Lire aussi : Comment choisir son PER ?
Combien verser mensuellement dans son PER : méthode de calcul en 4 étapes
Votre versement mensuel cible sur le PER se calcule en 4 étapes :
- Déterminer à partir de vos revenus et de vos dépenses la somme maximale que vous pouvez allouer à la préparation de votre retraite sans déséquilibrer votre budget
- Comparer l’avantage fiscal éventuellement obtenu via le PER à d’autres enveloppes d’investissement
- Vérifier que vous respectez bien les plafonds utiles du PER
- Ajuster le montant selon votre âge et votre objectif de revenu
Votre versement mensuel cible sera alors le montant le plus petit dégagé sur une de ces étapes.
Il est également important de calculer votre effort d’épargne réel : les versements mensuels moins l'économie d'impôt annuelle estimée divisée par 12. C'est ce montant, et non le versement brut, qui pèse réellement sur votre budget à l’échelle d’une année.
Étape 1 : déterminer sa capacité d'épargne immobilisable
Votre capacité d'épargne immobilisable est la somme que vous pouvez investir en vue de votre retraite sans fragiliser votre situation financière.
Elle doit d’abord être cohérente avec vos revenus déduits de vos dépenses, mais aussi avec le reste de vos projets qui nécessitent de l’épargne.
Ces versements seront bloqués jusqu’à votre retraite et les conditions pour les libérer pour d’autres projets sont restrictives et souvent défavorables fiscalement si vous liquidez votre PER en une fois.
L’investissement dans un PER ne doit pas nuire à l’épargne de précaution, ni à d’autres projets à plus court terme (achat immobilier, projet professionnel…)
Pour déterminer ce montant, vous devez donc prendre en compte :
- Votre revenu net mensuel
- Vos charges fixes et variables
- Vos autres projets à financer avant la retraite
- La nécessité de constituer au préalable une épargne de précaution avant d’investir à long terme
Vos revenus déduits de tous ces postes constituent votre capacité d’épargne immobilisable.
Étape 2 : vérifier l’intérêt fiscal du PER
Par rapport à d’autres enveloppes d’investissement, le principal intérêt du PER est que vous pouvez déduire vos versements de votre revenu imposable.
Or cet avantage dépend de votre Tranche Marginale d'Imposition : plus elle est élevée, plus la déduction rapporte.
À noter que la déduction réduit votre revenu imposable, ce n'est donc pas une réduction d'impôt. Votre économie dépend donc directement de votre tranche du Barème Impôt sur le Revenu.
Exemples d’économie d’impôt :
- 100 euros par mois à une TMI de 30% représentent 1 200 euros versés sur l'année, environ 360 euros d'économie d'impôt, soit un effort net d'environ 70 euros par mois.
- 300 euros par mois à une TMI de 30% représentent 3 600 euros versés, environ 1 080 euros d'économie, soit un effort net d'environ 210 euros par mois.
- 500 euros par mois à une TMI de 41% représentent 6 000 euros versés, environ 2 460 euros d'économie, soit un effort net d'environ 295 euros par mois.
Exemple de calcul de réduction d’impôt : un revenu imposable de 90 000 euros (TMI 41%) est ramené à 70 000 euros par un versement de 20 000 euros.
La première part (jusqu'à 84 578 euros) est déduite à 41%, le reste à 30%, soit une économie de 6 596 euros, c'est-à-dire un taux moyen d'environ 33%, et non pas 41%.
Le PER est peu avantageux pour les Tranches Marginales d'Imposition de 11% ou 0%
Avec une TMI de 0% ou 11%, l'intérêt fiscal du versement sur le PER est faible ou nul, sachant que cela implique un blocage des fonds.
Dans ces cas, il vaut mieux envisager une enveloppe plus souple comme l'assurance-vie ou le PEA afin de disposer de votre épargne quand vous le souhaitez.
Le PER est surtout avantageux tant que votre TMI à la sortie est inférieure ou égale à votre TMI à l'entrée.
Exemple : si durant votre vie active vous avez déduit à 30% à l'entrée de votre PER, et que votre TMI tombe à 11% à la retraite, vous ne serez imposé qu'à 11% sur la part des versements (à condition que les retraits n’excèdent pas cette TMI).
Lire aussi : Fiscalité du PER : versements, déduction, sortie, plafond
L’avantage fiscal du PER a moins d’intérêt si vous n’anticipez pas de baisse de revenu à la retraite
L’avantage fiscal à l’entrée n'est pas un gain net : c'est un report d'impôt.
Le capital versé est réintégré au barème de l'impôt sur le revenu au moment de la sortie, à la TMI applicable ce jour-là. Si cette TMI de sortie est identique à votre TMI actuelle, l'économie d'impôt obtenue à l'entrée est intégralement reprise à la sortie, l'opération est fiscalement neutre sur le capital initial, et le seul bénéfice net possible vient de la performance financière du contrat, pas de la fiscalité elle-même.
Cependant, même à TMI constant, investir dans un PER peut avoir un intérêt à long terme à condition d’être discipliné et de réinvestir l’économie d’impôt obtenue dans votre PER. L’économie d’impôt va elle-même profiter des intérêts composés sur plusieurs années.
2 scénarios spécifiques où l’avantage fiscal du PER peut être particulièrement pertinent
L'avantage fiscal du PER est moins contraignant à l'approche de la retraite. À 60 ans par exemple, l'illiquidité du PER ne porte plus que sur quelques années avant la retraite : pour une épargne excédentaire, l'économie d'impôt immédiate devient plus facile à accepter puisque le blocage est court.
Un pic de revenu ponctuel (prime, cession …) se prête également bien au rattrapage de plafond. Si le plafond PER n'a pas été utilisé les années précédentes, un versement de rattrapage permet de consommer jusqu'à 5 ans de plafond d'un coup, au moment précis où le TMI est le plus élevé, donc où l'économie d'impôt est la plus rentable.
Étape 3 : vérifier que vous respectez le plafond de déduction
L’avantage fiscal du PER est plafonné. Votre plafond de déduction figure sur votre avis d'impôt, à la rubrique “Plafond épargne retraite”, qui cumule le plafond de l'année et les reliquats non utilisés des années précédentes.
Si vos besoins d’épargne retraite sont très importants, on utilisera le PER uniquement dans la limite du plafond, et d’autres enveloppes fiscales au-delà.
Ne confondez pas le plafond de versement et le plafond de déduction, en effet, vous pouvez verser davantage sur le PER, mais le surplus n'est pas déductible.
Focus sur le plafond de déduction du salarié
Pour les versements 2026, le plafond de déduction du salarié est de 10% de vos revenus 2025, avec un maximum de 37 680 euros.
Le montant plancher de déduction est de 4 710 euros, il se calcule selon le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) de l'année précédente (10% x 47 100 euros).
Focus sur le plafond de déduction de l'indépendant
Pour les versements 2026, le plafond de déduction de l'indépendant est de 10% du bénéfice imposable dans la limite de 8 fois le PASS + 15% de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, jusqu'à un maximum de 88 911 euros.
Le montant plancher de déduction est de 4 806 euros, calculé sur le PASS de l'année en cours (10% x 48 060 euros).
Lire aussi : Plafond épargne retraite : calcul et optimisation de la déduction fiscale
Étape 4 : ajuster selon l'âge, l'horizon de placement et l'objectif de revenu
À partir d’un montant de capital dont vous évaluez avoir besoin à la retraite, votre horizon de placement détermine le montant à épargner. Plus il est lointain, plus un petit versement suffit grâce aux intérêts composés (les gains produisant eux-mêmes des gains).
Si vous commencez plus tard, il faudra verser davantage ou viser un objectif de capital retraite plus modeste.
Lire aussi : Calculatrice intérêts composés : formule, explications et conseils
Il existe un second élément d’analyse : l'écart entre votre future pension retraite et le revenu que vous visez à la retraite.
Pour un salarié du privé à carrière complète et à revenu proche de la moyenne, le taux de remplacement net médian, c'est-à-dire le rapport de la première pension au dernier salaire, ressort de l'ordre de 75% (DREES, édition 2025).
Pour un cadre du privé, ce taux tombe à environ 50%, car la retraite de base est plafonnée, et le régime complémentaire des salariés du privé offre un rendement plus faible sur la part du salaire comprise entre 1 et 8 PASS. Ainsi, plus la part de votre revenu dépassant le plafond est élevée, plus l'écart à combler par votre épargne est important.
Cet écart annuel à combler, divisé par le taux de conversion en rente, donne le capital cible. En ramenant ce dernier à votre horizon de placement, vous obtenez votre versement mensuel.
Exemples chiffrés de versements mensuels sur le PER
Voici 4 exemples de profils chiffrés avec l'effort d’épargne net d’impôt.
Plafonds calculés sur une hypothèse de revenu :
- Salarié : 10% du revenu net imposable, avec un plancher de 4 710 euros et un plafond de 37 680 euros en 2026
- TNS : 10% du bénéfice + 15% de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS
Focus sur les petits budgets
Pour les petits budgets, quelques dizaines d’euros par mois sont utiles, même si l'avantage fiscal reste modeste. L'intérêt principal est la régularité et de créer l’habitude d’épargner pour la retraite. D’autant qu’avec un horizon long, l’effet boule de neige (les intérêts composés) est démultiplié.
Toutefois, il est important de commencer par l’épargne de précaution (3 à 12 mois de dépenses selon votre situation) avant de bloquer des fonds pour la retraite.
Faut-il toujours déduire les versements sur le PER ?
Par défaut, vos versements volontaires sont déductibles, mais vous pouvez toutefois renoncer à cette déduction en l’indiquant à votre gestionnaire au moment de chaque versement.
Ne pas déduire n'a de sens que si vous voulez centraliser votre épargne sur le PER, pour la simplicité de gestion, ou parce que vous êtes déjà engagé dans cette enveloppe et ne voulez pas la multiplier.
Dans cette configuration uniquement, choisir de ne pas déduire ses versements peut avoir un intérêt dans quelques scénarios :
- Vous êtes un jeune actif en début de carrière ou parent d’une famille nombreuse dont le salaire va progresser avec le temps. Votre TMI sera donc plus élevé à la retraite qu’aujourd’hui.
- Vous anticipez une sortie en capitale massive sur 1 seule année. Si vous choisissez de déduire les versements, ces derniers seront fiscalisés en une fois au moment de la sortie (potentiellement sur des tranches marginales élevées).
A partir du moment où vous acceptez d’avoir d’autres enveloppes d’investissements aux côtés de votre PER, il est quasiment toujours plus avantageux de favoriser une assurance-vie ou un PEA plutôt que d’effectuer des versements non déductibles.
Quel rythme de versement choisir : mensuel ou ponctuel ?
Le versement mensuel programmé et le versement ponctuel répondent à 2 stratégies distinctes.
Le versement mensuel programmé installe une discipline d'épargne. Il automatise votre épargne car la même somme est placée chaque mois, sans décision à prendre. Il lisse aussi vos points d’entrée (notamment sur les marchés boursiers) puisque vous investissez à intervalles réguliers quelles que soient les conditions (méthode DCA). C'est le rythme le plus adapté pour investir de manière passive sans avoir à y penser chaque mois.
Le versement ponctuel permet d’ajuster son épargne au plafond de déduction. En fin d'année, une fois vos revenus et votre plafond connus, un complément de versement vous permet d'utiliser le plafond disponible, et d’éventuellement maximiser votre déduction sur votre TMI réelle.
Le mieux est souvent de combiner les 2 modes de versement et d’ajuster en fin d’année selon vos revenus réels de l’année écoulée.
Lire aussi : Frais du PER : fonctionnement et comparatif
Combien verser selon votre âge ?
Plus vous êtes jeune, plus un petit pourcentage de vos revenus suffit à constituer un capital important, notamment grâce aux intérêts composés.
À l’inverse, plus vous vous approchez de la retraite, plus l'effort d’épargne doit augmenter.
Lire aussi : Préparer sa retraite à 40 ans : stratégies et erreurs à éviter
Combien placer pour obtenir 300 euros, 500 euros ou 1 000 euros de rente par mois ?
Pour obtenir une rente mensuelle précise, il existe 2 principales étapes :
- Déterminer un capital cible
- Calibrer le versement mensuel qui permet d’atteindre ce capital (soit via la conversion du PER en rente viagère ou une réallocation vers des placements qui rapportent mensuellement).
Par souci de simplicité dans cette partie, on fait l’hypothèse que vous choisissez une sortie en rente viagère mais cette option n’est généralement pas la plus avantageuse pour l’investisseur.
Lire aussi : PER : choisir la sortie en rente ou en capital
Étape 1 : quel capital faut-il viser ?
Comptez environ 90 000 euros pour 300 euros de rente par mois, 150 000 euros pour 500 euros mensuels, et 300 000 euros pour 1 000 euros par mois (avec un taux de conversion de 4%).
Pour obtenir ces chiffres, nous avons retenu un taux de conversion de 4%, c’est-à-dire qu’un capital de 100 000 euros produit environ 4 000 euros de rente annuelle (pour un départ en retraite à 65 ans et sans réversion).
La rente viagère (le revenu versé à vie en échange de votre capital) dépendra alors de :
- Votre âge au démarrage de la rente
- De la table de mortalité de l’assureur (arrêté du 1er août 2006)
- Du taux technique Code des assurances (article A132-1)
- Des frais du contrat
- D’une éventuelle réversion au conjoint
- De la fiscalité de la rente
Un même capital ne donne donc pas la même rente d’un contrat à l’autre.
Étape 2 : combien verser par mois pour l’atteindre ?
Le versement à programmer dépend de votre âge de début de versement et du rendement net de votre épargne.
Nous retenons ici un rendement net de 6% par an, un taux de conversion en rente de 4%, et un départ en retraite à 65 ans.
Exemple : préparer une future rente de 500 euros par mois (6 000 euros par an) avec un début de versement à l’âge de 35 ans.
Le capital cible est donc de 150 000 euros (6 000 / 4%), 4% étant le taux de conversion en rente.
Pour constituer 150 000 euros en 30 ans (65 ans - 35 ans), avec un rendement net de 6%, il faut verser environ 154 euros par mois.
Les intérêts composés apportent le complément, soit près de 94 600 euros d’intérêts sur environ 55 400 euros versés.
Lire aussi : Frais du PER : Fonctionnement et comparatif
Peut-on verser plus que son plafond PER ?
Oui, il n'existe pas de plafond légal de versement volontaire sur un PER, vous pouvez verser autant que vous le souhaitez.
Ce plafond de versement est à distinguer du plafond de déduction, qui limite seulement la part de vos versements déductible de votre revenu imposable.
Au-delà de votre plafond de déduction, le versement reste utile pour préparer la retraite, mais il perd l'avantage fiscal à l'entrée. Toutefois, la part non déduite n'est pas réimposée à la sortie, seuls les gains le sont.
Si vous pensez que vous aurez besoin de votre épargne avant la retraite, il est recommandé de privilégier l'assurance-vie et le Plan d'Épargne en Actions (PEA) afin de garder votre épargne disponible, là où le PER la bloque jusqu'à la retraite.
Lire aussi : PER ou Assurance-vie : comment choisir ?
Quel est le montant minimum pour ouvrir ou alimenter un PER ?
Il n'existe pas de montant minimum légal pour ouvrir ou alimenter un PER. Les seuils dépendent uniquement du contrat choisi.
En pratique, chaque banque ou assureur fixe ses propres minimums de versement initial, programmé ou ponctuel, de quelques dizaines à quelques centaines d'euros.
En savoir plus : Meilleur PER : Comparatif des contrats du marché
3 astuces pour optimiser ses versements
Voici 3 leviers qui permettent d'optimiser vos versements sur votre PER :
- Mutualiser le plafond du foyer familial
- Profiter de l'abondement de l'employeur
- Optimiser le plafond du PER des travailleurs indépendants
Mutualiser le plafond du foyer familial
Un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune peut additionner ses plafonds de déduction.
Le plafond non utilisé de l'un profite alors à l'autre. Pour cela, il faut cocher la case 6QR de la déclaration de revenus.
Cette mutualisation est utile quand l'un des conjoints a épuisé son plafond et que l'autre dispose d'un plafond disponible, les versements deviennent déductibles sur le plafond cumulé du foyer.
Focus sur le plafond des enfants majeurs rattachés au foyer fiscal
Un enfant majeur rattaché à votre foyer fiscal dispose de son propre plafond : 10% des revenus d'activité professionnelle (dans la limite de 8 x PASS), ou 10% du PASS si cela est plus favorable.
Les versements faits sur son PER sont déductibles du revenu du foyer et n'entament pas le plafond des parents.
À noter que depuis le 1er janvier 2024, il n'est plus possible d'ouvrir un PER pour un enfant mineur, ni de verser sur un PER enfant mineur déjà existant.
Profiter de l'abondement de l'employeur sur le PER entreprise
Si vous avez accès à un PER d'entreprise avec abondement, priorisez-le avant le PER individuel.
Sur un PER d'entreprise, dit PER collectif ou PERECO, l'abondement est le complément versé par l'employeur en plus de votre propre versement. Il s’agit donc d’un rendement immédiat supplémentaire.
Enfin, l'abondement, l'intéressement et la participation versés sur un PER collectif ont leurs propres plafonds et n'entament pas le plafond de déduction de vos versements volontaires sur un PER individuel.
L'abondement est plafonné à 3 fois votre versement, et à 16% du PASS, soit 7 689,60 euros en 2026.
Lire aussi : Épargne salariale : Guide, fonctionnement, déblocage, imposition, quel placement choisir
Optimiser le plafond du PER des travailleurs indépendants
Comme évoqué précédemment, le plafond de déduction des TNS est plus élevé que celui des salariés.
Pour les versements 2026, il atteint 10% du bénéfice imposable, dans la limite de 8 PASS + 15% de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, soit un maximum de 88 911 euros et un minimum de 4 806 euros.
Les TNS peuvent ajuster leurs versements selon les plafonds déjà utilisés et leur niveau de bénéfice.
Les travailleurs indépendants peuvent ainsi davantage placer sur leur PER afin de compenser la baisse de revenus plus importante que celle des salariés lors de la retraite.
Lire aussi : Retraite indépendant (TNS) : calculer, compléter et la préparer
Quand faut-il éviter d'augmenter ses versements PER ?
Augmenter ses versements sur le PER n'est pas toujours pertinent, notamment dans ces cas de figure :
- Votre épargne de précaution est insuffisante (privilégiez d’abord les livrets bancaires)
- Vous avez une dépense importante à court / moyen terme (privilégiez les enveloppes plus souples)
- Vous avez une Tranche Marginale d’Imposition faible avec un horizon de sortie incertain (privilégiez les enveloppes plus souples)
- Votre plafond de déduction est déjà dépassé (orientez-vous vers d’autres types d’enveloppes comme le PEA)
- Votre Plan d’Épargne Retraite est peu compétitif : frais élevés, fonds peu performants, etc. (changez de partenaire)
À noter qu’un retrait massif du PER (pour l’achat d’une résidence principale par exemple) peut vous faire changer de tranche d'imposition, et donc coûter plus cher que l'économie d'impôt obtenue à l'entrée.
Exemple : un célibataire au revenu imposable de 50 000 euros, soit une TMI de 30%, débloque 100 000 euros de versements déduits pour sa résidence principale.
Ces 100 000 euros généreront environ 37 200 euros d'impôt (soit un taux moyen de 37%), à cause du passage à la tranche de 41%, contre environ 30 000 euros d'économie d’impôt obtenue à l'entrée s'ils avaient été déduits à 30%.
Le retrait en une fois coûte donc près de 7 200 euros de plus que l'avantage initial.
À noter qu’il existe 2 principaux mécanismes qui atténuent ce risque fiscal :
- Le système du quotient : limite la hausse d'impôt due à ce revenu exceptionnel
- La sortie fractionnée sur plusieurs années : permet d’étaler le capital pour limiter le saut de tranche.
Lire aussi : PER ou PEA : comparatif pour bien choisir
Conclusion
Le bon montant à verser chaque mois sur un PER est celui que vous pouvez immobiliser jusqu’à la retraite, pas le maximum déductible.
Ce montant de versement idéal doit être ajusté selon votre tranche d’imposition, votre plafond de déduction disponible et votre horizon de placement.
Voici 4 éléments pour déterminer combien placer sur votre PER :
- Déterminer votre capacité d’épargne immobilisable, une fois l’épargne de précaution et les projets à court / moyen terme sécurisés
- Trouver votre tranche marginale d’imposition, qui détermine l’intérêt de la déduction
- Trouver votre plafond de déduction disponible (indiqué sur votre avis d’impôt)
- Votre âge et votre horizon de placement, qui fixent l’effort à fournir
Pour rappel, l’avantage fiscal du PER est généralement plus marqué à partir d’une tranche marginale de 30%, mais il peut rester pertinent à 11% selon l’horizon, si vous bénéficiez d’un abondement employeur ou d'une tranche de sortie plus basse.
Pour rappel, le gain réel dépend aussi du rendement net de frais des actifs choisis dans le PER, de la durée de placement et des prélèvements sociaux sur les gains.
Comme évoqué, pour déterminer un objectif de rente, il faut raisonner en capital, à savoir environ 90 000 euros, 150 000 euros ou 300 000 euros pour viser 300 euros, 500 euros ou 1 000 euros de rente par mois (avec un taux de conversion de rente de 4%).
Pour terminer, en fin d’année, vérifiez votre plafond restant et votre TMI de l'année pour effectuer un éventuel versement ponctuel. Ajustez votre versement programmé si vos revenus ou vos projets ont changé.
FAQ
Quelle somme mettre sur un PER ?
La bonne somme est celle que vous pouvez bloquer jusqu’à la retraite, sans fragiliser votre épargne de précaution.
Un repère courant se situe entre 5% et 15% des revenus nets, à moduler selon votre tranche d’imposition, votre plafond de déduction disponible et votre horizon de placement.
Combien mettre sur un PER par mois ?
Le montant mensuel à placer sur le PER varie selon le revenu et la tranche d’imposition, et votre âge. Cela va de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros par mois. Vous pouvez aussi diviser votre plafond annuel disponible par 12 (à condition de ne pas dépasser votre capacité d’épargne immobilisable).
Ce type de versement mensuel installe une discipline d’épargne et lisse vos points d’entrée sur les marchés.
Combien verser sur un PER pour réduire ses impôts ?
Pour maximiser l’économie d’impôt, versez jusqu’à votre plafond de déduction, sans le dépasser, au-delà, le surplus n’est plus déductible.
L’économie est égale au montant versé multiplié par votre TMI : 1 000 euros versés font économiser 300 euros à une TMI de 30% et 410 euros à 41%.
Pour rappel, l’intérêt fiscal devient réel à partir d’une TMI de 30%.
Peut-on verser plus que le plafond PER ?
Oui, il n’existe aucun plafond légal de versement volontaire sur un PER.
Seule la déductibilité est plafonnée : au-delà de votre plafond de déduction, vous pouvez continuer à verser, mais le surplus n’allège pas votre revenu imposable.
Où trouver son plafond PER ?
Votre plafond de déduction figure sur votre avis d’impôt, à la rubrique “Plafond épargne retraite”.
Ce montant cumule le plafond de l’année et les reliquats non utilisés des années précédentes.
Faut-il verser tous les mois ou en fin d’année ?
Les 2 stratégies se combinent. Le versement mensuel programmé automatise l’épargne et lisse vos points d’entrée sur les marchés ; le versement ponctuel de fin d’année ajuste précisément au plafond et à la TMI une fois vos revenus connus. Le plus efficace est un mensuel régulier, complété par une revue avant le 31 décembre.
Quel est le versement minimum sur un PER ?
Il n’existe pas de minimum légal pour ouvrir ou alimenter un PER. Chaque banque ou assureur fixe ses propres seuils de versement initial, programmé ou ponctuel, de quelques dizaines à quelques centaines d’euros.
Le PER est-il intéressant avec une TMI à 11% ?
Avec une TMI à 11%, il est assez peu intéressant car la déduction ne rapporte que 11% du montant versé, alors que les fonds restent bloqués jusqu’à la retraite.
À ce niveau d’imposition, une enveloppe plus souple comme l’assurance-vie ou le PEA est souvent préférable.
Pour rappel, le PER ne redevient pertinent que si votre TMI à la sortie reste inférieure ou égale à celle de l’entrée.
L’argent versé sur un PER est-il vraiment bloqué jusqu’à la retraite ?
Oui par principe, mais il existe 6 cas de déblocage anticipé :
- Achat de la résidence principale
- Invalidité
- Décès du conjoint ou partenaire de PACS
- Fin de droits au chômage
- Surendettement
- Cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire
En dehors de ces situations, l’épargne reste indisponible jusqu’à la retraite. C’est pourquoi le PER ne remplace pas une épargne de précaution, et n’est pas adapté aux autres projets de vie.
La fiscalité de sortie annule-t-elle l’avantage fiscal obtenu à l’entrée ?
Non, tant que votre tranche d’imposition à la sortie est inférieure ou égale à celle de l’entrée. L’avantage vient de cet écart de taux, et surtout du report d’imposition pendant toute la phase d’épargne qui permet d'accélérer l'effet boule de neige (intérêts composés).
Le risque principal est un retrait massif en capital, qui peut faire bondir votre revenu imposable, et donc vous faire sauter de tranche d'imposition. Une sortie fractionnée permet de l’éviter.

