retirées, transférées ou conservées (la démission est un motif de déblocage anticipé). Pour le PERECO, l'épargne reste bloquée jusqu'à la retraite, mais elle peut être transférée vers un autre plan d’épargne retraite, collectif ou individuel.
Faut-il déclarer l'intéressement et la participation aux impôts ?
Vous ne devez déclarer l’intéressement et la participation aux impôts uniquement si vous les avez perçus directement (cases 1AJ à 1DJ de la déclaration n°2042). Si vos primes sont placées sur un plan d'épargne salariale, aucune déclaration n'est nécessaire.

