Stratégie, bilan, gestion et ingénierie patrimoniale : quelles différences ?
Voici les différences entre ces 4 notions complémentaires :
- Le bilan patrimonial est la photographie de votre situation
- La stratégie patrimoniale est le plan d’action
- La gestion de patrimoine est la démarche d’ensemble du bilan et de la stratégie patrimoniale
- L’ingénierie patrimoniale est le volet plus technique de la gestion de patrimoine
Qu’est-ce que le bilan patrimonial ?
Le bilan patrimonial ou audit patrimonial est la photographie (le diagnostic) de votre situation à un instant donné.
Il permet de répondre à la question “quelle est ma situation actuelle ?” :
- Quels sont vos actifs ? Le patrimoine que vous possédez (immobilier, placements, investissements financiers, cryptomonnaies , etc.)
- Quel est votre passif ? Vos dettes (bancaires ou familiales)
- Quels sont vos revenus ? Salaires, dividendes, rentes, loyers perçus, etc.
- Quelles sont vos charges ? Dépenses mensuelles, loyer, mensualité de crédit, etc.
- Quelle est votre fiscalité ? Votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI), êtes-vous assujetti à l’impôt sur la fortune immobilière ?
- Quel est votre régime matrimonial ? Séparation de biens, biens communs, etc.
- Quels sont vos objectifs de vie : achat immobilier, études des enfants, année sabbatique, départ en retraite anticipé, etc.
Lire aussi : Bilan patrimonial : pourquoi et comment faire ?
Qu’est-ce que la stratégie patrimoniale ?
La stratégie patrimoniale est le plan d’action qui découle du bilan patrimonial. Elle permet de décider et d’agir.
La stratégie patrimoniale permet de répondre à la question “que faire, et dans quel ordre ?” :
- Fixer les priorités et poser un calendrier dans le financement des projets
- Définir l’allocation idéale (fonds sécurisés, immobilier, Bourse , Private Equity , etc.)
- Choisir les enveloppes ( assurance-vie , PEA , PER , etc.)
Qu’est-ce que la gestion de patrimoine ?
La gestion de patrimoine est la démarche d’ensemble qui englobe les 2 précédentes notions (bilan patrimonial et stratégie patrimoniale).
Elle recouvre ces éléments :
- Le conseil (en investissement, en fiscalité, etc.)
- La mise en œuvre concrète des décisions (le choix des actifs, des enveloppes, etc.)
- Leur suivi dans la durée selon les événements de vie
Qu’est-ce que l’ingénierie patrimoniale ?
L’ingénierie patrimoniale est le volet le plus technique de cette gestion. Elle n’intervient que lorsqu’une problématique avancée le justifie, pas pour tous les patrimoines.
Elle mobilise le droit (civil, fiscal, des sociétés, etc.) afin de structurer les situations complexes :
- Démembrement (séparation de l’usufruit et de la nue propriété)
- Holding patrimoniale
- Pacte Dutreil (avantage fiscal à la transmission d’entreprise)
- Etc.
Lire aussi : Ingénierie patrimoniale : définition et quand est-ce pertinent ?
Pourquoi construire une stratégie patrimoniale ?
Une stratégie patrimoniale permet d’éviter l’accumulation de produits financiers sans plan d’ensemble. Elle offre une cohérence dans les décisions d'investissement, notamment pour :
- Limiter l’épargne dormante : conserver uniquement l’épargne de précaution (et de court terme) sur des livrets, et investir le surplus sur des supports avec un couple rendement / risque plus élevé.
- Coordonner ses différents objectifs : sécurité, rendement, immobilier, retraite, études des enfants, transmission.
- Souscrire à des produits financiers cohérents qui suivent une logique d’ensemble et remplissent chacun une fonction (apport pour un projet immobilier, retraite, etc.).
- Diversifier les risques avec des sous-jacents différents qui ne fluctuent pas au même rythme (obligations d’État, actions monde, immobilier SCPI , Private Equity , etc.). Cela permet de réduire la volatilité globale du patrimoine des investisseurs.
- Etc.
Les décisions d’investissement prises dans le cadre d’une stratégie patrimoniale sont cohérentes avec :
- Les objectifs de vie de l’épargnant
- L’allocation d’actifs personnalisée de l’épargnant
- Son niveau de fiscalité
- Ses éventuels projets de transmission
- Etc.
Lire aussi : L’épargne moyenne des Français (par âge, taux, montant moyen, chiffres INSEE…)
Qui devrait mettre en place une stratégie patrimoniale ?
Tous les profils sont concernés, à chaque étape de la vie (peu importe la taille du patrimoine), par exemple :
- Le jeune actif : structurer sa première épargne et profiter du temps long (effet boule de neige), etc.
- Le cadre : optimiser sa fiscalité et faire travailler une capacité d’épargne élevée, etc.
- La famille : protéger le conjoint, financer les études des enfants, préparer la transmission, etc.
- L’entrepreneur : diversifier son patrimoine hors de son entreprise, préparer la cession de sa société, etc.
- Le retraité : générer des revenus complémentaires, transmettre aux générations suivantes, etc.
Focus sur le coût de l’inaction
La stratégie patrimoniale permet de rendre le passage à l’action plus simple en découpant un objectif intimidant en plusieurs étapes accessibles (voir section “La méthode en 6 étapes pour bâtir sa stratégie patrimoniale”).
Ne rien décider et reporter ses décisions d’investissement à plus tard représente un coût d’opportunité.
Exemple : voici l’écart de patrimoine entre 2 épargnants qui versent chacun 300 euros par mois jusqu’à 65 ans, avec une hypothèse de rendement de 8% par an (ETF MSCI World) :
- En commençant à 25 ans : l’épargnant verse 144 000 euros et obtient environ 1 047 000 euros de capital à 65 ans
- En commençant à 35 ans : l’épargnant verse 108 000 euros et obtient environ 447 000 euros de capital à 65 ans
Ainsi, 10 ans d’avance représentent 36 000 euros de versements supplémentaires, mais 600 000 euros de capital en plus, grâce aux intérêts composés.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
La méthode en 6 étapes pour bâtir sa stratégie patrimoniale
Bâtir une stratégie patrimoniale suit un ordre précis :
- D’abord le bilan
- Ensuite les objectifs
- Enfin les placements
Inverser cet ordre revient à accumuler des produits sans établir de stratégie au préalable.
Il s’agit dans un premier temps de dresser un état des lieux de votre situation, puis de fixer vos objectifs patrimoniaux avant de choisir vos placements. Sans oublier de sécuriser votre épargne de précaution avant de chercher du rendement.
Étape 1 : réaliser un bilan patrimonial complet
La première étape consiste à réunir vos données financières afin d’établir votre bilan patrimonial : le point de départ de toutes les décisions suivantes.
Pour cela, vous devez rassembler vos relevés (banque, épargne, crédits, dernier avis d’imposition), et éventuellement les reporter dans un tableau afin d’avoir une vision d’ensemble.
Voici des exemples de questions à vous poser :
- Combien valent vos actifs (résidence principale, placements, immobilier locatif, PEA, etc.) ?
- Combien vous reste-t-il de dettes à rembourser (crédit immobilier, autres dettes, etc.) ?
- Quelle somme pouvez-vous épargner chaque mois, une fois vos charges payées ?
- Dans quelle tranche marginale d’imposition vous situez-vous (11%, 30%, 41% ou 45%) ?
- Etc.
Étape 2 : définir et hiérarchiser ses objectifs de vie
Listez vos projets de vie, leur coût, puis classez-les par échéance et par priorité, afin de savoir quelle somme mobiliser et à quel moment.
Voici des exemples de questions à vous poser :
- Quels projets voulez-vous financer, et dans combien d’années ?
- Quels projets sont prioritaires si vous ne pouvez pas tout financer en même temps ?
- Etc.
Étape 3 : se constituer une poche d’épargne de précaution
Avant tout investissement présentant un risque de perte en capital, il est fondamental de se constituer une réserve de précaution immédiatement disponible pour les dépenses imprévues.
Voici des exemples de questions à vous poser :
- Vos revenus sont-ils réguliers ou variables ? Plus ils sont irréguliers, plus vous avez besoin de conserver beaucoup d’épargne (minimum 3 à 6 mois de vos dépenses courantes)
- Cette somme est-elle disponible immédiatement, sans risque de perte en capital ?
Concrètement, placez cette réserve sur un Livret A ou un LDDS, dont le capital est garanti par l’État et disponible à tout moment. Tant que cette réserve n’est pas constituée, ne bloquez pas votre épargne sur des placements de long terme.
Étape 4 : définir son allocation d’actifs
L’allocation des actifs consiste à répartir votre épargne entre plusieurs “poches”. Chaque poche correspond à une fraction dédiée à un usage précis.
Le principe est simple, plus vous aurez besoin de l’argent tôt, plus il doit rester sécurisé et disponible. En revanche, plus l’horizon est lointain, plus vous pouvez accepter des variations de prix (la volatilité) pour obtenir un meilleur rendement potentiel.
Concrètement, reprenez les objectifs de l’étape 2 et affectez chaque somme à une poche selon son horizon. Choisissez ensuite un ou plusieurs supports par poche.
- Le court terme (projets à moins de 3 ans) : sur des supports peu volatils, comme le fonds en euros , les fonds monétaires ou fonds obligataires d’États à maturité courte bien notés.
- Le moyen terme (projets entre 3 et 8 ans) : sur des fonds obligataires d’entreprises ou éventuellement des fonds immobiliers.
- Le long terme (projets à plus de 8 ans) : sur des supports plus volatils (Bourse, Private Equity , SCPI , cryptomonnaies , etc.) selon vos connaissances et votre tolérance à la volatilité.
Voici des exemples de questions à vous poser :
- Pour chacun de vos objectifs, dans combien d’années aurez -vous besoin de l’épargne ?
- Quelle part de votre épargne pouvez-vous laisser investie plus de 8 ans sans y toucher ?
- Quel pourcentage de baisse temporaire de votre épargne long terme pouvez-vous supporter sans vendre dans la panique ? Cela définit votre tolérance au risque.
- Dans quelle mesure le crédit bancaire est-il pertinent dans votre situation et l’utilisez-vous au bon niveau ?
Étape 5 : choisir les enveloppes (fiscalité et objectif)
Chaque poche doit être logée dans une enveloppe adaptée à son objectif et à son horizon. Il s’agit d’associer chaque objectif à son enveloppe, par exemple :
- Le Plan Épargne en Actions pour investir en Bourse sur le long terme et bénéficier d’une fiscalité avantageuse après 5 ans.
- L’assurance-vie pour loger une grande variété d’actifs (fonds en euros, Bourse, SCPI, Private Equity, etc.) et bénéficier d’une fiscalité avantageuse après 8 ans
- Le PER pour préparer sa retraite tout en réduisant son revenu imposable
- Le compte-titres pour investir sur tous les marchés financiers sans plafond (mais sans avantage fiscal)
Voici des exemples de questions à vous poser :
- Ce placement vise-t-il à préparer la retraite, la transmission du patrimoine ou un projet à moyen terme ?
- Voulez-vous loger tous vos placements dans une seule enveloppe pour plus de simplicité, ou acceptez-vous de les répartir dans plusieurs afin d’optimiser ?
Étape 6 : suivre, arbitrer et ajuster
Une stratégie patrimoniale n’est pas figée dans le temps, elle doit être revue régulièrement, idéalement chaque année, et après chaque événement de vie.
Fixez-vous un ou plusieurs rendez-vous annuels afin de rééquilibrer votre allocation vers sa cible.
Exemple : lorsque la Bourse monte fortement et qu’elle dépasse son allocation cible, il peut être pertinent d’alléger la poche Bourse pour rééquilibrer vers les autres types d’actifs.
Voici des exemples de questions à vous poser :
- Votre allocation a-t-elle dérivé de sa cible après les hausses ou les baisses de marché ?
- Un événement récent (mariage, naissance, achat, héritage) change-t-il vos priorités ?
Lire aussi : Comment répartir et diversifier son épargne ?
Comment gérer la fiscalité dans sa stratégie patrimoniale ?
La fiscalité est une contrainte à optimiser, jamais le point de départ d’une stratégie patrimoniale. En effet, un avantage fiscal ne compensera pas un placement peu performant, qui de surcroît est illiquide, trop risqué ou encore trop chargé en frais.
La fiscalité sert donc à départager 2 placements comparables, pas à dicter un choix.
Voici un tableau récapitulatif des cas d’usage, des avantages et des inconvénients des principales enveloppes fiscales.
Lire aussi : PER, PEA ou Assurance-vie : comment choisir ?
4 exemples concrets de stratégies patrimoniales
Une stratégie patrimoniale se construit à partir de 4 paramètres principaux :
- L’âge
- Les revenus
- Les projets de vie à réaliser
- Le patrimoine de départ
Voici 4 exemples types avec des montants illustratifs, il s’agit d’ordres de grandeur, et non pas de recommandations personnalisées.
Exemple 1 : actif de 28 ans, revenus de 2 400 euros par mois
À 28 ans, l’atout principal de la stratégie patrimoniale est l’horizon de placement long. En effet, les intérêts composés (les gains génèrent eux-mêmes des gains) démultiplient le capital investi sur 30 ans.
- Profil : actif de 28 ans avec un revenu net mensuel de 2 400 euros, un patrimoine brut de 26 100 euros (médiane des moins de 30 ans, INSEE 2024). Sa capacité d’épargne est de 300 euros par mois, actuellement placée sur des livrets.
- Problématiques : une épargne 100% sur livrets offre un rendement réel faible (après déduction de l’inflation). De plus, l’horizon de long terme est inexploité : aucune exposition aux actifs à couple rendement / risque plus élevé (immobilier, actions, etc.).
- Optimisations : conserver une épargne de précaution de 3 à 6 mois de dépenses (selon les besoins), puis ouvrir un PEA avec des versements programmés de 200 euros par mois sur des ETF actions diversifiés. En parallèle, affecter les 100 euros restants à l’épargne de court terme (projets imminents).
- Résultats attendus : avec une hypothèse de rendement de 8% par an, 200 euros par mois pendant 30 ans représentent environ 298 000 euros de capital, pour 72 000 euros versés (hors frais et fiscalité).
Exemple 2 : cadre supérieur, revenus de 7 500 euros par mois
Avec une tranche marginale d’imposition de 41%, la priorité est de réduire la pression fiscale et d’investir le surplus d’épargne sur le long terme.
- Profil : actif de 42 ans, revenu net imposable de 90 000 euros par an (tranche marginale d’imposition de 41%), patrimoine brut de 215 200 euros (médiane des 40-49 ans), capacité d’épargne de 2 000 euros par mois.
- Problématiques : une fiscalité des revenus élevée, une épargne dormante (Livret A plein, compte courant), aucune préparation de la retraite.
- Optimisations : verser 9 000 euros par an sur un PER, soit le plafond de déduction annuel de ce profil avec des actifs de long terme (Bourse, etc). Ouvrir un contrat d’ assurance-vie pour diversifier ses actifs (SCPI, Private Equity, etc.).
- Résultats attendus : environ 3 300 euros d’économie d’impôt par an grâce au PER. Un patrimoine diversifié avec un couple rendement / risque plus élevé pour l’épargne de long terme.
Exemple 3 : famille propriétaire, 50 ans, 2 enfants, patrimoine de 254 100 euros
À 50 ans, les 3 priorités sont la protection du conjoint, la préparation de la transmission et la diversification d’un patrimoine concentré sur un bien immobilier.
- Profil : couple de 50 ans, 2 enfants, patrimoine brut de 254 100 euros (médiane 50-59 ans, INSEE 2024), dont une résidence principale de 200 000 euros et 54 100 euros d’épargne financière.
- Problématiques : un patrimoine concentré sur l’immobilier, une protection du conjoint non organisée, une transmission non préparée (clause bénéficiaire laissée par défaut).
- Optimisations : rééquilibrer le patrimoine vers le financier (assurance-vie en unités de compte, PEA, etc.). Puis rédiger une clause bénéficiaire d’assurance-vie pour profiter de l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Éventuellement anticiper des donations ( 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable par période de 15 ans).
- Résultats attendus : un conjoint protégé par une clause bénéficiaire adaptée, une transmission organisée en franchise de droits grâce aux abattements, et un patrimoine moins concentré sur l’immobilier.
Exemple 4 : réception d’un capital de 500 000 euros (héritage ou cession)
Avec un capital de 500 000 euros, il est recommandé de ne pas l’investir en une seule fois. En effet, un point d’entrée unique expose au risque d’acheter au plus haut, la veille d’une chute des marchés par exemple.
- Profil : 45 ans, réception d’un capital de 500 000 euros (héritage ou produit de cession d’entreprise).
- Problématiques : un capital important à allouer, un risque de décision précipitée.
- Optimisations : investir progressivement afin de lisser les points d’entrée sur les marchés. Puis diversifier entre plusieurs actifs (Bourse, SCPI, Private Equity, etc.) et plusieurs enveloppes (assurance-vie, PER, etc.) selon les projets à financer. Dans l’attente, placer le capital restant sur des supports peu volatils (fonds en euros, etc.)
- Résultats attendus : un capital déployé progressivement sur 12 à 24 mois , une épargne de précaution reconstituée et une allocation diversifiée entre plusieurs enveloppes et différents types d’actifs.
Lire aussi : Combien rapportent 500 000 euros placés ? Que faire avec ?
Les erreurs fréquentes à éviter dans sa stratégie patrimoniale
Voici les 7 erreurs les plus fréquentes dans une stratégie patrimoniale.
1) Empiler les produits sans stratégie d’ensemble
Les placements souscrits, parfois au fil des sollicitations des conseillers, finissent par se chevaucher, et générer une allocation incohérente.
Il est crucial de rattacher chaque produit à un objectif précis, et de mettre sa stratégie à jour après chaque événement de vie (mariage, naissance, héritage).
2) Choisir un placement d’abord pour sa fiscalité
Un avantage fiscal ne compense jamais des frais élevés, ni un actif illiquide.
Exemple : l’ancien dispositif Pinel (cloturé fin 2024) illustre cette erreur.
Un rapport de l’Inspection générale des finances de 2019 a établi qu’en l’absence de hausse des prix de l’immobilier, le rendement moyen net d’impôt d’une opération Pinel était négatif dans la moitié des cas au bout de 9 ans, notamment à cause des frais et d’un prix d’acquisition élevé.
Il est donc important de comparer les placements sur leur rendement net de frais et de fiscalité, jamais sur la seule réduction d’impôt promise.
3) Sous-estimer les frais
Certaines enveloppes, comme les assurances-vie, peuvent cumuler plusieurs niveaux de commissions :
- Frais de versement
- Frais de gestion annuels
- Frais de g estion des supports
- Frais d’ arbitrag e
Avec un rendement brut de 5% par an, des frais globaux annuels de 2% au lieu de 0,5% amputent le capital final d’environ 25% après 20 ans.
Avant de choisir un contrat, exigez le détail des frais et comparez avec la concurrence (notamment en ligne). De plus, nous vous recommandons de privilégier les supports à frais réduits comme les ETF.
Lire aussi : Frais de l’assurance-vie : fonctionnement et comparatif
4) Laisser dormir ses liquidités
Au-delà de l’épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses minimum), il est recommandé de placer l’excédent sur des actifs à couple rendement / risque plus élevé (selon l’horizon de chaque projet).
Les sommes laissées sur un compte courant ou sur un livret subissent un rendement réel négatif dès que l’inflation dépasse leur rémunération.
5) Tout miser sur l’immobilier
L’immobilier pèse 61% du patrimoine brut des ménages français selon l’INSEE (début 2024).
Toutefois, il est crucial de diversifier son patrimoine afin d’être plus résilient face aux fluctuations des différents marchés (obligations, immobilier, Bourse, matières premières, etc.).
De plus, beaucoup d’investisseurs raisonnent en rendement immobilier brut, avant les charges de copropriété, la vacance locative, les frais de gestion et la fiscalité.
Il est important de toujours raisonner en rendement net afin de comparer les différents placements, et d'évaluer le couple rendement / risque.
6) Attendre le bon moment pour investir
Personne ne sait prédire les points bas des marchés, ni les futures baisses. D’ailleurs, selon l’étude SPIVA, 97,02% des gérants de fonds européens professionnels sous-performent l’indice S&P Europe 350 sur 10 ans.
Il est donc difficile de prédire le bon moment pour investir, ou encore de connaître les futures pépites dans lesquelles investir.
De plus, chaque année d’attente prive l’épargnant d’intérêts composés (l’effet boule de neige). Il est donc préférable d’entrer sur les marchés avec des versements programmés, plutôt que d’attendre une correction hypothétique.
7) Réagir à chaud aux fluctuations des marchés
De nombreux épargnants réagissent aux actualités des marchés financiers et peuvent être tentés de vendre en cas de chute des marchés. Cela a pour conséquence de transformer une éventuelle moins-value latente en perte définitive.
Pour résister au stress des actualités, fixez-vous un plan, tenez-vous-y, et rééquilibrez selon un calendrier fixe (une à 2 fois par an), mais ne réagissez jamais sous le coup de l’émotion.
Quand passer à une structuration patrimoniale avancée ?
La structuration patrimoniale avancée se déclenche selon votre situation, pas selon un seuil de fortune.
Voici 6 exemples de situations qui justifient le recours à une structuration patrimoniale avancée :
- Un patrimoine immobilier important : au-delà de 1,3 million d’euros nets, vous devenez redevable de l’impôt sur la fortune immobilière ( IFI ). Il est alors pertinent de structurer ce patrimoine pour optimiser votre fiscalité.
- Un départ à l’étranger : faire le point sur les enveloppes incompatibles avec une résidence fiscale à l’étranger. Il peut alors être judicieux de se tourner vers des solutions comme l’ assurance-vie luxembourgeoise . De plus, il est important d’anticiper l’exit tax.
- Une famille recomposée : l’enjeu est de protéger le conjoint et d’équilibrer la transmission entre les enfants de chaque union.
- Un projet de transmission : organiser le passage du patrimoine à la génération suivante en limitant les droits de succession (assurance-vie, abattement sur les donations, etc.).
- La détention d’une entreprise : arbitrer les flux entre la sphère professionnelle et la sphère privée pour optimiser la fiscalité et les avantages de chaque juridiction.
- Une cession d’entreprise : anticiper la fiscalité de la plus-value (le gain réalisé à la revente) et organiser son réinvestissement permettent un report d’imposition (dispositif d’ apport-cession, article 150-0 B ter ).
Les principaux outils de structuration patrimoniale avancée
Voici les principaux outils qui permettent d’organiser la détention, la fiscalité et la transmission de votre patrimoine :
- La holding patrimoniale : loger ses titres dans une société pour notamment centraliser les flux, réduire son imposition et préparer la transmission.
- Le démembrement de propriété : séparer l’usufruit (la jouissance du bien) de la nue-propriété (la propriété sans la jouissance) pour ne transmettre que la nue-propriété, et limiter la fiscalité.
- La donation-partage : figer la valeur des biens au jour de la donation et prévenir les conflits entre héritiers.
- L’apport-cession : reporter l’imposition de la plus-value en apportant ses titres à une holding, sous réserve de réinvestir au moins 70% du produit de cession.
- Le Pacte Dutreil : exonérer 75% de la valeur des titres d’entreprise transmis.
- Les autres outils : la Société Civile Immobilière (SCI), l’assurance-vie luxembourgeoise, le crédit lombard (obtenir des liquidités en nantissant un portefeuille sans le vendre), etc.
Lire aussi : Transmission de patrimoine : Préparer, optimiser et la réaliser
Faut-il se faire accompagner par un Conseiller en Stratégie Patrimoniale (CGP)?
Les cas simples de gestion de patrimoine peuvent se gérer en autonomie, selon les compétences et le temps disponible de l’épargnant.
L’accompagnement par un conseiller devient utile dès que la situation se complexifie, comme dans les exemples de la section précédente.
Il est particulièrement recommandé de se faire accompagner lorsque vous avez besoin d’un conseil précis en fiscalité ou en montage financier. Ces situations peuvent justifier l’appui d’un professionnel comme un conseiller en gestion de patrimoine.
Ce dernier pourra alors s’appuyer sur d’autres professionnels pour résoudre les situations les plus complexes (notaire, avocat fiscaliste, expert-comptable, etc.).
Conclusion
Une stratégie patrimoniale est une démarche structurée qui organise vos placements en fonction de vos projets de vie, de leur horizon et de votre tolérance au risque.
Voici 5 enseignements clés pour réussir sa stratégie patrimoniale :
- L’ordre compte plus que le produit : un bon placement pris au mauvais moment, avant l’épargne de précaution par exemple, reste une mauvaise décision.
- Le temps est le premier moteur du patrimoine : plus vous investissez tôt, plus l’effet boule de neige s’accélère.
- La diversification limite les fluctuations du patrimoine : toutes les classes d'actifs n'évoluent pas au même rythme, la diversification des sous-jacents offre ainsi plus de stabilité.
- La discipline permet de limiter les mauvaises décisions : il est important de ne pas réagir aux actualités des marchés et de se tenir à son plan d'investissement, afin d'éviter de prendre des initiatives sous le coup de l'émotion.
- La fiscalité n’est jamais le point de départ : elle sert à départager 2 placements comparables. Un avantage fiscal ne compense jamais des frais élevés, ni un actif illiquide.
Contrairement aux idées reçues, la stratégie patrimoniale ne s’adresse pas uniquement aux grandes fortunes. Elle est utile dès le premier projet à financer, quel que soit le montant de votre patrimoine.
Nous rappelons qu’une stratégie patrimoniale n’est jamais définitive, vous devez revoir votre plan après chaque événement de vie (mariage, retraite, etc.), et au minimum une fois par an.
Voici les 6 étapes à suivre pour bâtir sa stratégie patrimoniale :
- 1. Le bilan patrimonial : faites le point sur vos actifs, vos dettes, vos revenus, vos charges et votre tranche marginale d’imposition.
- 2. Les objectifs : listez vos projets de vie, chiffrez-les, puis classez-les par échéance et par priorité.
- 3. L’épargne de précaution : sécurisez au moins 3 à 6 mois de dépenses courantes avant tout placement risqué.
- 4. L’allocation des actifs : répartissez votre épargne dans différents supports financiers, selon l’horizon de chaque projet et votre profil de risque.
- 5. Les enveloppes : choisissez les enveloppes les plus adaptées (PEA, assurance-vie, PER , etc.).
- 6. Le suivi : rééquilibrez au moins une fois par an votre portefeuille, et après chaque événement de vie.
Lire aussi : Les meilleurs placements financiers
Foire aux questions
Quels sont les différents types de patrimoine ?
L’INSEE distingue 4 types de patrimoine :
- Le patrimoine immobilier : résidences principales et secondaires, biens locatifs, etc.
- Le patrimoine financier : comptes courants, livrets, épargne salariale, assurance-vie, valeurs mobilières, etc.
- Le patrimoine professionnel : les entreprises, les terres, les bâtiments, etc.
- Le patrimoine résiduel : voiture, bijoux, œuvres d’art, équipement de la maison, etc.
Début 2024, le patrimoine brut moyen des ménages français atteint 374 900 euros. Il se compose à 61% d’immobilier, 22% de financier, 11% de professionnel et 6% de résiduel.
Dans quel ordre remplir ses enveloppes (livret, PEA, assurance-vie, PER) ?
Voici l’ordre de priorité généralement recommandé :
- 1. L’épargne de précaution : Livret A ou LDDS : 3 à 6 mois de dépenses.
- 2. L’abondement de votre épargne salariale (PEE, PER collectif) : si votre employeur le propose.
- 3. Le remboursement de vos crédits à la consommation : si leur taux dépasse le rendement net attendu d’un placement.
- 4. Le PEA : pour investir en Bourse avec un horizon de plus de 5 ans.
- 5. L’assurance-vie : pour la souplesse, la diversité des supports et la transmission.
- 6. Le PER : pour éventuellement préparer votre retraite (si votre tranche marginale d’imposition atteint 30% ou plus).
- 7. Le compte-titres : pour investir dans des actifs que les autres enveloppes ne permettent pas.
Cet ordre est un point de départ, pas une règle absolue. Par exemple, un projet immobilier à 3 ans passe avant l’ouverture d’un PEA.
À quel âge faut-il commencer sa stratégie patrimoniale ?
Le plus tôt possible, le temps est le principal moteur des intérêts composés, ce mécanisme par lequel vos gains génèrent eux-mêmes des gains.
Faut-il rembourser son crédit par anticipation ou investir ?
Un crédit dont le taux est inférieur au rendement net attendu de votre épargne ne justifie pas un remboursement anticipé (à condition d’accepter le risque du placement).
Le remboursement anticipé, lui, procure une économie certaine et immédiate.
Vérifiez les indemnités de remboursement anticipé avant de décider. Elles peuvent atteindre jusqu’à 3% du capital restant dû.
Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine ?
Il n’existe pas de tarif standard, la rémunération suit généralement 3 modèles :
- Des honoraires de conseil (forfait ou taux horaire)
- Des rétrocessions perçues sur les produits souscrits
- Des frais calculés en pourcentage des encours gérés
Un conseiller qui se déclare “indépendant” au sens de la directive européenne MIF 2 ne peut ni conserver de rétrocessions, ni en tirer sa rémunération : il se rémunère uniquement par honoraires.
Le conseiller a l’obligation de vous remettre un document d’entrée en relation dès le premier contact, ce dernier détaille :
- Son statut
- Son numéro ORIAS
- Le caractère indépendant ou non de son conseil
- Son mode de rémunération

