Co-investissement private equity : définition, risques

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DÉFINITION

Définition : Qu’est-ce que le co-investissement en private equity ?

Le co-investissement consiste à investir directement dans une entreprise aux côtés d’un fonds de private equity, plutôt qu’à travers lui.

L'accès pour les investisseurs privés se fait via un fonds dédié ou fonds de fonds, et lui évite une double couche de frais.

5 idées clefs pour comprendre le co-investissement du point de vue de l’investisseur privé

  • L’investisseur privé accède au co-investissement via 3 types de véhicules principaux :
    • Un fonds de fonds fermé avec une poche de co-investissement en direct (par opposition à des participations dans d’autres fonds).
    • Un fonds fermé dédié au co-investissement.
    • Un fonds evergreen qui investit majoritairement ou intégralement en co-investissement
  • On s’attend normalement à ce que le co-investissement fasse baisser le niveau global de frais de gestion.
  • L’opération est menée par un fonds sponsor , ou chef de file, auquel se joignent des co-investisseurs. Ces derniers ont généralement un rôle passif, même si les plus importants peuvent parfois négocier certains droits de regard.
  • In fine l’accès au co-investissement dépend entièrement du sponsor qui choisit ses co-investisseurs.
  • La seule notion de co-investissement n’est pas suffisante pour caractériser un fonds ou une transaction : on peut faire du co-investissement avec n’importe quel type de sous-jacent ( Buyout , Growth Equity , Dette Privée , Secondaire …).

Important : dans cet article, nous abordons le co-investissement tel qu’il est accessible aux investisseurs privés, à travers les véhicules proposés, plutôt que sous l’angle des pratiques institutionnelles.

Comment fonctionne un co-investissement en private equity ?

Le mécanisme du co-investissement se joue d'abord entre deux acteurs : le gérant sponsor et ses co-investisseurs directs (typiquement des institutionnels).

Comprendre cette mécanique de base est nécessaire avant de voir, plus loin, comment l'investisseur privé peut intégrer le co-investissement dans ses allocations à travers des fonds.

Pourquoi un gérant recherche-t-il des co-investisseurs ?

La question d’un co-investissement se pose typiquement lorsqu’un gérant souhaite investir dans une opération qui demande des capitaux propres trop importants pour son fonds.

Par exemple, si le règlement d’un fonds de 500 millions € limite une même participation à 15 % des engagements, il ne pourra pas investir plus de 75 millions € de fonds propres dans cette opération.

Lorsque le gérant juge le dossier très prometteur, il peut chercher des co-investisseurs pour faire aboutir l’opération. Cela lui évite d’une part de passer à côté d’une opportunité, mais aussi de compliquer la gestion du deal s’il devait s’associer à un confrère.

Rien n’empêche 2 fonds de s’associer sur un deal, mais cela implique de partager la gouvernance et les décisions stratégiques. Le co-investissement évite cet écueil puisque les co-investisseurs restent passifs et laissent le sponsor seul aux commandes.

Une variante de ce cas de figure est une opération où le gérant entend faire grandir sa cible par croissance externe et donc anticipe des besoins de capitaux additionnels au-delà de l'acquisition (add-on).

Il a donc besoin de tenir compte de la structure du capital final dès le départ et peut faire entrer des co-investisseurs en anticipation.

Au-delà de ces contraintes de taille, le co-investissement est aussi devenu un outil de fidélisation des investisseurs : en donnant à ses LPs (Limited Partners : investisseurs dans le fonds) historiques l'accès à des opérations choisies sans frais de gestion, le gérant renforce une relation qui facilite ses levées de fonds suivantes.

C'est aujourd'hui une pratique largement répandue : selon une enquête publiée par le cabinet d’avocats Dechert en 2024, 60 % des répondants dans le monde proposent un programme de co-investissement, et 73 % en Amérique du Nord.

Fonctionnement concret du co-investissement

Un co-investissement se greffe toujours sur une opération menée par un chef de file dit “sponsor”, le plus souvent un fonds, qui va :

  • Lever des capitaux auprès d’investisseurs
  • Identifier des opportunités d’investissement et mener les due-diligence
  • Structurer la transaction et son financement
  • Accompagner l’entreprise dans son développement puis organiser sa sortie
  • Restituer les fonds aux investisseurs, déduit de ses frais de gestion.

La recherche de co-investisseur intervient généralement à quelques semaines de la finalisation du deal, alors que le gérant mène déjà ses due-diligence depuis plusieurs mois.

Si ses propres due-diligences sont concluantes, le co-investisseur devient actionnaire aux mêmes conditions économiques que le fonds sponsor (même prix d'entrée et de sortie), mais sans droits sur la gouvernance.

Concrètement, cela signifie que le co-investisseur :

  • Récupère sa quote-part des éventuels produits de cession, à proportion des capitaux propres apportés aux côtés du gérant.
  • Ne doit ni frais de gestion, ni carried interest au gérant (ou alors une fraction de ce que le fonds facture habituellement).

Le co-investisseur a un rôle passif dans l’opération : il ne décide ni du prix d’acquisition, ni du prix de sortie, du montage financier ou encore des décisions stratégiques qui concernent la cible. Il peut néanmoins négocier certains droits.

C’est une sorte de mariage entre un leader et un suiveur.

Sur le plan juridique, le co-investissement est presque toujours structuré via un véhicule dédié (SPV) monté par le sponsor lui-même pour l'occasion, dans lequel les co-investisseurs s'engagent.

C'est parce que ce véhicule est mis en place directement par le gérant, sans intermédiaire additionnel, qu'aucun frais de structuration n'est facturé au co-investisseur.

Qui peut devenir co-investisseur ?

C'est toujours le gérant sponsor (General Partner ou GP) qui choisit ses co-investisseurs, puisqu'il est à l'origine de la transaction sous-jacente.

Le co-investissement est proposé en priorité aux investisseurs déjà présents dans le fonds (Limited Partners ou LP) :

  • Soit des acteurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverain, assureur, family office).
  • Soit des gérants de fonds de fonds ou de fonds de co-investissement.

Dans la grande majorité des cas, l'accès au co-investissement passe donc par une relation déjà établie avec le gérant, le plus souvent en tant qu'investisseur de ses précédents fonds.

Schématiquement, on peut donc trouver 3 types d'investisseurs sur un deal de private equity :

  • Le GP (gérant), qui a un rôle actif.
  • Les LP (investisseurs dans le fonds du gérant), avec un rôle passif.
  • Les co-investisseurs qui investissent non pas à travers le fonds mais aux côtés du fonds, également avec un rôle passif.

Dans les faits, les LP et les co-investisseurs sont le plus souvent les mêmes personnes.

D’après une enquête menée par McKinsey en 2026 auprès de 300 LP, 52 % font de l’accès aux co-investissements une condition pour s’engager dans un fonds.

Environ la moitié de ces LP exigeant un accès au co-investissement demande qu’il représente au moins 20 % du capital engagé.

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Quels sont les avantages du co-investissement en private equity ?

Pour rappel, un investisseur privé n'a pas accès à des co-investissements en direct comme un institutionnel. Il passe forcément soit par un fonds de fonds, soit par un fonds de co-investissement.

Dans ce cadre, le co-investissement présente 3 avantages principaux :

  • Abaisser le niveau de frais de gestion global.
  • Déployer plus rapidement son capital, puisque les opportunités de co-investissement arrivent sur des opérations déjà prêtes à être finalisées par le sponsor.
  • Un double niveau de sélection (plus théorique), puisqu’une opération passe les filtres de deux gérants successifs.

Comment le co-investissement permet-il d’abaisser ses frais de gestion ?

Typiquement, un fonds de private equity facture 2 % de frais de gestion par an, ainsi qu'une commission de surperformance de 15 à 20 % sur la plus-value générée (carried interest).

À l'inverse, le co-investissement en direct n'est généralement pas soumis à des frais de gestion.

Dès lors, augmenter la part de co-investissement dans une allocation revient mécaniquement à faire baisser les frais.

Pour l'investisseur privé, ce constat mérite d'être nuancé, car il n’accède pas au co-investissement en direct mais via des fonds de fonds ou des fonds de co-investissement. Ces structures lui factureront, elles, toujours des frais.

Néanmoins une poche de co-investissement au sein d’un fonds de fonds permet bien de réduire les frais globaux car elle évite souvent une seconde couche de frais au niveau du fonds sous-jacent.

Au lieu de payer les frais du fonds de fonds et des fonds sous-jacents, l’investisseur ne paie que les frais du fonds de fonds.

Lire aussi : Frais du Private Equity : le guide pour tout comprendre

Vélocité du capital et courbe en J : quel est l’impact du co-investissement ?

Un fonds de private equity qui investit lui-même déploie typiquement son capital en 3 à 5 ans.

Au lancement du fonds, le gérant ne dispose pas d'un portefeuille d'opportunités pré-identifiées prêtes à être réalisées : ce travail commence au lancement du fonds et nécessite plusieurs mois par opération.

Cette réalité opérationnelle crée le phénomène de courbe en J : le gérant facture ses frais de gestion sur la base de l'engagement total dès l'année 1, mais ne commence à dégager de la valeur via ses participations qu'au bout de quelques années. La valorisation du fonds commence donc typiquement par baisser (impact des frais) avant de progresser.

Si le fonds réalise non plus des investissements en direct mais des co-investissements, il capitalise sur le travail d'un autre gérant pour identifier et structurer les transactions.

Un co-investissement peut se conclure en quelques semaines, contre plusieurs mois pour un investissement mené en direct par un fonds. Et comme un fonds de co-investissement échange avec plusieurs gérants en parallèle, il est aussi capable de traiter plusieurs opportunités simultanément.

Dès lors :

  • La durée de vie du fonds est théoriquement raccourcie, puisqu'il gagne plusieurs années sur la phase de déploiement.
  • Comme le fonds déploie son capital plus vite, la création de valeur se matérialise dans un délai plus court, ce qui atténue le phénomène de courbe en J.

Concrètement, un fonds de co-investissement peut déployer un portefeuille de 10 à 15 participations en 12 à 18 mois, ce qui prendrait 4 à 5 ans à un fonds.

L'effet est le même pour un fonds de fonds qui réaliserait des co-investissements en parallèle de ses prises de participation dans des fonds sous-jacents : l'argent investi dans les fonds mettra 4 à 5 ans à être pleinement déployé, alors qu'il l'est presque immédiatement pour les co-investissements.

Un multiple potentiellement comparable à celui d'un fonds classique, mais sur un horizon plus court

Un fonds de co-investissement investit dans les mêmes actifs qu'un fonds classique, mais en raccourcissant sensiblement la phase de déploiement du capital.

Il existe des fonds de co-investissement sur le marché qui visent une performance similaire à un fonds classique (multiple de 2x) mais sur un horizon de 6 à 8 ans, contre 10 à 12 ans habituellement.

Comme n’importe quel fonds de private equity, ni le rendement, ni l’horizon de temps ne sont garantis.

Un double niveau de sélection

À condition d'avoir accès à un flux important d'opportunités, un co-investisseur peut être sélectif sur ses participations.

Le portefeuille final procède alors d'un double filtre : celui du gérant sous-jacent, puis celui du co-investisseur.

Théoriquement, ce fonctionnement pourrait aboutir à des portefeuilles de meilleure qualité.

Mais une étude de Braun, Jenkinson et Schemmerl (2020) a constaté que les co-investissements affichent des performances brutes comparables aux autres opérations des mêmes fonds, sans preuve de sélection adverse systématique.

Grâce à des frais plus faibles, leurs simulations aboutissent à une meilleure performance nette pour des portefeuilles suffisamment diversifiés.

Quels sont les inconvénients du co-investissement en private equity ?

Sur le papier, le co-investissement semble offrir les conditions les plus favorables pour investir sur un deal.

Dans les faits, il existe plusieurs limites, liées notamment au fait que le co-investissement repose nécessairement sur le marché primaire.

Un flux d'opportunités conséquent plus difficile à constituer

L'accès aux opérations dépend intégralement de la relation du co-investisseur avec les sponsors, car il s’agit nécessairement d’opportunités non publiques négociées de gré à gré.

Dans le cas d'un fonds de pur co-investissement, la question se pose de savoir si les opportunités retenues sont réellement les meilleures qui lui ont été proposées, ou simplement celles auxquelles il a réussi à accéder.

Par ailleurs, le niveau de co-investissement proposé par le marché peut fluctuer dans le temps.

La période de taux élevés initiée en 2022 a par exemple été favorable au co-investissement, car elle a poussé les fonds à réduire la part de dette dans les opérations de LBO et donc à mobiliser davantage de capitaux propres.

Un mouvement inverse (moins de co-investissements disponibles car plus de place pour la dette) reste envisageable si les conditions de financement redeviennent plus souples.

Des portefeuilles plus concentrés en termes de millésimes pour les fonds de co-investissement fermés

Un fonds de co-investissement peut déployer son capital en 12 à 18 mois, ce qui a des conséquences très positives sur la durée d'illiquidité du fonds.

Mais dans ces conditions, le fonds investit de manière très rapprochée sur chaque ligne de son portefeuille : sur une fenêtre de moins de 2 ans, contre 5 ans pour un fonds classique.

Il cherchera donc aussi à sortir de ses participations de manière groupée, ce qui peut être un désavantage si le marché est défavorable à ce moment précis.

De la même façon, si sa phase d'investissement s'avère a posteriori avoir coïncidé avec un pic de valorisation des marchés, cela peut peser négativement sur la performance.

Le gérant d’un fonds traditionnel peut, lui, différer ses investissements lorsque les conditions lui paraissent défavorables, sans même avoir besoin d’appeler le capital de ses investisseurs. Une telle politique permet de préserver le TRI même si elle est défavorable pour la courbe en J (car des frais courent sur le capital engagé).

L’absence de système d’appels de fonds successifs

Un fonds de co-investissement déployant rapidement son capital, il doit généralement appeler 100 % de l’engagement à la souscription.

Un fonds à versement unique peut donc moins bien convenir à un investisseur qui souhaite étaler ses apports sur plusieurs années.

L’appel des fonds unique est aussi défavorable en termes de TRI, mais cet aspect est compensé par une durée de vie plus courte du fonds.

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Fonds traditionnel, fonds de fonds, fonds de co-investissement : quelles implications pour le portefeuille sous-jacent ?

En pratique, un investisseur qui construit un portefeuille non coté via un fonds choisit entre 3 structurations différentes : le fonds traditionnel, le fonds de fonds, et le fonds de co-investissement.

Ce choix de structure est indépendant de celui du sous-jacent (Buyout, Growth Equity, Dette Privée, Secondaire...).

Pour visualiser concrètement l'impact de ce choix de structure sur la construction d'un portefeuille, prenons un exemple simplifié.

Pour un même ticket d'entrée, à quoi ressemble le portefeuille final selon la structure retenue ?

Structures d’investissement

Trois structures, trois parcours d’investissement

Du fonds jusqu’aux entreprises, le chemin de l’investissement change selon la structure.

Structure 1

Fonds traditionnel

L’investisseur entre dans un fonds, qui investit directement dans les entreprises.

Structure 2

Fonds de co-investissement

Le fonds investit directement dans chaque entreprise, aux côtés d’un sponsor différent.

Chaque sponsor investit dans une entreprise aux côtés du fonds.

Structure 3

Fonds de fonds

Le fonds investit dans des fonds sous-jacents, qui investissent dans les entreprises.

Investisseur
Fonds souscrit
Sponsor ou fonds sous-jacent
Entreprise

Exemple schématique. Le nombre d’entreprises et de gérants varie selon les fonds.

Dans cet exemple très schématique, pour un même ticket d’entrée, l’investisseur va investir in fine :

  • Fonds traditionnel : l'investisseur détient 3 sociétés sous-jacentes, accompagnées par 1 seul gérant.
  • Fonds de co-investissement : il détient toujours 3 sociétés sous-jacentes, mais potentiellement accompagnées par 3 gérants différents.
  • Fonds de fonds : il détient 12 sociétés sous-jacentes, via 4 fonds qui investissent eux-mêmes directement dans des entreprises (ces fonds sous-jacents pouvant être classiques ou de co-investissement).

On peut résumer ces différences sous forme de tableau :

Structure Investissement dans combien d’entreprises sous-jacentes Exposition à combien de gérants sous-jacents Frais de gestion typiques Nombre de strates à rémunérer ?
Fonds classique 3 1 2 % 1
Fonds de co-investissement 3 3 1,5 % 1
Fonds de fonds 12 4 3,5 % 2

Dans les faits, les fonds de pur co-investissement sont relativement rares en France et les investisseurs privés rencontrent le plus souvent des fonds de fonds avec une poche de co-investissement (qui représente typiquement 20 à 30 % du fonds).

Un fonds de co-investissement facture généralement moins de frais de gestion qu'un fonds classique : son gérant assume une charge de travail plus faible :

  • Ses due diligences sont plus rapides, puisqu’elles s'appuient sur celles déjà menées par le sponsor
  • Il ne joue aucun rôle dans l'accompagnement opérationnel des sociétés en portefeuille.

Quel est l'intérêt d’un fonds de fonds par rapport à un fonds de co-investissement ?

Les fonds de fonds, comme les fonds de co-investissement, permettent de déployer un portefeuille de private equity diversifié en termes de gérants.

Mais le fonds de fonds supporte 2 niveaux de frais, contre 1 seul pour le fonds de co-investissement.

Cependant, il ne faut pas s’arrêter à cette seule lecture. Un fonds de fonds offre une diversification bien plus large en termes de sociétés sous-jacentes.

Le niveau de diversification par ligne d'un portefeuille de co-investissement est plus faible et comparable à celui d'un fonds traditionnel.

Comme il déploie son capital plus rapidement, un fonds de co-investissement est aussi plus concentré en termes de millésime (sauf cas des fonds evergreen).

Les investissements d'un fonds classique, et par ricochet ceux d'un fonds de fonds, se répartissent sur 3 à 5 ans, ce qui permet de profiter de différents moments du cycle économique et de différents niveaux de valorisation.

Un fonds de fonds ne dépend pas non plus du flux d'opportunités que les GP choisissent de partager : en investissant directement dans leurs fonds flagship, il accède à l'ensemble de leur portefeuille.

Enfin, un fonds de fonds peut proposer des appels de fonds successifs, mieux adaptés à certains profils d'investisseurs, tandis qu'un fonds de co-investissement appelle généralement son capital en une seule fois.

Fonds de co-investissement fermé et evergreen : quelle différence ?

Un fonds de co-investissement peut être structuré de deux manières :

  • Fermé : il lève des capitaux sur une durée fixe, réalise un cycle d'investissement complet, puis retourne le capital aux investisseurs à mesure des sorties. C'est le mode traditionnel.
  • Evergreen : le fonds lève des capitaux et réinvestit en permanence, sans date de fin prédéterminée.

Un fonds evergreen peut organiser des fenêtres de rachat périodiques, mais les actifs sous-jacents restent illiquides. Une fenêtre permet de présenter une demande de rachat ; elle n’en garantit pas l’exécution intégrale. Les rachats peuvent être plafonnés, reportés ou suspendus selon la documentation et les conditions de marché.

Les fonds evergreen offrent rarement 100 % de co-investissement mais leur part peut être majoritaire.

Comme évoqué ci-dessus, un fonds fermé déploie son capital sur une fenêtre très resserrée, ce qui l'expose à un risque de mauvais timing d'investissement.

Un fonds evergreen atténue ce risque : en réinvestissant en continu, il expose l'investisseur à plusieurs millésimes successifs plutôt qu'à un seul point d'entrée dans le cycle économique.

Lire aussi : Fonds Evergreen : Définition, caractéristiques, intérêt et comment investir

Pourquoi les fonds de fonds proposent-ils souvent des poches de co-investissement ?

Un gérant de fonds de fonds utilise une poche de co-investissement pour :

  • Proposer des frais de gestion globaux plus compétitifs , puisqu'il ne facture pas lui-même de frais de gestion sur ses co-investissements.
  • Rechercher de la surperformance en se surexposant aux dossiers qui lui paraissent les plus intéressants.
  • Ne pas dépendre entièrement du rythme d'appel de capital de ses gérants sous-jacents pour déployer le sien. C'est particulièrement utile pour les fonds de fonds qui appellent leurs investisseurs à date fixe, alors que les gérants sous-jacents appellent le capital selon leurs propres besoins.
  • Gérer son exposition stratégique plus finement qu'en assemblant uniquement des fonds entiers entre eux. Un co-investissement isolé permet par exemple de renforcer légèrement une exposition sectorielle, ou à l'inverse de réduire le poids d'une zone géographique.

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Comment intégrer le co-investissement dans un portefeuille de private equity ?

Le co-investissement ne devrait jamais être le point de départ de la réflexion d'un investisseur privé.

C'est un levier qui s'active en tout dernier, une fois les arbitrages principaux effectués :

  1. La stratégie d’investissement cible (Buyout, Growth Equity, Dette Privée, Secondaire… ) selon ses propres objectifs de rendement et de risque.
  2. La sélection des gérants, déterminante pour espérer capter le potentiel de rendement de la classe d’actif.
  3. La diversification du portefeuille en termes de lignes, de gérants et de millésimes.
  4. L'exposition sectorielle et géographique souhaitée.
  5. Le profil de liquidité recherché : fonds fermé classique ou véhicule evergreen.

Ce n'est qu'une fois ces choix arrêtés que la question du co-investissement se pose : sous quelle forme peut-on optimiser l'exposition ainsi définie.

Traiter le co-investissement comme un critère de sélection en amont reviendrait à inverser la logique : ce n'est pas un objectif d'allocation en soi, mais un outil qui vient améliorer l'efficacité (frais, vitesse de déploiement, granularité) d'une allocation déjà pensée.

À titre de référence, les investisseurs institutionnels qui ont recours au co-investissement visent typiquement 20 % de leur portefeuille alloué sous ce format dans une optique de pilotage de leurs frais (McKinsey).

Fonds co-investissement : pertinent pour un investisseur privé ?

Les investisseurs privés ont de plus en plus accès à des fonds investissant majoritairement ou exclusivement en co-investissement, à partir de 100 000 €, voire 10-20 000 € en moyenne pour les fonds structurés en ELTIF 2.0.

Ces fonds constituent une alternative attractive aux fonds de fonds traditionnels : ils offrent une diversification en termes de gérants sans la double couche de frais propre aux fonds de fonds.

Fonds evergreen

Dans un format evergreen (fonds toujours ouvert, qui réinvestit en continu), ces fonds peuvent constituer une brique de portefeuille à part entière (par exemple sur la dette privée ou le buyout, en primaire ou en secondaire).

Ce type de fonds peut remplir à la fois des impératifs de diversification en termes de lignes, de gérants, de géographie et de millésime.

Fonds fermé

Dans un format fermé, ce type de fonds sera nécessairement plus concentré en termes de participations, et s'envisage plutôt comme un complément à une allocation existante, pour optimiser les frais globaux ou raccourcir le cycle d'investissement.

Fonds de fonds : une poche de co-investissement est-elle différenciante ?

Sur le papier, un gérant de fonds de fonds qui investit en partie via des co-investissements agit dans l'intérêt de l'investisseur.

Concrètement, ce type de véhicule se rapproche d'un format hybride, à mi-chemin entre un fonds de fonds classique et un fonds de pur co-investissement.

La poche de co-investissement a tendance à faire baisser l'enveloppe globale de frais, tout en laissant plus de latitude au gérant pour se surexposer à certains dossiers.

C'est donc un outil à double tranchant : bien utilisé, il est susceptible de dynamiser la performance, mais il peut aussi amplifier l'impact de décisions mal avisées.

Nous constatons qu'une poche de 20 à 30 % de co-investissement au sein d'un fonds de fonds est en train de devenir un standard, qui se rapproche des pratiques institutionnelles.

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Conclusion

Le co-investissement n'est pas un segment du private equity, mais une modalité d'accès à certaines opérations, que les gérants utilisent pour gérer leurs limites de concentration et fidéliser leurs investisseurs.

Le co-investisseur reste toujours passif : mêmes conditions économiques que le sponsor, mais aucun droit de gouvernance.

L'investisseur privé n'y accède jamais en direct, seulement via une poche de co-investissement dans un fonds de fonds, ou via un fonds dédié, fermé ou evergreen.

Dans un portefeuille non coté, le co-investissement permet de piloter ses frais et d’accélérer le déploiement du capital.

Le co-investissement ne devrait jamais être un critère de départ, mais un levier activé en dernier, une fois choisis le segment cible, les gérants, la diversification et le profil de liquidité pour optimiser une allocation déjà construite.

FAQ

Qu’est ce que le co-investissement en private equity ?

Un co-investissement en private equity permet d’investir dans une transaction structurée par un gérant mais sans nécessairement investir dans le fonds dudit gérant.

Quelle est la différence entre un co-investissement et un LP en private equity ?

Le LP (Limited Partner) est un terme anglo-saxon qui désigne l’investisseur dans un fonds de private equity ; par opposition au GP (General Partner) qui est le gérant du fonds.

Le LP investit dans le fonds et s’expose à l’ensemble de son portefeuille. Le co-investisseur investit en parallèle du fonds dans une opération précise.

En pratique, les co-investisseurs sont souvent déjà LP du même gérant.

Quelle est la différence entre un co-investissement et un investissement en direct dans une société non cotée (via un club deal) ?

Pour un investisseur institutionnel, la logique est similaire : investir aux côtés d’un chef de file, qui pilote l’opération, sans en assurer lui-même la gestion.

Pour un investisseur privé, la différence tient surtout à la concentration de l’investissement : un club deal donne accès à une société identifiée, tandis qu’un fonds de co-investissement répartit les capitaux entre plusieurs opérations, que le co-investissement constitue sa stratégie principale ou une poche complémentaire.

Quels sont les avantages du co-investissement en private equity ?

Pour l’investisseur, le co-investissement permet d’abaisser son volume de frais de gestion global.

Un fonds de co-investissement peut être une alternative à un fonds de fonds pour diversifier un investissement non coté entre plusieurs gérants en offrant aussi potentiellement des frais plus faibles et une durée de vie plus courte.

Quels sont les risques du co-investissement en private equity ?

Ce sont les mêmes que le reste du private equity (risque de perte en capital, dispersion des performances, illiquidités) puisque les actifs sous-jacents sont les mêmes.

Un fonds de co-investissement non evergreen porte également un risque de millésime plus concentré.

Comment accéder à un co-investissement en tant qu’investisseur privé ?

Les investisseurs privés n’ont pas accès au co-investissement en direct mais ils peuvent investir dans des fonds co-investissement ou des fonds traditionnels qui comportent une poche de co-investissement.

Le co-investissement en private equity est-il plus rentable qu’un fonds classique ?

À sous-jacent équivalent, le co-investissement sera plus rentable que l’investissement dans un fonds car il supporte moins de frais de gestion.

Encore faut-il qu’une telle possibilité existe et celle-ci dépend uniquement du gérant sponsor.

Le co-investissement en private equity est-il liquide ?

Le co-investissement investit dans les mêmes actifs sous-jacents que le fonds sponsor. Il est donc illiquide par défaut à moins d’être un fonds evergreen qui propose une liquidité sous condition.

Quel ticket prévoir pour un co-investissement en private equity ?

Il existe des fonds de pure co-investissement mais ils sont rares et généralement accessibles à partir de 100 000 €.

Il existe aussi des fonds structurés sous forme de FCPR ou d’ELTIF qui proposent une poche potentiellement importante de co-investissement à partir de 10 000 €.

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