Quelles sont les particularités de l'investissement à long terme ?
Un horizon d’investissement à long terme change la nature d’une stratégie d’investissement à trois égards :
- Le rapport à la volatilité : sur des cycles longs, les fluctuations à court terme s'effacent. Un investisseur long terme peut traverser une crise sans être contraint de vendre au mauvais moment.
- L'allocation d'actifs : un horizon étendu permet d'accepter davantage de risque et d'accéder à des classes d'actifs moins liquides (private equity, immobilier, actions de croissance).
- Les intérêts composés : c'est sur le long terme que leur effet devient réellement intéressant. Les gains génèrent eux-mêmes des gains, de manière exponentielle.
Le temps profite au rendement (plus que le timing)
Le premier moteur de la performance d’un investissement long terme est la durée d'exposition aux marchés. Plus vous maintenez votre investissement longtemps, plus vous bénéficiez :
- D’une part, du mécanisme des intérêts composés (les gains réinvestis produisent à leur tour des gains) ;
- D’autre part, du lissage de la volatilité (les phases de baisse sont compensées par les phases de hausse).
Selon une étude JP Morgan Asset Management, sur les 20 dernières années, 7 des 10 meilleures journées du S&P 500 sont survenues dans les 2 semaines qui suivent les 10 pires journées.
Aussi, quand on tente de prédire les marchés (market timing) il est plus courant de manquer les plus fortes hausses, qui surviennent souvent juste après les grandes phases de crise.
Par exemple, un investissement de 100 000 dollars sur le S&P 500 entre 1988 et 2024 a généré 4,9 millions de dollars en restant investi en continu. En manquant les 30 meilleures journées sur cette période, le capital final tombe à 900 000 dollars, soit 82 % de gains en moins.
Le résultat de cette autre étude est également similaire : de 1996 à 2025, 48 % des meilleurs jours de bourse ont eu lieu pendant un marché baissier, et 28 % dans les 2 premiers mois d'un marché haussier.
Rater simplement les 10 meilleures journées de bourse sur cette période de près de 30 ans réduit la performance de 56 %.
La discipline comportementale à long terme
Pour une majorité d’investisseurs, un horizon long terme aide à mieux gérer les biais émotionnels classiques de l’investissement.
Daniel Kahneman et Amos Tversky ont démontré, dans leurs travaux sur la prospect theory (1979) puis dans leurs mesures empiriques publiées en 1992, que les pertes pèsent psychologiquement environ 2,25 fois plus que les gains équivalents.
Par conséquent, sous la pression de la baisse, une stratégie d’investissement court terme pousse souvent à vendre au pire moment et à racheter trop tard. Avec une vision long terme, on est souvent plus à l’aise avec un recul de notre portefeuille, sachant que celui-ci a encore plusieurs années derrière pour rebondir.
L’étude Mind the Gap 2025 de Morningstarmontre ainsi que les investisseurs qui réalisent plus de transactions sur leur portefeuille ont plus de risque de réaliser un arbitrage au mauvais moment.
En investissant à long terme, on est souvent plus à l’aise avec l’idée de profiter de l’ensemble des cycles du marché (hausse et baisse) sans être tenté d’agir.
Un risque lissé avec le temps
A l’image de l’économie, les marchés financiers sont traversés par des phases d’expansion et de contraction. Ce que les données historiques montrent, c’est que sur un horizon suffisamment long les phases de croissances dépassent largement les phases de repli.
Aussi, à long terme, les études prouvent que le risque de perte en capital diminue avec le temps sur les marchés financiers.
C’est ce que confirme une étude de l'AMF :
- En s’appuyant sur des données françaises et américaines remontant à 150 ans, elle affirme qu'au-delà de 15 ans de détention, aucune perte n’a été constatée sur les actions françaises ;
- Au-delà de 20 ans, le risque de perte de pouvoir d’achat (inflation déduite) devient « insignifiant » ;
- Sur le CAC 40 dividendes réinvestis, sur 168 placements de 20 ans simulés depuis 1988, tous ont produit un rendement réel positif.
Du côté des marchés américains, Jeremy Siegel a démontré dans son célèbre ouvrage “Stocks for the Long Run” qu'aucune fenêtre glissante de 20 ans depuis 1802 n'a produit de rendement négatif sur les actions américaines.
Aussi, plus l’horizon d’investissement d’un investisseur est lointain, plus il devient pertinent de s’exposer à des classes d’actifs performantes (comme les actions ou le private equity), car le risque de volatilité s’estompe avec le temps.
Quelles sont les performances historiques des grandes classes d’actifs sur le long terme ?
Avant de bâtir une stratégie d’investissement à long terme, il est intéressant de comprendre comment chaque classe d'actifs s'est comportée historiquement. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs, mais ils peuvent permettre de calibrer nos attentes et d’arbitrer entre les différents supports.
Le rendement des actions à long terme
Historiquement, les actions restent la classe d'actifs la plus performante sur le très long terme, malgré une volatilité élevée.
Selon l'UBS Global Investment Returns Yearbook 2025, les actions américaines ont délivré sur 125 ans (1900-2024) un rendement annualisé de 9,7% (soit un rendement réel de 6,6 % une fois retraité de l’inflation).
Par exemple, un dollar investi en actions américaines en 1900 valait 107 409 dollars fin 2024, contre seulement 268 dollars s'il avait été placé en obligations longues.
En France, l'étude AMF “Stimuler la diversification de l'épargne de long terme” évalue à 7,3 % la performance réelle annualisée des actions françaises depuis 1988, contre 5,4% pour les obligations d'État et 1,0% pour le Livret A.
En 2026, un indice très diversifié comme le MSCI World qui couvre 85 % des entreprises cotées de tous les pays développés propose un historique de performance publique de près de 40 ans.
De sa création le 31 décembre 1987 au 30 avril 2026, le rendement moyen de cet indice ressort à 8,96 % par an (mesuré en dollar).
Le rendement des obligations à long terme
Le marché obligataire est historiquement moins volatile que le marché action, puisque son rendement repose sur des conditions de financements fixées en avance.
Pour les investisseurs, les obligations les plus sûres (notamment les obligations des grands Etats) ont historiquement constitué un socle de stabilisation pour les portefeuilles.
La question du rendement à long terme est plus difficile à répondre car le marché obligataire est complexe :
- Il est stratifié selon le risque associé à chaque émetteur : on distingue notamment les obligations dites Investment-Grade (le plus souvent des Etats développés ou des entreprises jugées très stables) et High-Yield (pays émergent, entreprises plus risquées).
- Il regroupe des obligations avec des maturités différentes qui peuvent aller d’1 an à plus de 40 ans, avec des taux d’intérêts qui augmentent en théorie avec la durée d’emprunt.
Selon l'UBS Global Investment Returns Yearbook 2025, sur les 125 dernières années (1900-2024), les obligations d'État américaines à long terme ont dégagé un rendement nominal annualisé de 4,6 %. Compte tenu d'une inflation moyenne de 2,9 % par an sur la même période, leur rendement réel ressort à environ 1,6 % par an.
À titre de comparaison, et toujours selon la même source, les actions américaines ont délivré 9,7 % en nominal et 6,6 % en réel sur la même période.
Cette moyenne à très long terme cache toutefois d'importantes disparités selon les sous-périodes, liées notamment au niveau d'inflation et au cycle des taux d'intérêt. Les phases de baisse durable des taux (comme entre 1982 et 2021) ont été particulièrement favorables aux porteurs d'obligations, tandis que la remontée brutale des taux en 2022 s'est traduite par des performances obligataires fortement négatives.
Sur les 10 dernières années, on a pu observer les rendements moyens suivants mesurés en dollar :
En France, les fonds euros disponibles en assurance-vie sont majoritairement investis en obligations (environ 80 %) et constituent un moyen simple d’approcher cette classe d’actif.
Le rendement moyen évolue autour de 2-2,5 % depuis 10 ans.
Le rendement de l’immobilier et des SCPI à long terme
L'investissement immobilier en direct (exemple de Paris)
Selon l’IEIF, à court terme, le rendement d'un investissement immobilier en direct sur Paris reste inférieur à l'inflation. Mais la performance s'améliore nettement avec la durée de détention :
- 5,1 % par an à partir de 15 ans de détention
- 10 % par an après 40 ans de détention
L'investissement via les SCPI
Toujours selon la même source, les sociétés civiles de Placement Immobilier affichent un TRI moyen à 5 ans de 1,25 % en 2024, soit un niveau également inférieur à l'inflation. Ce chiffre cache toutefois de fortes disparités : les SCPI de bureaux tirent la moyenne vers le bas, tandis que les SCPI diversifiées affichent actuellement un TRI à 5 ans supérieur à 5 %.
Sur des horizons plus longs, le TRI moyen (toutes SCPI confondues) progresse :
- 6,1 % par an à 15 ans
- 7,9 % par an à 40 ans
Comme le résume Stéphanie Galiègue (DGA IEIF) : « L'immobilier présente, sur 40 ans, des performances comprises entre 7 % et 10 %, à mi-chemin entre les actions et les obligations, mais avec des volatilités mesurées. »
Sources : IEIF
À lire aussi : Comment choisir une SCPI pour investir ?
Le rendement du private equity à long terme
Le capital-investissement français (ou private equity) est l’une des classes d'actifs les plus performantes à long terme, ce qu’illustre le rendement moyen calculé sur l’univers de tous les fonds, par exemple en France :
Source : France Invest / EY
Enfin le private equity est caractérisé par une illiquidité du capital sur des périodes qui peuvent atteindre 10 à 15 ans. Les fonds evergreen apportent cependant une réponse partielle à cette illiquidité.
Traditionnellement, le private equity tirait parti d’une prime d’illiquidité et surperformait les autres classes d’actifs, y compris les actions.
En 2026, suite à quelques années moins dynamiques pour le private equity dans un contexte de performance exceptionnelle pour les marchés américains ; cette affirmation n’est plus vrai sur un horizon de 5 à 10 ans aux Etats-Unis.
Il s’agit d’un photographie à l’instant t du marché qui continuera à évoluer dans le futur au gré de la performance des 2 classes d’actifs.
Même aux Etats-Unis, le private equity reste attractif, notamment pour son rôle de diversificateur au sein d’une allocation.
Pour aller plus loin : Les meilleurs fonds de Private Equity en France
L’or, l’art et les actifs tangibles à long terme
Les performances historiques de l’or
Les actifs tangibles (or, art, vin, montres, voitures de collection) ne génèrent aucun revenu récurrent. Leur performance repose intégralement sur leur capacité à prendre de la valeur dans le temps.
Il s’agit donc d’une catégorie d’investissement à part, qui est vouée à être conservée à long terme.
Comme le démontrent les chiffres ci-dessous, l’or affiche une forte progression sur les dernières décennies, avec des performances souvent contre-cycliques. Toutefois, son rendement reste tout de même lié au contexte macroéconomique.
Sur le long terme, les actions ont surperformé l’or, sauf quand le point d’entrée correspondait à un sommet de marché :
- Sur une période de 10 ans (2016-2026) , l’or a connu un rendement moyen annuel de 13,3 % et le S&P 500 de 15 % (EUR) ;
- Sur une période de 20 ans (2006-2026) , l’or a connu un rendement moyen annuel de 10,7 % et le S&P 500 de 11,4 % (EUR) .
L’or peut donc surpasser les marchés boursiers sur des périodes qui incluent des crises. Néanmoins, sa performance dépend du point d'entrée, car son prix peut fortement fluctuer à court comme à moyen terme.
Lire aussi : Comment investir dans l'or et est-ce une bonne idée aujourd’hui ?
Les performances historiques de l’art et des objets de collection
L’investissement dans l’art représente une opportunité d'investissement long terme décorrélée des marchés financiers.
Depuis les années 2000, l’Artprice100 (un indice qui rassemble les 100 artistes les plus performants du marché mondial) surperforme le S&P 500 (les 500 plus grosses capitalisations boursières des États-Unis) de 250 %.
Sur une période de 25 ans (2000-2025), la valeur des œuvres a progressé de 8,3 % par an.
Néanmoins, l'Artprice100 sélectionne les 100 artistes les plus performants du marché. Ainsi, l'indice ne peut qu'afficher une performance exceptionnelle.
L'étude académique de Korteweg, Kräussl & Verwijmeren (Review of Financial Studies, 2016) suggère une surperformance de ces artistes d'environ 2,4 points par an par rapport au reste du marché.
Les performances historiques des actifs de collection
Selon Knight Frank Luxury Investment Index (KFLII), certains biens de collection affichent des performances à 10 ans supérieures à celles du marché actions, avec une forte disparité selon les segments :
Performances sur 10 ans des actifs de collection (KFLII, Q4 2025)
Selon le Knight Frank Luxury Investment Index (KFLII)au Q4 2025, l'indice global des actifs de collection a progressé de +38,6% ces 10 dernières années, soit environ 3,3% par an, un rendement bien inférieur à celui des actions ou de l'immobilier sur la même période.
Néanmoins cette moyenne masque des écarts importants entre chaque segment.
La performance des cryptoactifs à long terme
Dans l’univers des cryptomonnaies, on distingue de très grandes disparités selon les actifs.
L'immense majorité des cryptoactifs créés depuis 2009 ont aujourd'hui une valeur proche de zéro. Seuls quelques projets adossés à un usage technologique réel (Ethereum, Solana) ou à une rareté programmée (Bitcoin) ont délivré une performance long terme significative.
Néanmoins, à titre de comparaison, on peut citer Bitcoin qui est la crypto qui a offert le ROI (retour sur investissement) le plus élevé.
Au cours des 14 dernières années (2011-2026), l'indice Bitcoin (en EUR) a eu un taux de croissance annuel de 88,95 %.
Mais en face, il est important d’évoquer la réalité du risque associé. Le Bitcoin a connu plusieurs baisses supérieures à 75% au cours de son histoire. Sa volatilité annualisée reste également l'une des plus élevées de toutes les classes d'actifs.
Ainsi, même en stratégie long terme, il reste important de concentrer l'exposition sur les cryptoactifs les plus matures (Bitcoin, Ethereum) et dans l’idéal, de limiter l'allocation à 1 à 5 % du portefeuille global.
Quelles sont les meilleures enveloppes d’investissement pour investir à long terme ?
Les enveloppes d’investissement permettent à la fois :
- D’optimiser une stratégie d’épargne à long terme grâce à différents avantages fiscaux.
- Dans le cas des enveloppes capitalisantes, de ne pas subir de fiscalité en cas d’arbitrage, à condition que le capital reste dans l’enveloppe.
Voici les principales enveloppes à connaître et leurs atouts pour investir à long terme.
Le tableau comparatif des meilleures enveloppes d’investissement pour investir à long terme
Le PEA, l'enveloppe privilégiée pour les actions européennes
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) permet d’investir exclusivement dans des actions et titres de sociétés européennes ou dans des parts de fonds composés d’au moins 75 % d’actions éligibles.
Contrairement à l’assurance-vie ou au PER, le PEA est plafonné à 150 000 € pour un PEA classique et à 225 000 € si vous détenez à la fois un PEA et un PEA-PME.
Le PEA est une enveloppe fiscale capitalisante, c’est-à-dire que si vous ne retirez pas votre argent, aucune fiscalité n’est appliquée. Elle est donc idéale pour une stratégie d’investissement à long terme.
Enfin, si votre PEA a plus de 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent applicables.
En cas de retrait avant 5 ans d’ancienneté, les plus-values sont imposées au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) et le PEA est automatiquement clôturé.
Lire aussi : Meilleur PEA : Comparatif des contrats du marché
L'assurance-vie, l'enveloppe capitalisante la plus diversifiée
L'assurance-vie est sans doute l'enveloppe la plus complète pour un investisseur long terme. Elle permet de loger une grande variété de supports : fonds euros, unités de compte, ETF, SCPI, produits structurés, voire private equity, selon les catalogues proposés par les contrats.
Son principal atout est qu’elle s’adapte à tous les profils de risque grâce à sa structure qui contient :
- Des fonds euros à capital garanti ;
- Des actifs plus rémunérateurs avec un risque de perte en capital, les unités de compte (actions, obligations, ETF , SCPI , OPCVM, etc.).
À long terme, l’assurance-vie favorise la diversification des investissements, optimise leur rentabilité et offre une fiscalité favorable pour :
- Faire fructifier les gains générés ;
- Transmettre un capital.
Comme le PEA, l’assurance-vie est une enveloppe capitalisante : pas de retrait, pas de fiscalité (sauf prélèvements sociaux tous les ans sur le fonds euro).
En cas de retrait, la fiscalité de l’assurance-vie propose aussi une dégressivité des taux d'imposition selon l'ancienneté de votre contrat, avec un abattement annuel sur les gains lorsque le contrat a plus de 8 ans (4600€ pour une personne seule et 9200 € pour un couple).
La performance à long terme d’un contrat d’assurance-vie reste dépendante du contrat et des supports choisis.
Sur le marché, les rendements vont du simple au double : nous vous recommandons de consulter notre classement des meilleurs contrats d’assurance-vie pour guider votre choix.
Pour aller plus loin : Succession et Assurance-vie : fonctionnement, droits et fiscalité
Le PER, pour préparer la retraite en réduisant l'impôt
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est par nature un placement long terme, puisqu’il est conçu pour vous aider à constituer un revenu complémentaire pour votre retraite.
Contrairement à l’assurance-vie qui peut aussi s’insérer dans une stratégie de court ou de moyen terme, le capital investi sur un PER est bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocages anticipés).
Le PER ouvre accès à une large gamme de supports d’investissement (fonds euros, actions, ETF, OPCVM, obligations, SCPI, investissement dans des startups ou PME, etc.).
En prime, il bénéficie d’un volet défiscalisation. Les sommes que vous versez sur votre PER sont déductibles de vos revenus imposables, dans la limite de plafonds légaux.
Comme pour l’assurance-vie, la performance à long terme d’un PER dépend du contrat et des supports qui le composent. Pour vous aider dans votre choix, vous pouvez consulter notre classement des meilleurs PER.
Lire aussi : Quelle fiscalité pour le PER ?
Le CTO, pour un large choix de titres
Le Compte-Titres Ordinaire (CTO) est l'enveloppe la plus flexible pour accéder aux actions internationales, ETF non éligibles au PEA, obligations, foncières cotées et autres titres financiers.
Ce n’est pas une enveloppe capitalisante comme le PEA ou l’assurance-vie : ses caractéristiques en font donc un placement moins intéressant à long terme, puisque la fiscalité est prélevée au fil de l’eau.
Toutefois, même s’il ne bénéficie pas de son propre régime fiscal, le CTO cumule plusieurs avantages dans le cadre d’une stratégie d’investissement long terme et diversifiée :
- Il n’a aucun plafond de versement ;
- Il ouvre accès aux marchés américains, asiatiques, ou émergents ;
- Il offre un univers d'investissement très large : actions, obligations, ETF, produits dérivés, matières premières, fonds crypto.
Le CTO s’intègre dans une stratégie d’investissement à long terme pour accéder à des supports indisponibles ailleurs, ou pour les patrimoines qui dépassent les plafonds des autres enveloppes.
Le contrat de capitalisation, pour les gros patrimoines ou les personnes morales
Le contrat de capitalisation est très proche de l’assurance-vie dans sa structure et ses caractéristiques. Il permet d’investir à long terme (mais sur une durée de 30 ans maximum).
Contrairement à l’assurance-vie, le contrat de capitalisation peut être :
- Transmis de votre vivant, par donation simple ou démembrée ;
- Souscrit par une personne morale (une société civile patrimoniale ou une holding patrimoniale par exemple).
Les gains capitalisés au sein du contrat ne subissent pas de fiscalité tant qu’aucun rachat n’est effectué. Après 8 ans de détention, les rachats bénéficient d’un abattement fiscal annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple).
Néanmoins, à l’inverse de l’assurance-vie, les sommes transmises en cas de décès sont intégrées à l’actif successoral et soumises aux droits de succession classiques.
Lire aussi : Contrat de capitalisation ou Assurance-vie : lequel choisir ?
Comment construire une stratégie d’investissement long terme ?
Une stratégie d'investissement long terme ne dépend pas forcément du choix d'un produit, mais de la cohérence entre vos objectifs, votre horizon de placement et votre profil de risque.
Voici les 5 étapes que nous vous recommandons de suivre pour construire votre stratégie d'investissement long terme.
Voir aussi : Notre webinar sur la construction d’un portefeuille diversifié et résilient
Étape 1 : définir votre objectif à long terme
La base de votre stratégie patrimoniale à long terme repose sur une question : à quoi va servir le capital investi ?
Voici les principaux objectifs à long terme et leurs implications stratégiques :
- Préparer la retraite : suppose un horizon long (15 à 30 ans) et une sortie progressive du capital. Le PER et l'assurance-vie sont des enveloppes adaptées ;
- Financer un achat immobilier : impose une date butoir précise. La part d'actifs risqués doit être progressivement sécurisée à mesure que l'échéance approche ;
- Couvrir les études des enfants : s'étale sur environ 10 à 20 ans . L'allocation peut être dynamique en début de période, puis sécurisée à l'approche de l’échéance ;
- Organiser une transmission : privilégier les enveloppes fiscalement avantageuses comme l' assurance-vie ;
- Générer des revenus complémentaires : il est conseillé de s’orienter vers les SCPI , les actions à dividendes ou les fonds obligataires distribuants ;
- Rechercher la croissance du capital : justifie une dominante actions, à travers des ETF diversifiés ou du private equity pour la part illiquide.
Plusieurs objectifs peuvent coexister dans une même stratégie. Il faudra néanmoins leur associer un montant, un profil de risque et une échéance, afin de définir l'allocation la plus pertinente.
Étape 2 : séparer l'épargne de précaution du capital à investir
Avant de déterminer votre stratégie, il est important de structurer votre patrimoine financier en deux poches distinctes : l'épargne de précaution et le capital à investir.
L'épargne de précaution correspond aux sommes que vous devez pouvoir mobiliser immédiatement, sans risque de perte, pour faire face à un imprévu. Cette poche n'a pas vocation à être performante, mais à être liquide et garantie en capital.
Il est généralement recommandé de conserver entre 3 et 6 mois de dépenses courantes sur des supports sécurisés, tels que :
- Les livrets réglementés (Livret A, LDDS , LEP) en priorité ;
- Les comptes à terme ou livrets bancaires une fois les plafonds réglementés atteints ;
- Les fonds euros en assurance-vie pour les sommes plus importantes.
Le capital à investir est tout ce qui dépasse cette poche de sécurité. C'est cette part qui peut être engagée sur des placements long terme, parfois plus volatils, mais potentiellement plus performants.
Cette stratégie de répartition vous évitera de devoir vendre vos actifs au pire moment, par exemple en pleine baisse de marché. En d’autres termes, l'épargne de précaution n'est pas vraiment un placement financier, mais c'est elle qui protège votre stratégie long terme.
Étape 3 : définir l'horizon de placement
Vous devez ensuite préciser l'horizon de placement associé à chaque projet. C'est cet horizon qui détermine la part d'actifs risqués que vous pouvez intégrer dans votre stratégie.
Plus votre horizon est long, plus vous pouvez accepter la volatilité, car les fluctuations à court terme s'effacent mécaniquement avec le temps.
Voici les principales catégories d'horizons d’investissement :
- Court terme (moins de 3 ans) : privilégiez les supports sécurisés (livrets, fonds euros, comptes à terme). La priorité est la préservation du capital ;
- Moyen terme (3 à 8 ans) : vous pouvez introduire une part modérée d'actifs risqués (SCPI, fonds patrimoniaux diversifiés), tout en conservant une dominante sécurisée ;
- Long terme (8 à 15 ans) : la part actions peut devenir significative, complétée par de la pierre-papier et du private equity pour les profils dynamiques ;
- Très long terme (au-delà de 15 ans) : les actions et les actifs illiquides (private equity, SCPI) peuvent constituer le cœur du portefeuille, en captant la prime de risque et la prime d'illiquidité.
Lire aussi : Gestion à horizon : Comment assurer la sécurisation progressive de votre épargne ?
Étape 4 : définir votre profil de risque et l’allocation correspondante
Deux investisseurs ayant le même objectif et le même horizon d’investissement peuvent construire des stratégies différentes, car ils n’ont pas le même rapport à la volatilité.
Votre profil de risque doit reposer sur 3 dimensions :
- Votre capacité financière à supporter une perte : quelle baisse temporaire de votre capital pouvez-vous tolérer (financièrement) sans remettre en cause vos projets de vie ? ;
- Votre tolérance psychologique à la volatilité : seriez-vous capable de maintenir votre investissement lors d'une baisse de -30% à -40% des marchés actions, comme cela s'est produit en 2008 ou en mars 2020 ?
- Votre connaissance des marchés : comprenez-vous les mécanismes des actifs dans lesquels vous investissez ? Si la réponse est non, il sera préférable d’opter pour une gestion pilotée .
Étape 5 : choisir les enveloppes adaptées à votre stratégie
Ce n’est qu’après avoir défini vos objectifs, votre appétence au risque et votre horizon de placement, que vous pourrez déterminer les enveloppes qui vous correspondent le mieux.
Le choix de l'enveloppe dépend de trois critères principaux :
- L'horizon du placement (certaines enveloppes imposent une durée minimale pour bénéficier de leurs avantages fiscaux) ;
- La nature des supports que vous souhaitez détenir (actions, ETF, obligations, SCPI, etc.) ;
- Votre objectif final (croissance, revenus, retraite, transmission).
Foire Aux Questions
Quel est le meilleur placement long terme ?
Il n'existe pas un seul bon placement long terme, mais une combinaison adaptée à vos objectifs. D’un point de vue théorique, les meilleurs placements long-termes sont ceux qui présentent l’espérance de rendement la plus importante : actions et private equity.
Quelle place donner aux SCPI dans une stratégie d’investissement long terme ?
Les SCPI, et notamment les plus diversifiées, sont un support de cœur de portefeuille pour la part immobilière. Elles permettent de percevoir des revenus réguliers et de valoriser un capital. Elles peuvent représenter entre 10% et 30% du patrimoine selon le profil et nécessitent un horizon d’investissement d’au moins 8 à 10 ans.
À quelle fréquence faut-il suivre ses placements sur le long terme ?
Par définition, une stratégie d’investissement long terme a vocation à rester pertinente plusieurs années. Vous n’avez donc pas besoin de la suivre très régulièrement. Néanmoins, il est recommandé d’effectuer a minima un point tous les ans afin de ré-équilibrer votre portefeuille pour restaurer l’allocation d’actif initialement prévue. Les différentes classes d’actifs dégageant un rendement différent, avec le temps, les classes d'actifs les plus performantes vont nécessairement prendre de plus en plus de place dans votre portefeuille. Cela peut entraîner un changement de comportement du portefeuille, notamment en termes de volatilité. Si vos objectifs de vie et vos revenus évoluent, il peut également être pertinent de faire évoluer votre stratégie d’investissement.

