Private equity, plateforme : deux termes à clarifier d'emblée
Identifier la meilleure plateforme de private equity en France pour les particuliers impose un travail de définition préalable, car les 2 termes posent problèmes :
- Le terme “plateforme” est devenu un terme fourre-tout du vocabulaire financier, appliqué au quotidien à des services et des acteurs très différents.
- Le terme "private equity" désigne un univers d'investissement très large, avec des stratégies aux implications variables pour l'investisseur.
Les deux grandes familles du private equity : venture capital et buyout
L’investissement en private equity (en français : investir au capital d’entreprises non cotées en Bourse), se divise schématiquement en 2 mondes :
- Le Venture Capital (capital-risque) : l’investissement dans les start-up. Il s’agit de prendre une participation minoritaire au capital de sociétés non rentables et de parier sur leur rachat ou introduction en Bourse à horizon 8 à 10 ans.
- Le Buyout (capital-transmission) et ses sous-segments : le rachat d’entreprises matures, avec prise de contrôle du management pour implémenter des changements et revendre généralement sous 5 ans.
Contrairement à une idée répandue, le private equity dans lequel investissent les institutionnels et les grandes fortunes est majoritairement le buyout, pas les start-up.
Qu’est ce qu’une plateforme de private equity ?
Dans le langage courant, une plateforme de private equity est un moyen d’investir dans la classe d’actif à des conditions adaptées aux investisseurs privés.
Sur cette base, on peut déjà distinguer 3 types d’acteurs
- Les plateformes “en direct” : elles permettent d’investir directement au capital d’une seule entreprise.
- Les plateformes de structuration : elles créent des véhicules financiers pour mutualiser des particuliers et atteindre les tickets d’entrée des fonds institutionnels, via des fonds de fonds, des fonds nourriciers ou des mécanismes de co-investissement.
- Les plateformes patrimoniales : elles permettent d’investir dans un catalogue de fonds de private equity via une interface unique tout en fournissant du conseil.
À nos yeux, on peut ainsi distinguer 2 propositions très différentes : d’un côté les plateformes en direct et de l’autre les plateformes de structuration et patrimoniales.
Dans les faits, les plateformes de structuration et patrimoniales fonctionnent souvent en tandem : les premières structurent et gèrent des véhicules d’investissement, les secondes font le lien avec les investisseurs finaux et apportent du conseil patrimonial.
Néanmoins certaines plateformes de structuration acceptent aussi des investisseurs en direct et les plateformes patrimoniales ne distribuent pas que des fonds de fonds et des fonds nourriciers.
Les autres types de plateforme de private equity moins pertinentes pour un investisseur particulier
Il faut aussi mentionner d'autres acteurs parfois qualifiés de "plateforme de private equity" pour lever certaines confusions.
Certains sont spécialisés dans la fourniture de solutions d’infrastructures réglementaires (ex : Tygrow, IQ-EQ …). Concrètement, elles fournissent une base légale et juridique à un nouveau gérant encore peu structuré qui souhaite lancer son fonds.
On pense aussi aux bases de données professionnelles spécialisées à accès payant : Preqin, Pitchbook, Dealogics, MSCI (ex-Burgis), Cambridge Associates… Elles mettent à disposition des données sur la performance des fonds, les levées, les distributions …
Enfin, on voit de plus en plus de sociétés de gestion se qualifier elles-mêmes de “plateforme de private equity” (ou de crédit privé, ou d’actifs alternatifs …).
Le terme “plateforme” désigne ici les moyens mis à disposition des investisseurs : équipes dans plusieurs pays, experts sectoriels, capacité à exploiter des synergies avec d’autres équipes internes (dette privée, banques d’affaires…), bases de données internes propriétaires…
Pour un investisseur privé, "plateforme de private equity" désigne avant tout une solution d'accès à la classe d'actifs, c'est ce que nous allons approfondir maintenant.
En 2026 la frontière entre plateforme d’une société de gestion et plateforme de structuration devient de plus en plus floue, à mesure que les gérants historiques structurent leurs propres véhicules, notamment evergreen, à destination des clients privés.
Quelle est la meilleure plateforme pour accéder à une offre diversifiée de private equity ?
En 2026, l’offre de fonds de private equity à destination des investisseurs privés s’est considérablement enrichie. Ils ont aujourd’hui le choix entre :
- Une offre de fonds de fonds et de fonds nourricier fermés, le plus souvent à partir de 100 000 € mais parfois dès 10 000 € ou 20 000 €.
- L’essentiel de cette offre est structurée par des sociétés de gestion tierce indépendantes d’un gérant unique.
- Mais de plus en plus certaines sociétés de gestion structurent elles-mêmes leur propre fonds de fonds ou fonds nourricier en interne pour donner aux investisseurs privés un accès à leurs véhicules institutionnels.
- Une offre historique de fonds fermés structurés sous forme de FCPR accessible généralement autour de 10 000 €.
- Une offre de fonds evergreen (toujours ouverts) accessibles autour de 10 000 à 20 000 €, le plus souvent sur un format primaire mais il existe aussi des fonds de fonds evergreen.
Les 4 plateformes en architecture ouverte à connaître
Nous présentons ici différentes plateformes qui permettent de découvrir, comparer et d’investir dans une large offre de fonds de private equity.
Périmètre de ce tableau comparatif : acteurs distribuant au moins 20 fonds de private equity différents, auprès de gérants multiples, avec un catalogue au moins partiellement consultable en ligne. Données relevées au 25/03/2026.
Ramify : 50 + fonds en architecture ouverte & 0 % de frais de souscription,
Ramify propose en 2026 l’offre d’investissement en architecture ouverte la plus large sur les actifs privés :
- Entre 50 et 60 fonds disponibles à l’investissement en permanence auprès de différents gérants (selon les périodes de levées des fonds fermés).
- Frais de souscription fixés à 0 % sur tous les fonds (sur la part à la main du distributeur).
- Accès à l’ensemble des stratégies et mode d’investissement non coté : buyout, growth, venture (plus rare), dette privée, infrastructure, co-investissement, fonds de fonds, fonds nourricier, evergreen …
- Fonctionnalités avancées de la plateforme : simulateur, comparaison de plusieurs fonds, accès à la documentation
- Niveau de conseil élevé porté par des équipes issues d’institutions comme Goldman Sachs, Oliver Wyman ou Fidelity International.
- Possibilité de souscrire en ligne en autonomie si c’est votre souhait (il faudra néanmoins une prise de contact a minima par écrit pour débloquer les fonds réservés réglementairement aux investisseurs avertis).
- Accès aux parts clean share et offre encore élargie via les enveloppes luxembourgeoise
- Possibilité d’inclure du private equity et de la dette privée au sein d’une assurance-vie ou d’un PER (en gestion pilotée uniquement).
- Webinar pédagogiques réguliers en présence des gérants et de l’équipe de recherche.
- Publication d’un indice de performance de référence sur les fonds non cotés ouverts aux particuliers : le RPEI.
Linxea : l’assurance-vie en gestion libre la mieux équipée en private equity
Pour investir au sein d'une assurance-vie dans le cadre d'une gestion libre, le contrat Linxea Spirit 2 est, à notre connaissance, celui qui propose l'offre la plus étoffée en private equity.
L’offre peut être explorée librement depuis le site internet de Linxea, avec un accès relativement complet à la documentation et aux reportings passés des fonds.
Le contrat Linxea Spirit est par ailleurs l’un des meilleurs contrats d’assurance-vie en gestion libre du marché, notamment sur le plan des frais.
Private Equity Valley & Cheval Blanc Patrimoine : 2 cabinets de gestion de patrimoine plus avancés dans leur digitalisation
En 2026, offrir du private equity est devenu incontournable pour les acteurs de la gestion de patrimoine.
Néanmoins, peu d’entre eux peuvent vraiment être qualifiés de plateforme, c'est-à-dire répondant à ces trois critères opérationnels :
Lire aussi : Meilleures plateformes de gestion de patrimoine
Pour autant, nous avons souhaité citer 2 acteurs qui sont plus en avance sur la digitalisation de leur offre de private equity :
Private Equity Valley
Cette plateforme est rattachée au cabinet de gestion de patrimoine Ethique & Patrimoine, un cabinet qui cible notamment les expatriés et revendique une forte appétence pour le private equity.
Elle se démarque notamment par :
- Un catalogue de fonds consultable en ligne
- Une offre multi-gérant qui couvre différentes stratégies (buyout, secondaire, dette privée …)
- Un écosystème de contenu assez développé avec des analyses de fonds, des livres blancs, des webinars et des interviews de gérants.
En revanche, il est obligatoire de passer par un conseiller pour obtenir une documentation complète ou pour souscrire.
Début 2026, sur la base du catalogue accessible en ligne, l’offre de fonds de Private Equity Valley semble majoritairement orientée vers des fonds de fonds et des fonds nourriciers fermés avec quelques fonds evergreen.
La politique sur les frais de souscriptions (généralement de 0 à 5 % à la main du distributeur) n’est pas publique.
Cheval Blanc Patrimoine
Acteur reconnu de la gestion de patrimoine en France, il propose une offre assez étoffée en private equity, avec des spécialistes des fonds de fonds, des feeders et des gérants internationaux de premier plan
Les fonctionnalités de plateforme restent cependant très limitées : l'accès aux références exactes des fonds, à leur documentation et à la souscription nécessite une prise de contact avec un conseiller.
Les acteurs avec une offre limitée ou très spécialisée
Des acteurs comme Yomoni ou Cashbee proposent des fonds de private equity ou de dette privée, mais leur offre reste limitée à moins de 5 fonds début 2026, selon les informations disponibles publiquement
Sapians propose une offre restreinte mais différenciante : la société de gestion Mata Capital, actionnaire de Sapians, structure des fonds de fonds dédiés exclusivement à sa clientèle, en parallèle de quelques fonds en architecture ouverte (notamment un fonds de dette privée).
Trade Republic et le private equity à 1 €
Trade Republic a structuré une solution pour investir dans des fractions de parts de fonds de private equity détenues par TR dès 1 €.
En mars 2026, 6 mois après son lancement, cette offre se résume toujours à 2 fonds :
- EQT Nexus, le fonds de fonds evergreen “interne” d’EQT (1ère société de gestion européenne, 266 milliards d’€ sous gestion mi-2025) : permet d’avoir accès à l’ensemble des fonds d’EQT, avec une très forte dominante du buyout. Disponible à partir de 25 000 € en direct. 3 ans d’historique disponible.
- Apollo Global Private Markets ELTIF, un evergreen investit en direct par Apollo (un des leaders mondiaux de la dette privée avec 70 milliards de $ investi en PE en parallèle) suivant une stratégie Buyout, lancé fin septembre 25, assez peu de recul à date de rédaction de cet article.
Évaluer Trade Republic comme plateforme de private equity revient donc à évaluer ces deux fonds, en gardant en tête que le fonds d’Apollo est très jeune.
Quels critères retenir pour évaluer une plateforme de private equity ?
Une plateforme de private equity ne peut se différencier que sur 4 dimensions :
- La richesse de son offre : se limite-t-elle à 1 ou 2 fonds jugés adaptés, ou propose-t-elle une offre profonde avec différentes classes d'actifs (buyout, dette privée, secondaire…) et typologies (small-cap, large-cap, généraliste ou spécialisé) ?
- Le niveau de frais de souscription qu’elle facture : ces frais sont à la main du distributeur et peuvent être fixés à 0.
- Le niveau de conseil apporté aux investisseurs : offre standardisée autour de quelques fonds, ou possibilité de construire des portefeuilles complexes et des stratégies à long terme comme le re-up ?
- L’ergonomie de sa plateforme : degré de liberté laissé à l'utilisateur pour comparer, simuler ou consulter la documentation.
En revanche, une plateforme de private equity (tout comme un CGP ou une banque privée) n’a aucune prise sur :
- Les tickets d’entrée, les appels de fonds ou encore la durée de blocage d’un fonds : ces paramètres sont définis directement dans les statuts du fonds.
- Le niveau de frais de gestion annuel : il est fixé définitivement par une société de gestion pour un type de part donné, quel que soit le mode de souscription.
- La stratégie d’un fonds : sauf à structurer ses propres fonds, une plateforme sélectionne parmi une offre existante.
Les critères principaux pour sélectionner une plateforme
Une offre riche et diversifiée pour s’insérer avantageusement dans un portefeuille existant
Le private equity désigne une galaxie de stratégies très diverses. On peut y recourir pour diversifier un portefeuille, optimiser son couple rendement-risque ou même dégager un rendement régulier.
Une plateforme proposant une grande variété de stratégies et de gérants sera plus à même d'identifier les fonds pertinents pour votre portefeuille et vos objectifs patrimoniaux.
En pratique, on observe aussi que les plateformes qui proposent peu de fonds ont tendance à distribuer les fonds les plus populaires, déjà présents chez les autres.
Une expertise reconnue sur la classe d’actif et la gestion de portefeuille
On investit toujours en private equity pour modifier le comportement attendu d'un portefeuille diversifié, notamment sa volatilité et son rendement. Ce choix ne doit pas être le fruit d'un effet de mode, mais la réponse à une stratégie d'investissement mûrement réfléchie.
Un niveau de frais de souscription optimisé
Les frais de souscription constituent traditionnellement une composante de la rémunération des partenaires des sociétés de gestion. Ils peuvent faire l'objet d'une négociation entre l'investisseur et son interlocuteur CGP ou banque privée.
En 2026, certaines plateformes comme Ramify fixent systématiquement leurs frais de souscription à 0, garantissant à l'investisseur de mettre l'intégralité de son capital au travail.
Une infrastructure patrimoniale adaptée au non coté
L'assurance-vie luxembourgeoise est souvent l'enveloppe la mieux adaptée pour construire une allocation en private equity avancée, notamment via :
- Via l'accès à des fonds non référencés en France
- La possibilité d'accéder à des parts dites clean shares, dont le niveau de frais est inférieur aux parts classiques grâce à l'absence de rétrocessions.
Quelles plateformes structurent les meilleurs fonds de fonds et fonds nourricier en 2026 ?
La cible historique des sociétés de gestion leaders du private equity reste les investisseurs institutionnels, d'où des tickets d'entrée de l'ordre de plusieurs millions d'euros par fonds.
De nombreuses plateformes de private equity en France consolident les participations de plusieurs investisseurs privés afin d’abaisser ainsi le ticket d’entrée de ces fonds autour de 100 000 €, voire moins.
Concrètement, elles mettent à la disposition des investisseurs 3 types de fonds :
En France, les principales plateformes actives sur ce segment sont :
Cette liste n'est pas exhaustive mais représentative des principaux acteurs qui adressent l'accès des particuliers aux meilleurs gérants via une architecture ouverte.
Les critères pour évaluer un fonds de fonds ou un fonds nourricier
Il est difficile d’établir un classement objectif étant donné que :
- C’est d’abord le sous-jacent qui fait la performance, hors celui-ci est propre à chaque véhicule.
- Ces acteurs sont jeunes et on a pas encore de recul sur la performance finale de ces fonds (durée de vie de 10 ans ou plus) pour juger objectivement de la qualité de la sélection effectuée.
- Les conditions sont variables en fonction des fonds : niveau frais, ticket d’entrée, appels de fonds …
Voici néanmoins notre grille d’analyse sur ce type de véhicule :
Quelle est la stratégie du/des fonds sous-jacent(s) ?
Il est essentiel de bien comprendre le moteur de création de valeur des fonds maîtres (les fonds dans lequel le fonds de fonds ou le fonds nourricier investi) : croissance des marges, du chiffre d’affaires, levier financier ou encore un arbitrage de multiple entre l’achat et la revente ?
Quelles sont les stratégies de sorties envisagées par les gérants ? Sont-elles cohérentes avec les cibles types visées (small-cap, mid-cap, large-cap…) ?
Il faut aussi bien mesurer le niveau de diversification offert par les fonds :
- En termes de secteurs économiques (santé, technologie, industrie, B2C …)
- En termes de géographie (Etats-Unis, Europe, reste du monde …)
- En termes de millésimes (l’année d’investissement dans les différentes sociétés en portefeuille).
- En termes de stratégies (primaire, growth, buyout, secondaire …)
Quelle est la qualité du ou des gérants sous-jacents ?
Si la performance historique des gérants sous-jacents ne préjugent pas des performances futures, elle reste un indicateur précieux.
Elle doit être analysée sous plusieurs angles : multiple, TRI et DPI.
La stabilité de l'équipe d'investissement dans le temps est également un facteur clé.
Quelles sont les modalités d’investissements et le calendrier de trésorerie attendu ?
Le TRI et l'effort de trésorerie ne seront pas les mêmes selon que le fonds procède à un appel unique à la souscription ou via des appels progressifs (souvent sur 3 à 5 ans).
Selon l'allocation du fonds, notamment la présence d'une poche de secondaire ou de co-investissement, les distributions peuvent intervenir plus ou moins rapidement.
Quelle est la qualité du gérant du véhicule intermédiaire ?
Nous estimons que les acteurs cités dans ce comparatif sont sérieux, tant dans leur travail de sélection de gérants que dans la structuration et la gestion administrative de leurs véhicules.
Nous ne sous-entendons pas que tous les autres acteurs sont à éviter, mais nous avons une expérience plus riche avec la liste plus haut.
Quels sont les frais du véhicule intermédiaire ?
L’investissement via un véhicule intermédiaire entraîne systématiquement une couche de frais supplémentaires dont il est nécessaire de mesurer l’impact sur la performance finale.
Un niveau de frais élevé n'est pas incompatible avec une performance attractive, à condition que le fonds maître délivre des rendements satisfaisants.
Il peut en revanche devenir problématique en cas de sous-performance du fonds maître par rapport au niveau attendu.
Les points de vigilance sur les frais
- Les frais de gestion sont généralement dégressifs en cas d’investissement important : comparez-les à un niveau d'investissement donné.
- La plupart des fonds de fonds et feeders ne facturent pas de carried interest (frais de surperformance) à leur niveau, mais des exceptions existent et doivent être prises en compte.
- Les frais de gestion peuvent être calculés sur l'engagement pendant toute la durée du fonds, ou sur l'actif résiduel en période de désinvestissement. Ce deuxième modèle est plus favorable à l'investisseur.
- Le niveau de frais de gestion tend à être plus faible sur un fonds nourricier que sur un fonds de fonds.
- Les fonds de fonds et feeders montés en interne par une société de gestion tendent à être plus compétitifs en termes de frais, un seul acteur étant à rémunérer.
Exemples de frais pratiqués en 2026 : fonds de fonds et feeders
La norme sur les fonds de fonds (ou les fonds nourricier) est de communiquer uniquement sur les frais du véhicule intermédiaire, tandis que les frais des fonds maître (sous-jacents) sont capturés au niveau de leur performance nette attendue affichée.
A titre d’illustration, voici différents niveaux de frais pratiqués par un échantillon de fonds de fonds buyout en cours de levée début 2026 :
Voici aussi différents niveaux de frais pratiqués par un échantillon de fonds nourriciers buyout en cours de levée début 2026 :
Fundora : investir en private equity dès 100 € ? Notre avis
En 2025, la plateforme Fundora a émergé avec une proposition d'investissement en private equity à partir de 100 €.
Concrètement, Fundora structure des véhicules de mutualisation qui s'apparentent à des fonds nourriciers, une innovation réelle dans un marché où la norme reste autour de 100 000 €.
Début 2026, Fundora revendique plus de 50 millions d'euros collectés.
L'offre de Fundora se distingue néanmoins assez nettement des acteurs cités plus haut, sur trois points qui méritent attention.
- Elle est centrée sur le venture capital : une classe d'actifs marquée par une dispersion des rendements bien plus grande qu'en buyout, des taux de perte élevés même chez les meilleurs gérants, et des durées d'illiquidité longues et difficiles à anticiper.
- L'investisseur ne sait pas précisément dans quoi il investit : les fonds et gérants sous-jacents ne sont pas communiqués avant l'investissement, ce qui rend toute analyse indépendante impossible.
- L’investissement se fait via un système de “drop” : une seule opportunité d’investissement est possible à un instant t et l’investisseur et les périodes d’investissement sont très courtes (1 à 2 semaines)
- Le modèle de frais est plus lourd que ce qu'on trouve habituellement sur un fonds nourricier classique, particulièrement pour les petits tickets. On peut le justifier par le coût de structuration de véhicules accessibles à des tickets très faibles, mais il pèse mécaniquement sur le multiple net final.
Il faut noter que Fundora a fait évoluer son modèle de frais début 2026 et qu’il est désormais plus compétitif qu’il n’a pu l’être par le passé (les frais de gestions annuels ne sont notamment plus prélevés en une seule fois).
Il faut néanmoins s’attendre à une structure de frais plus lourde pour des tickets à 100 € (notamment en termes de frais d’entrée) :
L'option classique est relativement proche de la norme de marché pour les fonds nourriciers, mais les frais de souscription restent incompressibles ; alors que des plateformes comme Ramify les éliminent entièrement.
Lire aussi : Notre comparatif détaillé de Ramify et Fundora pour investir en private equity
Le cas des FCPI et FIP
Historiquement, l'investissement en private equity a été proposé aux particuliers via des FCPI et FIP, avec des avantages fiscaux importants et des tickets d'entrée autour de 1 000 €.
La performance de ces véhicules s'est révélée en moyenne très décevante : d'après un rapport de l’AMF de 2025, le TRI médian était de -1,1 % pour les FCPI et de -2,4 % pour les FIP à fin 2023.
Ce type de produit continue à avoir un intérêt dans une stratégie de défiscalisation, mais ne doit pas, à nos yeux, servir de porte d’entrée à l’univers du non coté.
Lire aussi : Les meilleurs FCPI en France
Quelle est la meilleure plateforme de private equity selon votre profil ?
Quelle plateforme de private equity choisir avec un ticket accessible ?
Il n'y a pas d'impératif absolu à intégrer du private equity dans un portefeuille. Cette classe d'actif présente plusieurs atouts, mais elle est structurellement illiquide.
A ce titre, nous pensons qu’il est sage dans une majorité de situation de ne pas investir plus de 20 % d’un portefeuille en private equity.
C’est d’abord la qualité des actifs en portefeuille qui doit primer et leur apport attendu au couple rendement risque qui doit primer.
Nous pensons notamment que :
- Dans une optique patrimoniale, une approche plus diversifiée via un fonds est à privilégier par rapport à une approche concentrée via quelques sociétés.
- Les véhicules traditionnels de private equity français (FIP, FCPI) peuvent être très accessibles mais doivent être envisagé sous un angle de défiscalisation et pas de performance.
Pour les investisseurs qui souhaiteraient s’exposer au private equity avec des tickets d’entrée faible, choisir 1 ou plusieurs fonds ELTIF de qualités éligibles à l’assurance-vie (et au PER) nous semble l’approche la plus pertinente.
Lire aussi : Les meilleurs fonds evergreen en France
Quelle plateforme de private equity choisir pour investir via assurance-vie ou PER ?
Chaque contrat d’assurance-vie est libre de constituer son propre catalogue d’assurance-vie. Comme nous l’avons analysé dans notre analyse des meilleures assurances-vie en 2026 :
- Le contrat Linxea Spirit 2 propose l’offre de private equity la plus étoffée en gestion libre.
- L’assurance-vie (et le PER) Ramify sont les contrats en gestion pilotées exposés au private equity les plus performants parmi les acteurs qui publient leur performance de 2021 à 2025.
Quelle plateforme de private equity choisir avec un accompagnement patrimonial ?
En choisissant d’investir en private equity via une plateforme patrimoniale (Ramify, Sapians, Private Equity Valley …) vous bénéficierez toujours d’un conseil en investissement.
En revanche, ce volet conseil est souvent absent si vous passez par une plateforme en direct ou une plateforme de structuration.
Quelle plateforme de private equity choisir pour investir dans plusieurs classes de private assets ?
En 2026, les principales plateformes patrimoniales ou de structuration proposent d’investir dans différentes classes d’actifs (private equity, venture capital, dette privée, infrastructure …) et stratégies (buyout, growth, secondaire …).
C’est Ramify qui propose l’offre la plus large au sein de ces différentes classes d’actifs et stratégies.
Faut-il mieux investir directement auprès de la société de gestion ou via une plateforme ?
Dans tous les cas, vous accéderez aux mêmes types de parts, avec les mêmes conditions contractuelles.
Le niveau de frais de gestion annuel est toujours le même (à part équivalente) si vous souscrivez auprès de la société de gestion ou via un tiers.
La plateforme a la possibilité de fixer librement ses frais de souscriptions, mais il existe des plateformes qui ne les facturent jamais (comme Ramify).
Une plateforme a par ailleurs plusieurs intérêts :
- Elle vous permet de comparer facilement un fonds à d’autres fonds d’autres gérants sur le marché.
- Le conseil délivré prend nécessairement mieux en compte les alternatives existantes sur le marché.
Le passage par un fonds de fonds ou un fonds nourricier est-il incontournable pour investir en private equity en tant que particulier ?
Il s’agit souvent d’un passage obligé pour accéder aux fonds flagship des leaders mondiaux du private equity (KKR, Thoma Bravo, TPG, CVC, Hg, CD&R, Insight Partners Silver Lake …) dont le ticket d’entrée dépasse le million d’€.
Mais de plus en plus, les gérants structurent eux-même des fonds destinés à une clientèle particulière avec des tickets d’entrée de 10 000 à 20 000 €. C’est le cas par exemple d’Eurazeo en France ou d’EQT en Europe.
Il existe également tout un univers de fonds primaires structurés par des fonds de moins grande envergure et directement destinés à une clientèle particulière.
Lire aussi : notre guide des meilleurs fonds evergreen en France
Investir en private equity en direct : les plateformes et leurs limites
Avertissement important sur le capital-risque
A nos yeux, l’investissement en private equity “en direct” est très éloigné de la manière dont les institutionnels intègrent le private equity à leurs portefeuilles :
- Pas de contrôle opérationnel sur les sociétés en portefeuille (puisque participation minoritaire), juste un rôle de conseil.
- Un univers d’investissement souvent très risqué (sociétés jeunes, non rentables, peu capitalisées et souvent avec un risque technologique).
- Un manque de diversification par défaut lié au format d’investissement société par société, alors que sur ce type d’investissement la performance repose généralement sur 1 dossier parmi des dizaines.
- Un risque de dilution important en cas de nouvelle levée de fonds après l’investissement initial.
- Un manque important de visibilité sur la durée de l’opération et sur la stratégie de sortie.
En capital-risque, la performance moyenne repose sur une faible minorité de dossiers, et la dispersion des gains entre gérants est encore plus grande qu'en buyout.
D'après Pitchbook, l'écart peut atteindre 50 points de TRI selon les années (de -10 % à +40 %). Le risque de perte est donc bien plus important.
Les principaux acteurs du private equity en direct
En l’absence d’un gérant qui peut apporter son expertise pour créer de la valeur lors de l’opération, la valeur d’une opération repose très largement sur le management en place et son business-plan.
Sans statistiques claires, publiques et harmonisées sur les taux de réussite et les rendements moyens par plateforme, il nous paraît difficile d'établir un classement objectif.
A titre d’information, les acteurs principaux sur ce segment sont :
- Des plateforme dominée par le crowdequity (en action ou en dette) : Lita, Tudigo
- Des plateformes de crowdfunding à dominante immobilier mais avec une activité dans le financement d’entreprises : Anaxago (qui a aussi une activité de fonds de fonds “classique”), WiSEED, Findle
- Des plateformes de club-deal : Blast Club est la plus visible.
Notre position est que l’investissement via des fonds reconnus propose un couple rendement/risque plus intéressant dans une optique patrimoniale.
FAQ
Quelle est la meilleure plateforme de private equity pour un particulier ?
Sur la base des arguments développés dans cet article, en 2026 la meilleure plateforme de private equity pour un particulier est Ramify.
La meilleure assurance-vie en gestion libre pour investir en private equity en 2026 est Linxea Spirit 2.
Peut-on investir en private equity dans une assurance-vie ?
Certains fonds de private equity sont éligibles à l’assurance-vie française (et au PER assurantiel). En 2026, cette offre est en train d’évoluer massivement vers le format evergreen ELTIF 2.0.
Pour autant, une majorité de fonds de private equity, notamment ceux à destination d’une clientèle institutionnelle, ne sont pas éligibles à l’assurance-vie française.
Il est en revanche possible de loger à peu près n’importe quel fonds non coté dans un contrat d’assurance-vie luxembourgeoise à partir d’un certain seuil.
Quel est le ticket minimum pour investir en private equity ?
Via une logique de fonds, il est possible d’accéder à des fonds evergreen de bonne qualité en assurance-vie ou PER dès 1 000 €.
Via une logique en direct, certaines plateformes proposent des tickets à partir de 1 000 €.
Combien de temps l’argent est-il bloqué ?
Traditionnellement, un fonds de private equity a une durée de vie de 10 ans (avec des prorogations possibles pour 2 ou 3 ans supplémentaires).
Néanmoins, le fonds a la possibilité d’effectuer des distributions chaque année en fonction des cessions effectuées.
Pour le cas spécifique des fonds evergreen, une fenêtre de liquidité est généralement possible chaque trimestre. Attention, cette liquidité n’est pas absolue et peut être suspendue temporairement.
Quelle différence entre une plateforme de private equity et une plateforme de crowdfunding ?
Une plateforme de private equity structure des fonds de fonds ou des fonds nourriciers qui investissent dans des fonds sous-jacents, qui investissent eux même dans un portefeuille d’entreprise. Un investissement est donc exposé en moyenne entre 25 et plusieurs centaines d’entreprises.
Une plateforme de crowdfunding en equity permet de rentrer au capital d’une seule société par opération. Il s’agit donc d’un niveau de diversification très différent.
Faut-il être accompagné pour investir en private equity ?
Ce n’est pas une obligation, notamment via des plateformes comme Ramify qui laissent la possibilité d’être complètement autonome même sur des tickets à 100 000 € ou plus.
Cependant, au regard de la complexité de l’offre et des différences majeures qui existent par rapport à un investissement classique en bourse ou en immobilier, il est fortement recommandé de solliciter a minima l’avis d’un conseiller avant de procéder à un investissement.
Disclaimer : Cet article est rédigé par les équipes de Ramify. Nous sommes l'un des acteurs comparés dans ce guide et nous figurons parmi nos recommandations. Nous avons fait le choix d'inclure nos concurrents directs et d'analyser leurs forces et limites de la manière la plus objective possible, mais vous devez garder ce biais potentiel à l'esprit en lisant ce contenu. Les informations présentées sont arrêtées au 25 mars 2026 et ne constituent pas un conseil en investissement.

