Historique du taux du LDDS
*Estimation de l’INSEE à décembre 2025
Nous pouvons observer que le LDDS a produit un rendement réel négatif pendant plusieurs années entre 2017 et 2023. Durant ces périodes, l'épargne placée sur le LDDS a perdu du pouvoir d'achat car l'inflation était supérieure au taux d’intérêt.
Nous détaillerons la différence entre taux nominal et taux réel dans la section dédiée.
Comment est calculé le taux du LDDS ?
La formule de calcul du taux du LDDS est la même que celle du Livret A. Elle a été modifiée par l'arrêté du 27 janvier 2021.
Le taux du LDDS est égal au chiffre le plus élevé entre :
- La moyenne semestrielle de l'€uro Short-Term Rate + la moyenne semestrielle de l'inflation (hors tabac) / 2
- Un taux plancher de 0,50%
Le résultat obtenu est ensuite arrondi au dixième de point le plus proche.
L'€uro Short-Term Rate (€STR) correspond au taux de rémunération des dépôts interbancaires du jour dans la zone euro. Il s'agit du taux auquel les banques de la zone euro se prêtent de l'argent au jour le jour.
L'inflation hors tabac est mesurée par la variation sur les 12 derniers mois de l'indice des prix à la consommation (IPC) publié par l'INSEE.
Exemple de calcul des intérêts du LDDS au 1er août 2025 :
- Moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac (janvier-juin 2025) : 0,88%
- Moyenne semestrielle de l'€STR (janvier-juin 2025) : environ 2,5%
- Calcul : (2,5% + 0,88%) / 2 = 1,69%
- Arrondi au dixième : 1,7%
Pourquoi le taux du LDDS a-t-il récemment baissé ?
Le taux du LDDS a connu 2 baisses consécutives en 2025 :
- 1er février 2025 : passage de 3% à 2,4% (-0,6 point)
- 1er août 2025 : passage de 2,4% à 1,7% (-0,7 point)
Cette baisse du taux s'explique par 2 facteurs principaux :
- Le ralentissement de l'inflation. Elle était de 3,7% en 2023, contre 1,3% en 2024. Elle est de 0,9% à fin novembre 2025.
- La baisse des taux interbancaires : la Banque Centrale Européenne a abaissé ses taux directeurs pour soutenir la croissance économique de la zone euro. L'€STR est ainsi passé d'environ 2,9% fin 2024 à 1,9% en décembre 2025.
Quand est révisé le taux du LDDS ?
Le taux du LDDS est révisé 2 fois par an aux dates suivantes :
- Le 1er février (pour la période du 1er février au 31 juillet)
- Le 1er août (pour la période du 1er août au 31 janvier)
Ce calendrier semestriel permet d'ajuster la rémunération en fonction de l'évolution de l'inflation et des taux de marché.
Voici le processus type pour une révision du taux :
- Mi-janvier ou mi-juillet : la Banque de France calcule le nouveau taux selon la formule réglementaire et publie sa proposition au ministre de l'Économie.
- Fin janvier ou fin juillet : le ministre de l'Économie prend sa décision et publie un arrêté fixant le nouveau taux.
- Le 1er février et le 1er août : le nouveau taux entre en vigueur pour les 6 prochains mois.
À noter que l'annonce du nouveau taux intervient généralement une dizaine de jours avant son application effective.
En plus des 2 révisions semestrielles, le gouvernement peut décider de modifier le taux aux dates du 1er mai et du 1er novembre en cas de circonstances exceptionnelles, comme une variation très importante de l'inflation. La dernière révision exceptionnelle remonte à 2008 lors de la crise financière.
Qui décide du taux du LDDS ?
C’est la Banque de France qui propose le nouveau taux du LDDS (et de l’épargne réglementée) selon le calcul que nous avons précédemment expliqué.
En revanche, c’est le ministère de l'Économie qui prend la décision finale. Ce dernier peut donc choisir un taux différent du calcul de la Banque de France.
Le processus de fixation du taux suit 3 étapes distinctes.
Étape 1 : le calcul par la Banque de France
La Banque de France est chargée de calculer le nouveau taux 2 fois par an (en janvier et en juillet) en se basant sur :
- Les données d'inflation publiées par l'INSEE
- Les moyennes mensuelles des taux interbancaires €STR
Étape 2 : la proposition du Gouverneur de la Banque de France
Le Gouverneur propose ensuite un taux au ministre de l'Économie. Cette proposition peut déroger à la formule si le contexte économique le justifie.
Étape 3 : la décision ministérielle
Le ministre de l'Économie et des Finances valide ensuite le taux par arrêté pour application au 1er février ou au 1er août.
À noter que le gouvernement peut décider de modifier le taux du LDDS pour l’adapter aux circonstances économiques, sociales ou politiques.
Focus sur les dérogations au calcul du taux du LDDS
Comme expliqué, la formule de calcul du LDDS n’est pas toujours suivie, les pouvoirs publics peuvent y déroger.
De plus, la révision du taux du Livret A ne peut pas excéder 1,50 point (à la hausse ou à la baisse).
Il est arrivé plusieurs fois que la hausse du taux soit limitée :
- 2017 : maintien du taux à 0,75% au lieu de 0,83% (selon le calcul)
- 2023 : maintien du taux à 3% au lieu de 3,30% (en février) puis 4,10% (en août)
- 2024 : gel du taux à 3% pendant 18 mois consécutifs
Ces décisions favorables aux banques leur ont permis de limiter les intérêts versés.
À l'inverse, certaines décisions ont parfois favorisé les épargnants :
- 2010 : maintien du taux à 1,25% au lieu d'une baisse
- 2016 : maintien du taux à 0,75% au lieu de 0,50%
Ces "coups de pouce" interviennent généralement dans des contextes politiques sensibles (élections, crise économique), ou pour éviter une baisse jugée trop brutale.
Comment va évoluer le taux du LDDS en 2026 ?
Les prévisions pour le taux du LDDS sont plutôt orientées à la baisse pour début 2026.
Cela s’explique notamment par :
- Un ralentissement de l’inflation : 0,9% sur un an (à novembre 2025).
- Une baisse de l'€STR : 1,93% en décembre 2025 contre 2,9% en décembre 2024.
Exemple de calcul : avec les données partielles actuelles de l’inflation et de l'€STR, le prochain taux d’intérêt du LDDS pourrait être de 1,5%.
Le calcul exact indique 1,42% ((1,93 + 0,9) / 2), mais il faut arrondir au dixième supérieur.
Le taux du LDDS a-t-il toujours été le même que celui du Livret A ?
Le taux du LDDS est strictement identique à celui du Livret A depuis 2003.
Auparavant, le LDDS (anciennement appelé CODEVI) disposait de son propre taux de rémunération.
À noter que cette règle d'alignement s'applique également au Livret Bleu et au Livret Jeune (dont le taux minimum est égal à celui du Livret A).
Quelle est la différence entre le taux nominal et le taux réel du LDDS ?
Le taux du LDDS affiché par votre établissement bancaire n'indique pas le véritable rendement de votre épargne. Pour connaître la rentabilité réelle de votre placement, il faut prendre en compte l'inflation, c’est-à-dire la hausse des prix.
Qu'est-ce que le taux nominal ?
Le taux nominal est le taux de rémunération brut affiché par votre banque. C'est le taux d'intérêt que vous percevez sur votre épargne placée sur le LDDS.
Exemple : avec un taux nominal du LDDS de 1,7%, si vous détenez 10 000 euros sur votre LDDS, vous percevrez 170 euros d'intérêts sur l'année.
À noter que les intérêts du LDDS sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le taux nominal correspond donc au taux net d’impôt que vous percevez effectivement.
Qu'est-ce que le rendement réel ?
Le rendement réel mesure le gain de pouvoir d'achat de votre épargne. Il correspond au taux nominal diminué de l'inflation.
Exemple : avec un taux nominal de 1,7% et une inflation de 0,9%, le rendement réel n’est que de +0,8%.
Cela signifie que votre épargne placée sur le LDDS gagne 0,8% de pouvoir d'achat sur l'année.
Focus sur le risque de rendement négatif du LDDS
Comme évoqué, le rendement réel du LDDS peut être négatif lorsque l’inflation est supérieure au taux nominal.
Le taux du LDDS a tendance à être en retard sur l’inflation, puisque sa formule se base sur l’inflation des 6 mois écoulés. Ainsi, en cas de remontée rapide de l’inflation, le taux du LDDS marque un décalage, à cause de son mode de calcul.
Nous avons notamment observé ce phénomène en 2022 :
- Début 2022 : rendement réel de -4,7% (taux de 0,5% VS inflation de 5,2%)
- Mi-2022 : rendement réel de -4,2% (taux de 1% VS inflation de 5,2%)
- Fin 2022 : rendement réel de -3,2% (taux de 2% VS inflation de 5,2%)
Exemple : si vous placez 10 000 euros sur un livret et que le rendement réel était de -4,2%, votre épargne a perdu 420 euros de pouvoir d'achat sur l’année, malgré le versement des intérêts.
Comparatif du LDDS et des autres placements sécurisés
Le LDDS fait partie des placements sans risque de perte en capital.
Voici un tableau comparatif des différents placements sécurisés.
En savoir plus : Notre article sur les meilleurs placements sans risques
Que faire si le nouveau taux du LDDS est trop bas pour vos objectifs d’épargne ?
Avec un taux de 1,7%, pour un rendement réel de seulement +0,8% après inflation, le LDDS ne permet pas de faire croître significativement votre patrimoine.
Si vous cherchez à obtenir un meilleur rendement, voici comment répartir votre épargne selon votre horizon de placement.
Utiliser les livrets réglementés uniquement pour conserver votre épargne de précaution
Le LDDS et le Livret A sont uniquement pertinents pour conserver votre épargne de précaution grâce à leur liquidité immédiate, et à leur capital garanti.
Pour rappel, il est recommandé de conserver 3 à 6 mois de dépenses sur ces livrets (à adapter selon votre situation personnelle ou professionnelle).
À noter que le plafond du LDDS est de 12 000 euros et le solde du Livret ne peut dépasser 22 950 euros (hors accumulation des intérêts), soit 34 950 euros au total.
Si vous avez besoin de conserver davantage d'épargne pour le financement de projets à court terme, comme l'achat d'une voiture ou d’un bien immobilier, il est recommandé de s'orienter vers d'autres placements comme :
Ces placements peuvent être intéressants car ils ne sont pas plafonnés, et proposent généralement de meilleurs rendements que les livrets classiques.
Lire aussi : Placement court terme : Quel est le meilleur choix ?
Les solutions d’épargne à moyen et long terme
Si votre horizon de placement dépasse les 5 ans, vous pouvez investir sur des actifs offrant un couple rendement / risque plus élevé.
Ainsi vous accélérerez l’accumulation des intérêts composés (l’effet boule de neige).
Ces placements présentent un risque de perte en capital et une volatilité plus importante, mais ils offrent un potentiel de rendement nettement supérieur sur le long terme.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
En savoir plus : Les alternatives au LDDS
Conclusion
Le livret de développement durable et solidaire affiche un taux de 1,7% depuis le 1er août 2025, soit un rendement réel de seulement +0,8% après inflation.
Cette rémunération devrait encore baisser autour de 1,5% lors de la prochaine révision du taux au 1er février 2026, notamment en raison du ralentissement de l’inflation.
Grâce à sa liquidité immédiate, son capital garanti et son exonération d’impôt, le LDDS est intéressant pour stocker son épargne de précaution.
En revanche, le LDDS a offert des rendements réels négatifs entre 2017 et 2023, avec un point bas à -4,7% début 2022. Cela représentait une perte de pouvoir d'achat pour les épargnants.
Le LDDS n’est donc pas adapté pour faire fructifier votre patrimoine sur le long terme. Pour cela, il peut être utile de se tourner vers des actifs offrant un couple rendement-risque plus élevé comme la Bourse ou le Capital-Investissement par exemple.
Enfin, pour optimiser votre rendement net d'impôts et démultiplier les intérêts composés, privilégiez les enveloppes fiscales comme l’assurance-vie, le PER, ou encore le PEA.
Lire aussi : Comment répartir et diversifier son épargne ?
