Ramify vs Fundora : quelles sont les modalités d’investissements ?
Plutôt qu'une comparaison abstraite, prenons un cas concret.
Au 31 mars 2026, Ramify et Fundora proposent chacun une opportunité en Venture Capital. Comparons-les, pas pour en tirer des conclusions définitives, mais pour illustrer ce que les différences de modèle signifient en pratique.
*Multiple et objectif de TRI net communiqué par le gérant, sans garantie de réalisation.
Dans quoi vous investissez concrètement en investissant à travers Ramify ou Fundora ?
Ramify comme Fundora proposent l’accès aux classes d’actifs privées via une logique de fonds d’investissement.
Vous n’investissez pas directement au capital de sociétés mais au travers d’un fonds géré par un professionnel qui va répartir les capitaux levés dans un portefeuille d’entreprises (au moins une dizaine, parfois jusqu’à plusieurs centaines en cas de fonds de fonds).
Afin d’accéder aux fonds institutionnels (dont les tickets d’entrée dépassent régulièrement 1 ou plusieurs millions d’€), l’investissement passent généralement par un véhicule intermédiaire qui permet de mutualiser les investisseurs :
Juridiquement, les 2 acteurs s’appuient sur des véhicules légaux différents pour les véhicules de mutualisation :
- Ramify : fonds de fonds ou fonds nourricier, structurés sous forme de Fonds Professionnel de Capital Investissement (FCPI), FPS (Fonds Professionnel Spécialisés), ou SLP (Société de Libre Partenariat).
- Fundora : passage par un SPV (Special Purpose Vehicle) sans plus de précision sur la forme juridique précise utilisée sur le site Internet de Fundora au 31/03/2026.
Les formes juridiques proposées par Ramify sont des fonds d’investissements classiques au sens de l’AMF. Un SPV est une structure plus légère et moins régulée.
Fundora explique son choix de passer par un SPV comme une solution réglementaire pour permettre de proposer un ticket d’entrée très accessible (100 € ou 1 000 €) à des fonds d’investissement professionnels.
Quel ticket d’entrée pour investir en private equity ?
Fundora propose la majorité de ses opportunités d’investissement à partir de 100 € (parfois 1 000 €).
Chez Ramify, le ticket d’entrée se situe globalement autour de 10 000 €, même si certains fonds peuvent être proposés à partir de 2 500 ou 5 000 €. Une grande partie des fonds de private equity proposés par Ramify sont accessibles à partir de 100 000 €.
Avec un ticket d'entrée à 100 €, Fundora met théoriquement les actifs privés à la portée d'investisseurs qui en étaient jusqu'ici structurellement exclus. C'est une innovation réelle.
Mais l'accessibilité du ticket ne dit rien de la qualité de ce à quoi on accède, nous creuserons ce point en détail plus loin dans l’article.
Frais et appels de fonds
Modèle unifié ou diversifié ?
Comme Fundora structure ses propres véhicules de mutualisation (via des SPV) elle peut proposer des structures de frais et des conditions d’appels de fonds uniformes à travers ses différentes opérations.
Ramify se basant essentiellement sur des gérants tiers, les conditions d’accès (ticket d’entrée, appels de fonds, frais) sont à étudier au cas par cas.
Appels de fonds
2 modèles sont possibles chez chaque acteur :
Les appels de fonds progressifs sont le mode d’investissement par défaut des institutionnels. Il permet d’améliorer le TRI d’un investissement en optimisant la quantité de capital au travail.
La contrepartie est une gestion plus complexe de la trésorerie, notamment dans le cas d’un portefeuille de private equity diversifié.
Certains fonds accessibles dès 20 000 € vont proposer un appel de fonds progressif chez Ramify mais ce n’est pas la norme.
Frais de gestion : quel acteur est le plus compétitif ?
Sur une structure comparable (SPV Fundora ou fonds nourricier Ramify donnant accès à un unique fonds maître) les frais ont tendance à être plus compétitifs chez Ramify, qui fixe systématiquement ses frais d'entrée à 0 %.
Ramify propose par ailleurs des fonds en direct, structurés par les gérants eux-mêmes à l'intention des investisseurs privés : dans ce cas, il n'y a qu'un seul niveau de frais, ce qui n'est pas possible avec le modèle Fundora qui passe systématiquement par un SPV intermédiaire (avec ses propres frais).
Lorsque vous investissez via un SPV Fundora, un fonds de fonds ou un fonds nourricier, il faut avoir conscience qu'il existe en réalité deux niveaux de frais :
- Ceux du véhicule de mutualisation, communiqués par les deux plateformes
- Ceux du fonds maître sous-jacent, intégrés dans l'objectif de performance affiché et donc moins visibles.
Ce double niveau s'applique chez Ramify comme chez Fundora, sauf lorsque Ramify donne accès à un fonds en direct.
Comprendre les spécificités du modèle de frais de Fundora
Fundora propose deux modèles de frais au choix de l'investisseur :
- Le modèle "Frais Classique" réduit les droits d'entrée au profit de frais de gestion annuels plus élevés.
- Le modèle "Frais Horizon" inverse la logique : des frais d'entrée plus importants en échange de frais annuels réduits.
Comme le montre le simulateur ci-dessous, le modèle Classique est dans la plupart des cas plus favorable à l'investisseur car il maximise le capital effectivement mis au travail dès le départ.
À noter : Fundora prélève les droits d'entrée à la souscription ainsi qu'une année de frais de gestion en avance, et ne perçoit pas de commission de surperformance au niveau du SPV.
Les frais sont par ailleurs dégressifs selon le montant investi.
Structure de frais de Fundora
Source : plateforme Fundora au 31/03/2026
Les prorogations de vie d’un fonds sont courantes dans l’univers des actifs. On suppose que les frais de gestion restent dûs pour chaque année de prorogation.
A notre connaissance, le mode de calcul des frais de gestion annuels n’est pas précisé. On peut supposer qu’ils sont calculés par défaut sur l’engagement et pas sur le capital investi restant à l’issue de la période de distribution.
A noter : plusieurs échanges de 2025 disponibles en ligne évoquent un modèle de frais chez Fundora ou les frais de gestion annuels étaient prélevés immédiatement et intégralement à la souscription.
Ce modèle de frais, objectivement défavorable à l’investisseur, ne semble plus être en vigueur depuis début 2026.
Comprendre le modèle de frais de Ramify
Chez Ramify, il n’existe pas de modèle d’investissement pré-défini, celui-ci est fixé librement par la société de gestion qui structure le fonds.
Ramify choisit en revanche de fixer systématiquement les frais d’entrée à sa main à 0 %.
Voici, à titre indicatif, les frais de gestion à attendre au niveau des fonds :
Point important : de nombreux fonds disponibles sur Ramify calculent leurs frais de gestion annuels sur la base du capital investi à l’issue de la période de désinvestissement.
Autrement dit, au bout de 3 à 5 ans, il n’y a plus de frais de gestion à payer sur les sociétés déjà revendues, ce qui a pour conséquence d’abaisser le niveau de frais de gestion global.
Ramify, comme tout distributeur de fonds, perçoit une rétrocession sur les frais de gestion versés par les gérants, un modèle standard dans l'industrie, identique à celui qui s'applique aux OPCVM.
Fundora, qui structure ses propres véhicules, se rémunère directement via les frais prélevés au niveau des SPV, et potentiellement mais pas obligatoirement, via des rétrocessions des fonds sous-jacents.
Simulateur pour comparer différentes structures de frais entre Ramify et Fundora
Liquidité et durée de blocage
Les investissements non cotés réalisés via Ramify comme Fundora sont par défaut illiquides sur une longue période.
A notre connaissance, Fundora communique sur 3 durées d’investissement standardisées (5 ans, 6 ans et 10 ans) avec un possibilité d’extension.
Un fonds d’investissement classique mentionne normalement une durée de vie minimale et une durée de vie maximale après extension. Arrivé à cette date, le gérant est légalement contraint de liquider le fonds et de retourner l’argent restant aux investisseurs.
Nous n’avons pas trouvé de mention d’une telle date maximum pour les SPV structurés par Fundora.
De la même façon, le calendrier des distributions est indicatif et standardisé
Chez Ramify, la durée d’illiquidité et le calendrier prévu des distributions sont spécifiés fonds par fonds et dépendent de la stratégie adoptée par chaque gérant.
Certaines stratégies (notamment des fonds de co-investissement) proposent un retour sur investissement plus rapide en optimisant la vitesse de déploiement du capital.
Voici la façon dont les 2 acteurs proposent, sous condition, une liquidité aux investisseurs :
- Ramify propose une offre complète de fonds semi-liquide (evergreen) qui prévoient une fenêtre de liquidité régulière (le plus souvent trimestrielle) sous conditions.
- Fundora évoque la possibilité d’un marché secondaire organisé, mais la jeunesse de la plateforme (et donc des investissements réalisés) n’ont probablement pas justifié de concrétiser cette idée à l’heure actuelle.
Lire aussi : Les meilleurs fonds evergreen disponibles en France
Investissement en direct ou via une enveloppe fiscale ?
Début 2026, Fundora permet uniquement d’investir d’acheter des parts en direct de ses SPV.
Chez Ramify, l’achat de parts en direct n’est pas la seule option d’investissement :
- Le private equity et la dette privée peuvent être inclus dans un portefeuille en gestion pilotée au sein d’une assurance-vie ou d’un PER (aux côtés de classes d’actifs traditionnelles comme les actions, les obligations et les SCPI).
- Il est possible de mettre sur pied une allocation sur mesure dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie luxembourgeoise.
- Les actifs privés peuvent être intégrés dans des portefeuilles adaptés aux personnes morales et holdings patrimoniales via un CTO et un contrat de capitalisation luxembourgeois.
De manière plus globale :
- Fundora est centrée sur le private equity (et les actifs privés au sens large)
- Ramify est une plateforme patrimoniale complète qui propose l’ensemble des enveloppes d’investissements françaises (assurance-vie, PER, PEA) et luxembourgeoises et d’autres classes d’actifs que le non coté : actions, obligations, produits d’épargnes, produits structurés, SCPI, alternatifs (cryptomonnaie, art …).
Ramify vs Fundora : quel univers d’investissement ?
Sur la base des sites officiels des 2 acteurs au 31/03/2026, voici les classes d’actifs proposées par chaque plateforme :
- Fundora : Venture Capital, Growth, Buyout, Secondaire, Dette privée
- Ramify : Growth, Buyout, Secondaire, Venture Capital, Dette privée, Actifs réels (infrastructure et immobilier)
Dans les faits, l’univers d’investissement visible de Fundora est centré sur le Venture Capital : 18 opérations (25 en comptant les opérations ventures secondaires) sur 34 proposées depuis 2025, pour 3 opportunités dans le segment du LBO.
L’univers d’investissement de Ramify est plus élargi et centré autour du buyout, avec une part importante laissée à la dette privée et à l’immobilier non coté.
Au 31/03/26, si l’on compare les 2 plateformes voici les différents fonds disponibles à l’investissement :
Ce tableau est une photographie à un instant T et ne prédit pas de l’orientation que prendra Fundora ou Ramify dans le futur. Il illustre seulement la direction prise par les plateformes jusqu’à présent.
A noter : Ramify propose également de manière ponctuelle des deals dans le Venture Capital late stage avec une enveloppe et une période de souscription limitée.
Buyout vs Venture quelles différences pour l’investisseur ?
Le Buyout et le Venture Capital ne s'adressent pas aux mêmes entreprises, n'utilisent pas les mêmes leviers de création de valeur et n'exposent pas l'investisseur au même profil de risque.
Voici ce qui les distingue concrètement :
Le Venture Capital consiste à investir beaucoup plus tôt dans la vie des sociétés (souvent dans ses premières années d’existence), avec une forte notion de “pari” sur la croissance future.
Il en résulte une très forte dispersion dans les résultats de chaque participation prises, avec des taux de pertes supérieurs à 40 % même au sein des portefeuilles des meilleurs fonds (source : Stepstone) et une performance liée à des résultats exceptionnels sur une minorité de dossiers.
Au niveau des fonds, le TRI de l’ensemble des fonds de Venture Capital lancé par année connaît d’importantes variations : les possibilités de gain pour les meilleures fonds sont plus élevées, mais les pertes sont aussi plus fréquentes.
On peut l’illustrer via l’indice MSCI Global Private Equity Closed-End Fund Index sur les dernières années. Il s’agit d’un rendement annuel :
Les performances du Venture Capital peuvent être très attractives certaines années, mais également très décevantes l’années suivante.
Pris dans leur globalité, les fonds de private equity ont eu tendance à surperformer ceux de venture capital, peu-importe la période de temps retenue :
TRI moyen de l’ensemble des fonds de private equity suivi par Pitchbook au 31/03/25.
Source : Global Pitchbook Benchmarks - Q1 2025
Avertissement : il s’agit de moyennes de marchés calculées sur un univers d’investissement de plusieurs milliers de fonds. Elle permet d’illustrer le rendement espéré d’un portefeuille diversifié de fonds composé sur plusieurs millésimes et n’est pas nécessairement alignée avec la performance individuelle d’un fonds.
Cette section ne doit pas être comprise comme une invitation à éviter le Venture Capital dans son ensemble. Il faut simplement avoir conscience que pour une majorité d’investisseur, cette classe d’actifs n’est pas forcément idéale pour construire la base d’une portefeuille non coté.
Fundora donne-t-il accès à des fonds plus performants que Ramify ?
C’est l’impression que peut donner une comparaison rapide des opportunités proposées sur les 2 plateformes.
Si l’on reprend la comparaison des 2 opportunités sur le segment Venture Capital au 31/03/2025 citées plus haut :
- L’opportunité “Cyber Intelligence Venture” proposée par Fundora cible un multiple net de 5,5x en 10 ans
- Le fonds “PC Feeder Mérieux Innovation II” proposé par Ramify cible un multiple net de 2,7x en 10 ans
Cet écart d’objectif de rendement n’est pas justifié simplement par la différence de secteur (cybersécurité et santé), puisqu’on peut observer sur la plateforme Fundora un multiple cible compris entre 4x et 8x pour toutes les opportunités d’investissements en Venture Capital.
Nous trouvons utile de citer à ce sujet le site de Fundora : “cet objectif est donné à titre indicatif et ne constitue en aucun cas une garantie”. La même logique s’applique aussi aux fonds proposés par Ramify.
Il nous semble pertinent de remettre en perspective ces objectifs avec les résultats réels obtenus par l’ensemble des fonds de Venture Capital depuis plus de 20 ans :
Multiple (TVPI) final des fonds de Venture Capital lancés chaque année depuis 2023
Source : Pitchbook - Global Pitchbook Benchmarks Q1 2025
Depuis 20 ans, une performance de l’ordre de 5x n’a été atteinte pour au moins 10 % des fonds les plus performants du marché que pour les fonds lancés en 2008, 2011 ou 2012.
Celà ne veut pas dire qu’il n’y a pas de fonds qui dégagent cette performance chaque année, mais il s’agit d’une très faible minorité de fonds (en moyenne : moins de 10 % des fonds du marché).
Les multiples cibles communiqués par Fundora sur les opérations LBO sont plutôt de l’ordre de 2-2,5x et 2x sur les opérations secondaires, ce qui est plus proche des moyennes de marché.
Dans quels types de fonds pouvez-vous investir via Fundora et Ramify ?
Ramify : le monde des grands gérants institutionnels
L’offre d’actifs privés de Ramify est clairement tournée vers les sociétés de gestion de référence du marché.
Ce sont les acteurs qui gèrent les encours sous gestion les plus importants et avec un long historique de performance (parfois une dizaine de millésimes précédents pour une stratégie donnée).
Si on se concentre sur l’univers du private equity, on peut citer :
- En France : Ardian, PAI Partners, Eurazeo, Archimed, Five Arrows, Keensight Capital, Tikehau Capital …
- A l’international : EQT, Thoma Bravo, Blackstone, CVC, Hg, Neuberger Berman…
Ramify donne accès à ces fonds via plusieurs outils :
- Des véhicules de mutualisation (fonds de fonds, fonds nourriciers) structurés par
- Des spécialistes français comme Altaroc, Private Corner, Opale Capital, Archinvest…
- Parfois directement par les sociétés de gestion elles-mêmes (Eurazeo, Tikehau …)
- Des fonds evergreen qui peuvent être primaires ou structurés sous forme de fonds de fonds.
- Des fonds primaires fermés structurés par les sociétés de gestion à l’intention des investisseurs privés.
Depuis 2026, Ramify propose également ponctuellement d’investir directement dans une entreprise précise via des deals de Venture Capital late stage.
Lire aussi : Les meilleurs fonds de Private Equity disponibles en France
Fundora : une logique plus confidentielle
Fundora ne révélant pas publiquement le nom des fonds et des gérants qu’elle sélectionne, il est difficile d’évaluer les gérants sous-jacents sélectionnés.
Le mot d’ordre public est de viser “les gérants du 1er quartile” soit les 25 % des gérants les plus performants d’un segment.
Ce manque d’information peut notamment compliquer l’accès à des informations comme :
- Le fonds est-il plutôt actif sur le segment small, mid ou large-cap ? Cette information a une incidence sur les stratégies de sorties du gérant et sur la dispersion des rendements attendus.
- Le fonds peut-il se reposer sur une plateforme de private equity plus large, notamment pour générer son deal-flow (les différentes opportunités qu’elle reçoit) ou identifier de potentiels acquéreurs ?
- L’équipe de gestion a-t-elle évolué par rapport aux millésimes précédents ? Des performances passées attractives sont moins pertinentes si elles ont été générées par une équipe qui n’est plus aux commandes.
Nous ne suggérons pas ici que les gérants sélectionnés par Fundora sont nécessairement de moins bonne qualité, mais qu’une plus grande incertitude est nécessairement associée à ce modèle.
Investir en private equity via Ramify ou Fundora : des implications concrètes importantes en termes de constructions de portefeuille
Pour un investisseur qui cherche à construire une allocation d’actifs privés, le mode de fonctionnement des plateformes de Fundora est Ramify a des implications concrètes importantes.
L’information disponible avant d’investir
Fundora ne communique pas publiquement le nom des fonds ni celui des gérants avant l'investissement.
La raison est réglementaire : les fonds distribués étant réservés aux investisseurs professionnels, leur identité ne peut pas être divulguée à des investisseurs non qualifiés ; ce qui est mécaniquement le cas de la majorité des investisseurs Fundora compte tenu du ticket d'entrée à 100 €.
Ces informations ne sont partagées qu'après investissement.
La présentation de chaque opportunité est centrée sur une thèse d’investissement (le secteur, ses perspectives) et sur une présentation anonymisée des performances du gérant.
Il est donc impossible pour les investisseurs de réaliser des recherches indépendantes et ils doivent investir uniquement sur la base des informations communiquées par Fundora via ses communications vidéos et écrites.
Il n’est pas non plus possible d’évaluer si le fonds est proposé aux meilleures conditions du marché par rapport à d’éventuelles solutions d’accès concurrentes.
Côté Ramify, la porte d’entrée vers le fonds reste son nom et son gérant. Les investisseurs disposent d’une plaquette, d’un DIC, des statuts du fonds, d’une analyse écrite préliminaire par Ramify et, au cas par cas, d’un webinar dédié au fonds.
L’exhaustivité de l’offre à l’instant T
Fundora fonctionne avec un système dit de “drop”. 1 seule opportunité est disponible à l’investissement à un instant donné avec une période de collecte assez courte (quelques jours à quelques semaines).
Autrement dit, un investisseur qui souhaite constituer un portefeuille d’actifs privés via Fundora ne peut le faire qu’au fur et à mesure des opportunités disponibles.
La FAQ de Fundora évoque une nouvelle opportunité tous les 7 à 10 jours, un chiffre cohérent avec ce qui a été effectivement proposé de mai 2025 à mars 2026 (29 opportunités, soit environ 3 opportunités par mois).
Le fonctionnement de Ramify est plus classique : entre 50 fonds d’actifs privés sont disponibles en permanence sur la plateforme, un nombre qui peut varier au gré des périodes de levées de fonds des différents gérants.
Chaque fonds est généralement disponible pendant plusieurs mois (à partir du moment où sa collecte ouvre), un montant aligné sur la période de levée de fonds du fonds sous-jacent.
Concrètement, un investisseur qui souhaite déployer rapidement un capital sur un portefeuille de différents gérants et stratégies peut le faire à n’importe quel moment via Ramify tandis qu’il est tributaire des différentes phases de collecte avec Fundora.
Ramify propose aussi de manière ponctuelle des deals dans l’univers du Venture Capital : enveloppe et période de collecte limitée, le plus souvent autour d’opérations secondaires.
Un ticket de 100 € n’est-il pas plus flexible ?
A l’évidence, la possibilité d’investir à partir de 100 € en private equity rend la classe d’actifs plus accessible et permet de construire des expositions à hauteur 10 ou 20 % d’un portefeuille financier même pour un investisseur débutant.
De plus, un ticket d’entrée aussi accessible permet théoriquement de se passer d’une logique de fonds de fonds, puisque investir soi-même dans plusieurs fonds ne nécessite que quelques centaines ou milliers d’€.
Cependant, si le ticket réduit est un vrai progrès pour l'accessibilité, il ne dit rien sur la pertinence de l'allocation qu'il permet de construire.
Nous voyons notamment 3 limites au modèle de Fundora :
Une impossibilité d'évaluer les fonds sous-jacents
Fundora ne communiquant pas sur les gérants avant l'investissement, il est impossible de comparer précisément la qualité des fonds sélectionnés avec ce qui est accessible via les voies classiques (fonds nourriciers, fonds de fonds ou fonds evergreen à des tickets de 10 000 à 100 000 €).
Un univers centré sur le Venture Capital
C'est précisément le segment où la dispersion des rendements entre fonds et gérants est la plus forte, et où la sélection du gérant est la plus déterminante.
Les objectifs de multiples affichés, régulièrement supérieurs à 4x, ne constituent aucune garantie : les benchmarks de marché montrent que ces niveaux de performance n'ont historiquement été atteints que par une très faible minorité de fonds.
Des frais plus élevés sur les petits tickets
Les frais d'entrée sur un ticket à 100 € chez Fundora supporte des frais proportionnellement plus importants qu'un investisseur à 100 000 €, ce qui pèse sur le multiple net final.
Si l’on choisit le modèle avec des frais d’entrée réduit, la différence par rapport au reste du marché n’est pas exagérée, mais elle demande d’être prise en compte.
Quel niveau d’accompagnement patrimonial ?
Les deux plateformes proposent un accompagnement, mais avec des niveaux de structuration très différents.
Chez Ramify, la sélection de fonds est assurée par une équipe de recherche quantitative de 5 personnes, dont le management issu de Goldman Sachs Asset Management et Square Point Capital.
L'accompagnement client s'appuie sur une dizaine de conseillers diplômés en gestion de patrimoine, issus de banques privées ou d’institutions comme Fidelity International.
Via Ramify Black, l'offre de gestion privée, le conseil couvre l'ensemble de la situation patrimoniale : allocation d'actifs, fiscalité, transmission et structuration.
Ramify travaille par ailleurs avec plusieurs assureurs luxembourgeois, ce qui permet d'accéder à des véhicules non référencés en France et à des parts clean shares (sans rétrocession, donc avec un niveau de frais de gestion optimal).
L'équipe propose également des programmes d'investissement structurés sur plusieurs années, comme le Re-Up, pour construire une exposition progressive au private equity.
Chez Fundora, l'accompagnement tel qu'il est décrit sur la plateforme est moins formalisé.
Il comprend un bilan patrimonial global et un accompagnement sur les enjeux fiscaux liés aux investissements.
L'offre Fundora Plus, accessible à partir de 30 000 €, ajoute des modalités d'investissement préférentielles (frais dégressifs, appels de fonds fractionnés sur quatre ans) ainsi qu'un accès à certaines opportunités supplémentaires et une dimension communautaire : dîners et événements privés.
Ramify et Fundora : historique, fondateurs et agréments réglementaires
Historique des sociétés
Historique de Ramify
Ramify est fondée en octobre 2020. La société lance début 2022 son offre d’assurance-vie et de PER en ligne en gestion pilotée.
Dès fin 2023, la plateforme d’investissement de Ramify propose une offre large de SCPI, de fonds de private equity, des produits structurés et des clubs deals dans l’art et l’immobilier.
Une offre de gestion privée est aussi développée dès mars 2023.
En 2025, Ramify ajoute à son offre les cryptomonnaies, un PEA et l’assurance-vie luxembourgeoise. En 2026, elle développe une offre dédiée pour les personnes morales.
Ramify a bénéficié d’une première levée de fonds en septembre 2022, suivie d’une seconde juin 2024 (11 millions d’€).
Historique de Fundora
Les fondateurs de Fundora commencent à communiquer sur leur plateforme et sur de premiers deal mi-2024 avec un ticket d’entrée successivement abaissé de 10 000 € à 5 000 €.
En mai 2025, Fundora annonce la refonte de sa plateforme et une nouvelle structuration qui lui permet d’abaisser le ticket d’entrée à 100 €.
Ce montage est alors basé sur un partenariat entre Fundora (qui développe la plateforme et structure des véhicules de mutualisation) et Sanso Longchamp AM qui gère les véhicules et effectue les investissements dans les fonds.
En février 2026, Fundora annonce le rachat de la société de gestion Kyoseil AM afin d’internaliser le rôle jusqu’à la dévolu à Sanso Longchamp AM.
En parallèle la société annonce avoir collecté 50 millions d’€ auprès des investisseurs depuis son lancement via une trentaine d’opportunités visibles sur la plateforme.
Fundora a annoncé un premier tour de table de 600 000 € en juillet 2024, puis un investissement de 250 000 € de BPI France en mars 2025.
Profil des fondateurs
Ramify a été fondé par :
- Olivier Herbout, diplômé de CentraleSupélec et de l’université de Berkeley. Il a fait d’abord carrière chez Goldman Sachs AM à New York jusqu’au poste de vice-président.
- Samy Ouardini, diplômé de CentraleSupélec et de l’ESCP. Il est fort de plusieurs années d’expérience au sein du cabinet de conseil financier Oliver Wyman.
Fundora a été fondé par :
- Bradley Lafond, diplômé de l’EDHEC. Il a co-fondé et développé l’enseigne de boulangerie-pâtisserie en région parisienne Ernest & Valentin pendant 12 ans. Il a également une activité de business angel depuis plusieurs années.
- Alan Huet, entrepreneur très impliqué dans l’écosystème des start-up, a fondé plusieurs sociétés à partir de 2018 (Metalcard, Biovartis) avant de co-fonder Fundora.
Un troisième fondateur (Loïc Melane) a quitté la société fin octobre 2025.
Il s’agit globalement de 2 équipes fondatrices jeunes, avec un profil plus tourné “serial entrepreneur” côté Fundora et “ingénieur/finance traditionnelle” chez Ramify.
Dans quel cadre réglementaires opèrent Ramify et Fundora ?
Ramify SAS comme Fundora Conseil (filiale de Fundora SAS) agissent en tant que Conseillers en Investissements Financiers (CIF), avec un immatriculation auprès de l’ORIAS.
Ce statut leur permet de proposer des fonds d’investissement tiers à leurs clients.
En ce qui concerne les fonds proposés, le modèle diffère :
- Fundora distribue uniquement des véhicules de mutualisation gérés par la société Kyoseil AM, qu’il détient à 100 %. Il s’agit d’une société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF.
- Ramify distribue très majoritairement des fonds structurés par des acteurs avec lesquels il n’a pas de lien. Ces acteurs sont nécessairement des sociétés de gestion agréées par l’AMF.
- Les fondateurs de Ramify ont lancé en 2025 leur propre société de gestion (Valhyr Capital) qui propose début 2026 un seul fonds, présent sur Ramify : le X Fund.
Conclusion
Si Fundora tient ses promesses (accès aux meilleurs fonds du marché, performances au niveau des objectifs affichés, le tout à partir de 100 €), la proposition de valeur serait réellement excellente.
Démocratiser l'accès aux tops gérants avec un ticket minimal est une ambition légitime et utile.
Mais trois réserves s'imposent aujourd'hui. Les objectifs de multiples affichés en Venture Capital correspondent à ce que font les meilleurs fonds du marché sur les meilleures années ; c'est ambitieux par définition.
L'absence d'information préalable sur les gérants oblige l'investisseur à faire confiance à la sélection de Fundora sans pouvoir la vérifier.
Enfin, le système de drop (une opportunité à la fois, sans visibilité sur les suivantes) complique la construction d'une allocation diversifiée précise.
Ramify s'adresse à un profil différent : l'investisseur qui souhaite construire un portefeuille d'actifs privés dans une logique patrimoniale structurée, avec des enveloppes fiscales adaptées, un accompagnement global et un accès aux grandes sociétés de gestion mondiales.
C'est une approche dont le ticket d'entrée reste accessible (de nombreuses opportunités sont disponibles dès 10 000 €) mais dont la vraie force est ailleurs : une allocation lisible dans sa construction, un accompagnement patrimonial structuré et un univers de fonds ancré dans les standards institutionnels.
Ramify et Fundora s'adressent aujourd'hui à des profils d'investisseurs distincts car elles ont fait des choix différents.
Fundora est une plateforme jeune qui évolue vite et dont l'offre pourrait s'élargir significativement : mais début 2026, elle reste très centrée sur le Venture Capital.
Ramify a fait le choix d'une construction patrimoniale globale, ancrée dans les classes d'actifs que privilégient les investisseurs institutionnels.
Choisissez donc l’approche qui correspond le mieux à votre situation : :
- Cherchez-vous à intégrer une poche de Venture Capital avec un ticket minimal ?
- Ou à construire durablement une allocation d'actifs privés diversifiée dans une stratégie patrimoniale d'ensemble ?
Cet article est rédigé par les équipes de Ramify, l'un des deux acteurs comparés. Nous avons cherché à analyser les forces et limites de chaque plateforme aussi objectivement que possible, mais ce biais potentiel doit être gardé à l'esprit. Les informations sont arrêtées au 31 mars 2026 et ne constituent pas un conseil en investissement.

