Pourquoi placer son argent au Luxembourg ?
Voici les 7 principaux atouts du Luxembourg pour les épargnants Français.
- Une excellente stabilité financière
- Le triangle de sécurité et le super privilège
- Pas d'application de la loi Sapin 2
- Une architecture d'investissement ouverte
- La gestion multi-devises
- La portabilité internationale
- L'accès à plus de services et d’options
Une excellente stabilité financière
Le Luxembourg dispose d’une notation AAA attribuée par les principales agences de notation (Moody's, Fitch, etc.). Cette notation maximale témoigne de la solidité des finances publiques du pays, et signifie que le Luxembourg offre un environnement économique stable pour les investisseurs.
Le Luxembourg fait ainsi partie des quelques pays bénéficiant du Triple A, aux côtés de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Suisse et de la Norvège.
La dette publique du Luxembourg est assez stable. À la fin du troisième trimestre 2025, le ratio de dette publique luxembourgeois s'établissait à 27,9% du PIB. À titre de comparaison, la dette publique française s'établissait à 117,4% du PIB à la même période.
Le Luxembourg est ainsi le 2ème pays le moins endetté des États membres de la zone euro, avec la charge d'intérêts la plus faible de ces États.
Le triangle de sécurité et le super privilège
L'assurance-vie et le contrat de capitalisation luxembourgeois disposent d’un mécanisme de protection (le triangle de sécurité) reposant sur 3 acteurs :
- La compagnie d'assurance gère le contrat et les investissements
- La banque dépositaire conserve les actifs sur des comptes séparés
- Le Commissariat aux Assurances (CAA) supervise et contrôle
Cette séparation légale protège les avoirs des souscripteurs des actifs propres de la compagnie d'assurance.
En complément, le super privilège confère aux souscripteurs un statut de créancier de premier rang. Ainsi, en cas de faillite de l'assureur, les créances des souscripteurs sont réglées avant celles de l'État, des organismes de sécurité sociale, des actionnaires et des salariés.
Côté français, les actifs des clients sont confondus avec ceux de l'assureur au bilan, et il n’y a pas de banque dépositaire indépendante.
Pas d'application de la loi Sapin 2
En France, le Code monétaire et financier confère au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) le pouvoir de suspendre, retarder ou limiter temporairement les rachats sur les contrats d'assurance-vie (et les contrats de capitalisation) en cas de menace grave pour la stabilité du système financier. Ce texte est plus communément appelé loi Sapin 2.
Ce pouvoir peut être exercé de façon temporaire pour une durée maximale de 6 mois. À noter que ce dispositif n'a jamais été activé en France depuis sa création en 2016.
Les contrats luxembourgeois ne sont pas soumis à cette disposition. Les souscripteurs conservent leur liberté de rachat, même en période de crise financière.
Lire aussi : Meilleures Assurances-Vie Luxembourgeoises : Classement et Comparatif
Une architecture d'investissement ouverte
Les contrats luxembourgeois donnent accès à un univers d'investissement quasi illimité par rapport à leurs homologues français.
Cela prend notamment la forme de fonds non cotés (Private Equity, dette privée, infrastructures, etc.), de hedge funds, ou encore d’ETF non référencés en France (matières premières, cryptoactifs, etc.).
Ils sont généralement logés dans des véhicules propres au Luxembourg :
- Des Fonds Externes (FE) : OPCVM, ETF, etc.
- Des Fonds Internes Collectifs (FIC) : gérés par l'assureur (gestion pilotée standardisée)
- Des Fonds Internes Dédiés (FID) : portefeuilles sur mesure gérés par un gestionnaire mandaté (gestion pilotée sur mesure)
- Des Fonds d'Assurance Spécialisés (FAS) : offrent un accès au Private Equity, aux produits structurés ou à certains fonds immobiliers (statut de quasi compte titre mais dans le cadre de l’assurance-vie).
Cette flexibilité permet de faire référencer des fonds spécifiques non disponibles dans les catalogues des assureurs français. Les investisseurs peuvent ainsi plus facilement construire des allocations personnalisées.
Focus sur les parts dites "Clean Share"
Les parts Clean Share désignent des parts de fonds qui ne reversent pas de rétrocessions de commissions aux distributeurs (banques, courtiers, assureurs).
Concrètement, ces parts permettent d’accéder à des fonds avec un niveau de frais particulièrement compétitif.
Le Luxembourg facilite l'accès à ces parts Clean Share grâce à son architecture ouverte. Les investisseurs peuvent ainsi référencer la plupart des fonds sur simple demande.
À noter que certaines parts Clean Share exigent des montants minimums de 25 000 à 50 000 euros.
La gestion multi-devises
Contrairement aux contrats français généralement libellés en euros (notamment l’assurance-vie), les contrats luxembourgeois permettent d'investir en plusieurs devises (Euro, Dollar américain, Livre sterling, etc.).
Cette fonctionnalité est particulièrement intéressante pour :
- Les investisseurs disposant de revenus en devises étrangères
- Les personnes anticipant une expatriation
- Les entreprises internationales
La portabilité internationale
Les contrats luxembourgeois peuvent être conservés en cas de changement de résidence fiscale. La fiscalité du nouveau pays s'applique alors automatiquement, sans rupture du contrat. À noter que des adaptations peuvent être nécessaires selon le pays de destination (composition du contrat, supports disponibles).
En France, un déménagement à l’étranger peut entraîner la fermeture du contrat ou une double imposition (si absence de convention fiscale).
Cette portabilité est un atout majeur pour :
- Les expatriés
- Les entrepreneurs internationaux
- Les personnes envisageant une retraite à l'étranger
- Etc.
Exemple : un investisseur français qui s'expatrie en Belgique conserve son contrat luxembourgeois. Seule la fiscalité belge s'applique désormais à ses rachats, sans avoir à transférer ses avoirs.
Lire aussi : Fiscalité des expatriés : comment ça marche ? Quels impôts ?
L'accès à des services et des options
Le Luxembourg offre des services financiers avancés qui sont plus difficilement accessibles en France :
- Le crédit Lombard est un financement adossé aux actifs du contrat, il est beaucoup plus répandu qu'en France.
- L’apport de titres non cotés directement dans le contrat (sans les vendre préalablement). Il est même possible d’apporter des actifs réels comme des véhicules (avions privés, yachts, etc.) ou des œuvres d’art.
Par ailleurs, le contrat de capitalisation pour personne morale est accessible à un plus grand nombre de structures juridiques qu’en France.
Lire aussi : Investir dans l’art : Pourquoi et Comment faire ?
Tableau récapitulatif des différences entre la France et le Luxembourg
Quelle est la fiscalité d’un placement au Luxembourg pour un résident fiscal français ?
Pour un résident fiscal français, c'est la fiscalité française qui s'applique. Le Luxembourg ne prélève pas d'impôt sur les revenus des non-résidents.
Cette neutralité fiscale signifie que la localisation du contrat au Luxembourg ne change rien à l'impôt dû en France.
Les plus-values, dividendes et intérêts restent soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 31,4% (ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu) pour la plupart des placements.
À noter que l'assurance-vie conserve un PFU de base à 30% (hors abattements après 8 ans).
Exemple : un résident français détenant une assurance-vie luxembourgeoise sera imposé selon la fiscalité française de l'assurance-vie. Le fait que le contrat soit luxembourgeois ne change rien à l'impôt dû.
Le Luxembourg est-il un paradis fiscal ?
Ouvrir un compte ou souscrire un contrat au Luxembourg est parfaitement légal pour un résident français. Cette démarche ne présente pas de risque juridique particulier.
Contrairement à certaines idées reçues, le grand-duché applique les normes internationales de transparence fiscale, avec notamment l'échange automatique d'informations avec les juridictions partenaires.
Ainsi, chaque année, les établissements financiers luxembourgeois transmettent automatiquement à l'administration fiscale locale les informations sur les comptes détenus par des non-résidents :
- L'identité complète (nom, prénom, adresse, numéro d'identification fiscale)
- Le numéro de compte et le solde au 31 décembre
- Les revenus financiers perçus (intérêts, dividendes, produits de vente)
Exemple : un résident fiscal français détenant un compte luxembourgeois verra ses informations transmises automatiquement à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) chaque année. L'administration française connaîtra le solde du compte et les éventuels revenus perçus.
Focus sur la convention fiscale franco-luxembourgeoise
La convention fiscale entre la France et le Luxembourg vise à éviter la double imposition des revenus.
Cette convention prévoit des mécanismes de crédit d'impôt lorsqu'un même revenu est imposable dans les 2 pays. Le crédit d'impôt permet de déduire l'impôt payé au Luxembourg de l'impôt dû en France.
À noter que cette convention ne crée pas d'avantage fiscal particulier pour les résidents français. Elle évite simplement une double taxation.
Comment déclarer un compte au Luxembourg pour un résident français ?
Tout résident fiscal français détenant un compte ou contrat à l'étranger doit le déclarer à l'administration fiscale. Cette obligation s'applique même si le compte ne génère aucun revenu.
La déclaration s'effectue via le formulaire 3916 ou le 3916-bis (contrats d'assurance-vie et de capitalisation).
La déclaration se fait en même temps que la déclaration de revenus, généralement entre avril et juin. Il suffit de cocher la case 8UU du formulaire 2042 et de compléter le formulaire correspondant.
Dans quelles situations cela vaut le coût de placer son argent au Luxembourg ?
Voici 4 exemples de situations pour lesquelles il peut être pertinent d’ouvrir un compte au Luxembourg.
Les placements supérieurs à 250 000 euros
À partir de ce seuil, les frais deviennent dégressifs et l'accès aux Fonds Internes Dédiés (FID) est possible.
La protection renforcée du Luxembourg prend aussi tout son sens pour les capitaux importants. De plus, les conditions de crédit Lombard deviennent avantageuses (quotité de 50% à 70%, taux compétitifs).
Les investisseurs recherchant une diversification avancée
Le Luxembourg donne accès à des classes d'actifs variés avec certains fonds non accessibles en France, et une gestion multi-devises.
Les expatriés et personnes à mobilité internationale
La portabilité du contrat luxembourgeois est un avantage majeur. En cas de changement de résidence fiscale, le contrat s'adapte automatiquement à la fiscalité du nouveau pays, sans rupture, ni transfert.
Cette neutralité fiscale évite les risques de double imposition et simplifie la gestion patrimoniale pour les carrières internationales.
Les chefs d'entreprise et détenteurs de titres non cotés
Le Luxembourg permet d'apporter des titres (cotés ou non) directement dans un contrat d'assurance-vie (après imposition des plus-values latentes).
Les dividendes et plus-values futures bénéficient alors de la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie.
Quand vaut-il mieux conserver son épargne en France ?
Voici 3 exemples situations dans lesquelles il est préférable de conserver son épargne en France.
L'épargne de précaution
Les livrets réglementés français (Livret A, LDDS, etc.) offrent une rémunération nette d'impôts et une liquidité immédiate. Les contrats luxembourgeois n'offrent pas cette souplesse pour l'épargne de court terme.
De plus, ces derniers proposent rarement des fonds euros.
Les placements inférieurs à 100 000 euros
Les contrats luxembourgeois imposent des tickets d’entrée importants. De plus, pour les petits contrats, les différentes couches de frais dépassent généralement celles des produits financiers français.
Une gestion 100% digitale
Les contrats luxembourgeois offrent généralement un niveau de digitalisation inférieur aux contrats français, notamment chez les acteurs en ligne.
De plus, certaines opérations (arbitrages, rachats) peuvent nécessiter des échanges par email ou téléphone.
Les 3 principaux placements luxembourgeois disponibles pour les français
Les résidents français peuvent accéder à 3 types d’enveloppes principales au Luxembourg.
Le compte-titres luxembourgeois
Le ticket d'entrée du compte-titres luxembourgeois est plus élevé qu’en France, il varie selon les établissements :
- Banques traditionnelles : 50 000 euros
- Plateformes en ligne : plusieurs milliers d’euros
Côté français, la souscription est généralement accessible à partir de quelques dizaines ou centaines d’euros.
Le Compte-Titres Ordinaire (CTO) luxembourgeois fonctionne comme son homologue français, mais avec une dimension internationale renforcée :
- Gestion multidevises : liquidités et titres en EUR, USD, GBP, CHF, etc. sans conversion automatique.
- Catalogue de fonds élargi : accès à des fonds non distribués en France (certains ETF américains, fonds de Private Equity ou fonds alternatifs).
À noter que les Comptes-Titres Ordinaires (français ou luxembourgeois) permettent d'investir directement sur les marchés financiers :
- Obligations
- Actions
- ETF
- Produits dérivés
- Fonds cryptomonnaies, etc.
Les investisseurs ne sont donc pas limités par certaines restrictions comme avec l’assurance-vie par exemple.
De plus, l'exécution des ordres et les demandes de retrait s’effectuent très rapidement, tandis que ces opérations peuvent prendre plusieurs jours avec une assurance-vie.
Enfin, les CTO luxembourgeois offrent généralement un accès simplifié au crédit Lombard, il s’agit d’un financement adossé au portefeuille de titres.
Pour rappel, c’est bien la fiscalité française des plus-values mobilières qui s’applique au CTO luxembourgeois.
Les garanties du compte-titres luxembourgeois
Il existe 2 mécanismes de garantie qui s’appliquent aux comptes-titres luxembourgeois :
- La protection des titres : le Système d'Indemnisation des Investisseurs Luxembourg (SIIL) couvre les titres à hauteur de 20 000 euros par personne et par établissement. Cette garantie ne protège qu’en cas de fraude ou négligence administrative, mais pas contre la perte de valeur liée aux fluctuations de marché.
- Protection dépôts en espèces : le Fonds de Garantie des Dépôts Luxembourg (FGDL) couvre les comptes en cash à hauteur de 100 000 euros.
L’assurance-vie luxembourgeoise
Le contrat d'assurance-vie luxembourgeois est une enveloppe haut de gamme, le ticket d'entrée s'établit généralement entre 100 000 et 250 000 euros selon les assureurs.
Le catalogue de supports accessibles varie selon le montant investi. Par exemple, le Private Equity est généralement réservé aux contrats supérieurs à 250 000 euros.
Les enveloppes luxembourgeoises sont reconnues pour leur architecture ouverte, il est possible d’intégrer de nombreux supports dans le contrat (y compris en plusieurs devises). C’est un point différenciant majeur par rapport aux contrats français.
Enfin, pour un épargnant français, c'est bien la fiscalité française de l'assurance-vie qui s'applique intégralement.
Les garanties de l'assurance-vie luxembourgeoise
L'assurance-vie luxembourgeoise bénéficie du triangle de sécurité (séparation des actifs de l'assureur de ceux des clients), et du super privilège (créance de premier rang en cas de faillite de l’établissement financier).
En savoir plus : Choisir une assurance-vie luxembourgeoise : Comment faire ? Quels critères ?
Le contrat de capitalisation luxembourgeois
Le contrat de capitalisation luxembourgeois fonctionne comme une assurance-vie, il offre les mêmes supports et les mêmes garanties.
Voici les 3 éléments différenciants du contrat de capitalisation luxembourgeois :
- Il peut être souscrit par une personne morale (nombreux statuts éligibles)
- Le contrat peut rester actif après le décès du titulaire
- Pas d’avantage fiscal pour la transmission, mais il peut être donné de manière anticipé
Le ticket d'entrée est le même que pour les assurances-vie, soit autour de 100 000 à 250 000 euros.
Quelles sont les garanties des placements au Luxembourg ?
Comme évoqué, les placements luxembourgeois bénéficient de mécanismes de protection différents selon leur nature.
Nous rappelons que les garanties publiques couvrent les défaillances d'établissements, mais ne protègent pas contre les pertes de marché.
Voici un tableau récapitulatif des garanties par type de placement.
Le Fonds de Garantie des Dépôts Luxembourg (FGDL)
Le FGDL protège les dépôts en espèces détenus sur des comptes bancaires ou des comptes espèces luxembourgeois, en cas de faillite de la banque.
Cette garantie s'élève à 100 000 euros par personne et par établissement.
Le délai d'indemnisation est généralement de 7 jours ouvrables après la constatation de l'indisponibilité des dépôts.
À noter que les comptes joints bénéficient d'une garantie de 100 000 euros par cotitulaire, soit 200 000 euros pour un compte détenu à 2.
Le Système d'Indemnisation des Investisseurs Luxembourg (SIIL)
Le SIIL couvre les instruments financiers détenus dans un compte-titres luxembourgeois en cas de fraude, négligence administrative ou disparition des titres. Ce dispositif ne protège pas contre les pertes liées aux fluctuations de marché.
La garantie s'élève à 20 000 euros par personne et par établissement.
Les titres détenus via un CTO restent la propriété du souscripteur. En cas de faillite du courtier, ces titres peuvent être transférés vers un autre établissement.
Le triangle de sécurité et le super privilège
L'assurance-vie et le contrat de capitalisation luxembourgeois bénéficient d'une protection renforcée via 2 mécanismes complémentaires :
- Le triangle de sécurité repose sur une séparation légale des actifs entre l’assureur, la banque dépositaire et le Commissariat aux Assurances (CAA).
- Le superprivilège confère aux souscripteurs un statut de créancier de premier rang sans plafond.
Quels sont les frais spécifiques au Luxembourg ?
Les placements luxembourgeois peuvent générer des frais supérieurs aux placements français, notamment pour les encours les plus faibles.
Toutefois, les frais étant dégressifs, ils peuvent être plus compétitifs pour les contrats les mieux dotés.
Voici un tableau récapitulatif des fourchettes de frais pratiquées.
Focus sur les frais de la banque dépositaire
Ces frais (aussi appelés frais de custody ou frais de garde) rémunèrent la banque dépositaire pour la conservation des actifs. Ils s'élèvent généralement entre 0,1% et 0,3% par an.
Ces frais sont spécifiques aux contrats luxembourgeois. En France, les assureurs conservent directement les titres des contrats clients, ce service est donc intégré dans leurs frais de gestion global.
Au Luxembourg, les actifs des contrats sont détenus par un acteur bancaire distinct dont le choix est laissé à l’investisseur (triangle de sécurité).
Focus sur les spreads de change
Les spreads de change s'appliquent lors des opérations en devises étrangères. Ils représentent l'écart entre le cours d'achat et le cours de vente appliqué par l'établissement.
Ce spread oscille généralement entre 0,2% et 1% selon les établissements et les devises concernées. Les montants importants bénéficient souvent de conditions plus avantageuses.
Exemple : pour un arbitrage de 50 000 euros vers des actifs en dollars avec un spread de 0,5%, le coût de change s'élève à 250 euros.
Comment choisir un placement au Luxembourg ?
Le choix d'un placement financier luxembourgeois repose sur 7 principaux critères.
Le ticket d'entrée et les seuils d'accès
Comme évoqué, les placements luxembourgeois imposent des montants minimums de souscription qui varient selon les établissements et les types de supports choisis.
Exemple de seuils d'accès : un contrat luxembourgeois peut proposer l'accès au Private Equity uniquement à partir de 250 000 € investis (et 500 000 € de fortune mobilière déclarée), et les meilleures conditions de crédit Lombard à partir de 1 million d'euros.
Selon vos besoins d’investissement et votre budget, certains établissements peuvent vous être inaccessibles.
L'offre de supports d'investissement
La richesse de l'univers d'investissement constitue un critère déterminant. Les établissements luxembourgeois ne proposent pas tous le même niveau d'ouverture.
À noter qu’à partir de 500 000 euros, les contrats luxembourgeois offrent une liberté totale dans le choix des supports. En dessous de ce seuil, les assureurs sont contraints par le cadre réglementaire qui détermine les classes d'actifs disponibles.
Voici les éléments à vérifier avant de choisir un contrat :
- Le nombre de fonds référencés
- Le nombre de devises disponibles
- L'accès aux parts Clean Share
- La possibilité de FID ou FAS : ces supports permettent des allocations sur-mesure.
- L'accès au Private Equity et fonds alternatifs
La structure des frais
Les frais impactent directement la performance nette sur le long terme. Une différence de 0,5% par an génère un écart de performance cumulé de plusieurs points sur 15 ans.
Voici les frais à comparer systématiquement :
- Les frais d'entrée : les meilleurs contrats n’en facturent pas.
- Les frais de gestion de l'enveloppe : les meilleurs contrats se situent entre 0,5% et 0,8% (selon les montants).
- Les frais de custody : vérifiez s'ils sont inclus dans les frais de gestion (généralement 0,1% à 0,3%).
- Les frais d'arbitrage : privilégiez les contrats proposant des arbitrages gratuits.
- Les spreads de change (pour les investisseurs multi-devises)
Lire aussi : Frais de l’assurance-vie : Fonctionnement et comparatif
La solidité de l'établissement financier
La sécurité de vos avoirs dépend de la solidité de l'assureur et de la banque dépositaire.
Pour évaluer la solidité de ces acteurs, vous pouvez vérifier :
- Les notations financières
- Le niveau d'encours sous gestion
- L'actionnaire de référence : les filiales de grands groupes bénéficient du soutien de leur maison mère.
La qualité de l'interface et du service client
Les établissements luxembourgeois présentent des niveaux de digitalisation très variables. Cette dimension peut fortement impacter votre expérience au quotidien.
Voici les points à vérifier avant de souscrire :
- L'ergonomie de l'interface web
- Le type d’opérations réalisables en ligne
- La réactivité du service client (horaires d'ouverture, langues disponibles, etc.)
- La présence d’un interlocuteur dédié (pour les contrats importants)
À noter que certains établissements luxembourgeois imposent encore une signature papier pour certaines opérations. Cette contrainte peut ralentir considérablement les arbitrages.
L'accès au crédit Lombard
Le crédit Lombard permet d'obtenir un financement adossé aux actifs du contrat. Ce service peut s'avérer stratégique pour certains investisseurs.
Voici les éléments à vérifier :
- L'encours minimum requis : certains établissements exigent plusieurs centaines de milliers d'euros investis, d'autres fixent le seuil à 1 million d'euros.
- La quotité de financement : elle oscille généralement entre 50% et 70% de la valeur du portefeuille selon la composition des actifs.
- Le taux d'intérêt : il se calcule généralement sur la base du taux Euribor + une marge de 1,5% à 3%.
- Les actifs éligibles : tous les supports ne sont pas forcément acceptés en garantie. Les actions et ETF liquides sont généralement acceptés, mais rarement les fonds de Private Equity.
Exemple : un contrat de 800 000 euros composé à 80% d'actions et ETF peut permettre d'obtenir un crédit Lombard de 400 000 à 450 000 euros à un taux de 5% à 6% (si Euribor à 3% + marge de 2% à 3%).
Les options de gestion disponibles
Les établissements luxembourgeois proposent différents modes de gestion selon le niveau d'autonomie souhaité et le montant placé dans l'enveloppe. Pour rappel, la réglementation luxembourgeoise impose des restrictions dans les actifs commercialisables.
Voici les différents modes de gestion disponibles :
- La gestion libre permet de choisir vous-même vos supports et d'effectuer vos arbitrages. Cette option convient aux investisseurs autonomes disposant du temps et des compétences nécessaires.
- La gestion conseillée combine autonomie décisionnelle et recommandations d'un conseiller. Le conseiller propose des allocations mais vous restez décisionnaire des arbitrages.
- La gestion pilotée (ou gestion sous mandat) délègue entièrement les décisions d'investissement à un gestionnaire professionnel. Le gestionnaire effectue les arbitrages selon votre profil de risque prédéfini.
- Les Fonds Internes Dédiés (FID) offrent une gestion sur-mesure avec un gestionnaire mandaté qui construit un portefeuille personnalisé.
À noter que la gestion pilotée et les FID génèrent des frais supplémentaires (généralement 0,5% à 1,5% par an).
Comment souscrire à un placement au Luxembourg ?
La souscription d'un placement luxembourgeois suit un processus plus exigeant qu'en France.
Les établissements luxembourgeois appliquent des contrôles KYC (Know Your Customer) et AML (Anti-Money Laundering) particulièrement stricts. En effet, les établissements luxembourgeois accordent une attention particulière à la cohérence entre vos revenus déclarés et le montant à investir.
Les établissements vérifient également la traçabilité complète des fonds. Les versements doivent provenir d'un compte bancaire à votre nom.
Le délai total d'ouverture oscille généralement entre 2 et 6 semaines selon la complexité du dossier et la réactivité de l'établissement.
Contrairement à la France où vous pouvez souscrire directement en ligne, l'accès aux placements luxembourgeois nécessite généralement de passer par un intermédiaire agréé :
- Les conseillers en gestion de patrimoine (CGP)
- Les courtiers spécialisés
- Les Banques Privées
À noter que certains établissements luxembourgeois proposent désormais une souscription 100% en ligne sans passer par un intermédiaire. Cette option reste assez minoritaire en 2026.
Placer son argent en Suisse VS au Luxembourg
Le Luxembourg et la Suisse sont souvent comparés pour les placements internationaux. Ces 2 juridictions présentent des différences significatives pour un résident fiscal français.
La réglementation Suisse ne permet pas la commercialisation d'assurance-vie suisse pour les non-résidents. Les contrats d'assurance-vie commercialisés par les banques suisses sont en réalité domiciliés au Luxembourg.
En revanche, il est possible d’ouvrir un compte-titres en Suisse.
Les mécanismes de protection en Suisse
Pour les comptes bancaires et les comptes-titres suisses, la garantie des dépôts s'élève à 100 000 francs suisses (environ 108 000 euros), soit un niveau similaire au Luxembourg.
Toutefois, le Luxembourg offre le triangle de sécurité et le super privilège pour les contrats d'assurance-vie et de capitalisation, ce que ne propose pas la Suisse.
Les frais bancaires et les frais de gestion en Suisse
Les frais pratiqués en Suisse sont généralement supérieurs à ceux du Luxembourg pour des services équivalents.
Les banques suisses appliquent souvent des frais de tenue de compte plus élevés (0,3% à 0,5% par an).
Les frais de gestion sont également plus importants pour les placements suisses.
Cette différence de coûts s'explique par le positionnement plus premium des Banques Privées suisses, et les coûts opérationnels plus élevés.
La fiscalité successorale en Suisse
La Suisse ne propose aucun avantage fiscal successoral pour les résidents français.
Pour rappel, l'assurance-vie (française ou luxembourgeoise) offre un avantage fiscal successoral intéressant (abattement par bénéficiaire désigné dans le contrat).
En conséquence, pour optimiser la transmission patrimoniale, l'assurance-vie luxembourgeoise reste plus avantageuse que des avoirs détenus en Suisse.
Lire aussi : Diagnostic fiscal Ramify : Outil gratuit pour réduire vos impôts
Conclusion
Le Luxembourg offre un cadre juridique et réglementaire solide pour sécuriser son patrimoine financier. Le triangle de sécurité, le super privilège et la non-application de la loi Sapin 2 sont des avantages différenciants par rapport aux placements français.
De plus, les contrats luxembourgeois offrent un catalogue de fonds élargi et une dimension internationale :
- Architecture d'investissement ouverte (Private Equity, FID, parts Clean Share, etc.)
- Gestion multi-devises
- Portabilité internationale du contrat
Toutefois, le ticket d’entrée est généralement d’au moins 105 000 euros pour les assurances-vie, avec une liberté complète d’investissement au-delà de 500 000 euros investis.
Comme évoqué, les frais sont également plus élevés qu'en France, et le Luxembourg n'offre aucun avantage fiscal pour un résident français.
A contrario, conserver son épargne en France est plus avantageux dans certaines situations :
- Pour l’épargne de précaution (livret bancaire, fonds euros, etc.)
- Pour les placements inférieurs à 100 000 euros
- Afin de gérer ses placements entièrement en ligne
- Pour investir simplement en ETF (via un PEA ou une assurance-vie en ligne par exemple)
Foire aux questions
1. Le Luxembourg est-il un paradis fiscal ?
Non, le Luxembourg n'est plus un paradis fiscal depuis 2015. Le pays a signé les accords d'échange automatique d'informations (CRS) avec les juridictions partenaires, dont la France. Toutes les informations sur les comptes des résidents fiscaux français sont automatiquement transmises à l'administration fiscale française chaque année.
2. Quelle est la garantie des dépôts bancaires au Luxembourg VS en France
Le Fonds de garantie des dépôts Luxembourg (FGDL) garantit 100 000 euros par personne et par établissement bancaire, identique à la garantie française.
Mais, pour les soldes temporairement élevés (vente immobilière, succession), la protection luxembourgeoise peut atteindre 2 500 000 euros pendant 12 mois.
En France, cette protection temporaire est de 500 000 euros (le versement doit avoir lieu au plus tard 3 mois avant la défaillance).
3. Comment fonctionne la fiscalité de l'assurance-vie luxembourgeoise pour un résident français ?
Un résident fiscal français est imposé selon les règles françaises, quelle que soit la localisation du contrat.
L'assurance-vie luxembourgeoise bénéficie exactement de la même fiscalité que l'assurance-vie française.
4. Quel est le montant minimum pour ouvrir une assurance-vie au Luxembourg ?
Le ticket d'entrée varie selon les assureurs et les intermédiaires :
- 105 000 euros minimum pour la plupart des contrats avec fonds externes (OPCVM, ETF, etc.)
- 250 000 euros et plus pour accéder aux Fonds Internes Dédiés (FID)
- 500 000 à 1 000 000 euros pour une personnalisation avancée et un interlocuteur dédié
À titre de comparaison, les meilleures assurances-vie françaises en ligne sont accessibles dès quelques centaines d'euros. Le surcoût luxembourgeois ne se justifie que si vous avez besoin de fonctionnalités spécifiques (protection renforcée, architecture ouverte, multi-devises).
5. Qu'est-ce que le triangle de sécurité luxembourgeois ?
Le triangle de sécurité est un dispositif de protection unique au Luxembourg qui sépare légalement les actifs des souscripteurs de ceux de l'assureur, il repose sur 3 acteurs :
- L'assureur : gère le contrat et les arbitrages
- La banque dépositaire : conserve les actifs sur des comptes séparés
- Le Commissariat aux Assurances (CAA) : supervise trimestriellement et peut bloquer les comptes en cas de suspicion de défaillance
En complément, le super privilège confère aux souscripteurs un statut de créancier de premier rang sans plafond. En cas de faillite de l'assureur, leurs créances sont réglées avant celles de l'État, des organismes sociaux et des salariés.
6. Faut-il déclarer un compte luxembourgeois aux impôts français ?
Oui, tout résident fiscal français détenant un compte ou contrat à l'étranger doit obligatoirement le déclarer à l'administration fiscale, même si le compte ne génère aucun revenu.
