Définition : Qu’est-ce que la gestion active ?
La gestion active est un mode de gestion où l’investisseur (ou un gérant professionnel) sélectionne et arbitre les titres d’un portefeuille (actions, obligations, etc.) pour surperformer un indice de référence, atteindre un certain rendement, ou un niveau de volatilité défini à l’avance.
Quels sont les objectifs de la gestion active ?
La gestion active peut poursuivre 3 principaux types d’objectifs :
- Surperformer un indice de référence
- Atteindre un objectif de performance absolue
- Maîtriser le niveau de risque (perte maximale, volatilité, etc.)
Ces stratégies peuvent être conduites par des gérants professionnels, ou des investisseurs particuliers.
Surperformer un indice de référence
L’objectif le plus courant de la gestion active est de battre un indice de référence (le benchmark), c’est-à-dire l’indice boursier qui sert de mesure de comparaison au fonds ou au portefeuille.
Le gérant, ou l’investisseur particulier, sélectionne des titres qu’il estime sous-évalués ou mieux positionnés que la moyenne, avec pour cible une performance supérieure à celle de l’indice retenu (CAC 40 pour les actions françaises, MSCI World pour les actions mondiales, indice obligataire, etc.).
Cet objectif de surperformance convient aux épargnants qui souhaitent participer à la hausse des marchés tout en espérant faire mieux que la moyenne du marché, sur un horizon long terme (5 à 10 ans minimum).
Atteindre un objectif de performance absolue
La recherche de performance absolue, aussi appelée “absolute return”, ne se compare pas à un indice, elle vise un niveau de rendement (ou de volatilité) indépendamment de la direction des marchés.
L’objectif de rendement peut être formulé par rapport à l’€STR (taux de référence au jour le jour de la zone euro), auquel s’ajoute un écart fixe, par exemple “€STR + 1,5 point par an”.
Contrairement à un fonds benchmarké, le gérant dispose d’une plus grande liberté sur son niveau d’exposition aux marchés. Il peut drastiquement réduire son exposition en période défavorable, ou choisir des actions plus défensives qui vont moins subir les baisses de marchés.
A contrario, un fonds actions benchmarké resterait investi en actions et subirait la baisse de son indice.
Exemple : en 2022, une année de baisse simultanée des actions et des obligations, un fonds à performance absolue qui avait réduit son exposition nette aux marchés pouvait afficher +3% à +5%, là où un fonds actions benchmarké sur le CAC 40 reculait de près de 10% avec son indice.
Cet objectif convient aux épargnants avec un profil intermédiaire, qui veulent un rendement supérieur aux placements sécurisés, sans pour autant s’exposer aux variations des marchés actions.
Maîtriser le risque et la volatilité
Le troisième objectif consiste à limiter les pertes en phase de baisse, plutôt qu’à maximiser la performance en phase de hausse.
Le gérant actif réduit son exposition aux actifs risqués dès que les conditions de marché se dégradent. Il renforce les liquidités ou utilise des instruments de couverture (options, futures) pour amortir les pertes.
Cet objectif convient aux épargnants prudents, proches de la retraite ou avec un horizon d’investissement limité, pour qui la protection du capital prime sur la recherche de performance.
En savoir plus : Comment répartir et diversifier son épargne ?
Quelle est la différence entre gestion active, gestion conseillée, gestion discrétionnaire, gestion pilotée et gestion benchmarkée ?
La gestion discrétionnaire, la gestion conseillée, la gestion pilotée et la gestion benchmarkée sont 4 formes de gestion active.
Chacune se distingue par son cadre juridique, son support et le degré de délégation accordé au professionnel.
| Type de gestion | Définition | Profil d’investisseur |
|---|---|---|
| Gestion active | Terme générique désignant tout mode de gestion impliquant des choix dans la sélection et l’arbitrage de titres | Investisseurs confirmés cherchant à surperformer un marché ou à adapter son allocation selon ses convictions |
| Gestion conseillée | Un conseiller en investissements financiers formule des recommandations personnalisées, mais le client conserve le pouvoir de décision et passe lui-même les ordres | Investisseur qui souhaite être guidé par un professionnel tout en gardant le contrôle de chaque transaction |
| Gestion discrétionnaire | Le gérant prend les décisions d’investissement dans le cadre d’un mandat de gestion signé (selon objectifs et niveau de risque du client) | Patrimoine significatif (+ 100 000 €) qui souhaite entièrement déléguer la gestion dans un cadre juridique formalisé |
| Gestion pilotée | Variante de la gestion discrétionnaire proposée habituellement par les plateformes en ligne. Le client choisit son profil de risque et le gérant (ou un robo advisor) alloue le portefeuille | Épargnant débutant ou intermédiaire qui veut déléguer les décisions (par manque de temps ou de compétences), sans passer par un conseiller en gestion de patrimoine |
| Gestion benchmarkée | Gestion active dont le portefeuille reste proche d’un indice de référence. Le gérant s’en écarte marginalement selon les secteurs ciblés | Investisseur qui accepte un suivi d’indice partiel et une gestion active modérée |
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*Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Quel profil de gestion active vous correspond ?
Une seule réponse. C’est le critère qui pèse le plus dans la recommandation.
De « je décide tout » à « je délègue entièrement ».
Une stratégie active a besoin de temps pour exprimer son écart au marché.
Plus l’écart est accepté, plus la gestion peut s’éloigner d’un portefeuille de marché.
À quelle fréquence souhaitez-vous échanger avec un conseiller ou un gérant ?
Vos réponses seront effacées.
Plusieurs critères pointent dans des directions opposées. Précisez vos priorités ou échangez avec un conseiller.
Gestion pilotée
Vous voulez maîtriser le risque sans porter la décision d’allocation au quotidien.
Comparer les profils proposés, la méthode de rééquilibrage et les frais totaux avant de déléguer.
La délégation ne dispense pas de vérifier la composition réelle du portefeuille et le risque pris.
Gestion conseillée
Vous voulez garder la décision finale tout en bénéficiant d’un cadre de recommandation.
Fixer un rythme d’échange et conserver une trace des recommandations suivies ou écartées.
Sans disponibilité de votre part, les recommandations peuvent rester théoriques.
Mandat de gestion
Vous cherchez une délégation large dans un cadre contractuel explicite.
Définir les objectifs, les bornes de risque, les contraintes de liquidité et les modalités de reporting avant signature.
Le mandat réduit la charge de suivi, mais ne supprime pas le besoin de comprendre le risque.
Gestion benchmarkée
Votre objectif est de mesurer clairement la valeur ajoutée par rapport à un repère.
Choisir un indice cohérent avec l’univers d’investissement et suivre l’écart pris par le gérant.
Une gestion trop proche de l’indice peut facturer des frais actifs pour une valeur ajoutée limitée.
Approche personnelle
Vous voulez conserver le contrôle total des décisions d’investissement.
Écrire vos règles d’achat, de vente, de diversification et de rééquilibrage avant d’investir.
Les biais émotionnels et la concentration excessive deviennent les principaux risques opérationnels.
Les 6 exemples de stratégies de gestion active
Voici 6 exemples de stratégies actives, qui se distinguent par leur méthode d’analyse, leur univers d’investissement et leur profil de risque :
- La gestion fondamentale et de conviction
- La gestion quantitative et systématique
- La gestion value (valeur)
- La gestion growth (croissance)
- La gestion quality (qualité)
- La gestion flexible / allocation tactique
Le style retenu n’a de valeur que s’il est discipliné, mesurable et cohérent avec l’horizon de l’investisseur.
Acheter des titres jugés sous-valorisés.
Patience longue et risque de décote durable.
Privilégier les entreprises dont les bénéfices croissent vite.
Valorisations parfois exigeantes.
Accompagner une tendance déjà installée.
Retournement brutal quand le marché change.
Aller contre le consensus quand le prix paraît excessif.
Avoir raison trop tôt peut coûter cher.
Piloter l’exposition selon les cycles économiques.
Erreur de scénario ou timing imparfait.
Exposer le portefeuille à une tendance de long terme.
Concentration si le thème sature.
La gestion fondamentale et de conviction
La gestion fondamentale et de conviction repose sur une analyse approfondie (et donc chronophage) des entreprises pour identifier celles dont le potentiel n’est pas encore reconnu par le marché.
L’investisseur actif étudie :
- Les comptes financiers de chaque entreprise (chiffre d’affaires, marges bénéficiaires, niveau d’endettement, etc.)
- La qualité de l’équipe dirigeante
- La capacité de la société à maintenir un avantage durable sur ses concurrents
- Etc.
La gestion fondamentale aboutit généralement à un portefeuille concentré autour des convictions du gérant, généralement composé de 20 à 40 valeurs.
Exemple de gestion fondamentale : un gérant qui est convaincu que le secteur de la transition énergétique est sous-estimé par le marché, peut surpondérer des entreprises comme Schneider Electric ou Vestas afin de s’exposer davantage.
Cette approche convient aux investisseurs avec un horizon long terme (5 à 10 ans minimum) qui acceptent que le portefeuille s’écarte significativement de l’indice, y compris pendant des phases de sous-performance temporaire.
Au sein de la gestion fondamentale, on distingue parfois certaines stratégies plus spécialisées, notamment la gestion value ou growth (voir ci-dessous).
La gestion quantitative et systématique
La gestion quantitative et systématique utilise des modèles mathématiques pour prendre les décisions d’investissement.
Au lieu d’analyser des entreprises une par une, le gérant programme des algorithmes qui analysent des milliers de données simultanément :
- Cours boursiers
- Volumes de transactions
- Indicateurs macro-économiques
- Etc.
Ces “data” génèrent automatiquement des signaux d’achat ou de vente. Ainsi, les émotions et les biais humains sont éliminés de la prise de décision, car l’algorithme applique les mêmes règles dans toutes les conditions de marché.
Exemple de gestion quantitative : un fonds quantitatif peut détecter automatiquement que les actions dont le cours a progressé le plus fortement au cours des 6 derniers mois tendent statistiquement à surperformer dans les 3 mois suivants. Il constitue alors un panier d’actions dans ce sens.
Cette approche convient aux investisseurs qui préfèrent une gestion fondée sur des règles claires et vérifiables, sans dépendre de ses convictions personnelles ou de celles d’un gérant.
Lire aussi : Finance quantitative : définition, utilisation et métiers
La gestion value (valeur)
La gestion value consiste à acheter des actions dont le prix en Bourse est inférieur à leur valeur réelle estimée.
L’investisseur actif cherche ainsi des entreprises que le marché a temporairement sous-estimées :
- Une valorisation boursière faible par rapport aux bénéfices
- Une décote par rapport à la valeur de ses actifs
- Une entreprise traversant une période difficile mais dont les fondamentaux restent solides
- Etc.
La conviction centrale est que le marché finira par corriger cet écart entre le prix et la valeur estimée.
Exemple de gestion value : en 2020, certains gestionnaires actifs value ont massivement acheté des actions bancaires européennes à des niveaux très bas. Entre 2020 et 2022, l’indice des banques européennes (Euro Stoxx Banks) a rebondi de plus de 100%, récompensant les investisseurs qui avaient eu la patience d’attendre le “retour à la normale” des conditions de marché.
Cette approche convient aux investisseurs patients qui acceptent d’attendre plusieurs mois ou années avant que le marché reconnaisse la valeur d’une entreprise, et qui ne sont pas perturbés par des phases de sous-performance.
La gestion growth (croissance)
La gestion growth (croissance) mise sur des entreprises dont les revenus, les bénéfices ou le nombre d’utilisateurs progressent nettement plus vite que la moyenne du marché.
Le gérant accepte de payer un prix élevé pour ces entreprises (par rapport à leurs bénéfices), car il anticipe que leur croissance future justifiera cette valorisation.
Ces sociétés opèrent souvent dans des secteurs en forte expansion :
- Intelligence artificielle
- Technologie
- Santé innovante
- Etc.
La logique est d’investir tôt dans les leaders de demain, quitte à payer un prix élevé aujourd’hui.
Exemple de gestion growth : un fonds de croissance investi dans Nvidia et ASML entre 2018 et 2019 a bénéficié de performances exceptionnelles sur 5 ans, portées par l’essor de l’intelligence artificielle et de la fabrication de semi-conducteurs.
En revanche, en 2022, ces mêmes fonds ont fortement chuté quand les taux d’intérêt ont remonté et réduit la valeur des profits futurs anticipés.
Cette approche convient aux investisseurs qui acceptent une forte volatilité en échange d’un potentiel de rendement élevé sur le long terme.
La gestion quality (qualité)
La gestion quality sélectionne des entreprises financièrement solides avec :
- Des marges élevées
- Un faible endettement
- Une rentabilité durable dans le temps
- Etc.
L’idée est d’investir dans des entreprises dont le modèle économique est éprouvé et qui traversent les crises sans perdre leur avantage concurrentiel. Ces sociétés génèrent des flux de trésorerie stables, sont peu sensibles aux cycles économiques et peuvent généralement répercuter leurs hausses de coûts sur leurs clients.
Exemple de gestion quality : lors de la crise de 2022, les fonds axés sur la qualité ont en moyenne mieux résisté que les fonds de croissance. Les entreprises sélectionnées ont pu augmenter leurs prix sans perdre de clients, tout en préservant leurs marges.
Cette approche convient aux investisseurs qui cherchent un bon compromis entre rendement et protection en cas de crise, sans pour autant viser la surperformance maximale en phase de croissance des marchés.
La gestion flexible et l’allocation tactique
La gestion flexible ajuste en permanence (selon les conditions de marché) la répartition du portefeuille :
- Actions
- Obligations
- Immobilier
- Matières premières
- Liquidités
- Etc.
Contrairement à un fonds entièrement investi en actions, le gérant flexible peut décider de n’investir que 20% en actions s’il anticipe une correction, puis repasser à 80% lorsque les conditions redeviennent favorables.
Il n’est pas contraint de rester proche d’un indice de référence, il dispose d’une pleine liberté sur son niveau d’exposition.
L’objectif est la diversification, car quand les actions baissent, les obligations ou l’or peuvent compenser une partie des pertes.
Le gérant définit une allocation entre ces différentes catégories et l’ajuste régulièrement selon le cycle économique. C’est une approche “couteau suisse” qui permet à l’investisseur de gérer plusieurs actifs en parallèle dans un même portefeuille.
Cette approche convient aux investisseurs qui accordent une grande importance à la protection du capital en phase de baisse.
Lire aussi : Fonds diversifié : définition, fonctionnement et intérêt
Pour un horizon long terme (10 ans et plus), les approches fondamentales de conviction, value ou growth offrent un potentiel de surperformance à condition d’accepter des phases de sous-performance temporaire.
Pour un horizon court (moins de 3 ans), les stratégies actions (fondamentale, value, growth) sont plutôt à proscrire car la volatilité et les frais consomment une part trop importante du capital sur cette durée.
Les fonds monétaires actifs et les fonds obligataires à duration courte restent les seuls supports de gestion active adaptés à ce profil.
Pour les épargnants qui préfèrent déléguer entièrement leurs décisions d’allocation, les fonds flexibles ou multi-actifs sont plus adaptés.
Les 4 critères pour construire un portefeuille de gestion active
Voici les 4 principaux paramètres qui permettent de définir le profil de risque et le potentiel de performance d’un portefeuille actif :
- Le niveau de concentration
- La diversification géographique
- La diversification par taille d’entreprise
- L’horizon d’investissement et la liquidité
Le niveau de concentration
L’arbitrage entre concentration et diversification est un des choix les plus importants d’un portefeuille actif.
Portefeuille concentré
Un portefeuille fortement concentré se compose typiquement de 15 à 25 titres sélectionnés selon les convictions les plus fortes du gérant. Chaque position pèse donc significativement sur la performance.
Ainsi, une erreur sur une ligne représentant 5% du portefeuille a un impact direct sur le rendement global. En contrepartie, le potentiel de surperformance est maximal si les convictions sont justes.
Portefeuille diversifié
Un portefeuille diversifié comporte plusieurs dizaines de titres. Cela réduit l’exposition au risque d’un titre, mais cela dilue le potentiel de surperformance si une ou plusieurs entreprises obtiennent d’excellents résultats.
Le poids attribué à chaque titre est aussi important que le nombre de lignes. Un gérant concentré peut allouer jusqu’à 8% à 10% du portefeuille sur sa conviction la plus forte, et seulement 1% à 2% sur ses positions secondaires. Ce calibrage reflète directement la hiérarchie de ses convictions.
50 lignes et plus
Risque spécifique dilué Écart faible à modéré20 à 40 lignes
Convictions lisibles Compromis le plus courant10 à 20 lignes
Résultat dépendant de quelques choix Écart potentiellement élevéPlus le portefeuille est concentré, plus le potentiel de différenciation augmente, mais plus le résultat dépend de quelques convictions.
La diversification géographique
La répartition géographique détermine l’exposition du portefeuille aux différents cycles économiques mondiaux.
Un portefeuille concentré sur une seule zone économique amplifie les chocs locaux, comme une récession régionale, une instabilité politique, des variations de devise, etc.
La diversification géographique réduit cette dépendance en répartissant le risque entre des marchés dont les cycles ne sont pas toujours corrélés.
Le gérant actif peut surpondérer les zones où ses convictions sont les plus fortes.
La diversification par taille d’entreprise
Le gérant choisit dans quelle strate de capitalisation boursière il investit :
- Grandes entreprises (large caps)
- Entreprises de taille intermédiaire (mid caps)
- Petites entreprises (small caps)
Les large caps offrent de la liquidité et un suivi de chaque titre par des dizaines d’analystes, ce qui réduit les potentielles sous-évaluations.
Les mid et small caps sont moins suivies, un gérant peut ainsi y déceler des opportunités sous-évaluées avant que le marché les reconnaisse. En contrepartie, leur liquidité est plus faible, ce qui peut compliquer la revente rapide d’une position en période de stress.
L’horizon d’investissement et la liquidité
Dans un portefeuille actif coexistent généralement 2 types de positions :
- Les convictions structurelles (horizon de 3 à 10 ans), adossées à une thèse de long terme sur une entreprise ou un secteur.
- Les positions opportunistes (horizon de 1 à 12 mois), qui captent des inefficiences temporaires de marché.
La liquidité est un paramètre de risque important, un fonds investi dans des petites valeurs peu liquides ne peut pas réduire rapidement son exposition en cas de correction brutale.
Les meilleurs gérants se fixent des contraintes, par exemple pouvoir liquider 80% du portefeuille en 5 jours de marché.
Lire aussi : Comment répartir et diversifier son épargne ?
Comment piloter un portefeuille en gestion active ?
Pour piloter un portefeuille en gestion active, il est impératif d’ajuster en continu ses positions pour maintenir l’alignement entre ses convictions, les conditions de marché et le niveau de risque accepté.
Ce pilotage est un processus permanent car les marchés évoluent, les entreprises publient régulièrement leurs résultats, les cycles macroéconomiques évoluent, etc.
Voici les 6 principaux mécanismes qui permettent de piloter un portefeuille actif :
- Les arbitrages
- La rotation sectorielle
- La révision des thèses d’investissement
- Le contrôle du risque
- Le rééquilibrage
- Les couvertures
-
01
Arbitrer
Acheter, vendre ou conserver selon la thèse.
-
02
Faire tourner
Réallouer entre secteurs et zones géographiques.
-
03
Réviser
Mettre à jour les hypothèses fondamentales.
-
04
Contrôler
Suivre volatilité, concentration et liquidité.
-
05
Rééquilibrer
Ramener le portefeuille vers ses limites cibles.
-
06
Couvrir
Réduire certains risques quand le contexte l’exige.
La gestion active n’est pas un achat ponctuel : c’est une méthode de pilotage répétée dans le temps.
Les arbitrages
Un arbitrage est une décision d’achat ou de vente d’un titre du portefeuille.
Un achat peut être motivé par l’émergence d’une nouvelle conviction, ou par une baisse du cours qui rend accessible une valeur déjà identifiée.
Une vente peut intervenir lorsque le cours cible est atteint, lorsque la thèse initiale est invalidée, ou lorsqu’une opportunité plus convaincante justifie le redéploiement du capital vers une autre position.
Exemple : un gérant qui a acheté Schneider Electric à 150 euros début 2023, avec un objectif de cours à 185 euros, vend sa position lorsque ce niveau est atteint courant 2024, et redéploie le produit sur une autre valeur industrielle européenne qu’il estime encore sous-évaluée.
La rotation sectorielle et de style
La rotation consiste à déplacer progressivement le portefeuille d’un secteur ou d’un style d’investissement vers un autre, pour anticiper un changement de cycle économique.
Lorsque les banques centrales relèvent leurs taux directeurs, les gérants réduisent généralement leur exposition aux valeurs de croissance (dont la valorisation dépend fortement des profits futurs actualisés) et renforcent leur allocation aux secteurs énergétiques et financiers, qui bénéficient directement d’un contexte de taux élevés.
La révision des thèses d’investissement
Chaque position repose sur une thèse d’investissement comme une conviction sur la future surperformance d’une entreprise. Le gérant examine la valeur à intervalles réguliers et à chaque événement significatif (publication de résultats, changement de direction, annonce réglementaire, apparition d’un concurrent).
Si la thèse est invalidée, le gérant sort de la position, même si le cours est inférieur à son prix d’entrée.
C’est un mécanisme de discipline fondamental qui évite de maintenir une position perdante parce que l’investisseur pense que le cours va finir par remonter. C’est l’un des biais comportementaux les plus répandus en gestion active.
Le contrôle du risque
Le contrôle du risque est un suivi d’un ensemble d’indicateurs :
- La volatilité du portefeuille
- L’exposition par secteur et par zone géographique
- Le poids de chaque ligne
- Le drawdown (la perte maximale depuis le dernier pic de valorisation)
- Etc.
Dans les sociétés de gestion structurées, cette fonction est assurée par une équipe dédiée, indépendante des gérants de portefeuille.
Des limites prédéfinies encadrent chaque indicateur, par exemple qu’aucune position ne dépasse 8% à 10% du portefeuille ou encore qu’aucun secteur n’excède 25% de l’exposition totale.
Lorsqu’une limite est franchie, le gérant doit réduire l’exposition concernée. Nous détaillerons les indicateurs de mesure du risque dans la section dédiée.
Le rééquilibrage
Le rééquilibrage ramène le portefeuille à son allocation cible lorsque les mouvements de marché l’en écartent.
Exemple : si des actions technologiques progressent de 40% alors qu’elles représentaient initialement 20% du portefeuille, leur poids monte mécaniquement à 26%. Le gérant vend une partie de ces positions pour revenir à la pondération cible et redéploie les produits sur des classes d’actifs ou des secteurs sous-représentés.
Lire aussi : Ramify Rebalancing Tool : l’arbitrage optimisé de portefeuille
Les couvertures (hedging)
Les couvertures permettent de réduire l’exposition aux marchés sans liquider les positions en portefeuille.
Un gérant peut acheter des options de vente (put) sur un indice pour protéger le fonds d’une baisse généralisée.
La couverture peut aussi offrir une protection contre les variations de taux de change des monnaies.
Les couvertures ont un coût qui peut réduire la performance si le scénario ne se produit pas, elles sont donc utilisées de manière ciblée.
Pour un investisseur particulier qui pilote lui-même un portefeuille, fixer les règles de pilotage à l’avance réduit l’impact des biais émotionnels sur les décisions.
Vous pouvez par exemple définir :
- Un seuil de rééquilibrage (par exemple, tout écart de plus de 5 points d’une ligne par rapport à votre allocation cible)
- Une fréquence de révision de vos convictions (plusieurs fois par an)
- Une limite de perte maximale par position (exemple : sortir si une ligne perd plus de 20 % depuis votre prix d’achat)
- Etc.
Ces règles ne garantissent pas la performance, mais elles évitent des erreurs fréquentes comme l’inaction face à une position perdante, et la suractivité en période de volatilité.
Les indicateurs de suivi de la gestion active
Nous allons vous présenter 8 indicateurs courants qui permettent d’évaluer la pertinence d'un portefeuille actif :
- La performance annuelle nette de frais
- La volatilité
- Le ratio de Sharpe
- L’alpha
- Le bêta
- Le drawdown
- L’Active Share
- La tracking error
La performance annuelle nette de frais
La performance annuelle nette de frais mesure le rendement réel délivré à l’investisseur après déduction de tous les frais (frais de gestion, commissions de surperformance et coûts de transaction, etc.).
C’est l’indicateur de base pour comparer des fonds entre eux ou avec leur indice de référence. La performance annuelle moyenne doit être analysée sur un cycle complet de marché (3 à 5 ans minimum) pour neutraliser les effets de conjoncture favorable.
La volatilité
La volatilité mesure l’amplitude des fluctuations de la valeur liquidative, elle est exprimée en écart-type annuel.
Exemple : un fonds à 15% de volatilité peut dévier de plus ou moins 15% autour de sa performance annuelle moyenne.
La volatilité permet de comparer le niveau de risque entre fonds d’un même univers et de vérifier qu’un gérant affiché "défensif" affiche bien une volatilité inférieure à celle de son indice.
Le ratio de Sharpe
Le ratio de Sharpe compare le rendement excédentaire du fonds (au-dessus du taux sans risque) avec sa volatilité totale.
Un ratio supérieur à 1 indique que le fonds rémunère correctement l’investisseur pour le risque supposé.
À la différence de l’alpha, il permet de comparer des fonds de classes d’actifs différentes sur une même échelle, sans supposer d’indice de référence commun.
L’alpha
L’alpha mesure la surperformance du fonds par rapport à son niveau de risque.
Un alpha de +2% signifie que le gérant a produit 2 points de performance au-delà du marché (une fois le risque neutralisé).
Un alpha négatif indique que le fonds sous-performe même à niveau de risque comparable.
C’est un indicateur central pour juger si la gestion active crée de la valeur nette.
Un fonds qui dégage un rendement élevé en prenant beaucoup de risques n’est pas nécessairement un bon choix.
Le bêta
Le bêta mesure la sensibilité du fonds aux variations de son indice de référence. Un bêta inférieur à 1 caractérise un fonds défensif, qui atténue les hausses et les baisses du marché.
Un bêta supérieur à 1 caractérise un fonds offensif, qui les amplifie dans les 2 sens.
Le drawdown (chute maximale)
Le drawdown mesure la chute maximale du fonds depuis un pic de valeur liquidative.
C’est l’indicateur de référence pour évaluer la protection du capital en phase de baisse, l’un des objectifs centraux de la gestion active.
Un gérant qui affiche un drawdown identique à celui de son indice lors d’une crise ne protège pas son portefeuille.
L’Active Share
L’Active Share (introduit par Cremers et Petajisto en 2009), mesure le pourcentage du portefeuille qui diffère de l’indice de référence.
Un Active Share de 80% signifie que 80% des positions ou des pondérations s’écartent de l’indice.
En dessous de 60%, le fonds est qualifié de “closet indexer” (indiciel déguisé). Le fonds facture des frais de gestion active, tout en répliquant largement son benchmark.
L’Active Share est un indicateur clé pour distinguer une vraie gestion de conviction d’une gestion simplement benchmarkée.
La tracking error
Le tracking error (écart de suivi) est la volatilité de l’écart de performance entre le fonds et son indice de référence.
Un tracking error de 1% à 3% caractérise un fonds très lié à son benchmark, tandis qu’un tracking error de 5% à 10% est typique d’un fonds de conviction qui prend davantage de paris.
Lire aussi : OPCVM : définition, fonctionnement et comment investir
La diversification actions/obligations via des ETF est un bon point de départ, mais elle ne suffit pas toujours à gérer finement la volatilité ou à optimiser votre couple rendement/risque.
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Nous n'opposons pas gestion passive et gestion active. Nous utilisons les avantages des ETF en termes de frais et de diversification et les combinons avec notre expertise : gestion du risque de change, de concentration sectorielle, arbitrages géographiques …
*Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les 4 critères d’évaluation des fonds actifs
Voici 4 critères complémentaires qui aident à analyser la qualité du fonds d’un gérant actif.
Les notations des fonds
Les sites spécialisés comme Morningstar ou Quantalys synthétisent les performances et les risques des fonds.
Ils fournissent des notations qui peuvent permettre une pré-sélection des fonds. Toutefois, cela reste rétrospectif et cela ne tient pas compte des changements d’équipe, de stratégie, etc.
Soyez vigilants, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
L’équipe de gestion et le processus
La stabilité de l’équipe de gestion d’un fonds est un indicateur complémentaire aux notations.
Un gérant qui pilote le même fonds depuis 10 ans dispose d’un historique solide qui permet d’évaluer ses compétences passées.
De plus, son processus d’investissement doit être documenté (critères de sélection, règles de vente, gestion du risque). Un processus opaque peut être un signal d’alerte.
La liquidité du fonds
La liquidité désigne la facilité à souscrire ou racheter ses parts sans délai, ni impact sur le prix.
Pour les fonds investis sur des actifs peu liquides (small-cap, dette privée, etc.), il y a un risque structurel. En effet, en cas de rachat massif, le gérant vend ses meilleures lignes en premier. Il peut également faire baisser le cours du titre.
Pensez à vérifier la fréquence de valorisation, les conditions de rachat du fonds, et si ce dernier a déjà activé des limitations de vente par le passé.
Généralement, les fonds avec un encours plus élevé offrent une meilleure liquidité que les fonds moins dotés.
Les documents disponibles
Il y a 4 documents indispensables à étudier avant de choisir un fonds :
- Le Document d’Informations Clés (DIC) : objectif, risque, frais, performances passées, etc.
- Le prospectus : politique d’investissement, règles de diversification, etc.
- Le reporting mensuel : composition, performances, commentaire du gérant, etc.
- Le rapport annuel : comptes audités, frais réels, etc.
Un gérant qui ne publie pas de reporting mensuel doit attirer l’attention des épargnants.
Commencez par sécuriser les documents clés.
Rassemblez le DIC, le prospectus, un reporting récent et la grille de frais avant de comparer le fonds à une alternative passive.
Les supports financiers de la gestion active
Voici les principaux véhicules utilisés pour la gestion active.
| Support | Valorisation | Transparence | Frais annuels indicatifs | Enveloppes compatibles |
|---|---|---|---|---|
| OPCVM (SICAV, FCP) | Quotidienne (valeur liquidative J+1) | Mensuelle | 1,35 % à 1,50 % (actions) | Assurance-vie Plan Épargne Actions Compte-Titres Ordinaire Plan Épargne Retraite |
| FIA (hedge funds, Private Equity, SCPI) | Mensuelle à trimestrielle | Limitée | 1,5 % à 2,5 % | CTO AV et PER (selon contrat) |
| Exchange Traded Funds (ETF) actifs | Continue (cotation en Bourse) | Quotidienne | 0,4 % à 0,6 % | CTO PEA (plutôt limité) AV et PER (selon contrat) |
À noter que le PEA est la seule enveloppe contraignante, car elle limite l’accès aux fonds investis à au moins 75% en valeurs européennes. Toutefois, certains fonds internationaux peuvent être éligibles.
Le CTO offre une liberté totale d’univers, mais sans avantage fiscal sur les plus-values.
Pour la gestion pilotée, l’assurance-vie et le PER restent les enveloppes de référence. Ces enveloppes offrent également des avantages fiscaux spécifiques.
Lire aussi : PER en gestion pilotée : Pourquoi et lequel est le meilleur ? (Comparatif et avis)
Les mandats de gestion et la gestion pilotée
Un mandat de gestion est un contrat par lequel l’investisseur délègue la gestion de son portefeuille à un gérant professionnel. Celui-ci prend toutes les décisions d’investissement dans le cadre de directives définies à l’avance (profil de risque, univers d’investissement et objectif de performance).
La gestion pilotée est une version standardisée du mandat, proposée au sein des enveloppes d’épargne (assurance-vie, PER, etc.). L’investisseur choisit un profil (prudent, équilibré, dynamique), et le gérant alloue entre les classes d’actifs selon ce profil.
Elle rend la gestion active plus accessible aux particuliers, sans nécessiter de suivi régulier de la part de l’investisseur.
À noter qu'un gestionnaire peut, dans le cadre d'une gestion pilotée, également avoir recours à des fonds sous-jacents passifs. Sa valeur ajoutée sera alors d'arbitrer entre les différentes thématiques des fonds (secteurs d'activité, zones économiques, etc.).
Lire aussi : Ramify vs Nalo : Quelle gestion pilotée choisir ? (comparatif approfondi)
Les 4 principales enveloppes pour la gestion active
L’enveloppe fiscale dans laquelle est logé un fonds actif détermine 3 paramètres :
- La fiscalité applicable sur les éventuels gains
- L’univers d’investissement accessible
- Les frais d’enveloppe (qui s’ajoutent aux autres commissions)
| Enveloppe | Univers d’investissement | Fiscalité | Frais supplémentaires |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie | Large (selon contrat) Unités de Compte (OPCVM, ETF, SCPI, etc.) + gestion pilotée | Abattement après 8 ans (4 600 / 9 200 €) Prélèvements Sociaux de 17,2 % Abattements sur les droits de succession | 0,5 % à 1 % de frais d’enveloppe en plus des frais des fonds + éventuels frais de gestion pilotée |
| PER | Large selon contrat (unités de compte : OPCVM, ETF, SCPI, etc.) + gestion pilotée | Déduction des versements à l’entrée, fiscalité spécifique en sortie | Frais d’enveloppe selon contrat, frais des fonds + éventuels frais de gestion pilotée |
| PEA | Actions et fonds actions éligibles européens (quelques ETF mondiaux) + gestion pilotée chez certains partenaires | Exonération d’impôt sur le Revenu après 5 ans PS de 18,6 % | Frais de transactions uniquement (avec les plateformes en ligne) + éventuels frais de gestion pilotée |
| CTO | Très large (tous marchés cotés) + gestion pilotée | 31,4 % (Prélèvement Forfaitaire Unique) | Frais de transaction ou courtage + éventuels frais de gestion pilotée ; pas de frais d’enveloppe standard |
Lire aussi : Fiscalité Assurance-vie : tous les détails
Les frais de la gestion active
Investir en gestion active coûte plus cher qu’investir passivement.
4 catégories de frais se cumulent :
- Les frais de gestion récurrents
- Les coûts de transaction liés à la rotation du portefeuille
- Les frais de l’enveloppe ou du mandat
- La commission de surperformance
Voici les frais moyens actuellement observés en France.
| Type de fonds | Frais de gestion | Commission de surperformance |
|---|---|---|
| Fonds actif actions | 1,35 % à 2 % | 0 % à 20 % de la surperformance |
| Fonds actif obligations | 1 % à 2 % | 0 % à 15 % |
| ETF actif | 0,40 % à 0,60 % | Rare |
| Gestion pilotée | 0,50 % à 1,50 % (tout compris) | Rare |
| ETF passif (pour comparatif) | 0,20 % à 0,35 % | Aucun |
Pour 100 000 euros placés à un rendement brut de 7 % par an, un écart de 1 point de frais (7 % brut contre 6 % net de frais) engendre un manque à gagner qui augmente fortement avec l’horizon d’investissement :
Horizon 10 ans : environ 17 630 euros de manque à gagner
- Capital à 7 % brut : 100 000 × 1,07^10 \= 196 715 euros
- Capital à 6 % net : 100 000 × 1,06^10 \= 179 085 euros
Horizon 20 ans : environ 66 254 euros de manque à gagner
- Capital à 7 % brut : 100 000 × 1,07^20 \= 386 968 euros
- Capital à 6 % net : 100 000 × 1,06^20 \= 320 714 euros
Horizon 30 ans : environ 186 876 euros de manque à gagner
- Capital à 7 % brut : 100 000 × 1,07^30 \= 761 226 euros
- Capital à 6 % net : 100 000 × 1,06^30 \= 574 349 euros
Ce calcul illustre l’effet du coût total, c’est la performance nette de frais sur un cycle d’investissement complet qui compte.
Lire aussi : Calculatrice d’intérêts composés : formule, explications et conseils
Mesurer l’impact des frais sur le long terme
Modifiez le capital, le rendement brut, les frais et l’horizon pour comparer deux scénarios nets de frais.
Hypothèses
Résultat
Coût d’opportunité estimé
L’écart dépend surtout du différentiel de frais et de la durée de capitalisation.
Simulation pédagogique hors fiscalité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Quelles sont les performances de la gestion active en 2025 et 2026 ?
Sur le long terme, la gestion active en actions sous-performe ses indices de référence dans une large majorité des cas.
Le bilan est plus nuancé en obligations et sur certains marchés financiers.
La gestion pilotée Ramify délivre des performances exceptionnelles avec des frais compétitifs (1,6 % tout compris) et un univers d'investissement parmi les plus larges du marché : ETF, SCPI et Private Equity.
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*Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
La gestion passive surperforme nettement la gestion active en actions
En Europe, le SPIVA Europe End Year 2025 (S&P Dow Jones Indices) montre que sur 10 ans, 99% des fonds européens ont sous-performé leur indice de référence.
Aux États-Unis, le SPIVA U.S. End Year 2025 confirme la tendance, avec 79% des fonds actions large-cap américains sous-performaient le S&P 500 sur le premier semestre 2025. Ce taux atteint 93% sur 20 ans pour l’ensemble des fonds américains face au S&P 1500 Composite.
Cet avantage de la gestion passive fluctue selon le contexte de marché. Lors des phases de forte dispersion dans certains secteurs, la gestion active peut montrer de meilleurs résultats (sans pour autant battre systématiquement la gestion passive).
Toutefois, l’accumulation des frais de la gestion active efface progressivement les avantages ponctuels sur une longue période.
En obligations, la gestion active sous-performe légèrement
Selon le SPIVA Europe End Year 2025, les fonds obligataires actifs sous-performent dans 86% des cas avec les obligations d’État de la zone euro (sur 10 ans).
Les écarts restent donc légèrement plus faibles qu’en actions. Cela peut s’expliquer car les marchés obligataires offrent davantage d’opportunités à la gestion active que les marchés actions.
La liquidité fragmentée, les segments moins couverts par les indices passifs et la gestion active de la durée permettent à davantage de gérants obligataires de surperformer leur indice.
Focus sur les performances des small-cap et marchés émergents
Ces marchés sont moins couverts par les analystes financiers que les grandes capitalisations mondiales, ce qui peut parfois créer des inefficiences de prix potentiellement exploitables.
Sur les marchés émergents et les small-caps, la connaissance de dynamiques sectorielles locales et l’accès direct aux équipes de direction peuvent représenter des avantages comparatifs réels pour un gérant actif spécialisé.
Sur les small-caps, le Morningstar Active / Passive Barometer confirme que la gestion active reste minoritaire, mais parfois plus compétitive que sur les grandes capitalisations.
Voici les statistiques de performance des gérants actifs de fonds small caps par rapport à leur indice de référence (sur 10 ans) :
- Europe : plus de 80% sous-performent
- USA : près de 77% sous-performent
Pour les marchés émergents, le constat est plus sévère sur longue période. Sur 10 ans, plus de 80% des fonds actifs émergents sous-performent leur indice de référence (à fin 2025).
Part des fonds actifs qui ne battent pas leur indice
| Univers | Période | Taux | Indice | Source |
|---|---|---|---|---|
| Actions Europe | 10 ans | 99 % | S&P Europe 350 | SPIVA Europe YE 2025 |
| Fonds actions US | 20 ans | 93 % | S&P Composite 1500 | SPIVA U.S. MY 2025 |
| Obligations zone euro | 10 ans | 86 % | iBoxx EUR Sovereigns | SPIVA Europe YE 2025 |
| Small caps Europe | 10 ans | 82 % | Indice small caps Europe | Morningstar APB H1 2026 |
| Marchés émergents | 10 ans | 80 % | Indice actions émergentes | Morningstar APB H1 2026 |
| Large-cap US | S1 2025 | 79 % | S&P 500 | SPIVA U.S. MY 2025 |
| Small caps USA | 10 ans | 77 % | Indice small caps USA | Morningstar APB H1 2026 |
Les statistiques SPIVA mesurent la sous-performance des fonds actifs par rapport à leurs indices. Elles ne précisent pas que ces indices sont eux-mêmes de plus en plus concentrés.
En 2024, les 10 plus grandes capitalisations du S&P 500 représentaient près de 40 % de l’indice, un niveau record depuis les années 1970.
Un gérant actif qui répartit plus uniformément ses positions sous-performe mécaniquement l’indice de marché lors des phases de hausse des méga-capitalisations.
Il peut en revanche mieux protéger le portefeuille lors des corrections de ces mêmes valeurs. La comparaison actif / passif doit se faire en prenant en compte ce biais de concentration.
Quels sont les risques spécifiques de la gestion active ?
La gestion active concentre plusieurs risques qui sont absents de la gestion indicielle (passive) :
- La dérive de style (style drift)
- Le risque de concentration et de liquidité
- Le risque de capacité
- L’asymétrie frais / valeur ajoutée
- Le risque comportemental et le timing
- Les biais comportementaux du gérant professionnel
À noter que ces risques sont cumulatifs et s’ajoutent au risque de marché habituel.
La dérive de style (style drift)
La dérive de style se produit quand un gérant s’écarte progressivement de son mandat initial.
Exemple : un fonds “value” qui achète des titres growth, ou un fonds “actions européennes” qui augmente son exposition aux États-Unis.
Il est important d'analyser régulièrement le portefeuille d'un gérant actif afin de vérifier sa composition
Le risque de concentration et de liquidité
Un fonds concentré sur 20 à 30 lignes est plus exposé à la chute d’un titre individuel qu’un fonds diversifié sur 100 valeurs.
Les fonds actifs qui investissent dans des titres peu liquides (small-caps, obligations high yield, dette privée, etc.) peuvent être contraint de vendre à perte, ou de suspendre temporairement les rachats.
Le risque de capacité
Quand un fonds performe bien, il attire de nouveaux capitaux. Or un fonds trop doté perd en agilité car il ne peut plus investir dans les small-caps sans créer un impact de marché significatif.
Ainsi, ses convictions se diluent sur davantage de lignes, et le portefeuille converge mécaniquement vers l’indice.
Le succès d’un fonds actif peut ainsi devenir son propre frein à la performance future.
L’asymétrie entre les frais et la valeur ajoutée
Il s'agit d'un risque structurel car les frais sont certains (prélevés quoi qu’il arrive), mais la surperformance est incertaine.
Un fonds actif qui prélève 1,5% par an doit générer au minimum 1,2% à 1,4% de surperformance brute chaque année simplement pour égaliser un ETF passif (trackers) équivalent facturé 0,10% à 0,30%.
Sur une longue période, cette contrainte est difficile à surmonter de façon consistante.
Le risque comportemental et le timing
L’investisseur particulier qui entre ou sort d’un fonds actif en réaction aux performances passées amplifie son propre risque. En effet, il achète généralement après une forte hausse et vend après une forte baisse. La performance affichée par le fonds est donc structurellement différente de la performance réellement encaissée.
Cette divergence est mesurée par le dollar-weighted return (rendement pondéré par les flux), systématiquement inférieur au time-weighted return publié dans les documents officiels, parce qu’il intègre les erreurs de timing des investisseurs.
Les biais comportementaux du gérant professionnel
Les gérants professionnels ne sont pas protégés contre les biais cognitifs humains.
Nous observons 3 principaux biais en finance comportementale :
- La surconfiance : les gérants surestiment statistiquement la précision de leurs prévisions et leur capacité à éviter les mauvais titres. Ce biais conduit à des portefeuilles sur-concentrés ou à un turnover trop élevé, qui génère des frais de transaction excessifs.
- Le biais d’ancrage : le gérant reste attaché à son prix d’achat initial et hésite à vendre un titre en perte même lorsque la thèse d’investissement ne tient plus. Ce biais conduit à conserver des positions perdantes trop longtemps.
- Le herding : sous pression de performance relative, de nombreux gérants convergent vers les mêmes positions que leurs pairs. Ce comportement réduit la diversification effective du marché et amplifie les corrections lorsque tous les fonds vendent simultanément les mêmes titres.
Conclusion
La gestion active mise sur l’expertise d’un gérant (ou d’un investisseur) pour choisir les titres (stock picking) ou les fonds qui vont permettre de générer une certaine performance (offensive ou défensive), et généralement battre un indice de référence.
Les principaux leviers de la gestion active sont :
- La sélection de titres
- L’allocation entre classes d’actifs
- Les choix sectoriels et géographiques
- La gestion du cash et des couvertures
Comme évoqué dans l'article, les gérants actifs professionnels sous-performent leur indice de référence. L’écart de performance provient à la fois de la sélection des titres, et de l’accumulation des frais sur une longue période.
En revanche, la gestion active peut garder un intérêt sur les marchés obligataires, les small-caps et certains marchés émergents peu couverts par les analystes. Sur les grandes capitalisations américaines et européennes, la gestion passive reste statistiquement le choix le plus rationnel.
Une stratégie d’investissement active ne justifie ses frais que si elle démontre une surperformance nette récurrente ou une protection effective dans les phases de baisse.
À défaut, le coût d'un fonds indiciel (ETF) équivalent (0,05 à 0,35% par an) est presque toujours préférable à celui d'un fonds actif moyen (1,5 à 2,5% par an).
Vérifier régulièrement le tracking error et la composition du fonds. Un écart croissant par rapport au prospectus signale une dérive de style qui modifie votre exposition sans que vous l’ayez décidé.
Privilégier les fonds gérés par une équipe plutôt que par un seul gérant. La dépendance à un individu est un risque supplémentaire.
Enfin, la gestion pilotée permet de limiter les risques liés aux biais comportementaux et aux émotions.
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