Bien comprendre la fiscalité des placements
Avant d’identifier les placements non fiscalisés qui vous sont le plus adaptés, il est essentiel de comprendre le fonctionnement de la fiscalité de l'épargne en France.
Les différentes formes d’exonérations possibles sur un placement
Selon les situations et les placements, les gains peuvent être exonérés d’impôt, de prélèvements sociaux, ou des deux.
On entend souvent parler de “placement non imposable”, mais en réalité, le terme “exonéré d’impôt” inclut généralement l’impôt sur le revenu, et plus rarement les prélèvements sociaux. Aussi, il existe différentes formes d'exonérations fiscales :
- L'exonération totale et permanente : c’est le cas de certains livrets réglementés qui sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux par nature, comme le Livret A, le LDDS, ou le Livret d'Épargne Populaire (LEP). Leurs intérêts sont versés nets de toute fiscalité et prélèvements, quelle que soit votre tranche d'imposition.
- L'exonération liée à la durée de détention : certains placements offrent une exonération partielle ou totale d’impôt sur le revenu à condition de conserver votre épargne suffisamment longtemps. C'est notamment le cas du PEA après 5 ans de détention (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus) ou de l'assurance-vie, qui elle propose un abattement annuel sur les gains retirés après 8 ans (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple).
- L'exonération conditionnelle : certaines situations personnelles peuvent ouvrir droit à une exonération. Sur un contrat d'assurance-vie par exemple, les gains retirés peuvent être totalement exonérés d'impôt sur le revenu en cas de licenciement et de mise à la retraite anticipée. En cas d’invalidité grave, l’exonération concerne à la fois l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.
Quelle part d’un placement est imposable ?
La part des gains
Dans la plupart des cas, seuls les gains générés sur un placement imposable sont fiscalisés.
On distingue deux types de gains selon la nature du placement :
- Les revenus sur les capitaux mobiliers : ils sont perçus chaque année sur des livrets bancaires (intérêts), des obligations ou des actions (coupons, dividendes), ils sont imposables au titre de l'année de leur versement.
- Les plus-values : la différence entre le prix de vente et le prix d'achat d'un actif (actions, parts de fonds, etc.). Elles ne sont imposables qu'au moment de la cession.
Certaines enveloppes d'investissement, comme l'assurance-vie ou le PEA, permettent de différer cette imposition. Tant que vous ne retirez pas vos fonds, vos gains ne sont pas fiscalisés, ce qui favorise l'effet des intérêts composés sur le long terme.
Le capital, dans certains cas
Dans certains cas, le capital versé peut lui aussi être imposable.
Ce sera par exemple le cas lorsque le capital est issu de versements qui sont exclus du champs de l’impôt sur le revenu lorsqu’ils sont perçus :
- Sur un PER, si vous avez déduit vos versements de votre revenu imposable à l'entrée : à la sortie, la part correspondant à votre capital est réintégrée dans vos revenus et soumise à l'impôt sur le revenu, en parallèle des gains soumis au PFU de 31,4 %.
- Sur l'épargne salariale (PEE, PERCO), si les sommes sont débloquées avant la période de blocage légale (5 ans pour le PEE) en dehors des cas de déblocage anticipé autorisés : les primes d'intéressement et de participation perçues peuvent être réintégrées dans les revenus imposables.
Les différents niveaux de taxation : IR et prélèvements sociaux
Les taxes prélevées sur les gains d’un placement
Lorsque vous réalisez un gain sur un placement financier imposable, celui-ci est soumis à deux types de prélèvements :
- L'impôt sur le revenu (IR), dont le taux dépend :
- Soit du taux forfaitaire généralisé de 12,8 % (inclus dans la flat-tax, appelé aussi Prélèvement Forfaitaire Unique ou PFU) ;
- Soit de votre situation fiscale personnelle (votre Taux Marginal d'Imposition, qui varie de 0 % à 45 % selon vos revenus, si vous optez pour le barème progressif).
- Les prélèvements sociaux (combinaison de la CSG, CRDS et du prélèvement de solidarité), dont le taux s’élève à :
- 18,6 % depuis 2026 pour la majorité des revenus financiers : intérêts de livrets bancaires non réglementés, comptes à terme, dividendes, plus-values mobilières sur compte-titres, etc.
- 17,2 % pour certains produits qui conservent l’ancien taux : assurance-vie, PEL, CEL et PEP.
Concrètement c’est le taux de la CSG qui varie entre 10,6 % et 9,2 %. Les taux de la CRDS (0,5 %) et du prélèvement de solidarité (7,5 %) sont uniques.
PFU ou barème progressif ?
Il est souvent possible de choisir entre une imposition au PFU ou une intégration dans votre impôt sur le revenu global pour la composante “impôt sur le revenu”. Dans tous les cas, les prélèvements sociaux restent dûs.
L’option pour le barème progressif peut être intéressante si votre TMI est inférieur à 12,8 % (c'est-à-dire si votre TMI est de 0 % ou 11 %). Toutefois, ce choix s'applique à l'ensemble de vos revenus financiers de l'année.
Si vous optez pour le barème progressif, le taux global taxé sur un placement imposable correspondra à votre TMI + le taux de prélèvements sociaux applicable selon le placement.
Si vous optez pour le PFU, le taux global d’un placement imposable s’élève donc à :
- 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) pour la plupart des placements fiscalisés ;
- 30 % (12,8 % + 17,2 %) pour l’assurance-vie, le PEL, le CEL et le PEP.
Par exemple, si vous avez été crédité de 1 000 € d’intérêt sur un compte sur livret fiscalisé et que vous optez pour le PFU, vous paierez 314 € au total : 128 € d'impôt sur le revenu et 186 € de prélèvements sociaux.
Le cas des enveloppes capitalisantes
Il existe aussi un autre mécanisme fiscal souvent assimilé à l’exonération : l'imposition différée lors d’un investissement dans une enveloppe capitalisante.
Des enveloppes comme l'assurance-vie ou le PEA permettent de ne payer l'impôt sur les gains qu'au moment du retrait. Tant que vos gains restent logés au sein de ces enveloppes, ils capitalisent sans être fiscalisés.
Si la durée de détention fiscale est atteinte sur l’enveloppe (8 ans pour l’assurance-vie, 5 ans pour le PEA), il peut y avoir une exonération d’impôt sur le revenu totale (les prélèvements sociaux restent dus).
Lire aussi : Quelle enveloppe fiscale choisir ?
L’impact des taxes sur la rentabilité d’un placement
La norme en investissement est de communiquer sur un rendement net de frais, mais brut de fiscalité, cette dernière étant propre à chaque investisseur.
Afin de connaître le rendement réel d'un produit ou d'une opportunité, vous devez déterminer son rendement net de fiscalité. La démarche est particulièrement pertinente lorsque vous comparez des placements non fiscalisés (Livret A par exemple) à des alternatives fiscalisées (fonds euros, CAT, livret bancaire ...).
Par exemple, un livret qui affiche un taux brut de 3 % aura un rendement net d’impôts de 2,06 % après application du PFU à 31,4 %.
Cet écart se creuse davantage sur le long terme, grâce au mécanisme des intérêts composés. Lorsque vous pouvez réinvestir les gains perçus sans fiscalités, la croissance du capital s’amplifie d'année en année. C’est le principe des enveloppes de capitalisation.
Voici l'impact concret selon le niveau de fiscalité :
- Placement exonéré à 3 % net : sur 10 ans, 10 000 € deviennent 13 439 €
- Placement fiscalisé à 3 % brut (soit 2,1 % net) : sur 10 ans, 10 000 € deviennent 12 259 €
On a donc une différence de plus de 1 100 € à capital et durée identiques entre un placement non imposable et un placement imposable au même taux.
Toutefois, les placements non imposables comme les livrets réglementés ne sont pas toujours plus intéressants car ils peuvent proposer :
- Des taux de rémunération plus faibles ;
- Des limites de versement (plafonds).
Par exemple, un PEL ouvert avant mars 2011, qui est donc imposable, mais qui bénéficie d’un taux historique supérieur à 2,5 % sera plus rentable qu’un livret A.
Lire aussi : Défiscalisation : Comment réduire ses impôts ?
Quels placements sont non imposables ou non fiscalisés en 2026 ?
Les livrets réglementés : des placements non imposables par nature
Les livrets réglementés sont les seuls placements non imposables sans condition. Leurs intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu ET de prélèvements sociaux. Ils vous permettent donc de percevoir l'intégralité de vos gains.
Le Livret A, le pilier d’une épargne de précaution
Le Livret A est le placement préféré des Français (58 millions de détenteurs en 2025), et pour cause, il offre :
- Une sécurité totale (capital garanti) ;
- Une disponibilité immédiate ;
- Une exonération d’impôt et de prélèvements sociaux.
Depuis le 1er février 2026, son taux est fixé à 1,5 % nets d’impôt et son plafond de versement est de 22 950 € par personne.
Le Livret A est idéal pour l’épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses courantes).
En revanche, son rendement modeste ne permet pas de faire fructifier un patrimoine sur le long terme. De plus, dans un contexte inflationniste proche de 1,5 %, le rendement réel du Livret A est quasiment nul.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), l’alternative au Livret A
Le LDDS partage les mêmes caractéristiques que le Livret A : même taux (1,5 %), même condition d’exonération fiscale, et même niveau de disponibilité du capital.
Son plafond de versement est en revanche fixé à 12 000 € par personne.
En combinant livret A et LDDS, un couple peut cumuler jusqu'à 69 900 € d'épargne totalement défiscalisée (2 Livrets A + 2 LDDS).
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP), réservé aux foyers peu fiscalisés
Si vous y êtes éligible, le LEP est le livret non imposable le plus rentable : 2,5 % depuis février 2026.
Aucun autre placement garanti en capital ne vous offre un meilleur rendement net.
Pour être éligible au LEP, votre revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 23 028 € pour une personne seule, et 35 326 € pour un couple en 2026.
Le plafond de versement du LEP est de 10 000 € par personne.
Le Livret Jeune, pour les jeunes de 12 à 25 ans
Réservé aux 12-25 ans, le Livret Jeune offre un taux au minimum égal à celui du Livret A (1,5 %), mais certaines banques proposent des taux bien supérieurs (jusqu'à 3,5 % dans certains établissements en 2026).
Les intérêts du livret jeune sont totalement exonérés d'impôts et de prélèvements sociaux, mais son plafond est limité à 1 600 € de versements.
Malgré le faible plafond de ce placement non imposable, il reste une solution intéressante pour les jeunes épargnants.
Les enveloppes fiscales : des placements exonérés d’impôts sur le revenu, sous condition
Les enveloppes fiscales offrent une exonération ou réduction d'impôt sur le revenu sous conditions, mais les prélèvements sociaux restent dus sur les gains en cas de retrait. Elles permettent de diversifier une épargne et de viser plus de rendement qu’un livret réglementé.
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) de plus de 5 ans
Le PEA de plus de 5 ans est un placement non imposable, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la part des gains en cas de retrait (dividendes et plus-values).
Par ailleurs, seuls les retraits effectués sur votre PEA déclenchent une imposition (sur les éventuelles plus-value). L’argent logé dans le PEA n’est soumis ni à l’impôt sur le revenu, ni aux prélèvements sociaux tant qu’il reste dans l’enveloppe (sous forme de liquidités ou de titres).
Vous pouvez verser jusqu’à 150 000 € sur un PEA classique et 225 000 € en cumulant avec un PEA-PME.
En cas de retrait sur un PEA de moins de 5 ans, il est automatiquement clôturé et les gains sont soumis au PFU de 31,4 %.
Il est donc recommandé d'ouvrir un PEA le plus tôt possible pour “prendre date”, même avec un petit montant.
Le PEA est l'une des enveloppes les plus avantageuses fiscalement pour investir dans des actions, fonds d’investissement ou ETF européens (le CTO est une autre enveloppe pour investir en Bourse à l'international, mais qui n’offre aucun avantage fiscal).
Lire aussi : Fiscalité du PEA : avant et après 5 ans
L'assurance-vie de plus de 8 ans
Sur une assurance-vie, comme sur un PEA, la fiscalité ne se déclenche qu’en cas de retrait sur la part des gains.
De plus, si votre assurance-vie contient un support en euros (fonds euros), les prélèvements sociaux seront prélevés chaque année par l’assureur.
Si l’assurance-vie a plus de 8 ans, un abattement de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) s'applique chaque année sur l'impôt sur le revenu dû en cas de rachat (retrait) (si le contrat est en plus-value).
Aussi, il est possible de réduire, voire de ne payer aucun impôt sur le revenu sur ses plus-values générées en assurance-vie, à condition de pouvoir espacer ses retraits sur plusieurs années.
Exemple : pour un contrat d’une valeur de 120 000 €, composé de 100 000 € de versements et 20 000 € de plus-value (20 % de gains). Une personne seule qui retire jusqu’à 23 000 € par an (18 400 de versements et 4 600 € de plus-values) annule complètement l’IR dû grâce à son abattement. Elle peut recommencer l’opération l’année suivante.
Si le contrat était composé de 80 000 € de versements et 40 000 € de plus-value (50 % de gains), alors le retrait maximum qui ne donne pas lieu à un versement d’IR serait de 9 200 € (4 600 € de versements et 4 600 € de plus-value).
En cas de retrait, les prélèvements sociaux restent dus au taux de 17,2 % sur la totalité des gains, même si l’assurance-vie a plus de 8 ans.
Dans le cas d’une assurance-vie investie en fonds euro, les prélèvements sociaux sont déduits chaque année du rendement versé par l’assureur.
Aussi, en cas de retrait, à condition de rester sous le seuil de l’abattement d’IR, vous ne verrez aucune fiscalité s’appliquer sur le rachat (puisque les prélèvements sociaux sont déjà prélevés par l’assureur chaque année).
En dehors des cas d’exonération que nous venons de citer, les gains retirés restent imposables selon les règles suivantes :
- Si le contrat a moins de 8 ans, les gains sont soumis au PFU de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
- Si le contrat a plus de 8 ans et que vos gains dépassent l'abattement annuel :
- Les versements cumulés inférieurs à 150 000 € sont soumis à un prélèvement forfaitaire réduit de 7,5 % + prélèvements sociaux de 17,2 % (soit un taux global de 24,7 %).
- Les versements cumulés de plus de 150 000 € sont soumis au PFU de 30 % (12,8 % + 17,2 %).
Enfin, si vous optez pour une assurance-vie, vous pourrez choisir les meilleurs contrats en fonction de différents critères (tarifs, mode de gestion, univers d’investissement, etc).
Selon notre classement, les meilleures assurances-vie du marché en 2026 sont Linxea Spirit 2 (gestion libre), Ramify (gestion pilotée) et Carac Épargne Patrimoine (pour un contrat 100 % fonds euro).
Lire aussi : Le guide complet de la fiscalité de l'assurance-vie
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : un placement à fiscalité différée
Comme pour les autres enveloppes fiscales (PEA et assurance-vie), les gains cumulés au sein d’un PER ne sont pas soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux durant la phase d’épargne (c’est-à-dire avant leur sortie au moment de la retraite).
Toutefois, le PER propose un mécanisme fiscal différent : vous pouvez choisir quand bénéficier de l'avantage fiscal, à l’entrée ou à la sortie.
L’avantage fiscal à l’entrée
Si vous le souhaitez, les versements réalisés sur votre PER peuvent être déduits de votre revenu imposable, dans la limite des plafonds légaux.
Cette déduction génère une économie d'impôt immédiate, proportionnelle à votre TMI.
Par exemple, si vous êtes dans la tranche marginale d’imposition de 30 % et que vous versez 5 000 € sur votre PER, vous économiserez 1 500 € d'impôt.
Mais à la sortie, en contrepartie de cet avantage fiscal à l'entrée, la fiscalité s'applique au moment de la retraite :
- La part qui correspond aux versements (le capital) est réintégrée dans vos revenus imposables et taxée selon votre barème progressif de l'IR ;
- La part qui correspond aux gains est soumise au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux).
Notez que depuis la loi de finances 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
L’avantage fiscal à la sortie
Vous pouvez aussi choisir de ne pas déduire les versements réalisés sur votre PER à l'entrée.
Dans ce cas, seuls vos gains seront imposés à la sortie au PFU de 31,4 %, et le capital vous sera restitué sans imposition supplémentaire.
Cette option peut s'avérer pertinente si votre TMI est faible aujourd'hui, ou si vous anticipez une imposition plus élevée à la retraite.
Enfin, si vous optez pour un PER, vous pourrez choisir les meilleurs contrats en fonction de différents critères (tarifs, mode de gestion, univers d’investissement, etc).
Selon notre classement, les meilleurs Plans Épargne Retraite du marché en 2026 sont Linxea Spirit PER (gestion libre), Ramify (en gestion pilotée) et PER'Form de La France Mutualiste (contrat 100 % fonds euro).
Lire aussi : Fiscalité du PER : Versements, déduction fiscale, sortie, plafond…
L’investissement en Private Equity : une exonération sous condition
Les conditions de l’exonération d’IR
Certains fonds de Private Equity permettent de bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les plus-values réalisées, sous réserve de conserver les titres au moins 5 ans.
Dans tous les cas, les prélèvements sociaux restent dus, au taux de 18,6 %, sur la part des gains, au moment du retrait.
Pour bénéficier de cette exonération, le fonds doit respecter un quota minimum d'investissement en titres de sociétés non cotées ou de PME européennes :
- Au moins 50 % de son actif doit être pour les FCPR ;
- Au moins 70 % de son actif pour les FCPI et les FIP.
A partir du moment où vous investissez dans un fonds dit “éligible au quota fiscal” c’est le gérant qui se charge de veiller au bon respect de ces conditions.
Les fonds de Private Equity éligibles à l’exonération
Les quatre types de fonds concernés par cette exonération d’impôt sont :
- Les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risques) : les plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ans de détention. Ils n'offrent en revanche aucune réduction d'IR à l'entrée ;
- Les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l'Innovation) : ils offrent une réduction d'IR à l'entrée (jusqu'à 25 % du montant investi pour les FCPI investis en Jeunes Entreprises Innovantes) et une exonération d'IR sur les plus-values à la sortie, si le fonds est conservé au moins 5 ans ;
- Les FIP Corse et Outre-mer (Fonds d'Investissement de Proximité) : ils offrent une réduction d'IR à l'entrée (30 % du montant investi, plafonnée à 12 000 € pour une personne seule) et une exonération d'IR sur les plus-values à la sortie, après 5 ans de détention. Depuis 2026, les FIP métropolitains ne sont plus éligibles à la réduction d'impôt à l'entrée ;
- Les FPCI (Fonds Professionnels de Capital Investissement) : réservés aux investisseurs avertis avec un ticket d'entrée minimum de 100 000 €, les FPCI dits "fiscaux" exonèrent d'IR les plus-values réalisées.
Le risque d’investir dans des entreprises non cotées
Investir dans ce type de fonds implique un risque de perte en capital significatif, lié à l'investissement dans des entreprises non cotées.
D'autre part, ces fonds intègrent des frais de gestion annuels qui peuvent peser sur la rentabilité nette, malgré l'avantage fiscal.
Lire aussi : Fiscalité du Private Equity : guide complet
L'épargne salariale (PEE, PERCO) : une exonération fiscale pour les salariés
Percevoir des revenus exonérés d’impôt
Si vous êtes salarié, l'épargne salariale est l'un des rares dispositifs qui permet de percevoir des revenus supplémentaires totalement exonérés d'impôt sur le revenu.
L'épargne salariale regroupe plusieurs enveloppes mises en place par les entreprises :
- Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE) ;
- Le Plan d'Épargne Interentreprises (PEI) ;
- Le Plan d'Épargne Retraite d'Entreprise Collectif (PERECOL) ;
- Le Plan d'Épargne Retraite Collectif (PERCO).
Ainsi, lorsque vous percevez une prime d'intéressement ou de participation, vous avez le choix entre deux options :
- Percevoir la prime directement : elle est alors soumise à l'impôt sur le revenu selon votre TMI, comme n'importe quel salaire ;
- Placer la prime sur un plan d'épargne salariale dans les 15 jours suivant sa perception : elle est alors totalement exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 36 045 € en 2026.
En contrepartie, les sommes doivent rester bloquées pendant 5 ans sur le PEE (et jusqu'à la retraite sur le PERECOL et le PERCO), sauf en cas de déblocage anticipé (mariage, naissance, acquisition de la résidence principale, licenciement, etc.).
Dans les deux cas, des cotisations sociales restent dues sur le montant brut perçu : 9,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS, soit un prélèvement de 9,7 %. Ces cotisations sont prélevées automatiquement au moment où vous investissez dans le plan.
Des gains exonérés d’impôt s’ils restent au sein de l’enveloppe
Les gains générés au sein du PEE ou du PERCO sont également exonérés d'impôt sur le revenu tant qu'ils restent investis dans le plan.
En cas de déblocage après 5 ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent sur les plus-values réalisées.
Lire aussi : Intéressement et participation : fiscalité et déblocage
Quel est le meilleur placement non imposable en 2026 ?
Il n'existe pas vraiment de “meilleur” placement non imposable pour tous. Le meilleur choix dépend de votre situation personnelle, de votre horizon de placement et de vos objectifs. Voici nos recommandations selon les profils les plus courants.
Le meilleur placement non imposable pour une épargne de précaution
Pour une épargne de précaution, le meilleur placement non imposable est le Livret d'Épargne Populaire (LEP), si vous y êtes éligible.
Le LEP offre un taux de 2,5 % net, totalement exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. C'est le meilleur rendement du marché pour un capital disponible à tout moment et totalement exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux.
Si vous n'êtes pas éligible au LEP, le Livret A reste le placement non imposable de référence. Son taux de 1,5 % est certes modeste, mais il offre une garantie totale du capital, une disponibilité immédiate et une exonération fiscale complète (intégrale et sans délai).
Ces livrets vous permettent de constituer une réserve de 3 à 6 mois de dépenses courantes. Néanmoins, leur plafond limité et leur rendement modeste ne permettent pas de faire fructifier un patrimoine à long terme.
Le meilleur placement non imposable pour investir en Bourse
Pour investir en Bourse avec une fiscalité allégée, deux enveloppes sont à privilégier :
- Le PEA, qui est l'enveloppe de référence pour les marchés européens. Après 5 ans de détention, vos plus-values et dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus en cas de retrait.
- L’assurance-vie pour investir sur les marchés mondiaux à moindre fiscalité. Grâce aux unités de compte, vous pourrez accéder à un univers d'investissement mondial (actions, obligations, SCPI, private equity…), sans plafond de versement. Sa fiscalité devient avantageuse à partir de 8 ans de détention, grâce à un abattement annuel sur les gains retirés.
Dans l’idéal, il est recommandé de combiner le PEA et l’assurance-vie pour plus de diversification.
Lire aussi : PEA ou assurance-vie : que choisir ?
Le meilleur placement non imposable pour préparer l’avenir
La préparation de la retraite
Pour préparer votre retraite, le PER est l'enveloppe la plus adaptée. Chaque euro versé peut être déduit de votre revenu imposable, ce qui génère une économie d'impôt immédiate proportionnelle à votre TMI.
En contrepartie, les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé), et la fiscalité s'applique à la sortie.
Le PER est donc particulièrement intéressant si votre TMI est élevée aujourd'hui et que vous anticipez une baisse de vos revenus à la retraite.
La transmission d’un patrimoine
Pour transmettre un patrimoine financier dans des conditions fiscales optimales, l'assurance-vie et le PER peuvent offrir un cadre successoral avantageux (lorsque les abattements légaux en ligne directe de 100 000 € par enfant et par parent ont déjà été absorbés par le reste du patrimoine).
En cas de décès, les versements réalisés peuvent être transmis à un ou plusieurs bénéficiaires hors succession et profiter d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sous conditions.
Toutefois, l'assurance-vie reste plus flexible, car elle permet de retirer un capital à tout moment en cas de besoin (contrairement au PER, bloqué jusqu’à la retraite).
Lire aussi : Succession et Assurance-vie : fonctionnement, droits et fiscalité
Le meilleur placement non imposable pour les jeunes
Pour les 12-25 ans, le Livret Jeune est le premier réflexe épargne. Il est totalement exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux et offre un taux au minimum égal à celui du Livret A (et souvent supérieur selon les banques).
Le livret jeune est le placement non imposable idéal pour une première épargne de précaution, mais il est toutefois limité à 1 600 € de versement.
Pour leurs premiers pas en Bourse, les 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents peuvent aussi ouvrir un PEA Jeune. Son plafond de versement est moins élevé que le PEA classique (20 000 € contre 150 000 €).
Plus généralement, l'enjeu pour un jeune épargnant est d'ouvrir des enveloppes d’investissement le plus tôt possible, même avec de petits montants.
L'ancienneté fiscale du PEA (5 ans) et de l'assurance-vie (8 ans) commence à courir dès le premier versement et leur permettra, plus tard, de retirer leur argent dans des conditions fiscales avantageuses.
Le meilleur placement non imposable pour les salariés
Pour les salariés, l'épargne salariale est une véritable opportunité fiscale.
En plaçant votre prime d'intéressement ou de participation sur un PEE ou un PERCO dans les 15 jours suivant sa perception, vous bénéficiez d'une exonération d'impôt sur le revenu, dans la limite de 36 045 € par an en 2026.
En complément, si votre employeur propose un abondement (versement complémentaire sur votre épargne salariale), celui-ci sera également exonéré d'impôt sur le revenu.
Au-delà de l'épargne salariale, les salariés ont accès aux mêmes enveloppes que tout épargnant : Livret A, LDDS, PEA, assurance-vie et PER. Il s’agit donc de profiter de la combinaison optimale selon votre TMI, votre horizon et vos objectifs.
Nos conseils pour optimiser votre épargne avec des placements non imposables
Éviter de trop miser sur les livrets non imposables
Les livrets réglementés sont indispensables pour constituer votre épargne de précaution, mais ils ne suffisent pas pour optimiser la croissance d’un patrimoine financier à long terme.
Deux raisons à cela :
- Leurs plafonds sont limités ;
- Leur rendement est inférieur, ou proche du taux d’inflation.
En cumulant un Livret A, un LDDS et un LEP, vous pouvez épargner au maximum 44 950 € sans payer d’impôt ni de prélèvements sociaux. C'est une somme conséquente, qui pourrait vous rapporter davantage si elle était diversifiée sur d’autres placements.
Par ailleurs, un taux de 1,5 % net peut sembler attractif parce qu'il est exonéré d'impôt. Mais dans un contexte d'inflation proche de ce niveau, votre capital est préservé en valeur nominale, mais votre pouvoir d'achat ne progresse pas.
Il est donc recommandé de remplir vos livrets réglementés pour constituer votre épargne de précaution, puis d'orienter le surplus vers des enveloppes à meilleur potentiel et qui vous permettront de répondre à d’autres objectifs patrimoniaux : assurance-vie, PEA, et/ou PER, selon votre situation.
Conserver un ancien PEL non imposable en 2026
Selon la date d’ouverture de votre PEL, il peut être intéressant de le conserver, ou d’opter pour un autre placement en 2026.
PEL ouvert avant le 1er mars 2011
Un PEL ouvert avant le 1er mars 2011 est un placement très avantageux, car :
- Il peut être conservé sans limitation de durée (les PEL ouverts après cette date sont clôturés après 15 ans) ;
- Il bénéficie d’un taux garanti d’au moins 2,5 % brut (parfois plus, selon l’année d’ouverture).
Ces anciens PEL restent attractifs, bien qu’ils soient fiscalisés (car ils ont atteint 12 ans d’ancienneté).
Par exemple, un PEL ouvert en janvier 2011 au taux de 2,5 % brut offre un rendement net de 1,75 %. C’est actuellement supérieur au taux du livret A.
Un placement non imposable n’est donc pas toujours plus avantageux qu’un placement fiscalisé.
PEL ouvert avant 2018
Les PEL ouverts avant le 1er janvier 2018 bénéficient d'une fiscalité avantageuse : leurs intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu pendant les 12 premières années. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus chaque année.
Après 12 ans, les nouveaux intérêts générés deviennent imposables à l'IR.
Ainsi, si vous détenez un PEL ouvert entre 2014 et le 31 janvier 2016, il profite encore d’un taux attractif (entre 2 % et 2,5 %) et est non imposable : il est conseillé de le conserver, puis de faire le bilan au moment où votre PEL atteindra 12 ans (identifier à ce moment-là les taux d’épargne en vigueur).
Dans tous les cas, votre PEL sera automatiquement clôturé lorsqu’il atteindra 15 ans.
Les PEL ouverts entre 2016 et 2022
Il est rarement pertinent de conserver un PEL ouvert après 2016 et avant 2022.
Les PEL ouverts depuis 2018 sont soumis au PFU de 30 % dès le premier euro d'intérêt.
Un PEL ouvert entre 2016 et 2022 avec un taux de 1 % brut soumis au PFU à 30 % ne rapporte qu'environ 0,70 % net, moins que le Livret A à 1,5 % net ou le LEP à 2,5 % net.
Lire aussi : PEL plein : que faire et erreurs à éviter
Bien comprendre l’avantage fiscal des enveloppes capitalisantes
L'assurance-vie, le PEA et le PER sont souvent présentés comme des placements "non imposables". C'est en réalité un abus de langage qui peut conduire à de mauvaises décisions.
Ces trois enveloppes partagent un mécanisme commun : tant que vous ne retirez pas vos fonds, aucune fiscalité ne s'applique sur vos gains.
Vos plus-values et dividendes peuvent être réinvestis intégralement, ce qui amplifie l'effet des intérêts composés sur le long terme. C'est le principe de la capitalisation sans friction fiscale.
En revanche, au moment d'un retrait, les situations varient selon l’ancienneté du contrat :
- Le PEA après 5 ans exonère vos gains d'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
- L'assurance-vie après 8 ans offre un abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) sur la part imposable à l'IR des gains retirés, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur la totalité des gains dès le premier euro.
- Le PER propose une fiscalité différée : si vous avez déduit vos versements à l'entrée, le capital sera imposé à l'IR et les gains au PFU de 31,4 % lors de la sortie du capital, au moment de la retraite.
Ces enveloppes sont donc fiscalement avantageuses, parfois partiellement imposables (les prélèvements sociaux sont toujours dus en cas de retrait), mais pas totalement exonérées par nature, comme peuvent l’être les livrets réglementés.
Bien comprendre les différentes notions de rendement
Si vous accordez de l’importance à la fiscalité de votre épargne, vous devez également tenir compte de son rendement.
Quand un placement est proposé à 3 % net, dans la majeure partie des cas, il faut comprendre “net de frais”. En effet, la fiscalité étant propre à chaque investisseur, elle est rarement évoquée de manière générale.
Aussi, il est important de distinguer trois notions :
- Le rendement brut, qui est le taux affiché avant déduction des frais et de la fiscalité. C'est le chiffre mis en avant dans les publicités et les comparateurs, mais il ne reflète pas ce que vous percevrez réellement ;
- Le rendement net correspond au gain effectivement perçu après frais de gestion et après fiscalité. Par exemple, un compte à terme affiché à 3 % brut ne rapporte que 2,06 % net après PFU à 31,4 %, soit moins que le LEP à 2,5 % net ;
- Le rendement réel corrige le rendement net de l'inflation. Si votre placement rapporte 1,5 % net dans un contexte d'inflation à 2 %, votre rendement réel est de -0,5 %.
Par exemple, si vous hésitez entre un livret à 2,5 % brut soumis au PFU de 31,4 % et un Livret A à 1,5 % net, vous constaterez que l'écart est plus faible que ce que dévoilent les taux bruts.
Foire Aux Questions
Quel placement non imposable rapporte le plus en 2026 ?
Le LEP est le livret non imposable qui rapporte le plus en 2026, avec un taux de 2,5 % net. Il est totalement exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Il est toutefois réservé aux foyers modestes. Pour ceux qui n'y sont pas éligibles, le Livret A et le LDDS offrent 1,5 % net sans condition.
Quel est le meilleur placement sans risque et non imposable ?
Le LEP est le meilleur placement sans risque et non imposable en 2026, avec 2,5 % net. Il est totalement exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux. Si vous n'y êtes pas éligible, le Livret A puis le LDDS (1,5 % net chacun) sont les meilleures alternatives.
Quels placements sont exonérés de prélèvements sociaux ?
Seuls les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) sont totalement exonérés de prélèvements sociaux. Tous les autres placements y restent soumis à un moment : chaque année sur les intérêts des fonds euros (17,2 %), au moment du retrait pour le PEA (18,6 %), l'assurance-vie (17,2 %) et le PER (18,6 %).
Le PEA est-il un placement non imposable ?
Le PEA est partiellement défiscalisé, mais pas totalement non imposable. Après 5 ans de détention, vos gains sont exonérés d'impôt sur le revenu en cas de retrait, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité des plus-values et dividendes. Tant que vous ne retirez rien, aucune fiscalité ne s'applique : c'est l'avantage de l'enveloppe capitalisante. En revanche, un retrait avant 5 ans d’ancienneté entraîne la clôture automatique du PEA et l'imposition des gains au PFU de 31,4 %.
L’assurance-vie est-elle non imposable après 8 ans ?
L'assurance-vie est imposable, mais après 8 ans de détention, elle bénéficie d’un abattement de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple). Dans ce cas, vous ne payez aucun impôt sur le revenu sur ces gains, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent toujours sur la totalité des gains retirés (y compris sur la fraction couverte par l'abattement).
Peut-on cumuler LEP, Livret A, LDDS, PEA, assurance-vie et PER ?
Oui, vous pouvez détenir simultanément un LEP, un Livret A, un LDDS, un PEA, une assurance-vie et un PER. C'est même souvent la stratégie recommandée pour optimiser votre épargne. Chacune répond à un objectif différent : les livrets pour la précaution, le PEA pour les actions européennes, l'assurance-vie pour la diversification et la transmission, le PER pour la retraite et pour défiscaliser.

